120.1 « Il est dit : â Tu nâauras pas dâautres dieux devant moi. Tu ne te feras aucune image sculptĂ©e, rien qui ressemble Ă ce qui est dans les cieux, lĂ -haut, ou sur la terre, ici-bas, ou dans les eaux, au-dessous de la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux et tu ne les serviras pas, car moi, YahvĂ©, ton Dieu, je suis le Dieu fort et jaloux, qui punis la faute des pĂšres sur les enfants, les petits-enfants et les arriĂšre-petits-enfants pour ceux qui me haĂŻssent, mais je fais misĂ©ricorde jusquâĂ la milliĂšme gĂ©nĂ©ration pour ceux qui mâaiment et gardent mes commandements. â »
(...) 120.2 « â tu nâauras pas dâautres dieux devant moi. â
Vous avez entendu que Dieu est omniprĂ©sent par son regard et sa parole. En vĂ©ritĂ©, nous sommes toujours en sa prĂ©sence. Que nous soyons enfermĂ©s dans une chambre ou au milieu du public du Temple, nous sommes en sa prĂ©sence de la mĂȘme façon. Que nous soyons des bienfaiteurs cachĂ©s qui dĂ©robons notre visage Ă celui que nous assistons ou des assassins qui attaquons le voyageur dans un dĂ©filĂ© solitaire et le tuons, nous sommes en sa prĂ©sence de la mĂȘme façon. Le roi au milieu de sa cour est en sa prĂ©sence, tout comme le soldat sur le champ de bataille, le lĂ©vite Ă lâintĂ©rieur du Temple, le sage penchĂ© sur ses livres, le paysan sur son sillon, le marchand Ă son comptoir, la mĂšre penchĂ©e sur le berceau, lâĂ©pouse dans la chambre nuptiale, la jeune fille dans le secret de la maison de son pĂšre, lâenfant qui Ă©tudie Ă lâĂ©cole, le vieillard qui sâĂ©tend pour mourir. Tous sont en sa prĂ©sence, de mĂȘme que toutes les actions de lâhomme.
Toutes les actions de lâhomme ! Parole terrible ! Et consolante parole ! Elle sera terrible si ces actes ont pour but le pĂ©chĂ©, elle sera consolante sâils poursuivent la saintetĂ©. Savoir que Dieu voit est un frein Ă la mauvaise conduite, un rĂ©confort dans les bonnes actions. Dieu voit celui qui agit bien. Je sais quâil nâoublie pas ce quâil voit. Je crois quâil rĂ©compense les bonnes actions. Je suis donc certain dâobtenir cette rĂ©compense et je me repose sur cette certitude. Elle me donnera une vie sereine et une mort paisible, parce que dans la vie et dans la mort mon Ăąme sera consolĂ©e par lâĂ©toile rayonnante de lâamitiĂ© de Dieu. Câest ainsi que raisonne celui qui agit bien.
120.3 Mais celui qui agit mal, pourquoi ne pense-t-il pas que parmi les actions dĂ©fendues, il y a les cultes idolĂątriques ? Pourquoi ne dit-il pas : â Dieu voit que, pendant que je simule un culte saint, jâadore un dieu ou des dieux menteurs auxquels jâai Ă©rigĂ© un autel qui est secret aux yeux des hommes, mais connu de Dieu â ? Quels dieux, direz-vous, si, mĂȘme au Temple, il nây a pas de reprĂ©sentation de Dieu ? Quel visage ont ces dieux, sâil a Ă©tĂ© impossible de donner un visage au Dieu vrai ?
Oui. Impossible de lui donner un visage, car le Parfait et le TrĂšs Pur ne peut ĂȘtre dignement reprĂ©sentĂ© par lâhomme. Seul lâĂąme entrevoit sa beautĂ© spirituelle et sublime, entend sa voix, goĂ»te sa tendresse, quand il se rĂ©pand prĂšs dâun saint qui mĂ©rite ce contact divin. Mais lâoeil, lâouĂŻe, la main de lâhomme ne peuvent voir ou entendre et par consĂ©quent exprimer par le son dâune cithare ou par le marteau et le ciseau sur le marbre ce quâest le Seigneur. Ames des justes, quel sera votre bonheur sans fin lorsque vous verrez Dieu ! Le premier regard sera lâaurore dâune bĂ©atitude qui vous accompagnera dans les siĂšcles des siĂšcles.
Cependant, ce que lâhomme ne peut faire pour le vrai Dieu, il le fait pour des dieux menteurs. Lâun Ă©rige un autel Ă la femme, un deuxiĂšme Ă lâor, un autre Ă la puissance, Ă la science, ou aux triomphes militaires. Lâun adore lâhomme puissant, son semblable dans lâordre naturel, qui ne le dĂ©passe que par la force ou la chance. Un autre sâadore lui-mĂȘme et dit : â Il nây a personne qui mâĂ©gale. â VoilĂ les dieux de ceux qui appartiennent au peuple de Dieu.
Ne vous Ă©tonnez pas de voir les paĂŻens adorer des animaux, des reptiles ou des astres. Combien de reptiles, combien dâanimaux, combien dâastres Ă©teints nâadorez-vous pas dans vos coeurs ! Les lĂšvres prononcent des paroles mensongĂšres pour flatter, pour possĂ©der, pour corrompre. Cela nâest-il pas la priĂšre dâune idolĂątrie secrĂšte ? Les coeurs couvent des pensĂ©es de vengeance, de trafic, de prostitution. Nâest-ce pas lĂ rendre un culte aux dieux immondes du plaisir, de lâaviditĂ©, du mal ?
120.4 Il est dit : â Tu nâadoreras rien de ce qui nâest pas ton Dieu vrai, unique, Ă©ternel. â Il est dit : â Je suis le Dieu fort et jaloux. â
Fort : aucune autre force nâest plus grande que la sienne. Lâhomme est libre dâagir, Satan est libre de tenter. Mais quand Dieu dit : â Cela suffit â, lâhomme ne peut plus mal agir et Satan ne peut plus tenter. Ce dernier est refoulĂ© dans son enfer, lâautre abattu dans lâexcĂšs de ses mauvaises actions, car il y a une limite que Dieu ne leur permet pas de dĂ©passer.
Jaloux. De qui ? De quelle jalousie ? La mesquine jalousie des petits hommes ? Non, mais de la sainte jalousie de Dieu pour ses enfants. Câest la juste jalousie, la jalousie amoureuse. Il vous a créés. Il vous aime. Il vous veut. Il sait ce qui vous nuit. Il connaĂźt ce qui tend Ă vous sĂ©parer de lui. Et il est jaloux de ce qui se met entre le PĂšre et ses enfants et les dĂ©vie de lâunique amour qui est salut et paix : Dieu. Comprenez cette sublime jalousie qui nâest pas mesquine, qui nâest pas cruelle, qui nâemprisonne pas. Elle est au contraire amour infini, bontĂ© infinie et libertĂ© sans limite, et elle se donne Ă la crĂ©ature finie pour lâaspirer Ă lui et en lui pour lâĂ©ternitĂ© et dĂ©sire la faire participer Ă son infinie bontĂ©. Un bon pĂšre ne veut pas ĂȘtre seul Ă profiter de ses richesses. Mais il veut que ses enfants y aient part. Au fond, câest plus pour ses enfants que pour lui-mĂȘme quâil les a accumulĂ©es. Il en va de mĂȘme pour Dieu. Mais il apporte dans cet amour et ce dĂ©sir la perfection de toute son action.
120.5 Ne dĂ©cevez pas le Seigneur. Il promet le chĂątiment pour les coupables et pour les enfants des enfants coupables. Or les promesses de Dieu ne sont jamais mensongĂšres. Mais que votre Ăąme ne sâabatte pas, ĂŽ fils de lâhomme et de Dieu. Ecoutez lâautre promesse et exultez : â Mais je fais misĂ©ricorde jusquâĂ la milliĂšme gĂ©nĂ©ration Ă ceux qui mâaiment et gardent mes commandements. â
JusquâĂ la milliĂšme gĂ©nĂ©ration des bons et jusquâĂ la milliĂšme faiblesse des pauvres enfants de lâhomme, qui tombent non par malice mais par Ă©tourderie et par les piĂšges du dĂ©mon. Plus encore : je vous dis quâil vous ouvre les bras si, le coeur contrit et le visage baignĂ© de larmes, vous dites : â PĂšre, jâai pĂ©chĂ©. Je le sais. Je mâhumilie et le reconnais devant toi. Pardonne-moi. Ton pardon sera ma force pour revenir Ă â vivre â la vraie vie. â
Ne craignez pas. Avant que vous ne pĂ©chiez par faiblesse, il savait que vous alliez pĂ©cher. Mais son coeur ne se ferme que lorsque vous persistez dans le pĂ©chĂ©, en le voulant rĂ©ellement, en faisant dâun pĂ©chĂ© ou de plusieurs pĂ©chĂ©s vos horribles dieux. Abattez toutes les idoles, faites place au Dieu vrai. Il descendra dans sa gloire pour consacrer votre coeur, quand il ne verra que lui seul en vous.
Rendez Ă Dieu sa demeure. Ce nâest pas dans des temples de pierre, mais dans le coeur des hommes quâelle se trouve. Lavez-en le seuil, dĂ©barrassez lâintĂ©rieur de tout luxe inutile ou coupable. Dieu seul. Lui seul. Il est tout ! Et le coeur dâun homme oĂč rĂ©side Dieu, le coeur dâun homme qui chante son amour Ă lâHĂŽte divin, nâest en rien infĂ©rieur au Paradis.
Faites de chaque coeur un Ciel. Commencez la cohabitation avec le TrĂšs-Haut. Demain, dans votre Ă©ternitĂ©, elle se perfectionnera en puissance et en joie. Mais ici-bas, elle pourra dĂ©jĂ surpasser lâĂ©tonnement tremblant dâAbraham, de Jacob et de MoĂŻse. Parce quâelle ne sera plus la rencontre fulgurante et effrayante avec le Puissant, mais le sĂ©jour avec le PĂšre et lâAmi qui descend vous dire : â Ma joie est de me trouver parmi les hommes. Tu me rends heureux. Merci, mon enfant. â »