EMV 106.5-7 · Tome 2
LâEvangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©
Citation
106.5 Je vois un petit groupe de maisons, un hameau, dirions-nous aujourdâhui. Il est plus Ă©levĂ© que Nazareth, que lâon aperçoit en contrebas Ă quelques kilomĂštres. Câest une toute petite bourgade bien misĂ©rable.
Assis sur un muret prĂšs dâune cabane, JĂ©sus parle avec Marie. Peut-ĂȘtre est-ce une maison amie, ou du moins hospitaliĂšre, suivant les lois de lâhospitalitĂ© orientale. JĂ©sus sây est rĂ©fugiĂ©, aprĂšs avoir Ă©tĂ© chassĂ© de Nazareth, pour attendre les apĂŽtres qui sâĂ©taient sĂ»rement Ă©parpillĂ©s dans le voisinage, pendant que JĂ©sus se trouvait prĂšs de sa MĂšre.
Seuls les trois apĂŽtres et cousins lâaccompagnent. Ils sont rassemblĂ©s dans la cuisine et discutent avec une femme plutĂŽt ĂągĂ©e que Jude appelle « mĂšre ». Je comprends donc quâil sâagit de Marie, femme de Clopas, en qui je reconnais celle qui accompagnait
Marie la trÚs sainte aux noces de Cana. Ses fils et elle se sont certainement retirés là pour laisser à Jésus et à sa MÚre toute liberté de converser à leur guise.
106.6 Marie est affligĂ©e. Elle a Ă©tĂ© informĂ©e de lâincident de la synagogue et elle en est meurtrie. JĂ©sus la console. Marie supplie son Fils de rester loin de Nazareth, oĂč tous sont mal disposĂ©s Ă son Ă©gard, mĂȘme les autres personnes de sa parentĂ© qui voient en lui un fou qui cherche Ă susciter brouilles et disputes. Mais JĂ©sus fait un geste en souriant. Il semble dire : « Ici ou ailleurs, cela se vaut. Laisse tomber ! » Mais Marie insiste.
Il répond alors :
« Maman, si le Fils de lâhomme devait aller uniquement lĂ oĂč on lâaime, il devrait tourner le dos Ă cette terre et retourner au Ciel. Jâai partout des ennemis. Car on hait la VĂ©ritĂ© et moi je suis la VĂ©ritĂ©. Mais je ne suis pas venu pour trouver un amour facile. Je suis venu faire la volontĂ© du PĂšre et racheter lâhomme. Lâamour, tu lâes, Maman. Tu es mon amour qui compense pour moi tout le reste. Toi et ce petit troupeau qui chaque jour sâaccroĂźt de quelque brebis que jâarrache au loup des passions et que jâamĂšne au bercail de Dieu. Pour le reste, câest mon devoir. Je suis venu accomplir ce devoir, et je dois lâaccomplir jusquâĂ me briser contre les pierres de leurs coeurs rĂ©fractaires au bien. Et mĂȘme, ce nâest que lorsque je serai tombĂ©, baignant de mon sang ces coeurs, que je les attendrirai en y imprimant mon Signe qui efface celui de lâEnnemi. Maman, câest pour cela que je suis descendu du Ciel. Je ne puis quâen dĂ©sirer lâaccomplissement.
â Oh, mon Fils ! Mon Fils ! »
Marie a la voix dĂ©chirĂ©e. JĂ©sus la caresse. Je remarque que, en plus du voile, Marie a aussi son manteau sur la tĂȘte. Elle est plus que jamais voilĂ©e, comme une prĂȘtresse.
106.7 « Je vais mâabsenter quelque temps, pour te faire plaisir. Quand je serai dans le voisinage, je te ferai prĂ©venir.
â Envoie Jean. Il me semble un peu te voir quand je le vois. Sa mĂšre aussi est pleine dâĂ©gards pour moi et pour toi. Elle espĂšre, il est vrai, une place privilĂ©giĂ©e pour ses fils. Câest une femme et une maman, JĂ©sus. Il faut lâexcuser. Elle tâen parlera Ă toi aussi. Mais elle tâest sincĂšrement dĂ©vouĂ©e. Quand elle sera libĂ©rĂ©e de lâhumanitĂ© qui fermente en elle et chez ses fils, comme chez les autres, comme chez tous, mon Fils, elle deviendra une femme de grande foi. Il est douloureux de constater que tous attendent de toi quelque bienfait humain, un bienfait qui, mĂȘme sâil nâest pas humain, est Ă©goĂŻste. Mais le pĂ©chĂ© est en eux, avec sa concupiscence. Elle nâest pas encore venue, lâheure bĂ©nie et tellement redoutable oĂč tu effaceras le PĂ©chĂ©, bien que lâamour de Dieu et de lâhomme me la fasse dĂ©sirer. Ah, cette heure ! Comme le coeur de ta Maman tremble devant cette heure ! Que vont-ils te faire, mon Fils RĂ©dempteur dont les prophĂštes prĂ©disent un tel martyre ?
â Nây pense pas, Maman. Cette heure venue, Dieu tâaidera. Dieu nous aidera, toi et moi. Ensuite, ce sera la paix. Je te le dis, encore une fois. Maintenant, va. La nuit va tomber et le chemin est long. Je te bĂ©nis. »
Détail
JĂ©sus vient d'ĂȘtre chassĂ© de Nazareth (Ăvangile de Luc 4).