Notes du thĂšme

Mots-clĂ©s principaux et transversaux 🌟

Page 75 sur 198

Confort de lecture

EMV 93.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

Ne te fais pas de scrupule d’appartenir plus à Dieu qu’à ton pùre.

Et Ă  tous je vous dis : Dieu est plus que votre pĂšre, que votre mĂšre, que vos frĂšres. Je ne suis pas venu pour unir la chair et le sang Ă  la maniĂšre terrestre, mais d’une maniĂšre spirituelle et cĂ©leste. Aussi me faut-il sĂ©parer ce qui est chair et sang pour prendre avec moi les Ăąmes capables, dĂšs cette terre, de s’élever Ă  la hauteur du Ciel pour en faire les serviteurs du Ciel. Je suis donc venu appeler les “ forts ” et les rendre encore plus forts, car ce sont eux qui composent l’armĂ©e des doux. Doux pour les frĂšres, forts Ă  Ă©gard de leur moi et du moi de leur sang familial.

Ne pleure pas, mon cousin. Ta souffrance, je te l’assure, oeuvre auprĂšs de Dieu au profit de ton pĂšre et de tes frĂšres plus que n’importe quelle parole, non seulement de toi, mais mĂȘme de moi. La parole ne rentre pas lĂ  oĂč le prĂ©jugĂ© fait barriĂšre, crois-le bien. Mais la grĂące entre. Et le sacrifice, c’est l’aimant qui attire la grĂące.

En vĂ©ritĂ©, je vous dis que lorsque j’appelle quelqu’un au service de Dieu, il n’y a pas d’obĂ©issance plus Ă©levĂ©e que de rĂ©pondre Ă  cet appel. Et il faut le faire sans mĂȘme s’arrĂȘter Ă  calculer Ă  quel point et de quelle façon les autres rĂ©agiront Ă  notre fidĂ©litĂ© Ă  l’appel de Dieu. Il ne faut pas mĂȘme s’arrĂȘter pour ensevelir son pĂšre. Vous serez rĂ©compensĂ©s pour cet hĂ©roĂŻsme. D’ailleurs, cette rĂ©compense ne sera pas pour vous seuls, mais aussi pour ceux dont vous vous sĂ©parez avec un cri qui vient du coeur, pour ceux dont la parole vous frappe souvent plus durement qu’une gifle parce qu’ils vous accusent d’ĂȘtre des fils ingrats et vous maudissent, dans leur Ă©goĂŻsme, comme si vous Ă©tiez des rebelles. Non : vous ĂȘtes loin d’ĂȘtre des rebelles... vous ĂȘtes des saints. Les premiers ennemis des personnes appelĂ©es sont les membres mĂȘme de leur famille. Mais entre amour et amour, il faut savoir distinguer, et aimer surnaturellement. C’est dire qu’il faut aimer davantage le MaĂźtre du surnaturel que les serviteurs de ce MaĂźtre. Il convient d’aimer ses parents en Dieu et non pas plus que Dieu. »

Mots-clés

EMV 93.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

Ne pleure pas (...). Ta souffrance, je te l’assure, oeuvre auprĂšs de Dieu au profit de ton pĂšre et de tes frĂšres plus que n’importe quelle parole, non seulement de toi, mais mĂȘme de moi.

Détail

Jésus dit :

Mots-clés

EMV 93.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

Ne pleure pas (...). Ta souffrance, je te l’assure, oeuvre auprĂšs de Dieu au profit de ton pĂšre et de tes frĂšres plus que n’importe quelle parole, non seulement de toi, mais mĂȘme de moi. La parole ne rentre pas lĂ  oĂč le prĂ©jugĂ© fait barriĂšre, crois-le bien. Mais la grĂące entre. Et le sacrifice, c’est l’aimant qui attire la grĂące.

Mots-clés

EMV 93.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

La parole ne rentre pas lĂ  oĂč le prĂ©jugĂ© fait barriĂšre, crois-le bien. Mais la grĂące entre. Et le sacrifice, c’est l’aimant qui attire la grĂące.

Mots-clés

EMV 93.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

En vĂ©ritĂ©, je vous dis que lorsque j’appelle quelqu’un au service de Dieu, il n’y a pas d’obĂ©issance plus Ă©levĂ©e que de rĂ©pondre Ă  cet appel. Et il faut le faire sans mĂȘme s’arrĂȘter Ă  calculer Ă  quel point et de quelle façon les autres rĂ©agiront Ă  notre fidĂ©litĂ© Ă  l’appel de Dieu. Il ne faut pas mĂȘme s’arrĂȘter pour ensevelir son pĂšre. Vous serez rĂ©compensĂ©s pour cet hĂ©roĂŻsme. D’ailleurs, cette rĂ©compense ne sera pas pour vous seuls, mais aussi pour ceux dont vous vous sĂ©parez avec un cri qui vient du coeur, pour ceux dont la parole vous frappe souvent plus durement qu’une gifle parce qu’ils vous accusent d’ĂȘtre des fils ingrats et vous maudissent, dans leur Ă©goĂŻsme, comme si vous Ă©tiez des rebelles. Non : vous ĂȘtes loin d’ĂȘtre des rebelles... vous ĂȘtes des saints. Les premiers ennemis des personnes appelĂ©es sont les membres mĂȘme de leur famille. Mais entre amour et amour, il faut savoir distinguer, et aimer surnaturellement. C’est dire qu’il faut aimer davantage le MaĂźtre du surnaturel que les serviteurs de ce MaĂźtre. Il convient d’aimer ses parents en Dieu et non pas plus que Dieu. »

Mots-clés

EMV 93.8 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

93.8 JĂ©sus se tait et se lĂšve pour aller auprĂšs de son cousin qui, baissant la tĂȘte, a du mal Ă  retenir ses larmes. Il lui fait une caresse.

« Jude... Moi, j’ai quittĂ© ma MĂšre pour suivre ma mission. Que cela t’enlĂšve toute hĂ©sitation sur l’honnĂȘtetĂ© de ta conduite. Si cela n’avait pas Ă©tĂ© un acte bon, aurais-je pu le faire Ă  l’égard de ma MĂšre qui, aprĂšs tout, n’a que moi ? »

Jude passe sur son visage la main de JĂ©sus et acquiesce d’un signe de tĂȘte. Mais il n’arrive pas Ă  parler.

« Allons-y nous deux, tout seuls, comme lorsque nous Ă©tions enfants, quand AlphĂ©e me considĂ©rait comme le jeune garçon le plus sensĂ© de Nazareth. Allons porter Ă  ce vieil homme ces belles grappes de raisin dorĂ©. Qu’il ne croie pas que je le dĂ©laisse et que je lui suis hostile. A ta mĂšre aussi, comme Ă  Jacques, cela fera plaisir. Je lui dirai que demain je serai Ă  CapharnaĂŒm et que son fils est tout Ă  lui. Tu sais, les vieillards sont comme des enfants : ils sont jaloux. Ils s’imaginent toujours qu’on les nĂ©glige. Il faut les comprendre... »

JĂ©sus a disparu, laissant dans le jardin les disciples rendus muets par la rĂ©vĂ©lation d’une souffrance et d’une incomprĂ©hension entre un pĂšre et un fils, Ă  cause de JĂ©sus. Marie a accompagnĂ© JĂ©sus jusqu’à la porte, puis elle rentre avec un soupir peinĂ©.

Tout s’achùve.

Détail

Jésus vient de réconforter Jude, qui subit les critiques de son pÚre car il suit le Christ.

Mots-clés

EMV 94 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Détail

JĂ©sus est Ă  CapharnaĂŒm. Il sort de la maison de Pierre. On lui demande d'enseigner le peuple, ce qu'il accepte, mais il veut aller voir quelqu'un avant. Et ainsi, il part avec Pierre et AndrĂ© voir la Belle de ChorazeĂŻn, une lĂ©preuse qu'AndrĂ© a convertie. La femme croit grĂące Ă  l'apĂŽtre et demande la vie de l'Ăąme pour pouvoir mourir en paix. JĂ©sus lui donne l'absolution et lui demande d'aller se baigner dans le lac. Quand elle en sort, elle est guĂ©rie et en bĂ©nit le Seigneur. Celui-ci lui donne sa paix puis s'Ă©loigne. La seconde partie de la vision le montre Ă  CapharnaĂŒm. Il parle du mauvais comportmeent de David, qui a fait mourir un homme pour avoir sa femme (ce qui Ă©tait rĂ©prĂ©hendĂ© par Dieu) et ensuite, il cite son psaume oĂč il se repent. Ensuite, il parle de l'histoire de Sansom dans le Livre des Juges. Il invite l'homme Ă  ne pas tenter le Seigneur son Dieu, mĂȘme dans sa bontĂ©. Il pardonne, pardonne, pardonne, mais il faut avoir la bonne volontĂ© de ne plus commettre son pĂ©chĂ©. Puis, il parle briĂšvement de la Belle de ChorazeĂŻn qu'il a guĂ©rie et il demande pour elle la charitĂ© des citoyens de CapharnaĂŒm.

Mots-clés

EMV 94.1.6-9 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

94.1 JĂ©sus sort de la maison de la belle-mĂšre de Pierre en mĂȘme temps que ses disciples, Ă  l’exception de Jude. C’est d’abord un garçon qui le voit et l’annonce, mĂȘme Ă  ceux qui ne veulent pas le savoir.

JĂ©sus, qui marche sur la rive du lac puis s’assied sur le bord de la barque de Pierre, est aussitĂŽt entourĂ© de villageois qui fĂȘtent son retour et lui posent mille questions. JĂ©sus leur rĂ©pond avec une infinie patience, souriant et paisible comme si tout ce bavardage Ă©tait une harmonie cĂ©leste.

Le chef de la synagogue arrive Ă  son tour. JĂ©sus se lĂšve pour le saluer. Leur salutation rĂ©ciproque est pleine d’une solennitĂ© tout orientale.

« MaĂźtre, puis-je compter sur toi pour l’instruction au peuple ?

– Certainement, si tu le dĂ©sires, ainsi que le peuple.

– Nous l’avons dĂ©sirĂ© tous ces derniers temps. Ils peuvent te l’assurer eux-mĂȘmes ! »

Le peuple, en effet, le confirme par un nouveau cri.

« Dans ce cas, je serai chez toi au milieu de la soirĂ©e. Pour l’instant, partez tous. Je dois aller trouver quelqu’un qui dĂ©sire me voir. »

Les gens s’éloignent Ă  contrecoeur, pendant que JĂ©sus, Pierre et AndrĂ© partent sur le lac en barque. Les autres disciples restent Ă  terre. (...)

94.6 ...JĂ©sus, qui est maintenant avec tous ses disciples, pĂ©nĂštre dans la synagogue de CapharnaĂŒm aprĂšs avoir traversĂ© la place et le chemin qui y conduisent. La nouvelle du rĂ©cent miracle doit dĂ©jĂ  s’ĂȘtre rĂ©pandue car il y a beaucoup de chuchotements et de commentaires.

Sur le seuil de la porte de la synagogue, je vois le futur apĂŽtre Matthieu. Il se tient lĂ , moitiĂ© dehors, moitiĂ© dedans ; je ne sais trop s’il est honteux ou ennuyĂ© par tous les clins oeil qui le dĂ©signent et mĂȘme par quelques Ă©pithĂštes peu agrĂ©ables qu’on lui adresse. Deux pharisiens drapĂ©s dans leurs manteaux les resserrent soigneusement contre eux, comme s’ils avaient peur d’attraper la peste en effleurant le vĂȘtement de Matthieu.

En entrant, JĂ©sus le fixe un instant, et s’arrĂȘte une seconde. Mais Matthieu baisse la tĂȘte. C’est tout.

A peine le groupe l’a-t-il dĂ©passĂ© que Pierre dit Ă  JĂ©sus :

« Sais-tu qui est cet homme frisĂ©, plus parfumĂ© qu’une femme ? C’est Matthieu, notre percepteur... Que vient-il faire ici ? C’est bien la premiĂšre fois ! Il n’a peut-ĂȘtre pas trouvĂ© les compagnons – les compagnes surtout – avec lesquels il passe le sabbat, dĂ©pensant en orgies ce qu’il nous extorque en taxes doublĂ©es et triplĂ©es pour avoir de l’argent pour le fisc et pour sa conduite vicieuse. »

JĂ©sus regarde Pierre si sĂ©vĂšrement que celui-ci rougit comme une pivoine et baisse la tĂȘte, en s’arrĂȘtant, de sorte qu’il passe du premier rang du groupe des apĂŽtres au dernier.

94.7 JĂ©sus a pris place. AprĂšs avoir rĂ©citĂ© des cantiques et des priĂšres avec le peuple, il se retourne pour parler. Le chef de la synagogue lui demande s’il veut un rouleau, mais JĂ©sus rĂ©pond :

« Je n’en ai pas besoin. J’ai dĂ©jĂ  le sujet. »

Il commence alors :

« aprĂšs avoir pĂ©chĂ©, le grand roi d’IsraĂ«l, David de BethlĂ©em, pleura, le coeur contrit, criant Ă  Dieu son repentir et demandant Ă  Dieu son pardon. David avait eu l’esprit embrumĂ© par la sensualitĂ©, et cela l’avait empĂȘchĂ© de voir la face de Dieu et de comprendre ses paroles.

J’ai dit : la face. Dans le coeur de l’homme, il est un lieu qui garde le souvenir de la face de Dieu, un lieu particuliĂšrement Ă©levĂ© qui est notre “ Saint des Saints ” ; c’est de lĂ  que lui proviennent les saintes inspirations et rĂ©solutions. Cet endroit parfume comme un autel, brille comme un bĂ»cher, rĂ©sonne de chants comme la demeure des sĂ©raphins. Mais quand le pĂ©chĂ© rĂ©pand en nous ses fumĂ©es, ce lieu s’obscurcit tellement que lumiĂšre, parfum et chants disparaissent, pour ne plus laisser que l’odeur suffocante d’une lourde fumĂ©e et un goĂ»t de cendre. Et lorsque la clartĂ© revient, parce qu’un serviteur de Dieu la porte au malheureux sans lumiĂšre, alors il voit sa laideur, sa dĂ©chĂ©ance et, horrifiĂ© de lui-mĂȘme, s’écrie comme le roi David : “ PitiĂ© pour moi, mon Dieu, en ta bontĂ©, en ta grande tendresse efface mon pĂ©chĂ©. ” Il ne dit pas : “ Je ne peux ĂȘtre pardonnĂ©, et pour cela je reste dans mon pĂ©chĂ© ”, mais au contraire : “ Je suis humiliĂ©, j’ai le coeur brisĂ©, mais je te prie, toi qui sais comment je suis nĂ© dans le pĂ©chĂ©, de m’asperger et de me purifier pour que je redevienne blanc plus que la neige des sommets. ” Et il ajoute : “ Mon sacrifice n’est pas un holocauste de bĂ©liers et de boeufs, mais un coeur brisĂ©, car je sais que c’est cela que tu veux de nous et que tu n’en as pas de mĂ©pris. ”

VoilĂ  ce que disait David aprĂšs son pĂ©chĂ© et aprĂšs que Nathan, le serviteur du Seigneur, l’eut amenĂ© Ă  se repentir. A plus forte raison, c’est cela que doivent dire les pĂ©cheurs, maintenant que le Seigneur leur envoie, non pas un de ses serviteurs, mais le RĂ©dempteur lui-mĂȘme, son Verbe. C’est lui le Juste, le MaĂźtre, non seulement des hommes, mais des ĂȘtres du Ciel et des enfers. Il est sorti du milieu de son peuple, comme la lumiĂšre jaillit de l’aurore qui, au lever du soleil, resplendit dans un air sans nuages.

94.8 Vous avez dĂ©jĂ  lu comment l’homme en proie Ă  Mammon est plus faible qu’un tuberculeux sur le point de mourir, mĂȘme si auparavant il Ă©tait “ le fort ”. Vous savez comment Samson fut rĂ©duit Ă  rien aprĂšs avoir cĂ©dĂ© Ă  la sensualitĂ©. Je veux que vous connaissiez la leçon que nous donne Samson, fils de Manoah, destinĂ© Ă  vaincre les Philistins qui opprimaient IsraĂ«l. La premiĂšre condition pour remplir sa mission Ă©tait que, dĂšs sa conception, il soit tenu vierge de tout ce qui excite bassement les sens et associe les viscĂšres de l’homme Ă  des chairs impures, en d’autres termes le vin, les boissons fermentĂ©es et les viandes grasses qui allument dans les reins un feu impur. Seconde condition pour ĂȘtre le libĂ©rateur : avoir Ă©tĂ© consacrĂ© au Seigneur dĂšs l’enfance et le rester par un nazirĂ©at perpĂ©tuel. Etre consacrĂ© demande que l’on se garde non seulement dans une saintetĂ© extĂ©rieure, mais aussi dans une saintetĂ© intĂ©rieure. Alors Dieu est avec lui.

Mais la chair est la chair, et Satan est la Tentation. Or, pour combattre Dieu dans un coeur et dans ses saints dĂ©crets, la Tentation se sert de la chair qui excite l’homme : la femme. C’est alors que la force du “ fort ” frĂ©mit et qu’il devient un faible qui gĂąche les dons que Dieu lui avait accordĂ©s. Et maintenant, Ă©coutez : Samson fut liĂ© avec sept cordes de nerfs frais, puis avec sept cordes neuves, enfin fixĂ© au sol avec sept tresses de sa chevelure. Il avait toujours Ă©tĂ© victorieux. Mais on ne met pas en vain le Seigneur Ă  l’épreuve, pas mĂȘme dans le domaine de sa bontĂ©. Ce n’est pas permis. Lui pardonne, pardonne, pardonne. Mais il exige la volontĂ© de sortir du pĂ©chĂ© pour continuer Ă  pardonner. Il est bien sot, celui qui implore : “ Seigneur, pardon ” et ensuite ne fuit pas ce qui le pousse continuellement au pĂ©chĂ© ! Samson, victorieux trois fois, n’a pas fui Dalila, la sensualitĂ©, le pĂ©chĂ©, et, excĂ©dĂ© Ă  en mourir – dit le Livre –, sa force d’ñme une fois amoindrie – dit encore le Livre –, il rĂ©vĂ©la son secret : “ Ma force rĂ©side dans mes sept tresses. ”

N’y a-t-il personne parmi vous qui, sous le dĂ©couragement dĂ» Ă  son pĂ©chĂ©, ne sente sa vie spirituelle s’affaiblir – car rien n’accable autant que la conscience du mal consenti – et ne soit sur le point de se livrer vaincu Ă  l’Ennemi ? Non, qui que tu sois, ne le fais pas. Samson livra Ă  la tentation le secret pour vaincre ses sept vertus : les sept tresses symboliques, ses vertus, autrement dit sa fidĂ©litĂ© au nazirĂ©at. EpuisĂ©, il s’endormit sur le sein de la femme et fut vaincu. Il devint aveugle, esclave, impuissant pour avoir refusĂ© de rester fidĂšle Ă  son voeu. Il ne redevint le “ fort ”, le “ libĂ©rateur ”, que lorsque la douleur d’un vrai repentir lui rendit sa vigueur...

Repentir, patience, constance, hĂ©roĂŻsme : alors, ĂŽ pĂ©cheurs, je vous promets que vous serez vos propres libĂ©rateurs. En vĂ©ritĂ©, je vous assure qu’il n’est pas de baptĂȘme qui vaille ni de rite qui serve, s’il n’y a ni repentir ni volontĂ© de renoncer au pĂ©chĂ©. En vĂ©ritĂ©, je vous assure qu’il n’y a pas pĂ©cheur si grand qu’il ne puisse faire renaĂźtre par ses larmes les vertus que son pĂ©chĂ© a arrachĂ©es de son coeur.

94.9 Aujourd’hui une femme, une pĂ©cheresse d’IsraĂ«l, punie par Dieu pour son pĂ©chĂ©, a obtenu misĂ©ricorde par son repentir. J’ai bien dit : misĂ©ricorde. Mais ils en obtiendront moins, ceux qui n’en ont pas fait preuve Ă  son Ă©gard et se sont acharnĂ©s sur elle alors qu’elle Ă©tait dĂ©jĂ  punie. Ces gens-lĂ  ne portaient-ils pas sur eux la lĂšpre de leur faute ? Que chacun s’examine... et aie pitiĂ© pour mĂ©riter la pitiĂ© pour lui-mĂȘme. Je vous tends la main pour cette femme repentie qui revient parmi les vivants, aprĂšs avoir Ă©tĂ© relĂ©guĂ©e parmi les morts. C’est Simon, fils de Jonas, pas moi, qui recueillera l’obole pour elle, qui revient Ă  la Vie vĂ©ritable aprĂšs avoir Ă©tĂ© sur le point de quitter la vie. Et ne murmurez pas, vous, les grands. Ne murmurez pas. Je n’étais pas au monde quand elle Ă©tait la Belle. Vous, vous y Ă©tiez. Je n’ajoute rien.

– Tu nous accuses d’avoir Ă©tĂ© ses amants ? demande avec hargne l’un des deux anciens.

– Que chacun considĂšre son coeur et sa conduite. Pour moi, je n’accuse pas. Je parle au nom de la justice. Partons. »

Et Jésus sort avec les siens.

Mais Judas se trouve retenu par deux hommes qui semblent le connaütre assez bien. J’entends qu’ils disent :

« Toi aussi, tu es avec lui ? Est-il saint, réellement ? »

Judas a une de ses répliques déconcertantes :

« Je vous souhaite d’arriver au moins Ă  comprendre sa saintetĂ©.

– pourtant, il a guĂ©ri un jour de sabbat !

– Non. Il a pardonnĂ© le jour du sabbat. Quel jour est plus indiquĂ© pour le pardon que le sabbat ? Ne me donnez-vous rien pour celle qui a Ă©tĂ© rachetĂ©e ?

– Nous ne donnons pas notre argent aux prostituĂ©es. C’est l’offrande pour le Temple saint. »

Irrévérencieusement, Judas éclate de rire et les plante là pour rejoindre le Maßtre. Jésus va rentrer dans la maison de Pierre qui est en train de lui dire :

« VoilĂ  : le petit Jacques, Ă  la sortie de la synagogue, m’a donnĂ© aujourd’hui deux bourses au lieu d’une seule, et toujours de la part de cet inconnu. Mais de qui s’agit-il, MaĂźtre ? Tu le sais... dis-le-moi. »

Jésus sourit :

« Je te le dirai quand tu auras appris à ne médire de personne. »

Et tout prend fin.

Détail

JĂ©sus promet de parler Ă  CapharnaĂŒm, mais avant, il va guĂ©rir la Belle de ChorazaĂŻn. Ensuite, il va prĂȘcher, comme il l'a promis.

Mots-clés

EMV 94.2-6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

94.2 La barque fait un court trajet Ă  la voile puis les deux pĂȘcheurs la manoeuvrent dans une crique entre deux collines peu Ă©levĂ©es. Ces collines paraissent n’en avoir fait qu’une Ă  l’origine, et s’ĂȘtre creusĂ©es au milieu par l’érosion ou Ă  la suite d’un tremblement de terre, formant un fjord minuscule ; n’étant pas norvĂ©gien, ce dernier n’est pas bordĂ© de sapins, mais seulement d’oliviers Ă©bouriffĂ©s qui ont poussĂ©, on ne sait trop comment, sur les pentes escarpĂ©es, entre des rochers Ă©boulĂ©s et d’autres qui affleurent. Ils entrelacent leurs frondaisons, tordues par les vents qui viennent du lac et qui ici doivent souffler fort. Elles forment une sorte de toit sous lequel bondit un petit torrent capricieux, bruyant parce que tout en cascades, et tout Ă©cumant avec ses chutes de roche en roche, mais ce n’est en rĂ©alitĂ© qu’un nain parmi les cours d’eau.

AndrĂ© saute Ă  l’eau pour accoster au plus prĂšs et amarrer la barque Ă  un tronc d’olivier, pendant que Pierre cargue la voile et installe une planche pour servir de pont Ă  JĂ©sus.

« Mais, dit-il, je te conseillerais de te dĂ©chausser, d’enlever ton habit et de faire comme nous. Ce fou (il indique le petit torrent) fait tournoyer l’eau du lac et le pont n’est pas sĂ»r avec ce roulis. »

JĂ©sus obĂ©it sans discuter. Une fois Ă  terre, ils remettent leurs sandales et JĂ©sus reprend son long vĂȘtement. Les autres restent avec leurs sous-vĂȘtements foncĂ©s.

94.3 « OĂč est-elle ? demande JĂ©sus.

– Elle se sera cachĂ©e, en entendant des voix. Tu sais... avec ce qu’elle a sur elle...

– Appelle-la. »

Pierre crie Ă  haute voix :

« Je suis le disciple du Rabbi de CapharnaĂŒm et le Rabbi est ici. Sors. »

Personne ne donne signe de vie.

« Elle est mĂ©fiante, explique AndrĂ©. Un jour, quelqu’un l’a appelĂ©e en disant : “ Viens, voilĂ  de la nourriture ”, mais c’est Ă  coups de pierres qu’il l’a reçue. C’est alors que nous l’avons vue pour la premiĂšre fois, parce que, moi du moins, je ne me souvenais pas du temps oĂč elle Ă©tait la Belle de ChorazeĂŻn.

– Et qu’avez-vous fait ?

– Nous lui avons jetĂ© un pain, des poissons et un lambeau de toile, un morceau de voile dĂ©chirĂ©e que nous gardions pour nous essuyer, parce qu’elle Ă©tait nue. Puis nous nous sommes enfuis pour ne pas nous contaminer.

– Comment ĂȘtes-vous revenus, alors ?

– MaĂźtre... Tu Ă©tais parti et nous ne pensions qu’à te faire connaĂźtre toujours plus. Nous avons pensĂ© Ă  tous les malades, Ă  tous les aveugles, aux estropiĂ©s, aux muets... et aussi Ă  elle. Nous avons dit : “ Essayons. ” Tu sais... beaucoup... oh, par notre faute certainement, nous ont traitĂ©s de fous et n’ont pas voulu nous Ă©couter. D’autres, au contraire, nous ont crus. C’est moi qui lui ai parlĂ©, Ă  elle directement. Je suis venu seul, avec la barque, au clair de lune. Je l’appelais, je lui disais : “ Sur la pierre, au pied de l’olivier, il y a du pain et des poissons. Viens sans crainte ”, et je m’en allais. Elle devait attendre de me voir disparaĂźtre, car je ne la voyais jamais. La sixiĂšme fois, je l’ai vue, debout sur la rive Ă  l’endroit prĂ©cis oĂč tu es. Elle m’attendait. Quelle horreur ! Si je ne me suis pas enfui, c’est parce que j’ai pensĂ© Ă  toi.

Elle m’a demandĂ© : “ Qui es-tu ? Pourquoi as-tu pitiĂ© ? ”

Je lui ai répondu :

“ Parce que je suis disciple de la PitiĂ©. ”

“ Qui est-il ? ”

“ C’est JĂ©sus de GalilĂ©e. ”

“ Et il vous enseigne Ă  avoir pitiĂ© de nous ? ”

“ De tout le monde. ”

“ Mais sais-tu seulement qui je suis ? ”

“ Tu es la Belle de ChorazeĂŻn, maintenant la lĂ©preuse. ”

“ Et il est possible d’éprouver de la pitiĂ© pour moi ? ”

“ Lui, il dit que sa pitiĂ© s’adresse Ă  tous, et nous, pour ĂȘtre comme lui, nous devons avoir de la pitiĂ© pour tous. ”

Ici, Maßtre, la lépreuse a blasphémé sans le vouloir. Elle a dit :

“ Alors, lui aussi doit avoir Ă©tĂ© un grand pĂ©cheur. ”

J’avais envie de lui rĂ©torquer : “ Sois maudite Ă  cause de ta langue ”, mais je lui ai dit : “ Non, c’est le Messie, le saint de Dieu. ” Je ne lui ai rien dit d'autre parce que j’ai pensĂ© : “ Dans sa dĂ©tresse, elle ne peut penser Ă  la misĂ©ricorde divine. ”

Elle s’est alors mise à pleurer et elle a dit :

“ Oh ! S’il est le Saint, il ne peut pas, non il ne peut pas avoir pitiĂ© de la Belle. Pour la lĂ©preuse, il le pourrait... mais pour la Belle, non. Et moi qui espĂ©rais... ”

J’ai demandĂ© :

“ Qu’espĂ©rais-tu, femme ? ”

“ La guĂ©rison... retourner dans le monde... parmi les hommes... mourir mendiante, mais parmi les hommes... pas comme une bĂȘte sauvage, dans une taniĂšre de fauves auxquels je fais horreur. ”

Je lui ai dit :

“ Me jures-tu que si tu reviens au monde tu seras honnĂȘte ? ”

“ Oui, Dieu m’a punie justement pour mes pĂ©chĂ©s. Je me repens profondĂ©ment. Mon Ăąme subit l’expiation, mais dĂ©teste le pĂ©chĂ©, Ă©ternellement. ”

Il m’a alors semblĂ© pouvoir lui promettre le salut en ton nom. Elle m’a dit :

“ Reviens, reviens encore... Parle-moi de lui. Que mon ñme le connaisse avant que mon oeil ne le voie... ”

Et je venais lui parler de toi, comme je le peux...

– Et moi, je viens apporter le salut Ă  la premiĂšre convertie de mon AndrĂ©. »

(c’est AndrĂ©, en effet, qui a parlĂ© tout le temps pendant que Pierre est parti remonter le torrent en sautant de pierre en pierre, et en hĂ©lant la lĂ©preuse).

94.4 Enfin, elle montre son horrible visage entre les branches d’un olivier. Elle voit, et pousse un cri.

« Descends donc, crie Pierre. Je ne veux pas te lapider ! LĂ , tu le vois, c’est le Rabbi JĂ©sus. »

La femme se laisse dĂ©valer sur la pente. J’emploie ce terme car elle descend Ă  toute allure, et elle arrive aux pieds de JĂ©sus avant que Pierre ne revienne prĂšs du MaĂźtre.

« Pitié, Seigneur !

– Peux-tu croire que je puisse avoir pitiĂ© ?

– Oui, parce que tu es saint et que je me suis repentie. Je suis le pĂ©chĂ©, mais tu es la misĂ©ricorde. Ton disciple a Ă©tĂ© le premier Ă  faire preuve de misĂ©ricorde Ă  mon Ă©gard. Il est venu me donner du pain et la foi. Purifie-moi, Seigneur, mais l’ñme avant la chair. Car je suis trois fois impure et, si tu dois me donner une purification, une seule, c’est pour mon Ăąme pĂ©cheresse que je te la demande. Avant d’avoir entendu tes paroles, qu’il me rĂ©pĂ©tait, je me disais : “ GuĂ©rir pour retourner parmi les hommes. ” Maintenant que je sais, je dis : “ Etre pardonnĂ©e pour obtenir la vie Ă©ternelle. ”

– Et je t’accorde ce pardon. Rien d’autre que cela, pourtant...

– BĂ©ni sois-tu ! Je vivrai en paix avec Dieu dans ma taniĂšre... libre... ah, dĂ©livrĂ©e des remords et des peurs. Je n’ai plus peur de la mort, maintenant que je suis pardonnĂ©e ! Je n’ai plus peur de Dieu, maintenant que tu m’as absoute !

94.5 – Va au lac, lave-toi et restes-y jusqu’à ce que je t’appelle. »

La femme, misĂ©rable fantĂŽme de femme squelettique, rongĂ©e par la lĂšpre, la chevelure en dĂ©sordre, raide, toute blanche, se lĂšve, descend dans l’eau du lac, et elle s’y plonge avec son vĂȘtement en loques qui la couvre bien peu.

« Pourquoi l’as-tu envoyĂ©e se laver ? Il est vrai que sa puanteur rendrait malade, mais... je ne comprends pas, dit Pierre.

– Femme : sors et viens ici. Prends le linge qui est sur la branche » (c’est celui avec lequel JĂ©sus s’est essuyĂ© aprĂšs ĂȘtre passĂ© de la barque Ă  la terre).

La femme obĂ©it et sort, toute nue, car elle a laissĂ© ses loques dans l’eau, pour prendre le linge sec. Le premier Ă  s’écrier, c’est Pierre qui la regarde, alors qu’AndrĂ©, plus rĂ©servĂ©, lui tourne le dos. Mais en entendant son frĂšre, il se retourne et crie Ă  son tour. La femme avait les yeux tellement fixĂ©s sur JĂ©sus, qu’elle ne s’occupait de rien d’autre, mais en entendant ces cris, en voyant ces mains qui la dĂ©signent, elle se regarde... et elle constate que, en mĂȘme temps que ses loques, elle a laissĂ© sa lĂšpre dans le lac. Elle ne court pas, comme on pourrait le penser. Elle s’écroule sur la rive, se pelotonne sur elle-mĂȘme, honteuse de sa nuditĂ©, Ă©mue au point qu’elle demeure incapable d’autre chose que de pleurer en une longue plainte, interminable, plus dĂ©chirante que des cris.

JĂ©sus s’approche... arrive prĂšs d’elle... jette sur elle le linge, lui fait sur la tĂȘte une lĂ©gĂšre caresse et lui dit :

« Adieu. Sois bonne. Tu as mérité la grùce par la sincérité de ton repentir. Grandis dans la foi au Christ. Et obéis à la loi de la purification. »

La femme pleure toujours... C’est seulement quand elle entend le bruit de la planche que Pierre retire sur la barque, qu’elle lĂšve la tĂȘte, tend les bras et s’écrie :

« Merci, Seigneur. Merci, béni sois-tu. Béni, béni sois-tu !... »

JĂ©sus lui fait un geste d’adieu avant que la barque ne contourne l’éperon du petit fjord et disparaisse...

Mots-clés