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Confort de lecture

EMV 10.1-7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

10.1 C’est seulement hier soir, vendredi, que mon Ăąme a Ă©tĂ© Ă©clairĂ©e par cette vision. Je n’ai rien vu d’autre qu’une Marie toute jeune, qui devait avoir douze ans tout au plus ; son visage avait perdu les rondeurs de l’enfance, mais on devine dĂ©jĂ  ses futurs traits de femme par l’ovale qui s’allonge. Ses cheveux ne sont plus dĂ©nouĂ©s sur la nuque, en boucles lĂ©gĂšres, mais sont rassemblĂ©s en deux lourdes tresses d’un or trĂšs pĂąle – ils sont clairs Ă  en pa­raĂźtre mĂȘlĂ©s d’argent – sur les Ă©paules et tombent jusqu’aux hanches. Le visage est plus rĂ©flĂ©chi, plus mĂ»r, bien que ce soit toujours un visage d’enfant, d’une belle et pure enfant. EntiĂšrement vĂȘtue de blanc, elle est en train de coudre dans une piĂšce minuscule, toute blanche. Par la fenĂȘtre grande ouverte, on voit l’édifice imposant et central du Temple, puis la descente des escaliers, des petites cours, des portiques et, par-delĂ  les murs d’enceinte, la ville avec ses rues, ses maisons et jardins et, tout au fond, le sommet vert et bombĂ© du mont des Oliviers.

Elle coud et chante Ă  mi-voix. Je ne sais s’il s’agit d’un chant sacrĂ©. Le voici :

« Comme une Ă©toile se mirant dans l’eau claire,

Une lumiùre brille au fond de mon cƓur.

Depuis mon enfance, elle ne m’a pas quittĂ©e

Et elle me guide avec amour et douceur.

J’ai un chant au fond du cƓur.

D’oĂč peut-il donc venir ?

Ô homme, tu l’ignores.

Il vient d’oĂč le Saint repose.

Je contemple ma claire étoile

Et ne dĂ©sire rien d’autre,

MĂȘme ce qui me serait le plus doux et le plus cher,

Que cette douce lumiĂšre qui est toute Ă  moi.

Tu m’as portĂ©e du plus haut des Cieux,

Etoile, dans le sein d’une mùre.

A présent tu vis en moi, mais au-delà des voiles

Je te vois, ĂŽ glorieux visage du PĂšre.

Quand me feras-tu l’honneur

De devenir l’humble servante du Sauveur ?

Du Ciel envoie-nous le Messie.

Accepte, ĂŽ PĂšre saint, l’offrande de Marie. »

10.2 Marie se tait, sourit et soupire, puis s’agenouille pour prier. Son petit visage n’est que lumiĂšre. Le regard levĂ© vers l’azur merveilleux d’un beau ciel d’étĂ©, elle semble en attirer sur elle toute la luminositĂ© et en ĂȘtre irradiĂ©e. Plus exactement, on dirait qu’un soleil cachĂ© en elle rayonne de ses lumiĂšres et Ă©claire la neige Ă  peine rosĂ©e du corps de Marie, puis se rĂ©pand sur les choses et sur le soleil qui luit sur la terre, en la bĂ©nissant et en lui promettant mille bienfaits.

Au moment oĂč Marie va se relever aprĂšs sa priĂšre pleine d’amour, et alors que la clartĂ© de l’extase persiste sur son vi­sage, la vieille Anne, fille de Phanuel, entre. Elle s’arrĂȘte, interdite, ou pour le moins dans l’admiration devant le geste et l’aspect de Marie.

Elle l’appelle : « Marie ! », et l’enfant se tourne vers elle avec un sourire, diffĂ©rent mais toujours trĂšs beau ; elle la salue :

« Anne, la paix soit avec toi.

10.3 – Tu priais ? Tu n’as donc jamais fini de prier ?

– La priĂšre me suffirait, mais je parle avec Dieu. Anne, tu ne peux savoir combien je le sens proche de moi. Plus que proche : dans mon cƓur. Que Dieu me pardonne un tel orgueil, mais je ne me sens pas seule. Tu vois ? LĂ  se trouve le Saint des Saints, dans cette maison d’or et de neige, derriĂšre le double voile. Jamais aucun Ɠil, si ce n’est celui du grand-prĂȘtre, ne peut se fixer sur le Propitiatoire sur lequel repose la gloire du Seigneur. Mais, moi, je n’ai pas besoin de voir de toute mon Ăąme – qui le vĂ©nĂšre – ce Voile brodĂ© qui vibre au son des chants des vierges et des lé­vites, et qui sent l’encens prĂ©cieux, comme pour en percer l’épaisseur et permettre de voir le TĂ©moignage. Bien sĂ»r, je le regarde ! Ne crains pas que je ne le regarde pas avec respect, comme tout fils d’IsraĂ«l. Ne crains pas que l’orgueil m’aveugle au point de me faire penser ce que je suis en train de dire. Je le regarde, et il n’y a pas, dans tout le peuple de Dieu, de plus humble serviteur qui regarde avec plus d’humilitĂ© la Maison du Seigneur que moi, car je suis convaincue d’ĂȘtre la plus insignifiante de tous. Mais qu’est-ce que je vois ? Un voile. A quoi je pense, au-delĂ  du Voile ? A un tabernacle. Et Ă  quoi, dans ce tabernacle ? Mais si je regarde le fond de mon cƓur, c’est Dieu que je vois resplendir dans sa gloire d’amour et me dire : “ Je t’aime. ” Je lui rĂ©ponds : “ Je t’aime ”, et je fonds, je me renouvelle Ă  chaque battement de cƓur en ce baiser rĂ©ciproque


Je me tiens au milieu de vous, mes bien chùres maütresses et compagnes, mais un cercle de flammes m’isole de vous. Dans ce cercle, il y a Dieu, et moi. Je vous vois à travers le Feu de Dieu, et c’est ainsi que je vous aime
 mais je ne peux vous aimer selon la chair, je ne pourrai jamais aimer personne selon la chair. Mon seul amour est celui qui m’aime selon l’esprit.

10.4 Je connais mon sort. La Loi sĂ©culaire d’IsraĂ«l veut que toute jeune fille devienne une Ă©pouse, et toute Ă©pouse une mĂšre. Mais, moi, sans dĂ©sobĂ©ir Ă  la Loi, j’obĂ©is Ă  la Voix qui me dit : “ Je te veux. ” Je suis vierge et je le resterai. Comment le pourrai-je ? Cette PrĂ©sence douce, invisible, qui est avec moi m’y aidera, parce que c’est elle qui le dĂ©sire. Je n’ai pas peur. Je n’ai plus ni pĂšre ni mĂšre
 et seul l’Eternel sait avec quelle douleur ce que j’avais d’humain s’est consumĂ© : avec une douleur atroce. C’est donc Ă  lui que j’obĂ©is aveuglĂ©ment. Je l’aurais mĂȘme fait contre la volontĂ© de mes parents, car la Voix m’apprend que celui qui veut la suivre doit passer outre la volontĂ© de ses parents : certes, ils sont des gardes aimants sur le chemin de ronde des remparts qui protĂšgent leur enfant et ils veulent les conduire au bonheur par leur chemin Ă  eux
 Mais ils ne savent pas qu’il existe d’autres chemins qui conduisent Ă  une joie infinie
 J’aurais abandonnĂ© vĂȘtements et manteau pour suivre la Voix qui me dit : “ Viens, ma bien-aimĂ©e, mon Ă©pouse ! ” J’aurais tout quittĂ©. Les perles de mes larmes – car j’aurais pleurĂ© de devoir leur dĂ©sobĂ©ir –, les rubis de mon sang – car j’aurais mĂȘme dĂ©fiĂ© la mort pour suivre la Voix qui appelle – leur auraient montrĂ© qu’il existe quelque chose de plus grand et de plus doux que l’amour d’un pĂšre et d’une mĂšre : la voix de Dieu. Mais sa volontĂ© m’a dĂ©gagĂ©e dĂ©sormais des liens de la piĂ©tĂ© filiale. D’ailleurs, ils ne m’auraient pas retenue. C’étaient deux justes, et Dieu leur parlait certainement au fond du cƓur comme il me parle. Ils auraient suivi le chemin de la justice et de la vĂ©ritĂ©. Quand je pense Ă  eux, je les vois dans la paix de l’attente auprĂšs des patriarches, et je hĂąte par mon sacrifice l’avĂšnement du Messie qui leur ouvrira les portes du Ciel. C’est moi qui me dirige sur la terre, ou plutĂŽt c’est Dieu qui dirige sa pauvre servante en lui dictant ses commandements. Et je les accomplis, parce que c’est lĂ  toute ma joie. Quand l’heure sera venue, je dirai Ă  mon Ă©poux mon secret
 et il l’accueillera.

– Mais, Marie
 quels mots trouveras-tu pour le convaincre ? Tu auras contre toi l’amour d’un homme, la Loi et la vie.

– J’aurai Dieu avec moi
 Dieu ouvrira le cƓur de mon Ă©poux Ă  la lumiĂšre
 La vie perdra l’aiguillon des sens et deviendra une fleur qui exhalera le parfum de la charitĂ©.

10.5 Quant Ă  la Loi
 Anne, ne me traite pas de blasphĂ©matrice, mais je pense que la Loi va bientĂŽt changer. Qui le fera, puisqu’elle est divine ? Le seul qui en ait le pouvoir, c’est-Ă -dire Dieu. Je vous l’affirme, le temps est plus proche que vous ne l’imaginez. En lisant Daniel, une grande lumiĂšre s’est faite en moi ; elle me venait du fond du cƓur, et mon intelligence a saisi le sens de ces paroles secrĂštes. Les soixante-dix semaines seront abrĂ©gĂ©es grĂące aux priĂšres des justes. Le nombre des annĂ©es sera-t-il donc changĂ© ? Non, la prophĂ©tie ne ment pas. Mais la mesure du temps prophĂ©tique ne se fonde pas sur la course du soleil, mais sur celle de la lune. C’est pourquoi je l’affirme : “ L’heure est proche oĂč l’on entendra vagir le fils d’une vierge. ” Ah, si seulement cette LumiĂšre qui m’aime voulait bien me dire – puisqu’elle me dit tant de choses – oĂč se trouve l’heureuse vierge qui enfantera un fils Ă  Dieu et le Messie Ă  son peuple ! Je marcherais pieds nus et je parcourrais la terre, et rien ne m’arrĂȘterait, ni le froid ni le gel, ni la poussiĂšre ni la canicule, ni les bĂȘtes sauvages ni la faim, jusqu’à ce que je la trouve et lui dise : “ Accorde Ă  ta servante et Ă  la servante des serviteurs du Christ de vivre sous ton toit. Je tournerai la meule et le pressoir, mets-moi comme esclave Ă  la meule, comme ber­gĂšre Ă  ton troupeau, mets-moi Ă  laver les langes de ton Enfant, aux cuisines, aux fours
 oĂč tu voudras, mais accueille-moi. Que je le voie ! Que j’entende sa voix ! Que son regard se pose sur moi ! ” Et si elle ne veut pas de moi, je me ferai mendiante Ă  sa porte et je vivrai d’aumĂŽnes et de railleries, je coucherai dehors sous la canicule pour entendre la voix du Messie enfant et l’écho de ses Ă©clats de rire, ou simplement pour le voir passer
 Un jour, peut-ĂȘtre recevrai-je de lui l’obole d’un pain
 Ah, mĂȘme si la faim me torturait l’estomac au point que je me sente dĂ©faillir aprĂšs un si long jeĂ»ne, je ne mangerais pas de ce pain. Je le serrerais contre mon cƓur comme un sachet de perles et je l’embrasserais pour sentir le parfum de la main du Christ ; je n’aurais plus ni faim ni froid, parce que ce contact me procurerait extase et chaleur, extase et nourriture


10.6 – Tu devrais ĂȘtre la mĂšre du Christ, puisque tu l’aimes Ă  ce point ! C’est pour cela que tu dĂ©sires rester vierge ?

– Oh, non ! Je ne suis que misĂšre et poussiĂšre. Je n’ose lever les yeux vers la Gloire. C’est pour cela que, plus que le double Voile derriĂšre lequel, je le sais, se trouve la prĂ©sence invisible de Yah­vĂ©, j’aime regarder au-dedans de mon cƓur. LĂ -bas se trouve le Dieu terrible du SinaĂŻ. Mais ici, en moi, je vois notre PĂšre, un visage aimant qui me sourit et me bĂ©nit, parce que je suis aussi petite qu’un oisillon que le vent soulĂšve sans en sentir le poids ; je suis aussi faible que du muguet sauvage qui ne sait que fleurir et sentir bon, et ne peut opposer au vent d’autre force que sa douceur parfumĂ©e et pure. Dieu, mon vent d’amour !

Ce n’est pas pour cette raison. Mais voici pourquoi : la puretĂ© que, du Ciel, il a choisie pour mĂšre et qui, sur la terre, lui parle de son PĂšre du Ciel, ne peut que plaire Ă  celui qui naĂźtra de Dieu et d’une vierge, au Saint du TrĂšs-Saint. Si la Loi mĂ©ditait lĂ -dessus, si les rabbins, qui l’ont amplifiĂ©e par toutes les subtilitĂ©s de leur enseignement, tournaient leur esprit vers des horizons plus Ă©levĂ©s, se plongeaient dans le surnaturel et laissaient de cĂŽtĂ© l’humain et l’utile qu’ils recherchent en oubliant la Fin suprĂȘme, ils devraient orienter leur enseignement tout particuliĂšrement vers la puretĂ© pour que le Roi d’IsraĂ«l la trouve quand il viendra. A cĂŽtĂ© de l’olivier du Pacifique et des palmes du Triomphateur, rĂ©pandez des lys, une multitude de lys


Que de sang le Sauveur devra-t-il verser pour nous sauver ! Que de sang ! Telle la rosĂ©e d’un vase poreux, une pluie de sang tombera des milliers de blessures qu’IsaĂŻe a vues sur l’Homme des douleurs. Que ce sang divin ne tombe pas lĂ  oĂč il y a profanation et blasphĂšme, mais dans des coupes au parfum de puretĂ© qui le reçoivent et le recueillent pour le dĂ©verser sur les malades spirituels, sur les lĂ©preux de l’ñme, sur ceux qui sont morts Ă  Dieu. Offrez des lys, offrez des lys pour essuyer, avec la robe blanche des pĂ©tales purs, la sueur et les larmes du Christ ! Offrez des lys, offrez-lui des lys pour l’ardeur de sa fiĂšvre de Martyr ! Ah, oĂč sera-t-il, ce lys qui te portera, qui Ă©tanchera ta soif, qui se teindra de ton sang, qui mourra de douleur en te voyant mourir et pleurera sur ton corps exsangue ? Oh ! Christ ! Oh ! Christ ! Mon soupir
 »

En larmes, accablée, Marie se tait.

10.7 Anne garde le silence quelque temps puis, de sa voix blanche de femme ĂągĂ©e prise par l’émotion, elle dit

« As-tu autre chose Ă  m’enseigner, Marie ? »

Marie sursaute. Dans son humilité, elle doit croire que sa maßtresse lui fait un reproche, et elle dit :

« Oh, pardon ! C’est toi la maĂźtresse, moi je ne suis rien, mais cette parole me jaillit du cƓur. J’ai beau la surveiller pour ne pas parler, c’est comme un fleuve impĂ©tueux qui rompt ses digues. Elle m’a saisie et a dĂ©bordĂ©. Ne tiens pas compte de mes paroles et mortifie ma prĂ©somption. Les paroles mystĂ©rieuses devraient rester dans l’arche secrĂšte du cƓur auquel Dieu, dans sa bontĂ©, accorde ce bienfait. Je le sais bien. Mais cette prĂ©sence invisible est si douce qu’elle m’enivre
 Anne, pardonne Ă  ta petite servante ! »

Anne la serre sur son cƓur. Tout son vieux visage ridĂ© tremble et luit sous les pleurs. Ses larmes s’insinuent dans ses rides comme le fait l’eau sur un terrain accidentĂ© avant de se changer en un marais tremblotant. Toutefois, la vieille maĂźtresse ne fait pas rire : bien au contraire, ses larmes font naĂźtre la plus grande vĂ©nĂ©ration.

Marie est dans ses bras, son petit visage serré sur la poitrine de sa vieille maßtresse, et tout finit comme cela.

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EMV 10.8-10 · Tome 1, p. 78-80

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

10.8 Jésus dit :

« Marie se souvenait de Dieu. Elle rĂȘvait de Dieu. Elle croyait rĂȘver, mais elle ne faisait que revoir ce que son Ăąme avait contemplĂ© dans la splendeur du Ciel de Dieu, Ă  l’instant oĂč elle a Ă©tĂ© créée pour ĂȘtre unie Ă  la chair conçue sur la terre. Elle partageait avec Dieu – bien que de maniĂšre trĂšs infĂ©rieure, comme la justice l’exigeait – l’une des propriĂ©tĂ©s de Dieu : celle de se souvenir, de voir et de prĂ©voir, grĂące Ă  l’attribut d’une intelligence puissante et parfaite, puisqu’elle n’était pas blessĂ©e par le pĂ©chĂ© originel.

10.9 L’homme est créé Ă  l’image et Ă  la ressemblance de Dieu. L’une de ces ressemblances rĂ©side dans la possibilitĂ© pour l’ñme de se souvenir, de voir et de prĂ©voir. Cela explique la facultĂ© de lire dans le futur. Cette facultĂ© s’exerce, de par la volontĂ© de Dieu, Ă  maintes reprises et directement, d’autres fois par un souvenir qui se lĂšve comme le soleil sur une matinĂ©e, Ă©clairant un point prĂ©cis de l’horizon des siĂšcles dĂ©jĂ  vu dans le sein de Dieu.

Ce sont là des mystÚres trop élevés pour que vous puissiez pleinement les comprendre. Mais réfléchissez.

Cette Intelligence suprĂȘme, cette PensĂ©e qui sait tout, cette Vue qui voit tout, qui vous crĂ©e d’un acte de sa volontĂ© et d’un souffle de son amour infini, faisant ainsi de vous ses enfants par votre origine et par votre destinĂ©e, pourrait-il vous donner quelque chose de diffĂ©rent de lui ? Il vous en donne une part infinitĂ©simale, car la crĂ©ature ne saurait contenir son CrĂ©ateur. Il n’empĂȘche que cette part est parfaite et complĂšte.

Quel trĂ©sor d’intelligence Dieu n’a-t-il pas donnĂ© Ă  l’homme, Ă  Adam ! La faute l’a amoindri, mais mon sacrifice le rĂ©tablit et vous ouvre les splendeurs de l’intelligence, ses fleuves, sa science. Oh ! sublimitĂ© de l’esprit humain uni Ă  Dieu par le moyen de la grĂące, et qui partage avec lui sa capacitĂ© Ă  connaĂźtre... sublimitĂ© de l’esprit humain uni Ă  Dieu par le moyen de la grĂące.

Il n’existe pas d’autre mode de connaissance. Que ceux qui recherchent avec curiositĂ© des secrets qui dĂ©passent les capacitĂ©s humaines s’en souviennent. Toute connaissance qui ne vient pas d’une Ăąme en Ă©tat de grĂące – or une Ăąme n’est pas en Ă©tat de grĂące si elle s’oppose Ă  la Loi de Dieu, dont les commandements sont fort clairs – ne peut provenir que de Satan. S’il est difficile qu’elle corresponde Ă  la vĂ©ritĂ© quand il s’agit de sujets humains, elle n’y correspond jamais quand il s’agit de sujets surnaturels, car le DĂ©mon est le pĂšre du mensonge et il entraĂźne les hommes sur le chemin du mensonge. Pour connaĂźtre la vĂ©ritĂ©, il n’y a aucun autre moyen que celui qui vient de Dieu. Il nous parle ou rappelle Ă  notre mĂ©moire, comme un pĂšre rappelle Ă  son fils un souvenir qui a trait Ă  la maison paternelle en disant : “ Te souviens-tu quand tu faisais telle chose avec moi, tu as vu ceci, entendu cela ? Te souviens-tu quand je t’ai embrassĂ© Ă  ton dĂ©part ? Te rappelles-tu le moment oĂč tu as vu pour la premiĂšre fois le soleil Ă©clatant de mon visage sur ton Ăąme vierge Ă  peine créée et encore pure – parce que tout juste sortie de moi – de la souillure qui t’a ensuite amoindri ? Te rappelles-tu quand tu as compris en tressaillant d’amour ce qu’est l’Amour ? Quel est le mystĂšre de notre ĂȘtre et de notre procession ? ” Or, lĂ  oĂč l’homme en Ă©tat de grĂące ne peut parvenir Ă  cause de ses capacitĂ©s limitĂ©es, l’Esprit de science parle et instruit.

Encore faut-il la grĂące pour possĂ©der l’Esprit, pour possĂ©der la vĂ©ritĂ© et la science, pour avoir le PĂšre avec soi. C’est la tente sous laquelle les trois Personnes Ă©tablissent leur demeure, le propitiatoire sur lequel l’Eternel repose et parle, non pas de l’intĂ©rieur d’une nuĂ©e mais en rĂ©vĂ©lant sa face Ă  son enfant fidĂšle. Les saints se souviennent de Dieu, des paroles entendues dans la PensĂ©e crĂ©atrice. La BontĂ© les suscite Ă  nouveau dans leur coeur pour les Ă©lever comme des aigles dans la contemplation de la vĂ©ritĂ©, dans la connaissance du temps.

10.10 Marie Ă©tait la Femme pleine de grĂące. Toute la GrĂące une et trine demeurait en elle. Toute la GrĂące une et trine la prĂ©parait Ă  ĂȘtre l’épouse aux noces, Ă  ĂȘtre le lit nuptial pour sa descen­dance, Ă  vivre sa maternitĂ© et sa mission de maniĂšre divine. Elle est celle qui ferme le cycle des prophĂ©tesses de l’Ancien Testament et ouvre celui des “ porte-parole de Dieu ” dans le Nouveau Testament.

Arche vĂ©ritable de la Parole de Dieu, elle dĂ©couvrait, en regardant dans son sein inviolĂ© pour l’éternitĂ©, les paroles de la science Ă©ternelle tracĂ©es par le doigt de Dieu sur son coeur immaculĂ©, et, comme tous les saints, elle se souvenait de les avoir dĂ©jĂ  entendues lorsqu’elle avait Ă©tĂ© engendrĂ©e avec son Ăąme immortelle par Dieu, le PĂšre crĂ©ateur de tout ce qui existe. Et, si elle ne se rappelait pas tout de sa mission Ă  venir, c’était parce qu’en toute perfection humaine Dieu laisse des lacunes dues Ă  une prudence divine qui est bontĂ© pour sa crĂ©ature en lui fournissant des occasions de mĂ©rite.

Pour ĂȘtre la MĂšre du Christ, Marie, cette nouvelle Eve, a dĂ» conquĂ©rir sa part de mĂ©rite par une bonne volontĂ© fidĂšle que Dieu a demandĂ©e Ă  son Fils pareillement pour faire de lui le RĂ©dempteur.

L’esprit de Marie Ă©tait au Ciel. Son Ă©tat moral et sa chair Ă©taient sur terre, et il lui fallait fouler aux pieds terre et chair pour parvenir Ă  l’esprit, et l’unir Ă  l’Esprit en une Ă©treinte fĂ©conde. »

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EMV 10.8 · Tome 1, p. 78

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

10.8 Jésus dit :

« Marie se souvenait de Dieu. Elle rĂȘvait de Dieu. Elle croyait rĂȘver, mais elle ne faisait que revoir ce que son Ăąme avait contemplĂ© dans la splendeur du Ciel de Dieu, Ă  l’instant oĂč elle a Ă©tĂ© créée pour ĂȘtre unie Ă  la chair conçue sur la terre. Elle partageait avec Dieu – bien que de maniĂšre trĂšs infĂ©rieure, comme la justice l’exigeait – l’une des propriĂ©tĂ©s de Dieu : celle de se souvenir, de voir et de prĂ©voir, grĂące Ă  l’attribut d’une intelligence puissante et parfaite, puisqu’elle n’était pas blessĂ©e par le pĂ©chĂ© originel.

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EMV 10.9 · Tome 1, p. 78-80

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Une Ăąme n’est pas en Ă©tat de grĂące si elle s’oppose Ă  la Loi de Dieu, dont les commandements sont fort clairs.

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EMV 10.10 · Tome 1, p. 80

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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10.10 Marie Ă©tait la Femme pleine de grĂące. Toute la GrĂące une et trine demeurait en elle. Toute la GrĂące une et trine la prĂ©parait Ă  ĂȘtre l’épouse aux noces, Ă  ĂȘtre le lit nuptial pour sa descen­dance, Ă  vivre sa maternitĂ© et sa mission de maniĂšre divine. Elle est celle qui ferme le cycle des prophĂ©tesses de l’Ancien Testament et ouvre celui des “ porte-parole de Dieu ” dans le Nouveau Testament.

Arche vĂ©ritable de la Parole de Dieu, elle dĂ©couvrait, en regardant dans son sein inviolĂ© pour l’éternitĂ©, les paroles de la science Ă©ternelle tracĂ©es par le doigt de Dieu sur son coeur immaculĂ©, et, comme tous les saints, elle se souvenait de les avoir dĂ©jĂ  entendues lorsqu’elle avait Ă©tĂ© engendrĂ©e avec son Ăąme immortelle par Dieu, le PĂšre crĂ©ateur de tout ce qui existe. Et, si elle ne se rappelait pas tout de sa mission Ă  venir, c’était parce qu’en toute perfection humaine Dieu laisse des lacunes dues Ă  une prudence divine qui est bontĂ© pour sa crĂ©ature en lui fournissant des occasions de mĂ©rite.

Pour ĂȘtre la MĂšre du Christ, Marie, cette nouvelle Eve, a dĂ» conquĂ©rir sa part de mĂ©rite par une bonne volontĂ© fidĂšle que Dieu a demandĂ©e Ă  son Fils pareillement pour faire de lui le RĂ©dempteur.

L’esprit de Marie Ă©tait au Ciel. Son Ă©tat moral et sa chair Ă©taient sur terre, et il lui fallait fouler aux pieds terre et chair pour parvenir Ă  l’esprit, et l’unir Ă  l’Esprit en une Ă©treinte fĂ©conde. »

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EMV 11 · Tome 1, p. 81-85

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Titre du chapitre : Marie confie son vƓu au grand-prĂȘtre.

Date de la vision : Dimanche 3 septembre 1944

Calendrier : Novembre de l'an -7 (Eloul 3754).

Lieux (carte) : Jérusalem

Cycle : Mariage avec Joseph

RĂ©sumĂ© : Marie rejoint sa cellule avec d'autres vierges. Quand elle est sur le point d'entrer dans sa chambre, une maĂźtresse lui indique que le grand-prĂȘtre veut la voir. Elle y va donc, et elle dĂ©couvre ledit prĂȘtre, mais aussi Zacharie et Anne de Phanuel. Simon ben Boethos lui dĂ©clare alors qu'il connaĂźt sa saintetĂ©, et qu'il aimerait qu'elle reste au Temple prier chaque matin le Seigneur. Mais la Loi dit autre chose et elle doit se marier. Il la rassure en disant qu'il n'oublie pas qu'elle est de la lignĂ©e de David, et comme elle ne connaĂźt personne,ils se fieront sur Dieu pour choisir son Ă©poux. Marie confie alors son voeu de virginitĂ© au grand-prĂȘtre et ce dernier lui demande quand elle l'a rĂ©alisĂ©. La MĂšre du Seigneur se plonge alors dans ses souvenirs pour lui rĂ©pondre. Elle lui dit qu'elle ne s'oppose pas au mariage, mais qu'elle veut quand mĂȘme rester vierge. Le grand-prĂȘtre lui dĂ©clare alors que Dieu lui donnera son Ă©poux, qui sera saint puisqu'elle se sera confiĂ©e au TrĂšs-Haut. Elle parlera de son voeu Ă  son futur mari.

Contenu du chapitre : 11.1 : Le sourire de Marie au milieu d'un bombardement rĂ©jouit Maria Valtorta. 11.2 : Avec les vierges Marie rentre dans sa cellule. 11.3 : Le Pontife lui rappelle qu'elle doit se marier. 11.4 : Mais Marie s'est promise au Seigneur et raconte comment. 11.5 : Tu diras ton vƓu Ă  ton Ă©poux.

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EMV 11.2-5 · Tome 1, p. 81-85

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

11.2 Marie se trouve toujours au Temple. Elle est en train de sortir, en compagnie d’autres vierges, du Temple proprement dit.

Une cĂ©rĂ©monie a dĂ» avoir lieu, car l’odeur de l’encens se rĂ©pand dans l’air rendu tout rouge par un beau crĂ©puscule. Je pense que l’automne est dĂ©jĂ  bien avancĂ©, parce qu’un ciel doucement mĂ©lancolique, comme en un mois serein d’octobre, s’incline sur les jardins de JĂ©rusalem, oĂč le jaune ocre des feuilles prĂšs de tomber insĂšre des couleurs claires d’un blond-rouge dans le vert argentĂ© des oliviers.

Le groupe, ou plutĂŽt l’essaim blanc des vierges, traverse la cour de derriĂšre, monte l’escalier, passe un petit portique, pé­nĂštre dans une autre cour moins belle, carrĂ©e et sans autre accĂšs que cette ouverture. Ce doit ĂȘtre la cour destinĂ©e Ă  rassembler les petites demeures des vierges au service du Temple, car chaque jeune fille se dirige vers sa cellule comme une colombe vers son nid. On dirait vraiment un vol de colombes qui se sĂ©parent aprĂšs avoir Ă©tĂ© rĂ©unies. Beaucoup, je pourrais mĂȘme dire toutes, dis­cutent entre elles Ă  voix basse, mais joyeusement, avant de se quitter. Marie garde le silence. Simplement, avant de se sĂ©parer des autres, elle les salue affectueusement puis se dirige vers sa petite chambre, dans un coin Ă  droite.

11.3 Elle y est rejointe par une maĂźtresse, moins ĂągĂ©e qu’Anne, fille de Phanuel, mais dĂ©jĂ  d’un certain Ăąge :

« Marie, le grand-prĂȘtre t’attend. »

Un peu surprise, Marie la regarde, mais sans poser de questions. Elle se contente de répondre :

« J’y vais tout de suite. »

Je ne sais si la grande salle dans laquelle elle entre appartient Ă  la maison du grand-prĂȘtre, ou si elle fait partie des maisons des femmes au service du Temple. Mais je vois qu’elle est vaste et lumineuse, Ă©lĂ©gante, et que Zacharie et Anne, fille de Phanuel, s’y trouvent en compagnie du grand-prĂȘtre, magnifiquement vĂȘtu.

Marie, arrivĂ©e au seuil, s’incline profondĂ©ment et n’avance pas avant que le grand-prĂȘtre ne lui dise :

« Approche, Marie, n’aie pas peur. »

Marie se redresse et avance lentement, non par manque d’empressement, mais par un je ne sais quoi de solennel qui la fait paraütre plus femme.

Anne sourit pour l’encourager, et Zacharie la salue d’un :

« La paix soit avec toi, ma cousine. »

Le grand-prĂȘtre l’observe attentivement puis s’adresse Ă  Zacharie :

« On reconnaĂźt bien en elle la race de David et d’Aaron...

Ma fille, je connais ta grĂące et ta bontĂ©. Je sais que tu as grandi chaque jour en science et en grĂące aux yeux de Dieu et des hommes. Je sais que la voix de Dieu murmure Ă  ton coeur les paroles les plus douces. Je sais que tu es la fleur du Temple de Dieu, et qu’un troisiĂšme chĂ©rubin se tient devant le TĂ©moignage depuis que tu t’y trouves. Je voudrais bien que ton parfum continue Ă  monter avec l’encens Ă  chaque nouvelle journĂ©e. Mais la Loi dit autre chose. Tu n’es plus une enfant dĂ©sormais, mais une femme. Or, en IsraĂ«l, toute femme doit ĂȘtre mariĂ©e pour apporter son fils au Seigneur. Tu suivras donc le commandement de la Loi. N’aie pas peur, ne rougis pas. Je garde Ă  l’esprit ta descendance royale. D’ailleurs, la Loi te protĂšge puisqu’elle prescrit qu’on donne Ă  chaque homme une femme de sa lignĂ©e. Mais mĂȘme si ce n’était pas le cas, je le ferais pour ne pas porter atteinte Ă  la noblesse de ton sang. Tu ne connais aucun homme de ta lignĂ©e, Marie, qui puisse devenir ton Ă©poux ? »

Marie lĂšve un visage tout rouge de pudeur. Sur ses cils brille une larme, un premier diamant, et c’est d’une voix tremblante qu’elle rĂ©pond :

« Personne.

– Elle ne peut connaĂźtre personne, car elle est entrĂ©e ici tout enfant ; du reste, la race de David a Ă©tĂ© trop persĂ©cutĂ©e et dispersĂ©e pour permettre Ă  ses diffĂ©rentes branches de se rĂ©unir pour servir de frondaison au palmier royal, dit Zacharie.

– Dans ce cas, nous laisserons le choix Ă  Dieu. »

11.4 Les larmes que Marie retenait jusqu’ici jaillissent alors et coulent jusqu’à sa bouche tremblante ; elle jette un regard suppliant à sa maütresse.

« Marie s’est rĂ©servĂ©e pour le Seigneur, pour sa gloire et pour le salut d’IsraĂ«l. Elle n’était encore qu’une enfant Ă  peine capable de balbutier, et dĂ©jĂ  elle s’était liĂ©e par un voeu, prĂ©cise Anne pour lui venir en aide.

– C’est donc pour cela que tu pleures ? Pas pour rĂ©sister Ă  la Loi ?

– Pour cette seule raison. Je t’obĂ©is, grand-prĂȘtre de Dieu.

– Cela confirme tout ce qu’on m’a dit de toi. Depuis combien d’annĂ©es es-tu vouĂ©e Ă  la virginitĂ© ?

– Depuis toujours, je crois. Je n’étais pas encore venue au Temple que je m’étais dĂ©jĂ  donnĂ©e au Seigneur.

– Mais n’es-tu pas la petite fille qui est venue me demander d’entrer, il y a maintenant douze hivers ?

– C’est bien moi.

– Alors comment peux-tu dire que tu appartenais dĂ©jĂ  Ă  Dieu Ă  ce moment-lĂ  ?

– Si je regarde mon passĂ©, je vois que j’ai toujours Ă©tĂ© vouĂ©e Ă  la virginitĂ©... Je ne me souviens pas de l’instant oĂč je suis nĂ©e, ni comment j’ai commencĂ© Ă  aimer ma mĂšre et Ă  dire Ă  mon pĂšre : “ Mon pĂšre, je suis ta fille ”... En revanche, je me rappelle avoir donnĂ© mon coeur Ă  Dieu, mĂȘme si je ne sais pas Ă  quel moment cela a commencĂ©. C’était peut-ĂȘtre avec le premier baiser que j’ai su donner, avec le premier mot que j’ai su prononcer, avec le premier pas que j’ai su faire... Oui, c’est ça : je crois que mon premier souvenir d’amour, je le trouve dans mes premiers pas plus assurĂ©s... Ma maison... ma maison avait un jardin rempli de fleurs... il y avait un verger et des champs... et aussi une source, au fond, au pied d’une hauteur, qui jaillissait d’un rocher creusĂ© qui formait une grotte.... Elle Ă©tait pleine d’herbes longues et fines, qui pleuvaient de toute part comme autant de petites cascades vertes. On aurait dit qu’elles pleuraient, car ces petites feuilles lĂ©gĂšres, en un feuillage qui ressemblait Ă  une broderie, portaient toutes une goutte d’eau qui, en tombant, tintaient comme un lĂ©ger carillon. La source chantait elle aussi. Il y avait encore des oiseaux sur les oliviers et les pommiers qui se trouvaient sur la pente au-dessus de la source, et de blanches colombes venaient se laver dans le miroir limpide de la source...

J’avais oubliĂ© tout cela, parce que j’avais mis mon coeur en Dieu et, Ă  part mes parents que j’ai aimĂ©s de leur vivant comme aprĂšs leur mort, ce qui est terrestre avait disparu de mon coeur... Mais tu m’y refais penser, grand-prĂȘtre... Je dois chercher Ă  quel moment je me suis donnĂ©e Ă  Dieu... et les souvenirs de mes premiĂšres annĂ©es me reviennent en mĂ©moire... Si j’aimais cette grotte, c’est que j’y entendais une voix plus douce que le chant de l’eau et des oiseaux ; elle me disait : “ Viens, ma bien-aimĂ©e. ” J’aimais ces herbes parĂ©es de diamants sonores, parce que j’y reconnaissais le signe de mon Seigneur. Je passais mon temps Ă  me dire : “ Vois-tu, mon Ăąme, comme il est grand, ton Dieu ? Celui qui a fait les cĂšdres du Liban pour l’aquilon a Ă©galement créé ces petites feuilles qui ploient sous le poids d’un moustique pour le plaisir de tes yeux et pour servir d’abri Ă  tes petits pieds. ” J’apprĂ©ciais ce silence des choses pures : la brise lĂ©gĂšre, l’eau avec ses reflets argentĂ©s, la propretĂ© des colombes... J’aimais cette paix qui veillait sur la petite grotte, une paix qui semblait tomber des pommiers et des oliviers, tantĂŽt en fleurs, tantĂŽt chargĂ©s de fruits...

Et, je ne sais, j’avais l’impression que la Voix me disait, Ă  moi, oui, bien Ă  moi : “ Viens, magnifique olive ; viens, douce pomme ; viens, source scellĂ©e ; viens, ma colombe... ” Bien sĂ»r, l’amour de mes parents m’était doux... Leur voix qui m’appelait m’était douce... mais celle-lĂ  ! Celle-lĂ  ! Au paradis terrestre, je pense que c’est ainsi que l’entendit celle qui fut coupable, et je ne sais comment elle a pu prĂ©fĂ©rer un sifflement Ă  cette Voix d’amour, comment elle a pu dĂ©sirer connaĂźtre autre chose que Dieu... Mes lĂšvres ne connaissaient encore que le lait maternel, mais c’est avec le coeur enivrĂ© par le miel cĂ©leste que j’ai dit alors : “ Me voici, je viens. Nul autre maĂźtre que toi, Seigneur, ne possĂšdera ma chair, et mon Ăąme n’a pas d’autre amour ”... Par ces mots, j’avais l’impression de rĂ©pĂ©ter des choses dĂ©jĂ  dites et d’accomplir un rite dĂ©jĂ  accompli. L’époux que j’avais choisi ne me paraissait pas Ă©tranger car je connaissais dĂ©jĂ  l’ardeur de son amour, mes yeux s’étaient faits Ă  sa lumiĂšre et ma capacitĂ© d’amour s’était dĂ©veloppĂ©e entre ses bras. Quand cela ? Je l’ignore. Hors de la vie prĂ©sente, dirais-je, car j’avais le sentiment de l’avoir toujours possĂ©dĂ©, je sentais qu’il me possĂšde depuis toujours et que j’existe parce qu’il m’a voulue, pour la joie de son Esprit et du mien.

11.5 Cela dit, je t’obĂ©is, grand-prĂȘtre. Mais indique-moi comment me comporter... Je n’ai plus ni pĂšre ni mĂšre. Sois donc mon guide.

– Dieu te donnera un Ă©poux, et il sera saint puisque tu t’es confiĂ©e Ă  lui. Tu lui parleras de ton voeu.

– Et il acceptera ?

– Je l’espĂšre. Prie, ma fille, pour qu’il puisse comprendre ton coeur. Maintenant, va, et que Dieu t’accompagne toujours. »

Marie se retire avec Anne, et Zacharie reste avec le grand-prĂȘtre.

C’est ainsi que la vision prend fin.

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EMV 12 · Tome 1, p. 85-91

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Titre du chapitre : Joseph choisi comme époux de la Vierge.

Date de la vision : Lundi 4 septembre 1944

Calendrier : Vendredi 23 décembre de l'an -7

Lieux (carte) : Jérusalem

Cycle : Mariage avec Joseph

RĂ©sumĂ© : Le grand-prĂȘtre a rassemblĂ© les hommes de la tribu de David au Temple. On apprend dans ce chapitre qu'il a demandĂ© Ă  ce que tous emmĂšnent une branche d'amandier. C'est parmi ce groupe que sera choisi l'Ă©poux de la Vierge. Tous sont curieux et Zacharie est prĂ©sent. Le grand-prĂȘtre arrive enfin et dĂ©voile qu'une des branches a fleuri en plein hiver et que c'est celui-lĂ  qui Ă©pousera Marie. Joseph est dĂ©signĂ© comme l'heureux Ă©lu et le grand-prĂȘtre envoie chercher la future MĂšre du Christ. Pendant ce temps, Simon ben Boethos rĂ©vĂšle que Marie a fait un voeu. Joseph doit aider la Toute-Pure Ă  en parler. Quand elle arrive, tous se retirent et les deux fiancĂ©s font connaissance. Joseph parle de la maison de Nazareth, d'Anne, de Joachim, et cela met la Vierge en confiance. Son Ă©poux lui dĂ©voile qu'il est nazir et cela l'encourage Ă  lui faire part de son voeu, qu'il accepte : il lui demande mĂȘme qu'il unisse son voeu au sien. Enfin, saint Joseph affirme qu'il va aller prendre soin de la maison Ă  Nazareth jusqu'Ă  ce que Marie sorte dĂ©finitivement du Temple.

Contenu du chapitre : 12.1 : Une rĂ©union d'hommes en habit de fĂȘte. 12.2 : Joseph parle avec un vieillard. 12.3 : Un lĂ©vite apporte un faisceau de branches sĂšches avec un rameau fleuri. 12.4 : Joseph est dĂ©signĂ© comme Ă©poux de Marie grĂące au rameau fleuri miraculeusement. 12.5 : Le Pontife prĂ©sente Joseph Ă  Marie. 12.6 : Joseph est nazirĂ©en. 12.7 : Marie confie, Ă  Joseph qui l’accepte, sa consĂ©cration Ă  Dieu. Ils vivront dans la chastetĂ©. 12.8 : À Nazareth les Ă©poux vivront sĂ©parĂ©ment et Joseph s’occupera de tout.

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EMV 12.5 · Tome 1, p. 88

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Il n’est pas en IsraĂ«l de fleur plus belle et plus pure qu’elle.

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