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Mots-clĂ©s principaux et transversaux 🌟

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Confort de lecture

EMV 12.6-8 · Tome 1, p. 88-91

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

12.6 Les deux fiancĂ©s se font face. Marie, toute rouge, a la tĂȘte inclinĂ©e. Joseph, un peu rouge lui aussi, l’observe et cherche les mots Ă  dire pour commencer.

Il les trouve finalement et un sourire l’éclaire.

« Je te salue, Marie. Je t’ai vue toute petite, alors que tu avais quelques jours seulement... J’étais un ami de ton pĂšre et j’ai un neveu, un petit-fils de mon frĂšre AlphĂ©e, qui aimait beaucoup ta mĂšre. C’était pour elle un petit ami, parce qu’il n’a que dix-huit ans aujourd’hui et, quand tu n’étais pas encore nĂ©e, c’était un tout petit bonhomme qui rĂ©jouissait la tristesse de ta mĂšre. Elle l’aimait beaucoup. Tu ne nous connais pas, parce que tu es venue ici toute petite. Mais Ă  Nazareth tout le monde t’aime bien, pense Ă  toi, et parle de la petite Marie, la fille de Joachim, dont la naissance fut un miracle du Seigneur qui fit refleurir la femme stĂ©rile... Je me rappelle ce soir oĂč tu es nĂ©e... Nous nous en souvenons tous Ă  cause du prodige d’une forte pluie qui sauva les rĂ©coltes, et d’un orage violent dans lequel la foudre ne brisa pas mĂȘme un brin de bruyĂšre sauvage et se termina par un arc-en-ciel, le plus grand et le plus beau qu’on ait jamais vu. Et puis... qui ne se rappelle pas la joie de Joachim ? Il te berçait en te montrant Ă  ses voisins... Il t’admirait comme si tu Ă©tais une fleur tombĂ©e du ciel et voulait que tout le monde t’admire. Ton heureux et vieux pĂšre mourut en parlant de sa Marie, si belle et bonne, dont les paroles Ă©taient si pleines de grĂące et de sagesse... Il avait bien raison de t’admirer et de dire que nulle autre n’est plus belle que toi ! Et ta mĂšre ? Elle remplissait de son chant l’endroit oĂč se trouvait ta maison. On aurait dit une alouette au printemps quand elle te portait et plus tard, quand elle te donnait le sein. C’est moi qui ai fait ton berceau, un petit berceau ornĂ© de roses sculptĂ©es, comme le voulait ta mĂšre. Peut-ĂȘtre est-il encore dans votre maison fermĂ©e... Moi, j’ai dĂ©jĂ  un certain Ăąge, Marie. Lorsque tu es nĂ©e, je faisais mon apprentissage. Je travaillais dĂ©jĂ ... Qui aurait dit que j’allais t’avoir pour Ă©pouse ! Peut-ĂȘtre la mort de tes parents aurait-elle Ă©tĂ© plus heureuse, puisque nous Ă©tions amis. J’ai enseveli ton pĂšre en le pleurant d’un coeur sincĂšre, car il avait Ă©tĂ© pour moi un bon maĂźtre dans la vie. »

Lentement, trĂšs lentement, Marie lĂšve la tĂȘte. Elle est de plus en plus rassurĂ©e en entendant les mots de Joseph. Quand il lui parle du berceau, elle esquisse un sourire et quand Joseph lui parle de son pĂšre, elle lui tend la main et dit : « Merci, Joseph », un merci timide et plein de douceur.

Joseph prend la petite main de jasmin entre ses mains courtes et fortes de charpentier et la caresse avec une affection qui veut la rassurer. Peut-ĂȘtre attend-il qu’elle en dise davantage, mais Marie se tait de nouveau. Il reprend alors :

« La maison, tu le sais, est intacte, exceptĂ© la partie qui a Ă©tĂ© abattue par ordre du consul pour transformer le sentier en une voie pour les fourgons de Rome. Mais les champs sont un peu nĂ©gligĂ©s, du moins ce qui t’en reste car, tu sais... la maladie de ton pĂšre a coĂ»tĂ© une grande partie de tes biens. Voici plus de trois printemps que les arbres et les vignes n’ont pas vu la cisaille du jardinier, et la terre est devenue inculte et dure. Mais les arbres que tu as connus dans ton enfance sont toujours lĂ  et, si tu me le permets, je vais tout de suite m’en occuper.

– Merci, Joseph. Mais tu as dĂ©jĂ  ton travail...

– Je travaillerai Ă  ton jardin aux premiĂšres et aux derniĂšres heures du jour. A cette Ă©poque, les jours s’allongent. Je veux que tout soit en ordre au printemps, pour te faire plaisir. Regarde, voici un rameau de l’amandier qui jouxte la maison. Si j’ai voulu le cueillir... – on peut entrer de tout cĂŽtĂ© par la haie Ă©ventrĂ©e, mais je vais la consolider et la renforcer –, si donc j’ai voulu le cueillir, c’est que je pensais qu’au cas oĂč je serais choisi – mais je ne l’espĂ©rais pas, car je suis nazir et j’ai obĂ©i Ă  la convocation parce qu’elle provenait du prĂȘtre, non par dĂ©sir de mariage – je pensais, disais-je, que tu serais heureuse d’avoir une fleur de ton jardin. La voilĂ , Marie, c’est pour toi. Avec elle, je te donne mon coeur qui jusqu’ici n’a fleuri que pour le Seigneur, et maintenant fleurit pour toi, mon Ă©pouse. »

12.7 Marie prend le rameau d’amandier. Elle est Ă©mue et regarde Joseph d’un air toujours plus rassurĂ© et radieux. Elle se sent sĂ»re de lui quand il lui dit : « Je suis nazir », son visage devient tout lumineux, et elle prend courage.

« Moi aussi, Joseph, j’appartiens totalement Ă  Dieu. Je ne sais pas si le grand-prĂȘtre te l’a dit...

– Il m’a seulement appris que tu es bonne et pure, et que tu dois me rĂ©vĂ©ler un voeu que tu as fait, et il m’a recommandĂ© d’ĂȘtre bon avec toi. Parle, Marie. Ton Joseph veut satisfaire tous tes dĂ©sirs pour te rendre heureuse. Je ne t’aime pas charnellement. Je t’aime spirituellement, comme une sainte enfant que Dieu me donne ! Vois en moi un pĂšre et un frĂšre, pas seulement un Ă©poux. Confie-toi Ă  moi comme Ă  un pĂšre, aie confiance en moi comme en un frĂšre.

– DĂšs mon plus jeune Ăąge, je me suis consacrĂ©e au Seigneur. Je sais que cela ne se fait pas en IsraĂ«l. Mais j’entendais une Voix me demander ma virginitĂ© en sacrifice d’amour pour l’avĂšnement du Messie. Cela fait si longtemps qu’IsraĂ«l l’attend ! Ce n’est pas trop de renoncer pour cela Ă  la joie d’ĂȘtre mĂšre ! »

Joseph l’observe fixement comme s’il voulait lire au fond de son coeur puis, prenant ses deux mains qui tiennent encore le rameau en fleurs, il rĂ©pond :

« Moi aussi, j’unirai mon sacrifice au tien, et par notre chas­tetĂ© nous tĂ©moignerons un tel amour Ă  l’Eternel qu’il donnera plus tĂŽt le Sauveur Ă  la terre, nous permettant ainsi de voir sa lumiĂšre resplendir dans le monde. Viens, Marie. Allons Ă  sa Maison et jurons de nous aimer Ă  la maniĂšre des anges. 12.8Puis je retournerai Ă  Nazareth tout prĂ©parer pour toi, dans ta maison si tu le dĂ©sires, ou ailleurs si tu prĂ©fĂšres.

– Chez moi... il y avait une grotte, tout au fond... elle y est toujours ?

– Elle y est, mais elle ne t’appartient plus... Je t’en ferai une autre oĂč tu pourras trouver calme et fraĂźcheur aux heures les plus chaudes de la journĂ©e. Et puis, dis-moi, qui veux-tu pour te tenir compagnie ?

– Personne. Je n’ai pas peur. La mĂšre d’AlphĂ©e, qui vient toujours me rendre visite, me tiendra un peu compagnie dans la journĂ©e et je prĂ©fĂšre rester seule la nuit. Il ne peut rien m’arriver de mal.

– Et puis, je suis lĂ , moi, dĂ©sormais... Quand dois-je venir te chercher ?

– Quand tu veux, Joseph.

– Alors je viendrai dĂšs que la maison sera prĂȘte. Je ne toucherai Ă  rien. Je veux que tu la trouves telle que ta mĂšre l’a laissĂ©e. Mais je dĂ©sire qu’elle soit pleine de soleil et bien propre, pour que tu ne t’y sentes pas accueillie tristement. Viens, Marie. Allons dire au TrĂšs-Haut que nous le bĂ©nissons. »

Je ne vois rien de plus. Mais je garde au fond du coeur le sentiment de sĂ©curitĂ© qu’éprouve Marie.

Mots-clés

EMV 12.7 · Tome 1, p. 90-91

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Jurons de nous aimer Ă  la maniĂšre des anges.

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EMV 13 · Tome 1, p. 92-100

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Titre du chapitre : Mariage de la Vierge avec Joseph, instruit par la Sagesse qu’il serait le gardien du Mystùre.

Date de la vision et de la dictée : Mardi 5 septembre 1944

Calendrier : Mars de l'an -6

Lieux (carte) : Jérusalem

Cycle : Mariage avec Joseph

RĂ©sumĂ© : C'est les fiançailles de Joseph et de Marie au Temple de JĂ©rusalem. Marie est toute belle avec son trousseau de fiancĂ©e. Les vierges autour d'elle s'extasient de tant de beautĂ©, et ce sont ses maĂźtresses qui viennent au secours de leur protĂ©gĂ©e. Les demoiselles partent et Elisabeth arrive. Elle lui parle du trousseau de mariage conçu par Anne, et la Vierge vient ensuite Ă  parler de Joseph, qui est qualifiĂ© comme un jeune saint. L'Ă©poux arrive d'ailleurs et les deux fiancĂ©s se retrouvent. Joseph est superbe et lui confie qu'il a rĂ©flĂ©chi au voeu de la Vierge. Il le comprend et s'y unit pour un nazirĂ©at perpĂ©tuel. Le grand-prĂȘtre les fiance ensuite. AprĂšs cela, Marie et Joseph partent alors de JĂ©rusalem pour aller vers Nazareth... JĂ©sus donne ensuite une dictĂ©e sur son pĂšre putatif.

Contenu du chapitre : 13.1 : La beautĂ© de Marie dans ses vĂȘtements d’épouse. 13.2 : Elle soulĂšve l'admiration de ses compagnes. 13.3 : Tes vĂȘtements sont la caresse de ta mĂšre. 13.4 : ArrivĂ©e de Joseph revĂȘtu de ses plus beaux vĂȘtements. Son discours d’accueil. 13.5 : Joseph parle du vƓu d'une chastetĂ© absolue. 13.6 : Le Pontife prĂ©side le mariage. 13.7 : Les Ă©poux partent en char avec Zacharie et Élisabeth. 13.8 : Éloge de la Sagesse. 13.9 : Joseph, gardien de l'Épouse et du Fils de Dieu. 13.10 : Joseph, nouvel Aaron qui a cru sans avoir vu. 13.11 : Joseph, un corĂ©dempteur exemple de puretĂ©, de fidĂ©litĂ© et d'amour parfait.

Mots-clés

EMV 13.1-7 · Tome 1, p. 92-97

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

13.1 Comme elle est belle, Marie, dans sa tenue d’épouse, au milieu d’amis et de ses maĂźtresses en fĂȘte ! Elisabeth est parmi elles.

Elle porte une robe de lin d’un blanc Ă©clatant, un lin si doux et si fin qu’on dirait de la soie prĂ©cieuse. Une ceinture en or et argent travaillĂ©e au burin ceint sa fine taille ; elle se compose entiĂšrement de mĂ©daillons reliĂ©s par des chaĂźnettes, et chaque mĂ©daillon est une broderie de fils d’or sur un fond d’argent lourd que le temps a bruni. Sans doute parce qu’elle est trop large pour la fiancĂ©e – encore bien jeune ! –, les trois derniers mĂ©daillons de cette ceinture pendent sur le devant. Elle descend entre les plis de la robe, trĂšs ample, si longue que cela lui fait une courte traĂźne. Marie porte aux pieds des sandales de peau trĂšs blanche, avec des boucles en argent.

Sa robe est retenue au cou par une chaĂźnette Ă  rosettes d’or avec un filigrane d’argent, qui reprend en plus petit le motif de la ceinture. Cette chaĂźnette passe dans les ajourĂ©s de son grand dĂ©colletĂ© en rĂ©unissant les plis qui forment une sorte de petit jabot. Le cou de Marie Ă©merge de ce plissĂ© blanc avec la grĂące d’une fleur entourĂ©e d’une gaze prĂ©cieuse et paraĂźt encore plus frĂȘle et blanc : on dirait une fleur de lys qui s’épanouit sur son visage de lys, que l’émotion rend encore plus pĂąle et plus frais. C’est le visage d’une hostie trĂšs pure.

Ses cheveux ne lui tombent plus sur les Ă©paules. Ils sont gracieusement disposĂ©s en tresses entrelacĂ©es, maintenues depuis le haut de la tĂȘte par des Ă©pingles Ă  cheveux en argent bruni, faites en broderie Ă  filigrane. Le voile de sa mĂšre est disposĂ© sur ces tresses et retombe en beaux plis au-dessous de la lame prĂ©cieuse qui enserre son front trĂšs blanc. Comme Marie est plus petite que sa mĂšre, il lui tombe jusqu’aux reins et dĂ©passe mĂȘme les hanches, alors qu’il arrivait Ă  la ceinture d’Anne.

Elle n’a rien aux doigts, mais porte des bracelets aux poignets. LĂ  encore, ses poignets sont si fins que les lourds bracelets de sa mĂšre glissent jusque sur ses mains ; peut-ĂȘtre mĂȘme que, si elle secouait les mains, ils tomberaient par terre.

13.2 Ses compagnes la regardent de tous cĂŽtĂ©s et l’admirent.

Leurs questions et leurs cris d’émerveillement forment un gai gazouillis d’oiseaux.

« Ce sont les bijoux de ta mÚre ?

– Ils sont anciens, n’est-ce pas ?

– Comme elle est belle, cette ceinture, Sarah !

– Et ce voile, Suzanne ! Vois cette finesse ! Regarde les lys qui y sont tissĂ©s !

– Fais-moi voir tes bracelets, Marie ! Ils appartenaient à ta mùre ?

– Elle les mettait. Mais ce sont ceux de la mùre de Joachim, mon pùre.

– Oh, regarde ! Ils portent le sceau de Salomon entrelacĂ© Ă  de petits rameaux de palmier et d’olivier et, au milieu, il y a des lys et des roses. Ah ! qui a effectuĂ© un travail si parfait et si minutieux ?

– Ceux de la maison de David, explique Marie. Cela fait des siĂšcles que les femmes de sa race les portent Ă  leur mariage, et ils se les transmettent par hĂ©ritage.

– C’est vrai, tu es hĂ©ritiĂšre...

– On t’a tout apportĂ© de Nazareth ?

– Non. A la mort de ma mĂšre, ma cousine a pris mon trousseau chez elle pour le garder en bon Ă©tat. Elle vient de me l’apporter.

– OĂč est-il ? OĂč est-il ? Montre-le Ă  tes amies ! »

Marie ne sait comment faire... Elle dĂ©sirerait ĂȘtre aimable, mais elle veut aussi Ă©viter de dĂ©ranger toutes ses affaires, disposĂ©es dans trois coffres pesants.

Mais les maĂźtresses viennent Ă  son secours.

« L’époux est sur le point d’arriver. Ce n’est pas le moment de faire du dĂ©sordre. Laissez-la tranquille, vous la fatiguez, et allez plutĂŽt vous prĂ©parer. »

L’essaim des bavardes s’éloigne, un peu boudeur. Marie peut profiter en paix de la prĂ©sence de ses maĂźtresses, qui lui adressent louanges et bĂ©nĂ©dictions.

13.3 A son tour, Elisabeth s’est approchĂ©e. Tout Ă©mue, Marie pleure parce qu’Anne, fille de Phanuel, l’appelle « Ma fille ! » et l’embrasse avec une affection vraiment maternelle. Elisabeth lui dit :

« Marie, ta mĂšre n’est pas lĂ , et pourtant elle est prĂ©sente. Son Ăąme exulte de joie auprĂšs de toi. Et regarde : ce que tu portes, c’est une caresse qu’elle te fait. Tu y retrouves la saveur de ses baisers. Il y a bien longtemps, le jour oĂč tu es entrĂ©e au Temple, elle m’a dit : “ Je lui ai prĂ©parĂ© sa robe de mariĂ©e et son trousseau. Je veux que ce soit moi qui file le lin et fasse ses vĂȘtements d’épouse, pour ne pas ĂȘtre absente le jour de sa joie. ” Et, tu sais ? Les derniers temps, quand je prenais soin d’elle, elle voulait chaque soir caresser tes premiĂšres robes et les vĂȘtements que tu portes maintenant. Elle disait : “ J’y sens l’odeur de jasmin de ma petite fille, et je veux qu’elle sente lĂ -dessus le baiser de sa maman. ” Que de baisers n’a-t-elle pas donnĂ©s Ă  ce voile qui te couvre le front ! Plus de baisers qu’il n’y a de fils... Et quand tu mettras les linges qu’elle a tissĂ©s, pense que c’est moins le mĂ©tier qui les a tissĂ©s que l’amour de ta mĂšre. Quant Ă  ces colliers... malgrĂ© les moments difficiles, ton pĂšre les a sauvĂ©s pour toi, pour que tu sois belle aujourd’hui, comme il convient Ă  une princesse de David. Sois heureuse, Marie. Tu n’es pas orpheline, les tiens sont avec toi et tu as un Ă©poux qui est pour toi pĂšre et mĂšre, tant il est parfait...

– Oh oui, c’est vrai ! Je ne peux vraiment pas me plaindre de lui. En moins de deux mois, il est venu deux fois et c’est aujourd’hui la troisiĂšme fois qu’il vient, dĂ©fiant pluies et vents, pour prendre mes ordres... Pense donc : mes ordres ! Moi qui suis une pauvre femme et combien plus jeune que lui ! Et il ne m’a rien refusĂ©. Il n’attend mĂȘme pas que je le lui demande. On dirait qu’un ange lui souffle ce que je dĂ©sire, et il m’en parle avant que je n’ouvre la bouche. La derniĂšre fois, il m’a dit : “ Marie, je pense que tu prĂ©fĂšreras rester dans ta maison paternelle. Etant donnĂ© que tu es l’hĂ©ritiĂšre, tu peux le faire si tu le crois bon. Je viendrai dans ta maison. Seulement, pour observer le rite, tu iras passer une semaine chez mon frĂšre AlphĂ©e. Marie t’aime dĂ©jĂ  tellement ! C’est de lĂ  que, le soir des noces, le cortĂšge partira pour t’emmener Ă  la maison. ” N’est-ce pas gentil ? Peu lui importe que les gens prĂ©tendent que sa maison ne me plaĂźt pas... Elle m’aurait certainement plu, d’ailleurs, puisqu’il s’y trouve, lui qui est si bon. Mais, c’est sĂ»r..., je prĂ©fĂšre ma maison... Ă  cause de mes souvenirs... Oh, qu’il est bon, Joseph !

– Qu’a-t-il dit de ton voeu ? Tu ne m’en as pas encore parlĂ©.

– Il n’a fait aucune objection. Mieux, quand il en a su les raisons, il a dit : “ J’unirai mon sacrifice au tien. ”

– C’est un jeune saint », dit Anne, fille de Phanuel.

13.4 Le “ jeune saint ” entre à cet instant, en compagnie de Zacharie.

Il est vraiment superbe. Tout en jaune d’or, on dirait un souverain oriental. Une splendide ceinture porte sa bourse et un poignard, la premiĂšre en maroquin Ă  broderies d’or, le second, lui aussi, dans un fourreau en maroquin Ă  rayures d’or. Sur la tĂȘte, il porte un turban en tissu, la coiffure habituelle qui sert de capuchon Ă  certains peuples d’Afrique, comme les BĂ©douins. Il est maintenu en place par un cercle prĂ©cieux, un fin fil d’or auquel sont attachĂ©s de petits bouquets de myrte. Il a un manteau tout neuf, plein de franges, dans lequel il se drape majestueusement. Ses yeux pĂ©tillent de joie. Il tient des bouquets de myrte en fleurs. Il salue :

« Paix à toi, mon épouse ! Paix à tous ! »

AprÚs avoir été salué en retour, il ajoute :

« J’ai vu ta joie, le jour oĂč je t’ai offert le rameau de ton jardin. J’ai donc pensĂ© Ă  apporter un peu du myrte que j’ai cueilli prĂšs de la grotte qui t’est si chĂšre. J’aurais voulu y joindre des roses dont les premiĂšres fleurs apparaissent, contre ta maison. Mais elles n’auraient pas supportĂ© plusieurs jours de voyage... Il ne me serait plus restĂ© que les Ă©pines Ă  l’arrivĂ©e. Or je ne veux t’offrir, ma bien-aimĂ©e, que des roses, je veux joncher ton chemin de fleurs dĂ©licates et parfumĂ©es, pour que tu puisses y poser le pied sans te salir ni trĂ©bucher.

– Oh, merci à toi, comme tu es bon ! Comment as-tu pu lui garder une telle fraücheur ?

– J’ai attachĂ© un vase Ă  la selle et j’y ai mis les branches de fleurs en boutons. Elles ont fleuri en chemin. Les voici, Marie. Que ton front s’orne de la guirlande de puretĂ©, symbole de l’épouse, mais d’une puretĂ© toujours bien moindre que celle de ton coeur. »

Elisabeth et les maßtresses parent Marie de cette guirlande fleurie. Elles la forment en fixant au cercle précieux qui ceint son front les touffes blanches de myrte, alternant avec de petites roses blanches prises dans un vase posé sur un coffre.

Marie fait le geste de prendre son ample manteau blanc pour le mettre sur son dos, mais son Ă©poux la prĂ©cĂšde et l’aide Ă  le fixer sur les Ă©paules par deux Ă©pingles d’argent. Les maĂźtresses en arrangent les plis avec amour et grĂące.

13.5 Tout est prĂȘt. Pendant qu’on attend je ne sais quoi, Joseph prend Marie Ă  part et lui dit :

« Ces temps-ci, j’ai repensĂ© Ă  ton voeu. Je t’ai dit que je le partageais. Mais, plus j’y pense, plus je me rends compte que le nazirĂ©at temporaire ne suffit pas, mĂȘme si on le renouvelle Ă  plusieurs reprises. Je t’ai comprise, Marie. Je ne mĂ©rite pas encore la parole de la LumiĂšre, mais un murmure m’arrive dĂ©jĂ . Et cela me permet de comprendre ton secret, du moins dans ses grandes lignes. Je suis un pauvre ignorant, Marie, un simple ouvrier. Je suis illettrĂ© et je ne possĂšde pas de trĂ©sors. Mais mon trĂ©sor, je le dĂ©pose Ă  tes pieds, pour toujours : ma chastetĂ© absolue, pour ĂȘtre digne de me tenir Ă  tes cĂŽtĂ©s, toi la Vierge de Dieu, ma “ soeur Ă©pouse, mon jardin clos, ma source scellĂ©e ”, comme l’a dit notre aĂŻeul, qui a peut-ĂȘtre Ă©crit le Cantique des cantiques en te voyant, toi... Je serai le gardien de ce jardin parfumĂ© oĂč se trouvent les fruits les plus prĂ©cieux et dont une source d’eau vive jaillit avec une douce impĂ©tuositĂ© : ta douceur, ĂŽ mon Ă©pouse dont la puretĂ© a conquis mon Ăąme, ĂŽ ma toute belle. Tu es plus belle que l’aurore, tu es un soleil resplendissant car c’est ton coeur qui resplendit, ĂŽ toi qui es tout amour pour ton Dieu et pour le monde, Ă  qui tu veux donner le Sauveur par le sacrifice de ta vie de femme. Viens, ma bien-aimĂ©e. »

Il la prend dĂ©licatement par la main et la conduit vers la porte. Les autres les suivent et, Ă  l’extĂ©rieur, ses compagnes en fĂȘte s’unissent Ă  eux, toutes vĂȘtues de blanc et voilĂ©es.

13.6 Ils passent des cours et des portiques, au milieu de la foule qui les observe, et parviennent Ă  un endroit qui n’est plus le Temple, mais qui paraĂźt ĂȘtre une salle consacrĂ©e au culte. On y voit en effet des lampes et des rouleaux de parchemin comme dans les synagogues. Les Ă©poux s’avancent en face d’un pupitre Ă©levĂ©, une sorte de chaire, et ils attendent. Les autres se mettent en rangs derriĂšre eux. D’autres prĂȘtres et des curieux s’ins­tallent au fond.

Le grand-prĂȘtre entre solennellement. Les curieux chu­­chotent :

« C’est lui qui les marie ?

– Oui, parce que l’épouse est de race royale et sacerdotale, une fleur de David et d’Aaron. C’est une vierge du Temple. L’époux est de la tribu de David. »

Le grand-prĂȘtre met la main droite de l’épouse dans celle de l’époux et les bĂ©nit solennellement :

« Que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob soit avec vous. Qu’il vous unisse et que s’accomplisse en vous sa bĂ©nĂ©diction, en vous donnant sa paix et une nombreuse postĂ©ritĂ© ainsi qu’une longue vie et une mort bienheureuse dans le sein d’Abraham. »

Puis il se retire, aussi solennellement qu’il est entrĂ©.

Cette promesse Ă©changĂ©e, Marie est l’épouse de Joseph.

Tous sortent et, toujours en bon ordre, ils vont dans une piĂšce oĂč est rĂ©digĂ© le contrat de mariage. Il y est prĂ©cisĂ© que Marie, hĂ©ritiĂšre de Joachim, de la descendance de David, et d’Anne, de la descendance d’Aaron, apporte en dot Ă  son Ă©poux sa maison et ses biens annexes, son trousseau personnel et tout ce qu’elle a hĂ©ritĂ© de son pĂšre.

Tout est accompli.

13.7 Les Ă©poux sortent dans la cour, puis se dirigent vers la sortie, prĂšs du quartier des femmes affectĂ©es au Temple. Un grand chariot confortable les attend. Une toile sert d’abri, et les lourds coffres de Marie s’y trouvent dĂ©jĂ .

AprĂšs bien des adieux, embrassements et larmes, bĂ©nĂ©dictions, conseils et recommandations, Marie monte avec Elisabeth et s’installe Ă  l’intĂ©rieur du chariot. Joseph et Zacharie s’asseyent Ă  l’avant. Ils ont enlevĂ© leurs manteaux de fĂȘte et sont tous enveloppĂ©s dans un grand manteau foncĂ©.

Le chariot part au trot pesant d’un gros cheval de couleur bai-brun. Les murs du Temple s’éloignent, puis ceux de la citĂ©, et voici la campagne, toute renouvelĂ©e, fraĂźche et fleurie sous le premier soleil du printemps. Les blĂ©s ont dĂ©jĂ  la hauteur d’une main et leurs jeunes feuilles pareilles Ă  des Ă©meraudes ondoient sous une brise lĂ©gĂšre qui sent les fleurs de pĂȘcher et de pommier, de trĂšfle et de menthe sauvage.

Marie pleure doucement sous son voile, et, de temps Ă  autre, elle soulĂšve la toile pour jeter un dernier coup d’oeil sur le Temple qui s’éloigne, sur la citĂ© qu’elle quitte...

Détail

Fiançailles de Joseph et de Marie

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EMV 13.8-11 · Tome 1, p. 97-100

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

13.8 Jésus dit :

« Que dit le livre de la Sagesse pour chanter ses louanges ? “ En elle est, en effet, un esprit intelligent, saint, unique, multiple, subtil. ” Il poursuit par l’énumĂ©ration de ses dons et ce passage se termine sur ces mots : “ ... qui peut tout, surveille tout, pĂ©nĂštre Ă  travers tous les esprits, les intelligents, les purs, les plus subtils... La Sagesse... traverse et pĂ©nĂštre tout Ă  cause de sa puretĂ©. Elle est en effet une effusion de la puissance de Dieu... aussi rien de souillĂ© ne s’introduit en elle. Car elle est... une image de sa bontĂ©. Bien qu’étant seule, elle peut tout, demeurant en elle-mĂȘme elle renouvelle l’univers et, d’ñge en Ăąge passant en des Ăąmes saintes, elle en fait des amis de Dieu et des prophĂštes. ”

13.9 Tu l’as vu, ce n’est pas par culture humaine, mais grĂące Ă  une rĂ©vĂ©lation surnaturelle que Joseph sait lire dans le livre scellĂ© de la Vierge toute pure ; son “ regard ” lui permet de percevoir les vĂ©ritĂ©s prophĂ©tiques en pĂ©nĂ©trant un mystĂšre surnaturel lĂ  oĂč les autres n’auraient vu qu’une grande vertu. ImprĂ©gnĂ© de cette sagesse, qui est effluve de la vertu de Dieu et Ă©manation certaine du Tout-Puissant, il avance d’une Ăąme assurĂ©e dans l’ocĂ©an de ce mystĂšre de grĂące qu’est Marie. Il se met en harmonie avec elle par des Ă©changes spirituels dans lesquels, plus que les lĂšvres, ce sont deux esprits qui se parlent dans le silence sacrĂ© des Ăąmes oĂč ils n’entendent que la voix de Dieu ; or seuls la perçoivent ceux qui sont agrĂ©ables Ă  Dieu, parce qu’ils le servent fidĂšlement et sont remplis de lui.

La sagesse du Juste s’accroĂźt par son union Ă  celle qui est pleine de grĂące et grĂące Ă  sa prĂ©sence. Elle le prĂ©pare Ă  pĂ©nĂ©trer les secrets de Dieu les plus Ă©levĂ©s et Ă  savoir les protĂ©ger et les dĂ©fendre contre les piĂšges des hommes ou des dĂ©mons. Ce faisant, elle le renouvelle. Elle transforme le juste en saint et le saint en gardien de l’Epouse et du Fils de Dieu.

Sans soulever le sceau de Dieu, lui, le chaste qui porte dĂ©sormais sa chastetĂ© Ă  un hĂ©roĂŻsme angĂ©lique, peut lire la parole de feu inscrite sur le diamant virginal par le doigt de Dieu ; il y lit ce que, par prudence, il tait, mais qui est bien plus grand que ce que MoĂŻse a pu graver sur les tables de pierre. Et, pour qu’aucun oeil profane ne viole ce MystĂšre, il se place, tel un sceau sur le sceau, en archange de feu sur le seuil du paradis, oĂč l’Eternel prend ses dĂ©lices “ en se promenant Ă  la brise du soir ” en devisant avec celle qui fait son amour, son Bois de lys en fleurs, sa Brise dont les parfums embaument, son frais ZĂ©phyr du matin, sa belle Etoile, celle qui fait les dĂ©lices de Dieu. La nouvelle Eve est lĂ  devant lui, non pas en tant qu’os de ses os ni chair de sa chair, mais comme la compagne de sa vie. C’est de l’Arche vi­vante de Dieu qu’il reçoit la tutelle, et il doit la rendre Ă  Dieu aussi pure qu’il l’a reçue.

“ Epouse de Dieu ”, Ă©tait-il Ă©crit dans ce livre mystique aux pages immaculĂ©es... Lorsque, Ă  l’heure de l’épreuve, le soupçon le tortura, il souffrit comme personne, Ă  la fois en tant qu’homme et en tant que serviteur de Dieu, du sacrilĂšge qu’il suspectait. Mais cette Ă©preuve Ă©tait encore Ă  venir. En ce moment, en ce temps de grĂące, il voit et se met au service de Dieu de la maniĂšre la plus authentique qui soit. C’est plus tard que viendra l’orage de l’épreuve, comme pour tous les saints, afin que, ainsi Ă©prouvĂ©s, ils deviennent des coadjuteurs de Dieu.

13.10 Que lit-on dans le LĂ©vitique ? “ Parle Ă  Aaron ton frĂšre : qu’il n’entre pas Ă  n’importe quel moment dans le sanctuaire derriĂšre le voile, en face du propitiatoire qui se trouve sur l’arche. Il pourrait mourir, car j’apparais au-dessus du propitiatoire dans une nuĂ©e. Voici comment il pĂ©nĂštrera dans le sanctuaire : avec un taureau destinĂ© Ă  un sacrifice pour le pĂ©chĂ© et un bĂ©lier pour un holocauste. Il revĂȘtira une tunique de lin consacrĂ©e, il portera Ă  mĂȘme le corps un caleçon de lin. ”

Au moment oĂč Dieu le veut et autant qu’il le veut, Joseph pĂ©nĂštre rĂ©ellement dans le sanctuaire de Dieu, de l’autre cĂŽtĂ© du voile qui cache l’arche sur laquelle plane l’Esprit de Dieu ; il s’offre lui-mĂȘme et offrira l’Agneau en holocauste pour le pĂ©chĂ© du monde et l’expiation de ce pĂ©chĂ©. Il le fait, vĂȘtu de lin et avec sa virilitĂ© mortifiĂ©e, pour en abolir les instincts qui, un jour, au commencement des temps, ont triomphĂ©, lĂ©sant les droits de Dieu sur l’homme, mais vont ĂȘtre Ă©crasĂ©s dans le Fils, sa MĂšre et son pĂšre putatif, afin que les hommes reviennent Ă  la grĂące et pour rendre Ă  Dieu ses droits sur l’homme. C’est par sa chastetĂ© perpĂ©tuelle qu’il accomplit tout cela.

Joseph n’était pas au Golgotha ? Vous semble-t-il qu’il ne soit pas au nombre des corĂ©dempteurs ? En vĂ©ritĂ©, je vous dis qu’il fut le premier d’entre eux. C’est pourquoi il est grand aux yeux de Dieu, grand en raison de son sacrifice, de sa patience, de sa constance et de sa foi. Qui a la foi la plus profonde, sinon celui qui croit sans avoir vu les miracles du Messie ?

13.11 Que soit louĂ© mon pĂšre putatif, cet exemple pour vous de ce qui vous manque le plus : la puretĂ©, la fidĂ©litĂ© et le parfait amour. Que soit louĂ© celui qui a merveilleusement lu le Livre scellĂ©, instruit par la Sagesse pour savoir comprendre les mystĂšres de la grĂące, l’homme Ă©lu par Dieu pour protĂ©ger le Salut du monde contre les piĂšges de tous ses ennemis. »

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AprÚs avoir donné la vision des fiançailles de Joseph et de Marie, Jésus parle de son pÚre putatif et dit :

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EMV 13.10 · Tome 1

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Qui a la foi la plus profonde, sinon celui qui croit sans avoir vu les miracles du Messie ?

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EMV 14 · Tome 1, p. 100-106

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Titre du chapitre : Les époux arrivent à Nazareth

Date de la vision : 6 septembre 1944

Calendrier : Mars de l'an -6

Lieux (carte) : Nazareth

Cycle : Mariage avec Joseph

RĂ©sumĂ© : Maria dĂ©crit Nazareth. Marie revient en effet dans sa citĂ©, aprĂšs avoir vĂ©cu au Temple pendant des annĂ©es. Elle est fiancĂ©e Ă  Joseph et celui-ci l'accompagne, avec Zacharie et Elisabeth. Nazareth leur fait d'ailleurs la fĂȘte. Ils arrivent Ă  la maison et Joseph, Zacharie, et Elisabeth lui prĂ©sentent la demeure de Joachim ainsi que le jardin. La Vierge rencontre aussi AlphĂ©e, Marie de ClĂ©ophas et ses enfants. Puis elle fait connaissance de Sarah, ainsi que son fils, AlphĂ©e, le petit ami d'Anne. Joseph fait le tour de la maison avec son Ă©pouse et son frĂšre apprend qu'ils ne feront pas la noce tout de suite. Il s'en Ă©tonne et Joseph rĂ©pond qu'ils ne feront la cĂ©rĂ©monie qu'aux seize ans de Marie. Le futur saint fait ensuite promettre Ă  celle-ci qu'elle l'appellera dans tous ses besoins. La famille prend congĂ©, et Zacharie dĂ©cide de laisser Elisabeth pour qu'elle apprenne Ă  sa cousine Ă  ĂȘtre une parfaite maĂźtresse de maison. Cela permettra aussi Ă  Marie de dĂ©corer sa maison Ă  son goĂ»t.

Contenu du chapitre : 14.1 : La route dans les collines de GalilĂ©e. 14.2 : EntrĂ©e triomphale Ă  Nazareth. 14.3 : Joseph indique de loin la maison de Marie. C'est lui qui y travaillera. 14.4 : Accueil de Marie d'AlphĂ©e et de Sarah. 14.5 : Joseph s'offre Ă  Marie comme confident. 14.6 : Les noces auront lieu quand elle aura seize ans. 14.7 : Élisabeth restera quelque temps avec sa cousine.

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EMV 14.2-7 · Tome 1, p. 101-105

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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14.2 Un chariot passe sur la route, celui qui porte Joseph, Marie et ses cousins. Leur voyage s’achùve.

Marie regarde, du regard anxieux de celui qui veut connaĂźtre – ou plutĂŽt reconnaĂźtre – ce qu’il voit sans se le rappeler, et elle sourit lorsqu’un souvenir imprĂ©cis revient et s’arrĂȘte comme une lumiĂšre sur telle ou telle chose, sur un point particulier. Elisabeth, Zacharie et Joseph l’aident Ă  se souvenir en signalant tel ou tel sommet, telle ou telle maison.

On voit des habitations, dĂ©sormais, parce que Nazareth apparaĂźt, Ă©tendue sur sa colline qui ondule. EclairĂ©e Ă  l’ouest par le soleil couchant, elle dĂ©voile ses petites maisons blanches, larges et basses que surmonte une terrasse teintĂ©e de rose. Certaines, encore tout illuminĂ©es par le soleil, semblent proches de l’incendie tant leur façade rougit sous le soleil qui fait mĂȘme briller l’eau des canaux et des puits bas, presque sans parapet, d’oĂč montent en grinçant les seaux pour la famille ou les arrosoirs pour le potager.

Enfants et femmes s’écartent au bord de la route, jetant un coup d’oeil dans le chariot, et saluent Joseph, qui est bien connu. Mais ils restent ensuite perplexes et intimidĂ©s devant les trois autres.

Mais quand on pĂ©nĂštre dans la ville proprement dite, il n’y a plus ni perplexitĂ© ni crainte. Une foule de gens de tout Ăąge se trouve Ă  l’entrĂ©e de la bourgade, sous un arc rudimentaire de fleurs et de feuillage et, Ă  peine le chariot apparaĂźt-il de derriĂšre le coude de la derniĂšre maison campagnarde qui Ă©chappe Ă  l’alignement qu’une roulade de cris aigus s’élĂšve et on agite rameaux et fleurs. Ce sont les femmes, les jeunes filles et les enfants de Nazareth qui saluent l’épouse. Plus rĂ©servĂ©s, les hommes se tiennent derriĂšre la haie animĂ©e et bruyante des femmes, et saluent gravement.

Le chariot a Ă©tĂ© dĂ©couvert avant l’arrivĂ©e, car le soleil n’est plus gĂȘnant et cela permet Ă  Marie de bien voir sa terre natale. Elle est belle comme une fleur. Blanche et blonde comme un ange, elle sourit avec bontĂ© aux enfants qui lui jettent des fleurs et lui envoient des baisers, aux jeunes filles de son Ăąge qui l’appellent par son nom, aux Ă©pouses, aux mĂšres, aux vieilles femmes qui la bĂ©nissent de leur voix chantante. Elle s’incline devant les hommes, en particulier devant l’un d’eux, peut-ĂȘtre le rabbin ou le personnage principal de la bourgade.

Le chariot avance au pas dans la rue principale, suivi un bon moment par la foule, pour qui son arrivée est un événement.

14.3 « Voici ta maison, Marie », dit Joseph en indiquant de son fouet une petite maison placĂ©e exactement au pied d’une colline ; Ă  l’arriĂšre, un beau et grand jardin tout en fleurs se termine par une minuscule oliveraie. Au-delĂ , l’habituelle haie d’aubĂ©pines et de cactus marque la limite de la propriĂ©tĂ©. Les champs qui appartenaient autrefois Ă  Joachim s’étendent au loin...

« Tu vois, il te reste peu de choses, dit Zacharie. La maladie de ton pĂšre a Ă©tĂ© longue et coĂ»teuse. Les frais pour rĂ©parer les dĂ©gĂąts faits par Rome ont Ă©tĂ© Ă©levĂ©s, eux aussi. Tu vois ? La route a emportĂ© les trois dĂ©pendances principales et la maison a Ă©tĂ© rĂ©duite. Pour l’agrandir sans lourdes dĂ©penses, on a utilisĂ© une partie de la colline qui fait grotte. Joachim y gardait les provisions et Anne ses mĂ©tiers Ă  tisser. Tu en feras ce qui te semblera bon.

– Oh, peu importe que ce soit petit ! Cela me suffira toujours. Je travaillerai...

– Non, Marie. » C’est Joseph qui parle. « C’est moi qui travaillerai. Tu ne feras rien d’autre que tisser ainsi les travaux de couture et de la maison. Je suis jeune et fort, et je suis ton Ă©poux. Ne m’humilie pas en travaillant.

– Je ferai comme tu veux.

– Oui, cela, je le veux. Pour tout le reste, tes dĂ©sirs font loi, mais pas sur ce point. »

14.4 Les voilĂ  arrivĂ©s. Le chariot s’arrĂȘte. Deux femmes et deux hommes, respectivement dans la quarantaine et dans la cinquantaine, se tiennent sur le seuil, entourĂ©s de nombreux enfants et adolescents.

« Que Dieu te donne la paix, Marie », dit l’homme le plus ĂągĂ©.

Une femme s’approche de Marie et l’embrasse.

« C’est mon frĂšre AlphĂ©e et sa femme Marie, et voici leurs enfants. Ils sont venus tout exprĂšs pour te faire fĂȘte et te dire que leur maison est la tienne, si tu veux, dit Joseph.

– Oui, viens, Marie, s’il t’est pĂ©nible de vivre seule. La campagne est belle au printemps, et notre maison est au milieu des champs en fleurs. Tu seras la plus belle d’entre elles, propose Marie, femme d’AlphĂ©e.

– Je te remercie, Marie. C’est bien volontiers que je viendrai. Je viendrai de temps en temps, et sans faute pour les noces. Mais j’ai tellement dĂ©sirĂ© voir ma maison, la reconnaĂźtre... Je l’ai quittĂ©e toute petite et j’ai oubliĂ© ce Ă  quoi elle ressemble... Je la retrouve aujourd’hui... et j’ai l’impression de retrouver ma mĂšre perdue, mon pĂšre bien-aimĂ©, de rĂ©entendre l’écho de leurs paroles... le parfum de leur dernier soupir. J’ai l’impression de ne plus ĂȘtre orpheline, puisque je suis entourĂ©e de ses murs... Comprends-moi, Marie ! »

La voix de Marie trahit son émotion et des larmes perlent à ses yeux.

Marie, femme d’AlphĂ©e, rĂ©pond :

« Comme tu veux, ma chĂ©rie. Je veux que tu sentes que je suis pour toi une soeur, une amie, et peut-ĂȘtre un peu ta mĂšre aussi, puisque je suis bien plus ĂągĂ©e que toi. »

L’autre femme s’avance :

« Marie, je te salue. Je suis Sarah, l’amie de ta mĂšre. Je t’ai vue naĂźtre. Et voilĂ  AlphĂ©e, petit-fils d’AlphĂ©e et grand ami de ta maman. Ce que j’ai fait pour ta mĂšre, je le ferai pour toi, si tu veux. Tu vois ? Ma maison est la plus proche de la tienne et tes champs nous appartiennent maintenant. Mais si tu veux venir, tu peux le faire Ă  tout moment. Nous ouvrirons un passage dans la haie et nous serons ensemble, tout en restant chacun chez soi. Et voilĂ  mon mari.

– Je vous remercie tous, et pour tout. De tout le bien que vous avez voulu faire aux miens et que vous souhaitez pour moi. Que le Dieu tout-puissant vous bĂ©nisse. »

14.5 Les lourdes caisses sont dĂ©chargĂ©es et portĂ©es dans la maison. On entre ; c’est alors que je reconnais la petite maison de Nazareth telle qu’elle sera plus tard, dans la vie de JĂ©sus.

Joseph prend Marie par la main – c’est un geste habituel chez lui – pour entrer. Sur le pas de la porte, il lui dit :

« Maintenant, sur le seuil de cette maison, j’attends de toi une promesse : que, quoi qu’il puisse t’advenir ou te falloir, tu n’aies pas d’autre ami, pas d’autre aide vers qui te tourner que Joseph et que, pour aucune raison, tu ne doives t’inquiĂ©ter seule. Je suis tout Ă  toi, souviens-t’en, et ce sera pour moi une joie de rendre ton chemin heureux et – puisque le bonheur n’est pas toujours en notre pouvoir – de te le rendre du moins paisible et sĂ»r.

– Je te le promets, Joseph. »

On ouvre portes et fenĂȘtres. Pleins de curiositĂ©, les derniers rayons du soleil entrent.

Marie a maintenant ĂŽtĂ© son manteau et son voile car, mis Ă  part les fleurs de myrte, elle porte encore sa robe de mariĂ©e. Elle sort dans le jardin en fleurs, elle regarde, sourit et, tenant toujours Joseph par la main, elle fait le tour du jardin. Elle semble reprendre possession d’un lieu perdu.

Joseph lui montre ses travaux :

« Tu vois ? Ici, j’ai fait ce fossĂ© pour recueillir l’eau de pluie, car ces vignes ont toujours soif. J’ai coupĂ© les branches les plus vieilles de cet olivier pour lui redonner de la vigueur, et j’ai plantĂ© ces pommiers parce que deux Ă©taient morts. LĂ , j’ai mis des figuiers. Quand ils auront poussĂ©, ils protĂšgeront la maison d’un soleil trop ardent et du regard des curieux. La tonnelle est celle d’autrefois, j’en ai seulement changĂ© les poteaux pourris et je l’ai taillĂ©e. Elle donnera beaucoup de raisin, j’espĂšre. Et lĂ , re­garde ! »

Tout fier, il la conduit vers la pente qui s’élĂšve derriĂšre la maison et marque la limite du verger du cĂŽtĂ© du couchant.

« LĂ , j’ai creusĂ© une petite grotte et je l’ai Ă©tayĂ©e ; quand ces petites plantes auront pris racine, elle ressemblera presque Ă  celle que tu avais. Il n’y a pas de source... mais j’espĂšre y amener un filet d’eau. Je travaillerai pendant les longues soirĂ©es d’étĂ©, quand je viendrai te voir...

14.6 – Comment ? dit AlphĂ©e, vous ne faites pas les noces cet Ă©tĂ© ?

– Non. Marie souhaite filer les Ă©toffes de laine, la seule chose qui manque Ă  son trousseau. Et j’en suis heureux. Marie est si jeune que ce n’est rien pour nous d’attendre un an ou plus. En attendant, elle s’adapte Ă  la maison...

– Ah ! tu as toujours Ă©tĂ© un peu diffĂ©rent des autres et tu le restes. Je me demande qui n’aurait pas hĂąte d’avoir pour femme une fleur comme Marie. Mais toi, tu laisses passer des mois !

– Joie longuement attendue n’en est que plus intensĂ©ment savourĂ©e », rĂ©pond Joseph avec un fin sourire.

Son frÚre hausse les épaules et demande :

« Et alors ? Quand comptes-tu penser aux noces ?

– Quand Marie aura seize ans, aprĂšs la fĂȘte des Tentes. Les soirĂ©es d’hiver paraĂźtront bien douces aux nouveaux Ă©poux ! », et il sourit encore en regardant Marie.

C’est un sourire d’entente secrĂšte et pleine de douceur, d’une consolante chastetĂ© fraternelle. Puis il reprend son tour :

« Voici la piĂšce creusĂ©e dans la colline. Si tu veux, j’en ferai mon atelier quand je viendrai. Elle communique avec la maison, mais n’en fait pas partie. Comme cela, le bruit et le dĂ©sordre ne te dĂ©rangeront pas. Mais si tu veux en faire quelque chose d’autre...

– Non, Joseph, c’est trĂšs bien comme ça. »

14.7 Ils rentrent dans la maison et allument les lampes.

« Marie est fatiguée, dit Joseph. Laissons-la tranquille avec ses cousins. »

AprĂšs avoir saluĂ©, tous s’en vont. Joseph reste encore quelques instants, et discute Ă  mi-voix avec Zacharie.

« Ton cousin te laisse Elisabeth quelque temps. Tu es contente ? Moi oui. Elle va t’aider Ă ... devenir une parfaite maĂźtresse de maison. Tu pourras avec elle disposer Ă  ton goĂ»t tes affaires et dĂ©corer la maison, et je viendrai t’aider tous les soirs. Tu pourras avec elle acheter de la laine et tout ce qu’il te faut. Je rĂšglerai les dĂ©penses. Souviens-toi que tu m’as promis de t’adresser Ă  moi pour tout. Adieu, Marie. Dors de ton premier sommeil de maĂźtresse de maison, et que l’ange de Dieu te le rende paisible. Que le Seigneur soit toujours avec toi !

– Adieu, Joseph. Sois toi aussi sous l’aile de l’ange de Dieu. Merci, Joseph, merci de tout. Autant que je le peux, mon amour rĂ©pondra au tien. »

Joseph salue les cousins et sort.

C’est ainsi que la vision s’achùve.

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EMV 14.5.6 · Tome 1, p. 103-104

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14.5 Les lourdes caisses sont dĂ©chargĂ©es et portĂ©es dans la maison. On entre ; c’est alors que je reconnais la petite maison de Nazareth telle qu’elle sera plus tard, dans la vie de JĂ©sus.

Joseph prend Marie par la main – c’est un geste habituel chez lui – pour entrer. Sur le pas de la porte, il lui dit :

« Maintenant, sur le seuil de cette maison, j’attends de toi une promesse : que, quoi qu’il puisse t’advenir ou te falloir, tu n’aies pas d’autre ami, pas d’autre aide vers qui te tourner que Joseph et que, pour aucune raison, tu ne doives t’inquiĂ©ter seule. Je suis tout Ă  toi, souviens-t’en, et ce sera pour moi une joie de rendre ton chemin heureux et – puisque le bonheur n’est pas toujours en notre pouvoir – de te le rendre du moins paisible et sĂ»r.

– Je te le promets, Joseph. » (...)

[Alphée le frÚre de Joseph demande :] Quand comptes-tu penser aux noces ?

– Quand Marie aura seize ans, aprĂšs la fĂȘte des Tentes. Les soirĂ©es d’hiver paraĂźtront bien douces aux nouveaux Ă©poux ! », et il sourit encore en regardant Marie.

C’est un sourire d’entente secrĂšte et pleine de douceur, d’une consolante chastetĂ© fraternelle. Puis il reprend son tour :

« Voici la piĂšce creusĂ©e dans la colline. Si tu veux, j’en ferai mon atelier quand je viendrai. Elle communique avec la maison, mais n’en fait pas partie. Comme cela, le bruit et le dĂ©sordre ne te dĂ©rangeront pas. Mais si tu veux en faire quelque chose d’autre...

– Non, Joseph, c’est trĂšs bien comme ça. »

Détail

Marie revient à Nazareth aprÚs avoir vécu au Temple pendant des années. Elle est fiancée à Joseph et celui-ci l'accompagne, avec Zacharie et Elisabeth.

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