Notes du thĂšme

Mots-clĂ©s principaux et transversaux 🌟

Page 29 sur 198

Confort de lecture

EMV 38.3-5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

38.3 Sous les arbres, JĂ©sus joue avec deux bambins Ă  peu prĂšs du mĂȘme Ăąge. Ils sont frisĂ©s mais pas blonds. L’un d’eux est vraiment brun : il a une tĂȘte d’agneau noir qui fait ressortir encore davantage la blancheur de la peau de son visage rond oĂč s’ouvrent deux trĂšs beaux yeux d’un bleu qui tend vers le violet. L’autre a les cheveux moins frisĂ©s, chĂątain foncĂ©, et il a les yeux bruns. Son teint est plus brun mais nuancĂ© de rose aux joues. Avec sa tĂȘte blonde entre ces deux chevelures foncĂ©es, JĂ©sus paraĂźt ĂȘtre dĂ©jĂ  nimbĂ© de lumiĂšre. Ils jouent ensemble, en bonne entente, avec de petites carrioles sur lesquelles se trouvent... des marchandises variĂ©es : feuilles, cailloux, copeaux et morceaux de bois. Ils jouent sĂ»rement aux marchands. JĂ©sus est le client qui fait des achats pour sa Maman, Ă  qui il porte tantĂŽt un objet, tantĂŽt un autre. Marie reçoit avec un sourire ses acquisitions.

Mais ensuite le jeu change. Un des deux enfants propose :

« Faisons l’Exode Ă  travers l’Egypte. JĂ©sus sera MoĂŻse, moi Aaron et toi... Myriam.

– Mais je suis un garçon !

– Peu importe ! Fais-le quand mĂȘme. Tu es Myriam et tu danses devant le veau d’or qui sera cette ruche.

– Je ne danse pas. Je suis un homme et je ne veux pas ĂȘtre une femme. Je suis un fidĂšle et je ne veux pas danser devant l’idole. »

Jésus intervient :

« Ne jouons pas ce passage. Prenons-en un autre : quand JosuĂ© fut Ă©lu comme successeur de MoĂŻse. Comme ça, plus question de ce vilain pĂ©chĂ© d’idolĂątrie, et Jude sera content d’ĂȘtre un homme et mon successeur. N’est-ce pas que tu es content ?

– Oui, JĂ©sus, mais alors toi, tu dois mourir parce que MoĂŻse meurt ensuite. Je ne veux pas que tu meures, toi qui m’aimes tellement.

– Nous devons tous mourir... Mais, moi, avant de mourir, je bĂ©nirai IsraĂ«l, et bien qu’il n’y ait que vous, en vous bĂ©nissant je bĂ©nirai tout IsraĂ«l. »

Les autres acceptent. Mais voilĂ  qu’une question se pose : est-ce que le peuple d’IsraĂ«l, aprĂšs avoir marchĂ© si longtemps, avait encore les chariots qu’il possĂ©dait Ă  sa sortie d’Egypte ? Les avis sont partagĂ©s.

On recourt Ă  Marie :

« Maman, je dis que les Israélites avaient encore leurs chariots, Jacques dit que non, Jude ne sait pas à qui donner raison. Et toi, tu le sais ?

– Oui, mon Fils. Le peuple nomade avait encore ses chariots. Quand il s’arrĂȘtait, on faisait les rĂ©parations. Les plus faibles montaient dessus et on y transportait les provisions et toutes choses nĂ©cessaires Ă  un peuple si nombreux. ExceptĂ© l’Arche, portĂ©e Ă  bras d’hommes, tout le reste Ă©tait sur les chariots. »

La question est réglée.

38.4 Les enfants vont au fond du jardin et, de lĂ , ils se dirigent en psalmodiant vers la maison. JĂ©sus est en tĂȘte et chante des psaumes de sa voix argentine. DerriĂšre lui viennent Jude et Jacques portant une carriole Ă©levĂ©e au rang de Tabernacle. Mais, Ă©tant donnĂ© qu’ils doivent jouer aussi le rĂŽle du peuple, en plus de ceux de JosuĂ© et d’Aaron, ils se sont attachĂ© aux pieds les chars en miniature avec leurs ceintures qu’ils ont enlevĂ©es et marchent ainsi, l’air aussi sĂ©rieux que des vrais acteurs.

Ils parcourent toute la tonnelle, passent devant la porte de la piĂšce oĂč se trouve Marie, et JĂ©sus dit :

« Maman, salue l’Arche qui passe ! »

Marie se lÚve avec un sourire et se penche vers son Fils qui passe, rayonnant, nimbé de soleil.

Puis JĂ©sus gravit le cĂŽtĂ© de la colline qui sert de limite Ă  la maison, ou plutĂŽt au jardin. Et lĂ , au-dessus de la grotte, il se tient debout et parle Ă ... IsraĂ«l. Il transmet les ordres et les promesses de Dieu, prĂ©sente JosuĂ© comme chef, l’appelle Ă  lui, et Jude monte Ă  son tour sur l’escarpement. Il l’encourage et le bĂ©nit. Puis il se fait apporter une... tablette (c’est une large feuille de figuier) et il Ă©crit le cantique et le lit, pas tout mais une bonne partie ; on dirait vraiment qu’il le lit sur la feuille. Puis il fait ses adieux Ă  JosuĂ© qui l’embrasse en pleurant, et il monte plus haut, exactement au sommet de l’escarpement. LĂ , il bĂ©nit tout IsraĂ«l, autrement dit les deux garçons prosternĂ©s jusqu’à terre, puis il s’allonge sur l’herbe courte, ferme les yeux et... meurt.

38.5 Marie était restée souriante, sur le seuil. Quand elle le voit étendu, inerte, elle crie :

« Jésus, Jésus, lÚve toi ! Ne reste pas comme cela ! Ta Maman ne veut pas te voir mort ! »

Jésus se lÚve avec un sourire, court à Marie et lui donne un baiser. Jacques et Jude arrivent et eux aussi reçoivent des caresses de Marie.

« Comment Jésus peut-il se rappeler ce cantique si long et si difficile, et toutes ces bénédictions ? » demande Jacques.

Marie sourit et répond simplement :

« Il a une excellente mémoire et il est trÚs attentif quand je lis.

– Moi, Ă  l’école, je suis attentif, mais toutes ces lamentations, ça me donne sommeil... Je n’apprendrai jamais, alors ?

– Tu apprendras, sois tranquille. »

Détail

Jude, Jacques et Jésus jouent dans le jardin de Nazareth alors qu'ils sont enfants. Marie est présente.

Annotation

Livre des Nombres, 27, 12-23 : Le Seigneur dit Ă  MoĂŻse : « Monte sur la montagne des Abarim que voici ; regarde la terre que j’ai donnĂ©e aux fils d’IsraĂ«l ! Tu la regarderas, puis tu seras rĂ©uni aux tiens, toi aussi, comme l’a Ă©tĂ© Aaron, ton frĂšre. En effet, vous vous ĂȘtes rebellĂ©s contre ma parole au dĂ©sert de Cine, quand la communautĂ© m’a cherchĂ© querelle, alors que l’eau jaillissante aurait dĂ» manifester Ă  leurs yeux ma saintetĂ©. Cela se passait aux eaux de MĂ©riba de CadĂšs, les eaux de la querelle de CadĂšs, dans le dĂ©sert de Cine. Alors MoĂŻse parla au Seigneur. Il dit : « Que le Seigneur, Dieu des esprits qui animent tout ĂȘtre de chair, Ă©tablisse Ă  la tĂȘte de la communautĂ© un homme qui parte en campagne et revienne Ă  leur tĂȘte, qui les fasse sortir et rentrer. Ainsi la communautĂ© du Seigneur ne sera pas comme du petit bĂ©tail sans berger. » Le Seigneur dit Ă  MoĂŻse : « Prends JosuĂ©, fils de Noun, un homme habitĂ© par l’esprit. Tu poseras la main sur lui, puis tu le placeras devant le prĂȘtre ÉlĂ©azar et devant toute la communautĂ©, et tu lui donneras tes ordres sous leurs yeux. Tu mettras en lui une part de ton rayonnement pour que toute la communautĂ© des fils d’IsraĂ«l l’écoute. Il se tiendra devant le prĂȘtre ÉlĂ©azar qui le soumettra, devant le Seigneur, au jugement des Ourim. À sa parole, tous les fils d’IsraĂ«l sortiront ; Ă  sa parole, ils rentreront, lui et tous les fils d’IsraĂ«l avec lui, toute la communautĂ©.

Livre du Deutoronome 34 : MoĂŻse monta des steppes de Moab au mont NĂ©bo, au sommet du Pisga, qui est en face de JĂ©richo. Le Seigneur lui fit voir tout le pays : Galaad jusqu’à Dane, tout Nephtali, le pays d’ÉphraĂŻm et de ManassĂ©, tout le pays de Juda jusqu’à la MĂ©diterranĂ©e, le NĂ©guev, la rĂ©gion du Jourdain, la vallĂ©e de JĂ©richo ville des Palmiers, jusqu’à Soar. Le Seigneur lui dit : « Ce pays que tu vois, j’ai jurĂ© Ă  Abraham, Ă  Isaac et Ă  Jacob de le donner Ă  leur descendance. Je te le fais voir, mais tu n’y entreras pas. » MoĂŻse, le serviteur du Seigneur, mourut lĂ , au pays de Moab, selon la parole du Seigneur. On l’enterra dans la vallĂ©e qui est en face de Beth-PĂ©or, au pays de Moab. Mais aujourd’hui encore, personne ne sait oĂč se trouve son tombeau. MoĂŻse avait cent vingt ans quand il mourut ; sa vue n’avait pas baissĂ©, sa vitalitĂ© n’avait pas diminuĂ©. Les fils d’IsraĂ«l pleurĂšrent MoĂŻse dans les steppes de Moab, pendant trente jours. C’est alors que s’achevĂšrent les jours du deuil de MoĂŻse. JosuĂ©, fils de Noun, Ă©tait rempli de l’esprit de sagesse, parce que MoĂŻse lui avait imposĂ© les mains. Les fils d’IsraĂ«l lui obĂ©irent, ils firent ce que le Seigneur avait prescrit Ă  MoĂŻse. Il ne s’est plus levĂ© en IsraĂ«l un prophĂšte comme MoĂŻse, lui que le Seigneur rencontrait face Ă  face. Que de signes et de prodiges le Seigneur l’avait envoyĂ© accomplir en Égypte, devant Pharaon, tous ses serviteurs et tout son pays ! Avec quelle main puissante, quel pouvoir redoutable, MoĂŻse avait agi aux yeux de tout IsraĂ«l !

Mots-clés

EMV 38.7-8 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

38.7 Mais, cette annĂ©e, toi aussi, tu devrais envoyer JĂ©sus Ă  l’école. Il en a l’ñge.

– Je n’enverrai jamais JĂ©sus Ă  l’école » rĂ©pond Marie catĂ©goriquement.

Il est étonnant de la voir parler de cette maniÚre, qui plus est avant Joseph.

« Pourquoi ? L’enfant doit Ă©tudier pour ĂȘtre capable, le moment venu, de passer l’examen de majoritĂ©...

– L’enfant sera instruit, mais il n’ira pas Ă  l’école. C’est dĂ©cidĂ©.

– Tu seras bien la seule en IsraĂ«l Ă  agir de cette maniĂšre.

– Je serai la seule, mais c’est ce que je vais faire. N’est-ce pas, Joseph ?

– C’est vrai. JĂ©sus n’a pas besoin d’aller Ă  l’école. Marie a Ă©tĂ© Ă©levĂ©e au Temple et c’est un vrai docteur pour la connaissance de la Loi. Elle sera sa maĂźtresse. C’est ma volontĂ© aussi.

– Vous le gñtez, ce garçon.

– Tu ne peux pas dire cela. C’est le meilleur enfant de Nazareth. L’as-tu jamais entendu pleurer, faire des caprices, refuser d’obĂ©ir, manquer de respect ?

– Pour ça, non, mais cela arrivera si on continue à le gñter.

– Ce n’est pas gĂąter ses enfants que de les garder prĂšs de soi. C’est les aimer intelligemment et de bon coeur. C’est ainsi que nous l’aimons, notre JĂ©sus, et puisque Marie est plus instruite que le maĂźtre d’école, c’est elle qui servira de maĂźtresse Ă  JĂ©sus.

– Et quand il sera homme, ton JĂ©sus sera une femmelette Ă  qui une mouche fera peur.

– Non, il ne le sera pas. Marie est une femme forte qui sait donner une Ă©ducation virile. Moi aussi, je ne suis pas un faible et je sais donner des exemples virils. JĂ©sus est une crĂ©ature sans dĂ©fauts physiques ni moraux. Il grandira donc, droit et fort physiquement et spirituellement. Tu peux ĂȘtre tranquille, AlphĂ©e : il ne dĂ©shonorera pas la famille. D’ailleurs, c’est dĂ©cidĂ© et cela suffit.

– C’est Marie qui a dĂ©cidĂ© et toi...

– Et mĂȘme si c’était vrai ? N’est-ce pas beau que deux personnes qui s’aiment soient toutes disposĂ©es Ă  avoir la mĂȘme pensĂ©e et la mĂȘme volontĂ© parce que, mutuellement, l’une em­brasse le point de vue de l’autre et le fait sien ? Si Marie voulait des choses dĂ©raisonnables, je dirais : “ Non. ” Mais tout ce qu’elle demande est plein de sagesse, je l’approuve et je le fais mien. Nous nous aimons, nous, comme au premier jour... et ce sera ainsi tant que nous vivrons. N’est ce pas, Marie ?

– Oui, Joseph et – mais que cela n’arrive jamais – si l’un devait mourir sans l’autre, nous nous aimerions encore. »

Joseph caresse la tĂȘte de Marie comme si elle Ă©tait encore une enfant, et elle le regarde d’oeil paisible et affectueux.

38.8 Sa belle-soeur intervient :

« Vous avez bien raison. Ah, si j’étais capable d’enseigner ! A l’école nos fils apprennent le bien et le mal. A la maison, le bien seulement. Mais moi je ne sais pas... Si Marie...

– Que veux-tu, ma belle-soeur ? Ne te gĂȘne pas pour le dire. Tu sais que je t’aime et que je suis heureuse quand je puis te faire plaisir.

– Je disais... Jacques et Jude sont un peu plus ĂągĂ©s que JĂ©sus. Ils vont dĂ©jĂ  Ă  l’école... mais pour ce qu’ils savent !... Au contraire, JĂ©sus connaĂźt dĂ©jĂ  si bien la Loi !... Je voudrais... VoilĂ , voudrais-tu les prendre eux aussi, quand tu enseignes Ă  JĂ©sus ? Je pense qu’ils deviendraient meilleurs et plus instruits. Ils sont cousins, au fond, et il est bon qu’ils s’aiment comme des frĂšres... J’en serais si heureuse !

– Si Joseph veut bien et ton mari aussi, j’y suis toute disposĂ©e. Parler pour un, ou pour trois, cela revient au mĂȘme. Revoir toute l’Ecriture, c’est de la joie. Qu’ils viennent ! »

Les trois enfants qui étaient entrés tout doucement ont entendu et ils attendent la décision.

« Ils vont te pousser au désespoir, Marie, dit Alphée.

– Non, avec moi ils sont toujours bons. N’est-ce pas que vous serez gentils si je vous fais la classe ? »

Ils accourent tous deux auprĂšs d’elle, l’un Ă  sa droite, l’autre Ă  sa gauche, lui passent les bras autour du cou, la tĂȘte sur l’épaule et font les plus belles promesses.

« Laisse-les essayer, AlphĂ©e, et laisse-moi aussi essayer. Je crois que tu n’en seras pas mĂ©content. Ils viendront chaque jour, depuis la sixiĂšme heure jusqu’au soir. Cela suffira, tu peux le croire. Je connais l’art d’enseigner sans fatiguer. Les enfants, on les captive et on les distrait en mĂȘme temps. Si on les comprend et si on les aime, on en est aimĂ© et on obtient tout d’eux. Et vous m’aimez, n’est-ce pas ? »

En guise de réponse, ils lui donnent deux gros baisers.

« Tu vois ?

– Je vois. Je n’ai plus qu’à te dire : “ Merci. ” Et JĂ©sus, que dira-t-il en voyant sa MĂšre occupĂ©e avec les autres ? Qu’en dis-tu, JĂ©sus ?

– Moi, je dis : “ Bienheureux ceux qui se tiennent prĂšs d’elle, qui l’écoutent et qui Ă©tablissent leur demeure auprĂšs de la sienne. ” Comme pour la Sagesse, bienheureux celui qui est ami de ma MĂšre et je suis heureux que ceux que j’aime soient ses amis.

– Mais qui met de telles paroles sur les lĂšvres de l’enfant ? demande AlphĂ©e, Ă©tonnĂ©.

– Personne, mon frĂšre. Personne au monde ».

C’est la fin de la vision.

Mots-clés

EMV 38.7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

N’est-ce pas beau que deux personnes qui s’aiment soient toutes disposĂ©es Ă  avoir la mĂȘme pensĂ©e et la mĂȘme volontĂ© parce que, mutuellement, l’une em­brasse le point de vue de l’autre et le fait sien ?

Mots-clés

EMV 38.7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

Ce n’est pas gñter ses enfants que de les garder prùs de soi. C’est les aimer intelligemment et de bon cƓur.

Mots-clés

EMV 38.8 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

Les enfants, on les captive et on les distrait en mĂȘme temps. Si on les comprend et si on les aime, on en est aimĂ© et on obtient tout d’eux.

Détail

Marie est d'accord d'enseigner à Jude et Jacques d'Alphée et elle dit :

Mots-clés

EMV 38.9 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

38.9 Jésus dit :

« C’est ainsi que Marie fut ma maĂźtresse, celle de Jacques et de Jude. VoilĂ  pourquoi nous nous sommes aimĂ©s comme des frĂšres, unis non seulement par la parentĂ©, mais aussi par les connaissances et l’éducation comme trois sarments d’un mĂȘme tronc, ma MĂšre, docteur comme nul autre en IsraĂ«l, ma douce Maman. SiĂšge de la Sagesse et de la vraie Science, elle nous a instruits pour la vie du monde et pour celle du Ciel. Je dis : “ nous a instruits ” car je fus son Ă©lĂšve pas diffĂ©remment de mes cousins. Et le “ sceau ” fut maintenu sur le secret de Dieu contre la curiositĂ© de Satan, maintenu sous l’apparence d’une vie ordinaire.

T’es-tu rĂ©jouie dans cette scĂšne suave ? Maintenant, reste en paix. JĂ©sus est avec toi. »

Mots-clés

EMV 39 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Détail

La Vierge prĂ©pare les vĂȘtements pour JĂ©sus avec Marie d'AlphĂ©e. Elle teint ses vĂȘtements. Il semble qu'elle a obtenu la couleur grĂące Ă  ses broderies, et que ce cadeau viendrait de Rome. Quoi qu'il en soit, la MĂšre du Christ remercie sa parente pour son aide et celle-ci dĂ©clare que JĂ©sus est comme son fils.

La vision s'arrĂȘte et reprend plus tard. Maria dĂ©crit JĂ©sus Ă  l'Ăąge de douze ans. Il est avec ses parents et sa parentĂ©, entourĂ© et aimĂ©. Marie demande Ă  Joseph de le bĂ©nir, pour que leur Enfant en retire de la force et qu'elle apprenne Ă  s'en dĂ©tacher un peu plus. Joseph assure alors que leurs relations ne changeront pas, et qu'il ne lui disputera pas ce Fils qui leur es si cher. Marie embrasse la main de Joseph dans un geste plein d'affection et le patriarche de la Sainte Famille les bĂ©nit tous les deux. Puis, ils se mettent en route...

Mots-clés

EMV 39.2-3 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

39.2 Je vois Marie, penchĂ©e sur un baquet ou plutĂŽt une cuvette de terre cuite. Elle mĂ©lange quelque chose qui fume dans l’air froid et sec du jardin de Nazareth.

Ce doit ĂȘtre en plein hiver. A part les oliviers, tous les arbres sont de vrais squelettes. LĂ -haut, un ciel trĂšs pur et mĂȘme un beau soleil, mais qui ne suffit pas Ă  tempĂ©rer la bise qui secoue et fait battre les branches dĂ©nudĂ©es et onduler la frondaison gris-vert des oliviers.

La Vierge est entiĂšrement couverte d’un lourd vĂȘtement marron trĂšs foncĂ©. Elle s’est attachĂ© par-devant une toile grossiĂšre, une sorte de tablier pour protĂ©ger ses habits. Elle retire du baquet le bĂąton avec lequel elle brassait le contenu et j’en vois tomber une goutte d’une belle couleur rouge. Marie observe, se mouille un doigt avec les gouttes qui tombent, essaye la couleur sur le tablier. Elle paraĂźt satisfaite.

Elle entre Ă  la maison et en ressort avec plusieurs Ă©cheveaux d’une laine trĂšs blanche. Elle les plonge un par un dans le baquet avec patience et adresse.

39.3 Pendant ce travail, entre, venant de l’atelier de Joseph, sa belle-soeur Marie, femme d’AlphĂ©e. Elles se saluent et parlent.

« La couleur prend ? demande la femme d’AlphĂ©e.

– Je l’espùre.

– La femme paĂŻenne m’a assurĂ© que c’est exactement la teinte et la mĂ©thode que l’on emploie Ă  Rome. On me l’a donnĂ©e parce que c’est toi, et parce que tu as fait ces broderies. On dit mĂȘme qu’à Rome il n’y a personne comme toi pour les travaux d’aiguille. Tu dois te crever les yeux Ă  les faire... »

Marie sourit et fait un mouvement de la tĂȘte comme pour dire : « Ce n’est rien ! »

Sa belle-soeur regarde les derniers écheveaux de laine, avant de les montrer à Marie.

« Comme tu les as filés ! On dirait des cheveux tant ils sont fins et réguliers. Tu fais tout à la perfection... et si rapidement ! Ces derniers seront plus clairs ?

– Oui, pour le vĂȘtement. Le manteau est plus sombre. »

Les deux femmes travaillent ensemble au baquet. Puis elles sortent les Ă©cheveaux qui sont d’une belle couleur pourpre et elles courent rapidement les plonger dans une eau glacĂ©e qui remplit une cuvette sous la petite source qui tombe en faisant un petit bruit de rires contenus. Elles rincent longuement, puis Ă©tendent les Ă©cheveaux sur des roseaux qu’elles accrochent entre deux branches d’arbre.

« Avec ce vent, ils vont sécher vite et bien, dit la belle-soeur.

– Allons auprĂšs de Joseph. Il y a du feu. Tu dois ĂȘtre gelĂ©e, dit Marie. Tu as Ă©tĂ© gentille de m’aider. J’ai fait vite et avec moins de fatigue. Je t’en remercie.

– Oh ! Marie, que ne ferais-je pas pour toi ! Etre auprĂšs de toi, c’est une fĂȘte. Et puis... c’est pour JĂ©sus, tout ce travail. Et il m’est si cher, ton Fils !... J’aurai moi aussi l’impression d’ĂȘtre sa mĂšre, si je t’aide pour la fĂȘte de sa majoritĂ©. »

Les deux femmes entrent dans l’atelier, rempli de cette odeur de bois rabotĂ©, propre aux ateliers de menuisiers.

Mots-clés

EMV 39.4-6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

Je vois JĂ©sus entrer avec sa Maman dans la piĂšce – comment l’appeler ? – la salle Ă  manger de Nazareth.

JĂ©sus est un bel enfant de douze ans, grand, bien formĂ©, robuste sans ĂȘtre gros. Il semble plus ĂągĂ© qu’il ne l’est, Ă  cause de sa complexion. Il est dĂ©jĂ  assez grand pour atteindre l’épaule de sa MĂšre. Il a encore le visage rond et rose de JĂ©sus enfant, visage qui, avec la pubertĂ© et l’ñge adulte, s’amincira par la suite et prendra une couleur sans couleur, comme certains albĂątres dĂ©licats qui tendent Ă  peine vers le jaune rose.

Quant Ă  ses yeux, ce sont eux aussi des yeux d’enfant, de grands yeux, bien ouverts, avec une Ă©tincelle de gaietĂ© dans le sĂ©rieux du regard. Plus tard, ils ne seront plus aussi grands ouverts... Les paupiĂšres les fermeront Ă  demi, pour voiler la trop grande perversitĂ© du monde au Pur, au Saint. Ce ne sera qu’au moment des miracles, qu’ils s’ouvriront, Ă©tincelants, plus encore que maintenant... pour chasser les dĂ©mons et la mort, pour guĂ©rir les maladies et les pĂ©chĂ©s. Encore n’auront-ils plus dĂ©sormais cette Ă©tincelle de gaietĂ© mĂȘlĂ©e au sĂ©rieux du regard... La mort et le pĂ©chĂ© lui seront toujours plus prĂ©sents et proches, et avec eux la connaissance humaine de l’inutilitĂ© de son sacrifice Ă  cause des oppositions volontaires de l’homme. Ce n’est que dans de trĂšs rares moments de joie et parce qu’il se trouvera avec des Ăąmes rachetĂ©es, spĂ©cialement avec des ĂȘtres purs, des enfants le plus souvent, que cette ambiance fera briller de joie son saint regard plein de bontĂ©.

Mais en ce moment il se trouve avec sa Maman, dans sa maison, et en face de lui se tient saint Joseph qui lui sourit avec amour. Il y a Ă©galement ses cousins qui l’admirent, et sa tante Marie, femme d’AlphĂ©e, qui le caresse... Il est heureux. Il a besoin d’amour, mon JĂ©sus, pour ĂȘtre heureux. Et en ce moment, il en a.

Il porte un vĂȘtement souple de laine rouge clair, doux, parfaitement tissĂ© d’une Ă©toffe fine et serrĂ©e. Une grecque court au cou, par-devant, au bout des manches longues et amples et en bas de l’habit qui descend jusqu’à terre. Elle n’est pas brodĂ©e, mais tissĂ©e en couleur plus foncĂ©e sur le rouge clair du vĂȘtement. C’est Ă  peine s’il laisse dĂ©gagĂ©s les pieds chaussĂ©s de sandales neuves et bien confectionnĂ©es : ce ne sont plus les semelles habituelles fixĂ©es par deux courroies croisĂ©es. Le vĂȘtement doit ĂȘtre l’oeuvre de sa MĂšre, parce que sa belle-soeur l’admire et en fait l’éloge.

Les beaux cheveux blonds de JĂ©sus ont dĂ©jĂ  pris une teinte plus foncĂ©e que lorsque JĂ©sus Ă©tait un tout jeune garçon, avec des reflets de cuivre dans les volutes que font les boucles en descendant jusqu’au-dessous des oreilles. Ce ne sont plus les cheveux frisĂ©s courts et lĂ©gers de son enfance. Ce n’est pas encore la longue chevelure ondulĂ©e de l’ñge adulte, descendant jusqu’aux Ă©paules oĂč elle se termine en souples rouleaux, mais les cheveux ont tendance Ă  s’orienter vers cette couleur et cette forme.

39.5 « Voilà notre Fils » dit Marie, en levant sa main droite qui tient la gauche de Jésus. Elle semble le présenter à tous et confirmer la paternité du Juste, qui sourit. Et elle ajoute :

« BĂ©nis-le, Joseph, avant de partir pour JĂ©rusalem. La bĂ©nĂ©diction rituelle n’a pas Ă©tĂ© nĂ©cessaire pour aller Ă  l’école, premier pas de la vie. Mais maintenant qu’il va au Temple pour ĂȘtre dĂ©clarĂ© majeur, fais-le et bĂ©nis-moi avec lui. Ta bĂ©nĂ©diction... (Marie Ă©touffe un sanglot) lui donnera de la force et Ă  moi le courage de m’en sĂ©parer un peu plus...

– Marie, JĂ©sus sera toujours Ă  toi. La formule ne changera pas nos relations. Je ne te le disputerai pas, ce Fils qui nous est si cher. Personne ne mĂ©rite comme toi de le guider dans la vie, ĂŽ ma Sainte. »

Marie se penche, prend la main de Joseph et l’embrasse. C’est l’Epouse, et combien affectueuse et respectueuse pour son compagnon !

Joseph accueille avec dignitĂ© ce signe de respect et d’amour, puis il lĂšve cette main qu’elle vient d’embrasser, la pose sur la tĂȘte de son Ă©pouse et lui dit :

« Oui, je te bénis, toi qui es la Bénie, et Jésus avec toi. Venez, mes seules joies, mon honneur et le but de ma vie. »

Joseph est solennel. Etendant les bras, les paumes tournĂ©es vers la terre, sur les deux tĂȘtes inclinĂ©es, Ă©galement blondes et saintes, il pro­nonce la bĂ©nĂ©diction :

« Que le Seigneur vous garde et vous bĂ©nisse ! Qu’il vous prenne en pitiĂ© et vous donne sa paix ! Que le Seigneur vous donne sa bĂ©nĂ©diction ».

Puis il ajoute :

« Il est temps, partons. C’est la bonne heure pour voyager. »

39.6 Marie prend un ample manteau de couleur grenat foncé et le drape sur le corps de son Fils. Comme elle le caresse, en le faisant !

Ils sortent, ferment, et se mettent en route. D’autres pĂšlerins vont dans la mĂȘme direction. Hors de la ville, les femmes se sé­parent des hommes. Les enfants vont avec qui ils veulent. JĂ©sus reste avec sa MĂšre.

Les pĂšlerins marchent, en psalmodiant le plus souvent, Ă  travers les campagnes toutes belles aux plus joyeux jours du printemps. FraĂźcheur des prairies, des blĂ©s, des frondaisons sur les arbres oĂč viennent d’éclore les fleurs. Cantiques des hommes Ă  travers champs et chemins. Chants d’amour des oiseaux dans les feuillages. Ruisseaux limpides oĂč se mirent les fleurs des rives. Agneaux bondissants auprĂšs de leurs mĂšres... Paix et joie sous le plus beau ciel d’avril.

C’est ainsi que la vision prend fin.

Détail

Description physique de Jésus enfant et bénédiction de Joseph avant de partir vers Jérusalem.

Mots-clés