Notes du thĂšme

Mots-clĂ©s principaux et transversaux 🌟

Page 27 sur 198

Confort de lecture

EMV 35.8 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

Ma MĂšre a poussĂ© un cri de joie quand, prĂšs de quatre ans plus tard, elle est retournĂ©e Ă  Nazareth et est rentrĂ©e dans sa maison, puis elle a embrassĂ© les murs oĂč son “ oui ” a ouvert son sein pour recevoir le Germe de Dieu. Joseph a saluĂ© avec joie sa parentĂ© et ses neveux, plus nombreux et grandis ; il s’est rĂ©joui de constater que ses concitoyens se souvenaient de lui et faisaient aussitĂŽt appel Ă  lui pour sa compĂ©tence. Moi, j’ai Ă©tĂ© sensible aux amitiĂ©s et j’ai souffert de la trahison de Judas comme d’une crucifixion morale. Pour autant, ni ma MĂšre ni Joseph n’ont fait passer leur amour pour leur maison et leur famille avant la volontĂ© de Dieu.

Mots-clés

EMV 36 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Détail

Maria voit une maison trĂšs pauvre en Egypte. Elle aperçoit l'Enfant JĂ©sus jouer Ă  terre, Ă  l'Ăąge de deux ans, deux ans et demi maximum. Marie travaille Ă  son mĂ©tier Ă  tisser tout en surveillant l'enfant. A un moment, elle va lui remettre ses sandales, lui donne un baiser, puis range son mĂ©tier Ă  tisser. Elle revient, donne la main Ă  l'Enfant, et ils sortent de la maison pour aller dans la rue. Finalement, elle s'arrĂȘte prĂšs d'un puits. Joseph arrive sur ces entrefaites et il accĂ©lĂšre le pas en voyant son Ă©pouse et son Fils. ArrivĂ© prĂšs d'eux, Joseph se penche pour donner un fruit Ă  l'Enfant et il y a une douce Ă©treinte remplie d'affection entre JĂ©sus et son pĂšre putatif. Joseph se relĂšve en prenant JĂ©sus dans son bras droit, puis ils rentrent tous les trois dans la maison. Maria les vois prĂ©parer le souper et manger ensemble trĂšs simplement, aprĂšs avoir priĂ©.

JĂ©sus donne ensuite une dictĂ©e, en insistant sur l'humilitĂ©, la rĂ©signation, la parfaite entente de la Sainte Famille. Joseph et Marie sont les gardiens de la Sainte Famille, mais ils n'en tirent aucun avantage matĂ©riel pour autant. Ils vivent pauvrement, ils sont en exil, dans un monde oĂč on se mĂ©fie deux car il s'agit de personnes Ă©trangĂšres. Pourtant, il existe la paix, la sĂ©rĂ©nitĂ©, la concorde.

Dans cette maison, "il n'y a pas de gens nerveux, susceptibles, des visages fermĂ©s ni des reproches rĂ©ciproques, et encore moins des reproches envers Dieu qui ne les comble pas de bien-ĂȘtre matĂ©riel." Dans cette maison, dit encore JĂ©sus, on prie, on est frugal, on aime le travail. L'humilitĂ© rĂšgne dans la Sainte Famille, et on respecte l'ordre surnaturel, moral et matĂ©riel. On respecte Dieu (ordre surnaturel), on respecte Joseph comme pĂšre et chef de famille (ordre moral), on remercie Dieu pour les bien qu'on possĂšde, mĂȘme s'ils sont pauvres (ordre matĂ©riel).

Jésus termine en nous offrant de méditer cette vision.

Mots-clés

EMV 36.3 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

36.3 Marie se tient un peu Ă  l’écart, elle aussi Ă  l’ombre de l’arbre. Elle tisse sur un mĂ©tier rustique et surveille le BĂ©bĂ©. Je vois ses mains fines et blanches aller et venir en lançant la navette sur la trame et son pied chaussĂ© d’une sandale qui actionne la pĂ©dale. Elle porte une tunique mauve, ou plutĂŽt violet rosĂ© comme certaines amĂ©thystes. Elle a la tĂȘte nue de sorte que je peux remarquer que ses cheveux blonds sont sĂ©parĂ©s en deux, coiffĂ©s simplement en deux tresses qui forment un beau chignon sur la nuque. Les manches de son vĂȘtement sont longues, plutĂŽt é­troites. Pas d’autre ornement que sa beautĂ© et la trĂšs douce expression de son visage. Son teint, la couleur des cheveux et des yeux, la forme du visage, tout est comme je la vois d’ordinaire. Ici, elle paraĂźt trĂšs jeune, je lui donne plus ou moins vingt ans.

A un moment, elle se lĂšve et se penche vers le BĂ©bĂ©, lui remet ses sandales et les lui lace soigneusement. Puis elle le caresse et lui dĂ©pose un baiser sur la tĂȘte et sur les yeux. Le BĂ©bĂ© gazouille et elle rĂ©pond, mais je ne comprends pas les paroles. Elle revient alors Ă  son mĂ©tier ; elle Ă©tend un linge sur la toile et sur la trame, prend le tabouret sur lequel elle Ă©tait assise, et le porte Ă  la maison. Le BĂ©bĂ© la suit du regard, sans l’importuner quand elle le laisse seul.

On voit que son travail est fini et que le soir arrive. En effet, le soleil descend sur les sables nus et, au loin derriÚre la pyramide, un véritable incendie envahit le ciel tout entier.

Marie revient, prend JĂ©sus par la main et le fait se lever de sa natte. Le Bambin obĂ©it sans rĂ©sistance. Pendant que sa Maman ramasse les jouets et la natte, et les rentre Ă  la maison, il court, trottinant de ses petites jambes vers la chevrette, et lui met les bras au cou. La chevrette bĂȘle et frotte son museau contre les Ă©paules de JĂ©sus.

Marie revient. Elle porte maintenant un long voile sur la tĂȘte et une amphore dans les mains. Elle prend JĂ©sus par sa menotte et ils font ensemble le tour de la maison pour aller vers l’autre façade.

Je les suis en admirant la grĂące du tableau. La Vierge rĂšgle son pas sur celui du Bambin qui trottine Ă  son cĂŽtĂ©. Je vois les talons roses qui se lĂšvent et se posent avec la grĂące spĂ©ciale de la dĂ©marche des enfants, dans le sable du sentier. Je note que sa petite tunique ne descend pas jusqu’aux pieds, mais arrive seulement Ă  mi-mollet. Elle est trĂšs propre, toute simple, retenue Ă  la taille par un cordon, blanc lui aussi.

Je vois que, sur le devant de la maison, la haie est interrompue par une grille rustique que Marie ouvre pour sortir dans la rue. C’est une pauvre rue Ă  l’extrĂ©mitĂ© d’une ville ou d’un village quelconque, lĂ  oĂč il fait place Ă  la campagne. C’est un chemin de sable bordĂ© de quelques autres maisonnettes comme celle-ci avec un pauvre jardinet.

Je ne vois personne. Marie regarde du cĂŽtĂ© du centre, pas vers la campagne, comme si elle attendait quelqu’un, puis elle se dirige vers un bassin ou un puits qui se trouve Ă  dix mĂštres environ plus haut et au-dessus duquel des palmiers forment un cercle d’ombre. Je vois que le terrain Ă  cet endroit est couvert d’herbes verdoyantes.

Détail

La Sainte Famille est Ă  Matarea. Maria donne une description physique de Marie au tout premier paragraphe.

Mots-clés

EMV 36.4-6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

36.4 C’est alors que je vois un homme pas trop grand, mais robuste arriver sur la route. Je reconnais Joseph, qui sourit. Il est plus jeune que quand je l’avais vu dans la vision du Paradis. Il paraĂźt avoir quarante ans tout au plus. Sa barbe et ses cheveux sont Ă©pais et noirs, sa peau plutĂŽt bronzĂ©e, ses yeux foncĂ©s. C’est un visage honnĂȘte et agrĂ©able, un visage qui inspire confiance.

A la vue de JĂ©sus et de Marie, il hĂąte le pas. Il porte sur l’é­paule gauche une espĂšce de scie et une sorte de rabot, et Ă  la main il tient d’autres outils de son mĂ©tier, pas tellement diffĂ©rents de ceux d’aujourd’hui. Manifestement, il revient d’ĂȘtre allĂ© travailler chez quelqu’un.

Il porte un vĂȘtement de couleur entre noisette et marron, pas trĂšs long – il lui arrive un peu au-dessus de la cheville – et les manches s’arrĂȘtent au coude. A la taille, une ceinture de cuir, me semble-t-il. C’est une vraie tenue de travailleur. Aux pieds il porte des sandales avec des courroies qui s’entrecroisent aux chevilles.

Marie sourit. L’Enfant pousse des cris de joie et lui tend son bras libre. Quand les trois se rencontrent, Joseph se penche pour offrir Ă  l’Enfant un fruit qui, par la forme et la couleur, semble ĂȘtre une pomme. Puis il lui tend les bras et, laissant sa MĂšre, l’enfant se blottit dans les bras de Joseph et pose la tĂȘte dans le creux de l’épaule de Joseph qui lui donne et en reçoit des baisers, en un mouvement tout plein de gracieuse affection.

J’oubliais de dire que Marie s’était empressĂ©e de prendre les outils de Joseph pour le laisser libre d’embrasser l’Enfant.

Puis Joseph, qui s’était accroupi pour se mettre au niveau de JĂ©sus, se relĂšve, reprend de la main gauche ses outils et, du bras droit, tient le petit JĂ©sus serrĂ© sur sa robuste poitrine. Il se dirige vers la maison pendant que Marie va Ă  la fontaine remplir son amphore.

Une fois entrĂ© dans l’enceinte de la maison, Joseph pose l’Enfant Ă  terre, prend le mĂ©tier de Marie et le rentre, puis trait la chĂšvre. JĂ©sus observe attentivement ces opĂ©rations et regarde Joseph enfermer la chĂšvre dans un petit rĂ©duit construit sur un cĂŽtĂ© de la maison.

Le soir tombe. J’observe le rouge du crĂ©puscule qui prend une teinte violacĂ©e au-dessus des sables oĂč la chaleur semble faire vibrer l’air. La pyramide paraĂźt plus sombre.

Joseph entre dans la maison, dans une piĂšce qui doit ĂȘtre tout Ă  la fois atelier, cuisine et salle Ă  manger. Je me rends compte que l’autre est rĂ©servĂ©e au repos, mais je n’y entre pas. Au niveau du sol, il y a un foyer allumĂ© et, toujours dans cette piĂšce, un Ă©tabli de menuisier, une petite table, des tabourets, des Ă©tagĂšres portant quelques piĂšces de vaisselle et deux lampes Ă  huile. Dans un coin, le mĂ©tier de Marie. Il y a beaucoup, beaucoup d’ordre et de propretĂ©. C’est une demeure trĂšs pauvre, mais fort bien tenue.

Quelque chose me frappe : dans toutes les visions rela­tives Ă  la vie humaine de JĂ©sus, j’ai remarquĂ© que lui, tout comme Marie et Joseph, ainsi que Jean ont toujours des vĂȘtements en bon Ă©tat et propres, une chevelure soignĂ©e, sans recherche, des habits modestes, une coiffure simple, mais d’une nettetĂ© qui leur donne de la distinction.

36.5 Marie revient avec l’amphore et l’on ferme la porte sur la nuit qui tombe rapidement. La piĂšce est Ă©clairĂ©e par une lampe que Joseph a allumĂ©e et qu’il a placĂ©e sur son Ă©tabli, oĂč il se penche pour travailler encore Ă  des bricoles pendant que Marie prĂ©pare le souper. Le feu lui aussi Ă©claire la piĂšce. JĂ©sus, les mains appuyĂ©es Ă  l’établi et la tĂȘte dressĂ©e, observe ce que fait Joseph.

Puis ils s’asseyent Ă  table aprĂšs avoir priĂ©. Naturellement, ils ne font pas le signe de croix, mais ils prient. C’est Joseph qui commence et Marie rĂ©pond. Mais je ne comprends rien. Ce doit ĂȘtre un psaume, mais il est rĂ©citĂ© dans une langue qui m’est totalement inconnue.

Ils se mettent alors Ă  table. Cette fois, la lampe se trouve sur la table. Marie a JĂ©sus sur son sein et lui fait boire le lait de la chevrette. Elle y trempe des morceaux de pain coupĂ©s dans une miche ronde dont la croĂ»te est noire, et l’intĂ©rieur aussi. Il doit s’agir d’un pain de seigle ou d’orge. C’est la grande quantitĂ© de son qui le rend gris. Joseph mange en mĂȘme temps du pain et du fromage, un petit morceau de fromage pour beaucoup de pain. Puis Marie assied JĂ©sus sur un petit tabouret Ă  cĂŽtĂ© d’elle. Elle pose sur la table des lĂ©gumes cuits – ils me semblent ĂȘtre cuits Ă  l’eau et assaisonnĂ©s comme nous avons nous aussi l’habitude de le faire – puis elle en mange, elle aussi, aprĂšs que Joseph s’est servi. JĂ©sus grignote tranquillement sa pomme et sourit, dĂ©couvrant de petites dents blanches. Le repas se termine par des olives ou des dattes, je ne sais pas trop : pour des olives elles sont trop claires, pour des dattes elles sont trop dures. Pas de vin, c’est un repas de pauvres gens.

Pourtant, la paix que l’on respire dans cette piĂšce est si grande, que la vue d’un somptueux palais royal ne pourrait rien me prĂ©senter d’aussi charmant. Et quelle harmonie !

36.6 Ce soir, JĂ©sus ne parle pas. Il ne m’explique pas la scĂšne. Il m’enseigne par la vision qu’il me donne, et cela suffit. Qu’il en soit toujours et pareillement bĂ©ni !

Détail

Description physique de Joseph au début de l'EMV 36.4

Mots-clés

EMV 36.7-10 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

36.7 Jésus dit :

« C’est ce que tu vois qui constitue la leçon, pour toi comme pour tous. C’est une leçon d’humilitĂ©, de rĂ©signation, de parfaite entente, proposĂ©e en exemple Ă  toutes les familles chrĂ©tiennes et particuliĂšrement aux familles chrĂ©tiennes de ce moment particulier et douloureux.

36.8 Tu as vu une pauvre maison et, ce qui est pénible, une pauvre maison dans un pays étranger.

Nombreux sont les fidĂšles “ ordinaires ” qui prĂ©tendraient avoir une vie matĂ©rielle facile, bien Ă  l’abri de la plus petite peine, une vie prospĂšre et heureuse, uniquement parce qu’ils prient et me reçoivent dans l’Eucharistie, parce qu’ils prient et communient pour “ leurs ” besoins, et non pour les besoins pressants des Ăąmes et pour la gloire de Dieu (il est bien rare, en effet, qu’en priant on ne soit pas Ă©goĂŻste).

Joseph et Marie m’avaient, moi, le vrai Dieu, pour Fils. Pourtant ils n’eurent pas mĂȘme la maigre satisfaction d’ĂȘtre pauvres dans leur patrie, dans leur pays oĂč ils Ă©taient connus, lĂ  oĂč ils possĂ©daient au moins une petite maison “ Ă  eux ” et oĂč le pro­blĂšme du logement ne se serait pas ajoutĂ© Ă  tous les autres ; dans leur pays, il leur aurait Ă©tĂ© plus facile de se procurer un travail et pourvoir Ă  la vie, puisqu’ils y Ă©taient connus. C’est Ă  cause de moi qu’ils sont deux exilĂ©s dans un climat diffĂ©rent, dans un pays diffĂ©rent, si triste en comparaison des douces cam­pagnes de GalilĂ©e, et aussi avec une langue, des moeurs diffé­rentes au milieu d’une population qui ne les connaĂźt pas, mais qui a cette mĂ©fiance habituelle qu’ont les gens pour les rĂ©fugiĂ©s et les inconnus.

Ils sont privĂ©s de ces meubles confortables et chers de “ leur ” maisonnette, de tant de petites choses humbles et nĂ©cessaires mais qui ne paraissaient pas l’ĂȘtre autant lĂ -bas, alors que, vues d’ici, dans le dĂ©nuement qui les entoure, elles paraissent avoir la beautĂ© de ce superflu qui rend dĂ©licieuses les maisons des riches. Ils ont la nostalgie de leur village et de leur maison, leur pensĂ©e s’envole vers ces pauvres choses laissĂ©es lĂ -bas, vers le petit jardin potager dont peut-ĂȘtre plus personne ne s’occupe, vers la vigne, le figuier et les autres plantes utiles. Ils sont dans la nĂ©cessitĂ© de pourvoir Ă  la nourriture de tous les jours, aux vĂȘtements, au feu, Ă  moi enfant, Ă  qui on ne peut pas donner la mĂȘme nourriture qu’à soi. Et avec ça, beaucoup de peine dans le coeur, Ă  cause de la nostalgie, du souci du lendemain inconnu, Ă  cause de la mĂ©fiance du monde peu disposĂ©, surtout dans les premiers temps, Ă  accueillir les offres de travail de deux Ă©trangers.

Pourtant, tu l’as vu, dans cette demeure planent la sĂ©rĂ©nitĂ©, le sourire, la concorde et, d’un commun accord, on tĂąche de la rendre plus belle, jusqu’au pauvre potager, afin que tout soit pareil Ă  la maison qui a Ă©tĂ© quittĂ©e, et plus confortable encore. Tout tourne autour d’une seule pensĂ©e : que la terre hostile me soit rendue moins misĂ©rable, Ă  moi le Saint, moi qui viens de Dieu. C’est un amour de croyants et de parents qui se manifeste par mille petites attentions, qui vont de la chevrette qui a coĂ»tĂ© tant d’heures de travail supplĂ©mentaires, aux petits jouets sculptĂ©s sur les morceaux de bois qui restaient, ou encore aux fruits achetĂ©s pour moi seul, tandis qu’eux se privent mĂȘme d’une bouchĂ©e de nourriture.

Mon pÚre chéri de la terre, comme tu as été aimé de Dieu, de Dieu le PÚre du haut des Cieux, de Dieu le Fils, devenu Sauveur sur la terre !

Dans cette maison il n’y a pas de gens nerveux, susceptibles, de visages fermĂ©s ni de reproches rĂ©ciproques, et encore moins envers Dieu qui ne les comble pas de bien-ĂȘtre matĂ©riel. Joseph ne reprochera pas Ă  Marie d’ĂȘtre la cause des pertes qu’il a subies et Marie ne reprochera pas Ă  Joseph de ne pas savoir lui procurer un plus grand bien-ĂȘtre. Ils s’aiment saintement, c’est tout, et leur prĂ©occupation n’est pas leur intĂ©rĂȘt personnel, mais celui de leur conjoint. Le vĂ©ritable amour ne connaĂźt pas d’égoĂŻsme. Et le vĂ©ritable amour est toujours chaste, mĂȘme s’il n’est pas parfait en ce domaine autant que celui de deux Ă©poux vierges. Unie Ă  la charitĂ©, la puretĂ© entraĂźne Ă  sa suite tout un cortĂšge d’autres vertus et rĂ©alise, pour deux personnes qui s’aiment chastement, la perfection conjugale.

L’amour de ma MĂšre et de Joseph Ă©tait parfait. Il prĂ©ludait Ă  d’autres vertus et spĂ©cialement Ă  la charitĂ© envers Dieu : Dieu Ă©tait bĂ©ni Ă  toute heure – mĂȘme si sa sainte volontĂ© Ă©tait pĂ©nible pour la chair et pour le coeur – car chez ces deux saints l’esprit Ă©tait plus vivant et dominait tout. C’était cet esprit qui leur faisait magnifier le Seigneur en le remerciant de les avoir choisis comme gardiens de son Fils Ă©ternel.

36.9 Dans cette maison, on prie. On prie trop peu dans les maisons Ă  prĂ©sent. Le jour se lĂšve, la nuit tombe, le travail commence, vous vous mettez Ă  table, sans avoir la moindre pensĂ©e pour le Seigneur qui vous a permis de voir un nouveau jour, de pouvoir arriver Ă  une nouvelle nuit, qui a bĂ©ni vos fatigues et permis qu’elles vous procurent cette nourriture, ce feu, ces vĂȘtements, ce toit, toutes ces choses nĂ©cessaires Ă  votre condition humaine. Tout ce qui vient du Dieu bon est toujours “ bon ”. MĂȘme si ces biens sont pauvres et peu abondants, l’amour leur donne de la saveur et du prix, l’amour qui vous fait reconnaĂźtre en l’éternel CrĂ©ateur le PĂšre qui vous aime.

Dans cette maison, on est frugal. On l’aurait Ă©tĂ© mĂȘme si l’argent n’avait pas manquĂ©. On mange pour vivre, on ne vit pas pour manger, avec l’insatiabilitĂ© des goinfres et les caprices des gourmands qui absorbent les aliments jusqu’à s’en alourdir et dilapident leurs biens en produits coĂ»teux sans penser Ă  ceux qui n’ont pas leur content ou doivent se priver, sans rĂ©flĂ©chir qu’en se modĂ©rant ils pourraient Ă©pargner Ă  beaucoup les souffrances de la faim.

Dans cette maison, on aime le travail. On l’aimerait mĂȘme si l’argent abondait car, par le travail, l’homme obĂ©it au commandement de Dieu et Ă©chappe au vice qui, tel un lierre tenace, enserre et Ă©touffe les paresseux semblables Ă  des masses inertes. La nourriture est bonne, le repos agrĂ©able, le coeur satisfait quand on a bien travaillĂ© et on apprĂ©cie un moment de dĂ©tente entre un travail et un autre. Le vice aux multiples visages n’entre pas dans la maison et dans l’esprit de ceux qui aiment le travail. De ce fait, il s’y dĂ©veloppe affection, estime, respect rĂ©ciproque. Dans une atmosphĂšre de puretĂ© grandissent les tendres rejetons qui donneront naissance Ă  de futures familles oĂč fleurira la saintetĂ©.

Dans cette maison rĂšgne l’humilitĂ©. Quelle leçon pour vous, qui ĂȘtes si orgueilleux ! Marie aurait eu, humainement parlant, mille raisons de s’enorgueillir et de se faire adorer par son conjoint. Tant de femmes le font parce qu’elles ont une culture plus Ă©tendue, une naissance noble, une fortune supé­rieure Ă  celle de leur mari ! Marie a beau ĂȘtre Epouse et MĂšre de Dieu, elle sert son conjoint, elle ne se fait pas servir et elle est tout affection pour lui. Joseph est le chef de maison que Dieu a jugĂ© digne, si digne, d’ĂȘtre chef de famille, de recevoir de Dieu la garde du Verbe incarnĂ© et de l’Epouse de l’éternel Esprit, et pourtant il veille attentivement Ă  allĂ©ger Marie de tous les gros et ennuyeux travaux. Il se charge des plus humbles occupations d’une maison pour Ă©viter Ă  Marie de se fatiguer ; comme il le peut, autant qu’il le peut, il lui fait plaisir et s’ingĂ©nie Ă  rendre l’habitation plus pratique et Ă  Ă©gayer de fleurs le petit jardin.

Dans cette maison, on respecte l’ordre surnaturel, moral et matĂ©riel. Dieu est le Chef suprĂȘme et c’est Ă  lui que l’on rend le culte et l’amour : c’est lĂ  l’ordre surnaturel. Joseph est le chef de la famille et on lui donne affection, respect, obĂ©issance : c’est l’ordre moral. La maison est un don de Dieu, tout comme les vĂȘtements et le mobilier. En toutes ces choses, c’est la Providence de Dieu qui se manifeste, de ce Dieu qui donne aux brebis leur toison, aux oiseaux leur plumage, aux prĂ©s la verdure, aux animaux domestiques le foin, aux volatiles le grain et les frondaisons, et qui tisse le vĂȘtement des lys de la vallĂ©e. On reçoit avec gratitude la maison, les vĂȘtemens, les meubles, en bĂ©nissant la main divine qui les fournit, en les traitant avec respect en tant que dons du Seigneur sans les regarder d’un mauvais oeil en raison de leur pauvretĂ©, sans les abĂźmer en abusant de la Provi­dence : c’est l’ordre matĂ©riel.

36.10 Tu n’as pas compris les paroles Ă©changĂ©es dans le dialecte de Nazareth, ni les mots de la priĂšre, mais le spectacle de cette Famille t’a donnĂ© une grande leçon. MĂ©ditez-la, vous tous qui avez tant Ă  souffrir pour avoir manquĂ© Ă  Dieu en tant de choses et parmi elles aussi en celles oĂč ne manquĂšrent jamais les saints Ă©poux que furent ma MĂšre et mon pĂšre.

Et toi, sois heureuse en te rappelant le petit JĂ©sus. Souris en pensant Ă  ses petits pas d’enfant. BientĂŽt tu le verras marcher sous une croix. Et ce sera une vision de larmes. »

Détail

Maria vient de voir une vision de la Sainte Famille en Egypte.

Mots-clés

EMV 36.8 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

Joseph et Marie m’avaient, moi, le vrai Dieu, pour Fils. Pourtant ils n’eurent pas mĂȘme la maigre satisfaction d’ĂȘtre pauvres dans leur patrie, dans leur pays oĂč ils Ă©taient connus, lĂ  oĂč ils possĂ©daient au moins une petite maison “ Ă  eux ” et oĂč le pro­blĂšme du logement ne se serait pas ajoutĂ© Ă  tous les autres ; dans leur pays, il leur aurait Ă©tĂ© plus facile de se procurer un travail et pourvoir Ă  la vie, puisqu’ils y Ă©taient connus. C’est Ă  cause de moi qu’ils sont deux exilĂ©s dans un climat diffĂ©rent, dans un pays diffĂ©rent, si triste en comparaison des douces cam­pagnes de GalilĂ©e, et aussi avec une langue, des moeurs diffé­rentes au milieu d’une population qui ne les connaĂźt pas, mais qui a cette mĂ©fiance habituelle qu’ont les gens pour les rĂ©fugiĂ©s et les inconnus.

Ils sont privĂ©s de ces meubles confortables et chers de “ leur ” maisonnette, de tant de petites choses humbles et nĂ©cessaires mais qui ne paraissaient pas l’ĂȘtre autant lĂ -bas, alors que, vues d’ici, dans le dĂ©nuement qui les entoure, elles paraissent avoir la beautĂ© de ce superflu qui rend dĂ©licieuses les maisons des riches. Ils ont la nostalgie de leur village et de leur maison, leur pensĂ©e s’envole vers ces pauvres choses laissĂ©es lĂ -bas, vers le petit jardin potager dont peut-ĂȘtre plus personne ne s’occupe, vers la vigne, le figuier et les autres plantes utiles. Ils sont dans la nĂ©cessitĂ© de pourvoir Ă  la nourriture de tous les jours, aux vĂȘtements, au feu, Ă  moi enfant, Ă  qui on ne peut pas donner la mĂȘme nourriture qu’à soi. Et avec ça, beaucoup de peine dans le coeur, Ă  cause de la nostalgie, du souci du lendemain inconnu, Ă  cause de la mĂ©fiance du monde peu disposĂ©, surtout dans les premiers temps, Ă  accueillir les offres de travail de deux Ă©trangers.

Pourtant, tu l’as vu, dans cette demeure planent la sĂ©rĂ©nitĂ©, le sourire, la concorde et, d’un commun accord, on tĂąche de la rendre plus belle, jusqu’au pauvre potager, afin que tout soit pareil Ă  la maison qui a Ă©tĂ© quittĂ©e, et plus confortable encore. Tout tourne autour d’une seule pensĂ©e : que la terre hostile me soit rendue moins misĂ©rable, Ă  moi le Saint, moi qui viens de Dieu. C’est un amour de croyants et de parents qui se manifeste par mille petites attentions, qui vont de la chevrette qui a coĂ»tĂ© tant d’heures de travail supplĂ©mentaires, aux petits jouets sculptĂ©s sur les morceaux de bois qui restaient, ou encore aux fruits achetĂ©s pour moi seul, tandis qu’eux se privent mĂȘme d’une bouchĂ©e de nourriture.

Mon pÚre chéri de la terre, comme tu as été aimé de Dieu, de Dieu le PÚre du haut des Cieux, de Dieu le Fils, devenu Sauveur sur la terre !

Dans cette maison il n’y a pas de gens nerveux, susceptibles, de visages fermĂ©s ni de reproches rĂ©ciproques, et encore moins envers Dieu qui ne les comble pas de bien-ĂȘtre matĂ©riel. Joseph ne reprochera pas Ă  Marie d’ĂȘtre la cause des pertes qu’il a subies et Marie ne reprochera pas Ă  Joseph de ne pas savoir lui procurer un plus grand bien-ĂȘtre. Ils s’aiment saintement, c’est tout, et leur prĂ©occupation n’est pas leur intĂ©rĂȘt personnel, mais celui de leur conjoint. Le vĂ©ritable amour ne connaĂźt pas d’égoĂŻsme. Et le vĂ©ritable amour est toujours chaste, mĂȘme s’il n’est pas parfait en ce domaine autant que celui de deux Ă©poux vierges. Unie Ă  la charitĂ©, la puretĂ© entraĂźne Ă  sa suite tout un cortĂšge d’autres vertus et rĂ©alise, pour deux personnes qui s’aiment chastement, la perfection conjugale.

L’amour de ma MĂšre et de Joseph Ă©tait parfait. Il prĂ©ludait Ă  d’autres vertus et spĂ©cialement Ă  la charitĂ© envers Dieu : Dieu Ă©tait bĂ©ni Ă  toute heure – mĂȘme si sa sainte volontĂ© Ă©tait pĂ©nible pour la chair et pour le coeur – car chez ces deux saints l’esprit Ă©tait plus vivant et dominait tout. C’était cet esprit qui leur faisait magnifier le Seigneur en le remerciant de les avoir choisis comme gardiens de son Fils Ă©ternel.

Détail

Maria vient de voir une vision de la Sainte Famille en Egypte.

Mots-clés

EMV 36.8 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

Le vĂ©ritable amour ne connaĂźt pas d’égoĂŻsme.

Mots-clés