EMV 34.15 · Tome 1
LâEvangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©
Citation
Les vertus engendrent toujours dâautres vertus. AprĂšs les vertus qui sâadressent Ă Dieu, voici celles qui sâadressent aux autres.
Notes du thĂšme
EMV 34.15 · Tome 1
Les vertus engendrent toujours dâautres vertus. AprĂšs les vertus qui sâadressent Ă Dieu, voici celles qui sâadressent aux autres.
EMV 34.17-18 · Tome 1
34.17 Dernier enseignement, doux et expressif :
Câest Marie qui prend la main de JĂ©sus, qui ne sait pas encore bĂ©nir, et la guide pour faire ce geste saint.
Câest toujours Marie qui prend la main de JĂ©sus et la guide. Aujourdâhui encore. Aujourdâhui, JĂ©sus sait bĂ©nir. Mais il arÂrive que sa main transpercĂ©e retombe, lasse et dĂ©couragĂ©e, parce quâil sait quâil est inutile de bĂ©nir. Vous dĂ©truisez ma bĂ©nĂ©diction. Elle retombe encore sous lâeffet de lâindignation, parce que vous me maudissez. Câest alors Marie qui contient cette indignation en dĂ©posant un baiser sur ma main. Ă le baiser de ma MĂšre, qui saurait y rĂ©sister ? Puis, de ses doigts dĂ©licats, mais avec un amour si impĂ©rieux, elle saisit mon poignet et me force Ă bĂ©nir.
Je ne puis repousser ma MĂšre. Mais il vous faut aller Ă elle pour quâelle soit votre avocate. Elle est ma Reine avant dâĂȘtre la vĂŽtre, et son amour pour vous a des indulgences que mĂȘme le mien ne connaĂźt pas. Sans paroles, mais avec les perles de ses larmes et lâĂ©vocation de ma croix dont elle me fait tracer le signe en lâair, elle plaide votre cause et mâexhorte : â Tu es le Sauveur. Sauve ! â
34.18 VoilĂ , mes enfants, â lâEvangile de la foi â dans lâapparition de la scĂšne des mages. MĂ©ditez et imitez, pour votre bien. »
Jésus parle de la vision des Rois Mages. Jésus est encore tout petit et c'est Marie qui doit le guider pour faire un geste de bénédiction.
EMV 35 · Tome 1, p. 232-242
Titre du chapitre : La fuite en Ăgypte. Enseignements sur la derniĂšre vision liĂ©e Ă lâavĂšnement de JĂ©sus.
Date de la vision et de la dictée : Vendredi 9 juin 1944
Calendrier : Fin novembre de l'an -4. PĂ©riode de la fĂȘte des LumiĂšres, fin de Kisleu
Cycle : Naissance et enfance de Jésus
RĂ©sumĂ© : Joseph dort dans la maison de BethlĂ©em. Il semble avoir un doux rĂȘve, puis il semble ĂȘtre troublĂ© avant de se rĂ©veiller. AprĂšs s'ĂȘtre habillĂ©, il va trouver la Vierge, qui prie prĂšs de l'Enfant. Il lui dĂ©clare alors qu'il leur faut partir tout de suite, un ange l'ayant prĂ©venu de fuir en Egypte. Marie s'exĂ©cute immĂ©diatement et prĂ©pare leurs affaires avec rapiditĂ©, mais avec ordre. Joseph revient pour prendre une part de leurs affaires et il lui dĂ©clare tristement qu'il leur faut prendre le plus de choses possibles, car ils devront rester loin longtemps. Marie continue Ă rassembler les quelques affaires qui restent puis elle prĂ©pare JĂ©sus. Quand celui-ci s'endort, aprĂšs avoir pris son lait, Joseph revient et lui apprend qu'HĂ©rode veut faire mourir le petit. Cela transperce le coeur de Marie. Elle pleure et dĂ©clare qu'elle coĂ»te beaucoup Ă Joseph, mais celui-ci lui rĂ©pond qu'elle le console toujours, et que les richesses des mages les aideront dans les premiers temps. Tous deux sont certes tristes de devoir partir, de tout abandonner, de ne pas revenir Ă Nazareth, mais tant qu'il leur reste JĂ©sus, ils ont tout.
Les parents du Sauveur sortent de la maison et aprÚs avoir salué la propriétaire de la maison, ils partent en direction de l'Egypte.
Jésus donne alors une dictée et souligne la simplicité de cette vision, qui ne diminue en rien l'humanité de Marie et de Jésus ni la divinité du Christ. Trop souvent, dit-il, nous nous décourageons en pensant que Marie, Jésus, Joseph étaient des forts et que "eux, c'était eux". Mais la souffrance a toujours été leur compagne fidÚle. Ils n'ont pas connu les passions qui s'apparentent à des vices, car ils ont fermé leur coeur à Satan. Par contre, ils avaient bien des passions comme l'amour de la patrie, les saintes affections pour leur famille, etc. Seulement, ils n'ont pas laissé ces amours les entraver quand il fallait suivre la volonté de Dieu.
JĂ©sus aussi a toujours suivi la volontĂ© de Dieu, mĂȘme si cela lui attirait la haine des juifs et l'animositĂ© de Judas. Il critique d'ailleurs les grands de ce monde, puis s'attarde sur la chastetĂ© de Joseph et la virginitĂ© de Marie, en l'affirmant noir sur blanc et en revenant sur les paroles de Matthieu. L'Ă©vangĂ©liste prit en effet ses sources directement chez Marie et sa virginitĂ© perpĂ©tuelle Ă©tait une vĂ©ritĂ© connue des premiers temps.
Le Christ s'attarde longuement sur le mot "femme" dans la Bible, pour montrer que ce terme n'est pas un langage proscrit, infĂąmant, impur. Il s'arrĂȘte ensuite sur les propos de Mathieu pour dire que Marie fut "la vraie MĂšre de JĂ©sus sans ĂȘtre la femme de Joseph. Elle restera toujours : la Vierge, Ă©pouse de Joseph".
Contenu du chapitre : 35.1 : Un songe fait se lever Joseph en pleine nuit. 35.2 : Ă l'aube nous fuyons. 35.3 : Marie s'empresse de ramasser ses choses. 35.4 : Elle Ă©veille l'enfant et lui donne le sein. 35.5 : Nous avons la richesse des Mages et Dieu avec nous. 35.6 : DĂ©part avec trois montures. 35.7 : Les hommes, croyant bien faire, ont rendu irrĂ©el ce quâil aurait Ă©tĂ© si beau de laisser rĂ©el. 35.8 : Nos passions humaines honorables. 35.9 : Je n'ai pas cherchĂ© la grandeur mondaine. 35.10 : VirginitĂ© de Marie et chastetĂ© de Joseph. 35.11 : La douleur de Marie arrachĂ©e Ă sa maison.
EMV 35.1-6 · Tome 1
35.1 Je vois en esprit la scĂšne suivante :
Câest la nuit. Joseph dort sur sa couche dans sa chambre minuscule, du sommeil tranquille de celui qui se repose de beaucoup de travail accompli honnĂȘtement et soigneusement.
Je le vois dans lâobscuritĂ© de la chambre, Ă peine rĂ©veillĂ©e par un rai de lumiĂšre de la lune qui pĂ©nĂštre par la fente de la fenĂȘtre tout juste entrebĂąillĂ©e mais pas fermĂ©e complĂštement, comme si Joseph avait chaud dans cette petite piĂšce, ou comme sâil voulait quâun peu de clartĂ© lui permette de se rĂ©gler sur lâaube et de se lever promptement. Il dort sur le cĂŽtĂ© et sourit dans son sommeil Ă je ne sais quelle image quâil voit en songe.
Mais son sourire se change en effroi. Il soupire profondĂ©ment comme sâil avait un cauchemar et sâĂ©veille en sursaut. Il sâassied sur son lit, se frotte les yeux et regarde autour de lui, puis vers la petite fenĂȘtre dâoĂč vient le filet de lumiĂšre. La nuit est profonde, mais il saisit le vĂȘtement Ă©tendu au pied du lit et, toujours assis sur son lit, lâenfile sur la tunique blanche Ă manches courtes quâil porte sur la peau. Il Ă©carte les couvertures, met les pieds Ă terre et cherche ses sandales. Il les enfile et les lace. Puis il se lĂšve et se dirige vers la porte en face de son lit, pas celle qui est sur le cĂŽtĂ© du lit et qui conduit Ă la piĂšce oĂč furent accueillis les mages. Il frappe doucement, Ă peine un toc-toc du bout des doigts.
Il doit comprendre quâon lâinvite Ă entrer, car il ouvre prĂ©cautionneusement la porte et la referme sans bruit. Avant de se diriger vers la porte, il a allumĂ© une petite lampe Ă huile Ă une seule flamme qui lui permet de sâĂ©clairer. Il entre dans une chambre un peu plus grande que la sienne et oĂč se trouve un lit bas Ă cĂŽtĂ© dâun berceau. Il y a dĂ©jĂ une veilleuse allumĂ©e dont la petite flamme tremble dans un coin comme une petite Ă©toile lumineuse faible et dorĂ©e qui permet de voir sans gĂȘner le sommeil de celui qui dort.
35.2 Mais Marie ne dort pas. Elle est agenouillĂ©e prĂšs du berceau dans son vĂȘtement clair et elle prie, veillant JĂ©sus qui dort tranquillement. JĂ©sus a lâĂąge que je lui ai vu dans la vision des mages. Câest un enfant dâun an environ, beau, rose et blond ; sa jolie petite tĂȘte aux cheveux bouclĂ©s est enfoncĂ©e dans lâoreiller et sa main est fermĂ©e sous son cou.
« Tu ne dors pas ? » demande Joseph Ă voix basse, Ă©tonnĂ©. « Pourquoi ? JĂ©sus nâest pas bien ?
â Oh, non ! Il va bien. Je prie. Mais je dormirai plus tard. Pourquoi es-tu venu, Joseph ? »
Marie parle en restant Ă genoux.
Joseph parle à voix trÚs basse pour ne pas éveiller le bébé mais avec animation.
« Il faut partir tout de suite dâici, tout de suite ! PrĂ©pare le coffre et un sac avec tout ce que tu peux y mettre. Je m'occuperai du reste. Jâemporterai le plus de choses possible⊠A lâaube nous prendrons la fuite. Je le ferais bien encore plus tĂŽt, mais je dois parler Ă la propriĂ©taire de la maisonâŠ
â Mais pourquoi cette fuite ?
â Je te lâexpliquerai plus tard, câest pour JĂ©sus. Un ange mâa dit : â Prends lâEnfant et sa MĂšre et fuis en Egypte. â Ne perds pas de temps. Je vais prĂ©parer tout ce que je peux ».
35.3 Il nâest guĂšre nĂ©cessaire de dire Ă Marie de ne pas perdre de temps. DĂšs quâelle a entendu parler dâun ange, de JĂ©sus et de fuite, elle a compris que son Enfant Ă©tait en danger et sâest levĂ©e dâun bond, le visage plus pĂąle que cire, en portant avec angoisse la main Ă son cĆur. Rapide et lĂ©gĂšre, elle sâest aussitĂŽt mise en mouvement pour ranger les vĂȘtements dans le coffre et dans un grand sac quâelle a Ă©tendu sur son lit encore intact. Elle a beau ĂȘtre angoissĂ©e, elle ne perd pas la tĂȘte et fait les choses avec empressement, mais aussi avec ordre. De temps en temps, en passant prĂšs du berceau, elle regarde le BĂ©bĂ© qui dort sans se douter de rien.
« As-tu besoin dâaide ? demande de temps Ă autre Joseph en passant la tĂȘte par la porte entrebĂąillĂ©e.
â Non, merci » rĂ©pond toujours Marie.
Ce nâest que lorsque le sac est plein et sĂ»rement bien lourd quâelle appelle Joseph pour lâaider Ă le fermer et Ă le descendre du lit. Mais Joseph ne veut pas de son aide et il se dĂ©brouille tout seul pour prendre le long paquet et lâemporter dans sa petite piĂšce.
« Est-ce que je dois prendre les couvertures de laine ? deÂmande Marie.
â Emporte le plus de choses possible, car nous perdrons le reste. Mais prends tout ce que tu peux. Ce sera utile parce que⊠parce que nous devons rester loin longtemps, Marie !⊠»
Joseph est trĂšs triste en disant cela. Quant Ă Marie, on imagine aisĂ©ment ce quâil en est⊠Elle plie en soupirant ses couvertures et celles de Joseph, qui les lie avec une corde.
« Nous laisserons les couvre-pieds et les nattes, dit-il en ficelant les couvertures. MĂȘme si je prends trois Ăąnes, je ne peux trop les charger. Nous avons Ă parcourir une longue et pĂ©nible route, en partie Ă travers les montagnes et en partie dans le dĂ©sert. Couvre bien JĂ©sus. Les nuits seront froides aussi bien dans les montagnes que dans le dĂ©sert. Jâai emportĂ© les cadeaux des mages qui nous seront utiles lĂ -bas. Je vais dĂ©penser tout ce que jâai pour acheter les deux Ăąnes. Nous ne pourrons pas les renvoyer et je dois les acquĂ©rir. Jây vais sans attendre lâaube. Je sais oĂč les trouver. Toi, finis de tout prĂ©parer. »
Et il sort.
Marie rassemble encore quelques objets puis, aprĂšs avoir observĂ© JĂ©sus, elle sort et revient avec des petits vĂȘtements qui paraissent encore humides; peut-ĂȘtre sont-ils lavĂ©s de la veille. Elle les plie, les enroule dans un linge et les met avec le reste. Il nây a plus rien.
Se retournant, elle aperçoit dans un coin un petit jouet de JĂ©sus, une petite brebis taillĂ©e dans le bois. Elle la prend en sanglotant et la baise. Le bois porte les traces des petites dents de JĂ©sus et les oreilles de la brebis sont toutes mordillĂ©es. Marie caresse cet objet sans valeur, taillĂ© dans un morceau de pauvre bois blanc, mais de si grand prix pour elle parce quâil lui dit lâaffection de Joseph pour JĂ©sus et lui parle de son BĂ©bĂ©. Elle le joint aux autres objets sur le coffre fermĂ©.
35.4 Maintenant il ne reste vraiment plus rien, exceptĂ© JĂ©sus dans son berceau. Marie pense quâil faudrait aussi prĂ©parer son BĂ©bĂ©. Elle sâapproche du berceau et le remue un peu pour rĂ©veiller le petit. Mais il gĂ©mit un instant, se retourne et continue de dormir. Marie caresse doucement les boucles de ses cheveux. JĂ©sus ouvre sa petite bouche pour bailler. Marie se penche et lui donne un bisou sur la joue. JĂ©sus achĂšve de se rĂ©veiller. Il ouvre les yeux, voit sa Maman, lui sourit et tend ses mains vers son sein.
« Oui, amour de ta Maman. Oui, ton lait. Avant lâheure habituelle⊠Mais tu es toujours prĂȘt Ă tĂ©ter ta Maman, mon saint petit agneau ! »
JĂ©sus rit et joue en agitant ses petits pieds hors des couvertures et aussi ses bras avec une de ces joies propres aux enfants, si charmantes Ă voir. Il appuie ses pieds contre lâestomac de sa maman, se courbe et appuie sa tĂȘte blonde sur son sein. Puis il se rejette en arriĂšre et rit en saisissant les cordons qui ferment le vĂȘtement de Marie et en essayant de lâouvrir. Dans sa chemisette de lin, il paraĂźt trĂšs beau, potelĂ©, rose comme une fleur.
Marie se courbe et reste ainsi, en travers du berceau dont elle se fait une protection, pleurant et riant tout Ă la fois, pendant que le BĂ©bĂ© babille avec les mots  qui nâen sont pas  de tous les bĂ©bĂ©s et oĂč on distingue nettement â maman â. Il lâobserve, Ă©tonnĂ© de la voir pleurer. Il tend la main vers les larmes claires qui sillonnent les joues de Marie et la mouille en faisant des caresses. Puis, avec autant de grĂące, il sâappuie de nouveau sur le sein maternel et se serre tout contre en le caressant de sa petite main.
Marie lui embrasse les cheveux, le prend Ă son cou, sâassied et lâhabille. VoilĂ : le petit vĂȘtement de laine est enfilĂ© et des sanÂdales minuscules chaussent ses pieds. Elle lui donne le sein et JĂ©sus tĂšte avidement le bon lait de sa Maman. Quand il lui semble quâĂ droite il nâen vient plus guĂšre, il va chercher Ă gauche en riant, et regarde par en dessous sa Maman. Puis il sâendort, la tĂȘte sur le sein de Marie, sa petite joue rose et ronde contre le sein blanc et arrondi de sa MĂšre.
Marie se relĂšve tout doucement et le dĂ©pose sur la couverture de son lit. Elle le couvre de son manteau. Elle retourne vers le berceau et plie les petites couvertures. Elle se demande si elle doit prendre aussi le matelas. Il est si petit ! Elle peut le prendre. Elle le met, avec lâoreiller, prĂšs des objets qui se trouvent dĂ©jĂ sur le coffre. Et devant le berceau vide, elle pleure, pauvre Maman, persĂ©cutĂ©e dans son Enfant !
35.5 Joseph revient :
« Tu es prĂȘte ? JĂ©sus aussi ? As-tu pris ses couvertures, sa petite couch ? Nous ne pouvons emporter le berceau, mais au moins quâil ait son petit matelas, le pauvre petit quâon cherche Ă faire mourir !
â Joseph ! »
Elle pousse un cri en sâaccrochant au bras de Joseph.
« Oui, Marie, Ă faire mourir ! HĂ©rode veut sa mort⊠parce quâil en a peur⊠pour son pouvoir royal dâhomme, ce fauve immonde a peur de cet Innocent. Jâignore ce quâil fera quand il comprendra quâil sâest enfui. Mais nous serons loin alors. Je ne crois pas quâil se vengera en le cherchant jusquâen GalilĂ©e. Il serait dĂ©jĂ trop difficile de dĂ©couvrir que nous sommes galilĂ©ens, qui plus est de Nazareth, et qui nous sommes exactement. A moins que Satan ne lâaide pour le remercier dâĂȘtre pour lui un serviteur dĂ©vouĂ©. Mais⊠si cela arrivait⊠Dieu nous aidera de la mĂȘme façon. Ne pleure pas, Marie. Te voir pleurer mâafflige bien plus que de devoir partir en exil.
â Pardonne-moi, Joseph ! Ce nâest pas pour moi que je pleure, ni pour le peu de bien que je perds. Câest pour toi⊠Tu as dĂ©jĂ dĂ» tellement te sacrifier ! Et maintenant tu vas te trouver sans clients, sans maison ! Combien je te coĂ»te, Joseph !
â Combien ? Non, Marie. Tu ne me coĂ»tes pas. Tu me consoles, toujours. Ne pense pas au lendemain. Nous avons les richesses des mages : elles nous aideront pour les premiers temps. Puis, je trouverai du travail. Un ouvrier honnĂȘte et capable se dĂ©brouille tout de suite. Tu lâas vu ici. Je nâarrivais pas Ă trouver du temps pour tout faire.
â Je sais, mais qui adoucira ta nostalgie ?
â Et toi, qui adoucira la nostalgie de la maison qui tâest si chĂšre ?
â JĂ©sus. Par le simple fait de lâavoir, lui, jâai encore ce que je possĂ©dais lĂ -bas.
â Et moi, en ayant JĂ©sus, je possĂšde la patrie que jâespĂ©rais retrouver il y a quelques mois. Je possĂšde mon Dieu. Tu vois que je nâai rien perdu de ce qui mâest plus cher que tout. Il nous suffit de sauver JĂ©sus et alors tout nous reste. MĂȘme si nous ne devions plus revoir ce ciel, ces campagnes ni celles encore plus chĂšres de GalilĂ©e, nous aurions tout parce que nous lâavons, lui. 35.6 Viens, Marie, lâaube commence Ă poindre. Il est temps de prendre congĂ© de notre hĂŽtesse et de charger nos affaires. Tout ira bien. »
ObĂ©issante, Marie se lĂšve. Elle sâenveloppe dans son manteau pendant que Joseph fait un dernier paquet quâil emporte en sortant.
Elle soulĂšve dĂ©licatement le BĂ©bĂ©, lâenveloppe dans un chĂąle et le serre sur son cĆur. Elle regarde les murs qui lâont abritĂ©e des mois durant et les effleure de la main. Bienheureuse maison qui a mĂ©ritĂ© dâĂȘtre aimĂ©e et bĂ©nie par Marie !
Elle sort. Elle traverse la petite chambre qui Ă©tait celle de Joseph et entre dans la grande piĂšce. La maĂźtresse de maison, tout en larmes, lâembrasse et la salue. Soulevant un coin du chĂąle, elle donne un baiser sur le front au BĂ©bĂ© qui dort paisiblement. Ils descendent le petit escalier extĂ©rieur.
Il y a une premiĂšre clartĂ© de lâaube qui permet tout juste de voir. Dans la pĂ©nombre, on aperçoit trois montures. La plus robuste porte le chargement. Les autres ont une selle. Joseph sâapplique Ă bien disposer le coffre et les paquets sur le bĂąt du premier Ăąne. Je vois empaquetĂ©s et posĂ©s sur le haut du sac ses outils de charpentier. De nouveau, adieux et larmes, puis Marie monte sur son Ăąne, pendant que la maĂźtresse de maison tient JĂ©sus Ă son cou et lâembrasse une derniĂšre fois avant de le rendre Ă sa MĂšre. Joseph aussi monte en selle aprĂšs avoir attachĂ© son Ăąne Ă celui qui porte les bagages pour ĂȘtre libre de tenir lâĂąnon de Marie.
La fuite commence pendant que BethlĂ©em, qui rĂȘve encore Ă la scĂšne fantasmagorique des mages, dort tranquillement, inconsciente de ce qui lâattend.
Câest la fin de la vision.
Matthieu 2, 13-23 : AprĂšs leur dĂ©part, voici que lâange du Seigneur apparaĂźt en songe Ă Joseph et lui dit : « LĂšve-toi ; prends lâenfant et sa mĂšre, et fuis en Ăgypte. Reste lĂ -bas jusquâĂ ce que je tâavertisse, car HĂ©rode va rechercher lâenfant pour le faire pĂ©rir. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit lâenfant et sa mĂšre, et se retira en Ăgypte, oĂč il resta jusquâĂ la mort dâHĂ©rode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcĂ©e par le prophĂšte : DâĂgypte, jâai appelĂ© mon fils.
Alors HĂ©rode, voyant que les mages sâĂ©taient moquĂ©s de lui, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants jusquâĂ lâĂąge de deux ans Ă BethlĂ©em et dans toute la rĂ©gion, dâaprĂšs la date quâil sâĂ©tait fait prĂ©ciser par les mages. Alors fut accomplie la parole prononcĂ©e par le prophĂšte JĂ©rĂ©mie : Un cri sâĂ©lĂšve dans Rama, pleurs et longue plainte : câest Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas ĂȘtre consolĂ©e, car ils ne sont plus.
AprĂšs la mort dâHĂ©rode, voici que lâange du Seigneur apparaĂźt en songe Ă Joseph en Ăgypte et lui dit : « LĂšve-toi ; prends lâenfant et sa mĂšre, et pars pour le pays dâIsraĂ«l, car ils sont morts, ceux qui en voulaient Ă la vie de lâenfant. » Joseph se leva, prit lâenfant et sa mĂšre, et il entra dans le pays dâIsraĂ«l. Mais, apprenant quâArkĂ©laĂŒs rĂ©gnait sur la JudĂ©e Ă la place de son pĂšre HĂ©rode, il eut peur de sây rendre. Averti en songe, il se retira dans la rĂ©gion de GalilĂ©e et vint habiter dans une ville appelĂ©e Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophĂštes : Il sera appelĂ© NazarĂ©en.
EMV 35.5 · Tome 1
Il nous suffit de sauver Jésus et alors tout nous reste.
Joseph dit cette phrase dans le cadre de la fuite en Egypte, mais on pourrait interpréter cette phrase : "Il nous suffit de vivre avec Jésus dans notre coeur et alors tout nous reste".
EMV 35.5 · Tome 1
Je possĂšde mon Dieu. Tu vois que je nâai rien perdu de ce qui mâest plus cher que tout.
EMV 35.5 · Tome 1
MĂȘme si nous ne devions plus revoir ce ciel, ces campagnes ni celles encore plus chĂšres de GalilĂ©e, nous aurions tout parce que nous lâavons, lui.
Joseph parle de Jésus et dit :
EMV 35.7-12 · Tome 1
35.7 Jésus dit :
« Ainsi se termine toute cette sĂ©rie de visions. Sans vouloir contredire les hommes de science pointilleux, ma MĂšre et moi avons continuĂ© Ă te montrer les scĂšnes qui ont prĂ©cĂ©dĂ©, accompagnĂ© et suivi mon arrivĂ©e en ce monde, non pas pour elles-mĂȘmes, car elles sont suffisamment connues, mais surtout parce quâelles ont Ă©tĂ© dĂ©formĂ©es par des Ă©lĂ©ments surajoutĂ©s au cours des siĂšcles. Cette façon quâont les hommes de voir les choses sous prĂ©texte de rendre davantage gloire Ă Dieu â cette raison leur vaut dâĂȘtre pardonnĂ©s â rend irrĂ©el ce quâil aurait Ă©tĂ© si beau de laisser rĂ©el. Car mon humanitĂ© et celle de Marie ne sont en rien amoindries,  pas plus que ma divinitĂ©, la majestĂ© du PĂšre et lâamour de la sainte TrinitĂ© par cette cette maniĂšre de regarder les choses simplement. Bien au contraire, les mĂ©rites de ma MĂšre et mon humilitĂ© parfaite resplendissent, de mĂȘme que la toute puissante bontĂ© de lâĂ©ternel Seigneur. Mais nous tâavons montrĂ© ces scĂšnes pour pouvoir appliquer Ă toi-mĂȘme et aux autres le sens surnaturel qui en dĂ©coule et vous le donner comme rĂšgle de vie.
Le DĂ©calogue, câest la Loi. Mon Evangile câest ma doctrine, qui vous rend plus claire cette Loi et qui vous donne le goĂ»t de la suivre. Cette Loi et cette doctrine suffiraient pour faire, des hommes, des saints.
Mais vous ĂȘtes tellement entravĂ©s par votre humanitĂ© qui domine exagĂ©rĂ©ment en vous lâesprit, que vous ne pouvez suivre la voie quâils vous indiquent et vous tombez, ou bien vous vous arrĂȘtez, dĂ©couragĂ©s. Vous vous dites Ă vous-mĂȘmes et Ă ceux qui voudraient vous faire progresser en citant les exemples de lâEvangile : â Mais JĂ©sus, mais Marie, mais Joseph (et ainsi de suite pour tous les saints) nâĂ©taient pas comme nous. Ils Ă©taient forts. Ils ont Ă©tĂ© tout de suite consolĂ©s de leurs souffrances ; qui plus est, ils ne ressentaient pas mĂȘme les passions en ce peu de souffrance quâils ont supportĂ©. CâĂ©taient dĂ©jĂ des ĂȘtres Ă©trangers Ă la terre. â
Ce peu de souffrance ! Hors dâatteinte des passions !
35.8 La souffrance fut pour nous une amie fidĂšle. Elle a revĂȘtu tous les aspects et les noms les plus divers.
Quant aux passions⊠Nâemployez pas des mots mal appropriĂ©s en appelant â passions â les vices qui vous Ă©garent. Appelez-les carrĂ©ment â vices â, et capitaux par-dessus le marchĂ©.
Ceux-lĂ , nous ne les ignorions certes pas. Nous avions des yeux et des oreilles pour voir et entendre, et Satan nous les faisait miroiter devant nous et autour de nous, il nous montrait leur ordure Ă lâĆuvre ou nous tentait par ses insinuations. Mais, notre volontĂ© Ă©tant tendue vers lâunique intention dâĂȘtre agrĂ©ables Ă Dieu, cette ordure et ces insinuations, au lieu dâatteindre le but que Satan se proposait, provoquaient lâeffet contraire. Et plus il sâacharnait, plus nous nous rĂ©fugiions dans la lumiĂšre de Dieu par dĂ©goĂ»t des tĂ©nĂšbres fangeuses quâil prĂ©sentait Ă nos yeux du corps et de lâesprit.
Mais les passions, au sens philosophique du terme, nous ne les ignorions pas en nous. Nous avons aimĂ© notre patrie, notre petite ville de Nazareth, plus que toute autre citĂ© de Palestine. Nous avons Ă©prouvĂ© des sentiments dâaffection pour notre maison, nos parents, nos amis. Pourquoi nâaurions-nous pas dĂ» en Ă©prouver ? Mais nous ne nous en sommes pas rendus esclaves parce que rien ne pouvait nous ĂȘtre un maĂźtre en dehors de Dieu. Mais nous nous en sommes faits de bons compagnons.
Ma MĂšre a poussĂ© un cri de joie quand, prĂšs de quatre ans plus tard, elle est retournĂ©e Ă Nazareth et est rentrĂ©e dans sa maison, puis elle a embrassĂ© les murs oĂč son â oui â a ouvert son sein pour recevoir le Germe de Dieu. Joseph a saluĂ© avec joie sa parentĂ© et ses neveux, plus nombreux et grandis ; il sâest rĂ©joui de constater que ses concitoyens se souvenaient de lui et faisaient aussitĂŽt appel Ă lui pour sa compĂ©tence. Moi, jâai Ă©tĂ© sensible aux amitiĂ©s et jâai souffert de la trahison de Judas comme dâune crucifixion morale. Pour autant, ni ma MĂšre ni Joseph nâont fait passer leur amour pour leur maison et leur famille avant la volontĂ© de Dieu.
35.9 Et moi, je ne me suis pas retenu, quand il fallait le faire, de dire les mots susceptibles de mâattirer soit la haine des juifs, soit lâanimositĂ© de Judas. Je savais, et jâaurais pu le faire, que lâargent aurait suffi Ă lâattacher Ă moi : non pas Ă moi le RĂ©dempteur, mais Ă moi lâhomme riche. Moi, qui ai multipliĂ© les pains, je pouvais faire foisonner lâargent si je lâavais voulu. Mais je nâĂ©tais pas venu pour procurer des satisfactions humaines Ă personne. Moins encore Ă ceux que jâavais appelĂ©s. Jâavais prĂȘchĂ© le sacrifice, le dĂ©tachement, une vie chaste, lâhumilitĂ© de condition. Quel maĂźtre aurais-je Ă©tĂ© et quel juste, si jâavais offert Ă quelquâun, comme seul moyen de le retenir, de lâargent pour flatter sa cupiditĂ© et sa sensualitĂ© ?
Dans mon Royaume, câest en se faisant â petit â que lâon devient â grand â. Celui qui veut ĂȘtre â grand â aux yeux du monde nâest pas apte Ă rĂ©gner dans mon Royaume. Câest de la paille pour le lit des dĂ©mons. Car la grandeur du siĂšcle sâoppose Ă la Loi de Dieu.
Le monde appelle â grands â ceux qui savent sâemparer des meilleures places, presque toujours par des moyens illicites. Pour y arriver, ils utilisent le prochain comme un escabeau sur lequel ils sâĂ©lĂšvent en le foulant aux pieds. Il appelle â grands â ceux qui, pour rĂ©gner, savent tuer, tuer moralement ou physiquement, qui extorquent les places ou conquiĂšrent les pays et sâenrichissent eux-mĂȘmes en dĂ©pouillant les autres de richesses particuliĂšres ou collectives. Souvent le monde donne le titre de â grands â Ă des criminels. Non : la â grandeur â nâest pas compatible avec la dĂ©linquance. Elle rĂ©side dans la bontĂ©, lâhonnĂȘtetĂ©, lâamour, la justice. Voyez quels fruits empoisonnĂ©s vos â grands â vous offrent ! Ils les cueillent dans la perversion dĂ©moniaque de leur jardin intĂ©rieur !
35.10 La derniĂšre vision â puisque je veux en parler et ne pas mâarrĂȘter sur un autre sujet quâil serait inutile de proposer Ă un monde qui ne veut pas entendre la vĂ©ritĂ© qui le concerne â, cette derniĂšre vision Ă©claire un point particulier citĂ© Ă deux reprises dans lâĂ©vangile de Matthieu, une phrase rĂ©pĂ©tĂ©e deux fois : â LĂšve-toi, prends lâenfant et sa MĂšre et pars en Egypte â (2,13) ; â LĂšve-toi, prends avec toi lâenfant et sa MĂšre et mets-toi en route pour la terre dâIsraĂ«l â (2,20). Et tu as vu que Marie Ă©tait seule, dans sa chambre, avec le BĂ©bĂ©.
La virginitĂ© de Marie aprĂšs lâenfantement et la chastetĂ© de Joseph sont trĂšs combattues par ceux qui, Ă©tant fange et pourriture nâadmettent pas quâune crĂ©ature humaine, comme eux, puisse ĂȘtre aile et lumiĂšre. Leur Ăąme est tellement corrompue, leur esprit tellement prostituĂ© avec la chair, quâils en sont devenus incapables de penser quâun homme comme eux puisse respecter sa femme en voyant en elle lâĂąme et non la chair et sâĂ©lever au point de vivre dans une atmosphĂšre surnaturelle, dĂ©sirant non ce qui est charnel, mais ce qui est divin.
Eh bien ! Ă ces nĂ©gateurs de la beautĂ© suprĂȘme, Ă ces larves incapables de devenir papillons, Ă ces reptiles souillĂ©s par la bave de leurs passions, incapables de comprendre la beautĂ© dâun lys, moi, je dis que Marie fut et demeura vierge, et que seule son Ăąme fut mariĂ©e Ă Joseph, comme son esprit ne fut uni quâĂ lâEsprit de Dieu et câest par son opĂ©ration quâelle conçut lâUnique quâelle porta : moi, JĂ©sus Christ, Fils unique de Dieu et de Marie.
Ce nâest pas une tradition qui a fleuri par la suite Ă cause dâun respect plein dâamour pour la bienheureuse Femme que fut ma MĂšre. Câest une vĂ©ritĂ© connue dĂšs les premiers temps.
Matthieu nâest pas nĂ© dans les siĂšcles suivants. Il Ă©tait contemporain de Marie. Matthieu nâĂ©tait pas un pauvre ignorant, un sauvage crĂ©dule et susceptible de croire Ă nâimporte quelle faribole. CâĂ©tait un receveur, diriez-vous aujourdâhui, un gabelou, disions-nous Ă lâĂ©poque. Il savait voir, entendre, comÂprendre, distinguer la vĂ©ritĂ© de lâerreur. Matthieu nâa pas appris les choses par ouĂŻ-dire, par des personnes interposĂ©es. Il a recueilli ses renseignements de la bouche mĂȘme de Marie Ă qui son amour pour le MaĂźtre et pour la vĂ©ritĂ© lâavait engagĂ© Ă demander des renseignements.
Je ne pense pas que ces nĂ©gateurs de lâinviolabilitĂ© de Marie imaginent quâelle ait pu mentir. Ma parentĂ© elle-mĂȘme aurait pu la dĂ©mentir si elle avait eu dâautres enfants. Jacques, Jude, Simon et Joseph Ă©taient disciples avec Matthieu. Il Ă©tait donc facile Ă ce dernier de confronter les versions sâil en avait existĂ© plusieurs. Or Matthieu ne dit jamais : â LĂšve-toi et prends ta femme. â Il dit : â Prends sa MĂšre. â Il dit dâabord : â Vierge mariĂ©e Ă Joseph â, â Joseph son Ă©poux â.
35.11 Quâils ne viennent pas me dire, ces nĂ©gateurs, que câĂ©tait une façon de parler des HĂ©breux, comme si le terme de â femme â eĂ»t Ă©tĂ© infĂąmant. Non, nĂ©gateurs de la puretĂ©. DĂšs les premiĂšres paroles de la Bible, on lit : â ⊠et il sâunira Ă sa femme â. Avant la consommation du mariage, on lâappelle â compagne â et ensuite â femme â Ă diverses reprises et dans plusieurs chapitres. Il en est ainsi pour les Ă©pouses des fils dâAdam. De mĂȘme, Sarah est appelĂ©e â femme â dâAbraham : â Sarah, ta femme. â Et il est dit Ă Lot : â Prends ta femme et tes deux filles. â Dans le livre de Ruth il est Ă©crit : â La Moabite, femme de MahlĂŽn. â Dans le premier livre des Rois, on trouve : â Elqana eut deux femmes â ; et plus loin : â Puis Elqana connut sa femme Anne â, et encore â Eli bĂ©nit Elqana et la femme de celui-ci â. Toujours au Livre des Rois, il est dit : â BethsabĂ©e, femme dâUrie le Hittite, devint la femme de David et lui donna un fils. â Et que lit-on dans le livre de Tobie, livre dâazur que lâEglise vous chante Ă vos noces pour vous conseiller dâĂȘtre saints dans le mariage ? On y lit : â Or quand Tobie accompagnĂ© de sa femme et de son fils arriva⊠â et encore : â Tobie rĂ©ussit Ă sâenfuir avec son fils et sa femme. â
Et dans les Evangiles, câest-Ă -dire Ă lâĂ©poque du Christ oĂč par consĂ©quent on Ă©crivait en langage moderne â moderne pour ce temps-lĂ â et oĂč il nây avait donc pas lieu de suspecter des erreurs de retranscription, il est dit prĂ©cisĂ©ment dans Matthieu au chaÂpitre 22 : â ⊠et le premier, ayant pris femme, mourut et laissa sa femme Ă son frĂšre. â Et Marc au chapitre 10 : â Celui qui rĂ©pudie sa femme⊠â Enfin, Luc appelle Elisabeth, femme de Zacharie, quatre fois de suite et au chapitre 8 : â Jeanne, femme de Kouza â.
Comme vous le voyez, ce mot nâĂ©tait pas un terme proscrit par ceux qui suivaient les chemins du Seigneur, un terme impur quâil ne fallait pas profĂ©rer et encore moins Ă©crire, lĂ oĂč il Ă©tait question de Dieu et de ses Ćuvres admirables. Donc, en disant : â lâEnfant et sa MĂšre â, lâange vous montre que Marie fut la vraie MĂšre de JĂ©sus sans ĂȘtre la femme de Joseph. Elle restera toujours : la Vierge, Ă©pouse de Joseph.
VoilĂ le dernier enseignement de ces visions. Câest une aurĂ©ole qui resplendit sur la tĂȘte de Marie et de Joseph. La Vierge inviolĂ©e. Lâhomme chaste et juste. Ce sont les deux lys au milieu desquels jâai grandi, ne respirant que le parfum de la puretĂ©.
35.12 A toi, petit Jean, je pourrais parler de la douleur dĂ©chirante de Marie arrachĂ©e Ă sa maison et Ă sa patrie, mais il nâest pas besoin de paroles. Tu sais ce que câest et tu en meurs. Offre-moi ta douleur, je ne veux que cela. Câest plus que toute autre chose que tu pourrais me donner. Câest vendredi, Maria : pense Ă ma propre douleur et Ă celle de Marie au Golgotha pour pouvoir porter ta croix. La paix et notre amour restent avec toi. »
EMV 35.7 · Tome 1
Le DĂ©calogue, câest la Loi. Mon Evangile câest ma doctrine, qui vous rend plus claire cette Loi et qui vous donne le goĂ»t de la suivre. Cette Loi et cette doctrine suffiraient pour faire, des hommes, des saints.
EMV 35.7-8 · Tome 1
(...) Vous ĂȘtes tellement entravĂ©s par votre humanitĂ© qui domine exagĂ©rĂ©ment en vous lâesprit, que vous ne pouvez suivre la voie quâils vous indiquent et vous tombez, ou bien vous vous arrĂȘtez, dĂ©couragĂ©s. Vous vous dites Ă vous-mĂȘmes et Ă ceux qui voudraient vous faire progresser en citant les exemples de lâEvangile : â Mais JĂ©sus, mais Marie, mais Joseph (et ainsi de suite pour tous les saints) nâĂ©taient pas comme nous. Ils Ă©taient forts. Ils ont Ă©tĂ© tout de suite consolĂ©s de leurs souffrances ; qui plus est, ils ne ressentaient pas mĂȘme les passions en ce peu de souffrance quâils ont supportĂ©. CâĂ©taient dĂ©jĂ des ĂȘtres Ă©trangers Ă la terre. â
Ce peu de souffrance ! Hors dâatteinte des passions !
35.8 La souffrance fut pour nous une amie fidĂšle. Elle a revĂȘtu tous les aspects et les noms les plus divers.
Quant aux passions... Nâemployez pas des mots mal appropriĂ©s en appelant â passions â les vices qui vous Ă©garent. Appelez-les carrĂ©ment â vices â, et capitaux par-dessus le marchĂ©.
Ceux-lĂ , nous ne les ignorions certes pas. Nous avions des yeux et des oreilles pour voir et entendre, et Satan nous les faisait miroiter devant nous et autour de nous, il nous montrait leur ordure Ă lâoeuvre ou nous tentait par ses insinuations. Mais, notre volontĂ© Ă©tant tendue vers lâunique intention dâĂȘtre agrĂ©ables Ă Dieu, cette ordure et ces insinuations, au lieu dâatteindre le but que Satan se proposait, provoquaient lâeffet contraire. Et plus il sâacharnait, plus nous nous rĂ©fugiions dans la lumiĂšre de Dieu par dĂ©goĂ»t des tĂ©nĂšbres fangeuses quâil prĂ©sentait Ă nos yeux du corps et de lâesprit.
Mais les passions, au sens philosophique du terme, nous ne les ignorions pas en nous. Nous avons aimĂ© notre patrie, notre petite ville de Nazareth, plus que toute autre citĂ© de Palestine. Nous avons Ă©prouvĂ© des sentiments dâaffection pour notre maison, nos parents, nos amis. Pourquoi nâaurions-nous pas dĂ» en Ă©prouver ? Mais nous ne nous en sommes pas rendus esclaves parce que rien ne pouvait nous ĂȘtre un maĂźtre en dehors de Dieu. Mais nous nous en sommes faits de bons compagnons.
Ma MĂšre a poussĂ© un cri de joie quand, prĂšs de quatre ans plus tard, elle est retournĂ©e Ă Nazareth et est rentrĂ©e dans sa maison, puis elle a embrassĂ© les murs oĂč son â oui â a ouvert son sein pour recevoir le Germe de Dieu. Joseph a saluĂ© avec joie sa parentĂ© et ses neveux, plus nombreux et grandis ; il sâest rĂ©joui de constater que ses concitoyens se souvenaient de lui et faisaient aussitĂŽt appel Ă lui pour sa compĂ©tence. Moi, jâai Ă©tĂ© sensible aux amitiĂ©s et jâai souffert de la trahison de Judas comme dâune crucifixion morale. Pour autant, ni ma MĂšre ni Joseph nâont fait passer leur amour pour leur maison et leur famille avant la volontĂ© de Dieu.