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Confort de lecture

EMV 212.7 · Tome 3, p. 429

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Ne craignez pas que la solitude puisse vous conduire Ă  l’erreur. Non. Si vous ne le voulez pas, vous ne serez pas infidĂšles au Seigneur et Ă  son Christ. D’ailleurs, que celui qui ne peut vraiment pas rester loin du Messie sache que le Messie lui ouvre son cƓur et ses bras et lui dit : “ Viens. ” Venez, vous qui voulez venir. Restez, vous qui voulez rester. Mais, les uns comme les autres, annoncez le Christ par une vie honnĂȘte. Annoncez-le Ă  l’encontre de la malhonnĂȘtetĂ© qui se niche dans trop de cƓurs. Annoncez-le Ă  l’encontre de la lĂ©gĂšretĂ© des personnes innombrables qui ne savent pas rester fidĂšles et qui oublient leurs parures et leurs ceintures d’ñmes invitĂ©es Ă  leurs noces avec le Christ.

Mots-clés

EMV 212.7 · Tome 3, p. 427

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Les uns comme les autres, annoncez le Christ par une vie honnĂȘte. Annoncez-le Ă  l’encontre de la malhonnĂȘtetĂ© qui se niche dans trop de cƓurs. Annoncez-le Ă  l’encontre de la lĂ©gĂšretĂ© des personnes innombrables qui ne savent pas rester fidĂšles et qui oublient leurs parures et leurs ceintures d’ñmes invitĂ©es Ă  leurs noces avec le Christ.

Mots-clés

EMV 213 · Tome 3, p. 430-434

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Titre du chapitre : À KĂ©rioth, une prophĂ©tie de JĂ©sus et le dĂ©but de la prĂ©dication apostolique.

Date de la vision : Lundi 9 juillet 1945.

Calendrier : Samedi 15 avril 28 (3 lyar 3788) selon maria-valtorta.org, samedi 22 avril 28 selon Valtorta.fr

Lieux (carte) : Kérioth

Cycle : Apostolat en Judée

Résumé : Jésus est à l'intérieur de la synagogue de Kérioth. C'est le vacarme, et Judas obtient le silence en donnant un coup sur les lampes au-dessus d'eux. Le Christ fait alors lire au chef de synagogue le quatriÚme chapitre du second livre des Macchabées. Quand c'est chose faite, Jésus prend la parole et explique qu'il va lancer la prédication apostolique dans la ville de son trÚs cher disciple, car le Maßtre ne suffit plus aux besoins des foules et il est plus sage que les apÎtres s'entrainent à parler pendant que le Seigneur est encore parmi eux.

Jésus ne donnera donc pas d'enseignement public, mais il va donner une prophétie au peuple de Kérioth, pour que celui-ci se rappelle, quand viendra l'heure du Crime, qu'il les aime et qu'il les défend d'une accusation injuste à leur égard. Leur ville n'est en effet pas une ennemie du Christ.

Viendra donc un temps oĂč on dira du mal du vĂ©ritable Grand-PrĂȘtre, et qu'on s'en prendra Ă  l'Innocent. Un ĂȘtre infĂąme ira trouver les puissants d'IsraĂ«l, il livrera le Souverain PrĂȘtre Ă  ses ennemis. Le Christ Ă©nonce dĂ©jĂ  sa mort et les actions de Judas le soir du Jeudi saint. Il prĂ©dit aussi le chĂątiment Ă©ternel du traĂźtre ainsi que le chĂątiment d'IsraĂ«l. Aussi, il exhorte le peuple de KĂ©rioth Ă  se souvenir de ses paroles, afin que, quand on leur dira que le MaĂźtre est un malfaiteur, il puisse rĂ©pondre que JĂ©sus a prĂ©dit tout ces Ă©vĂ©nements et que la Victime est morte pour expier les pĂ©chĂ©s du monde.

La synanogue se vide, pendant que Judas est ému jusqu'aux larmes pour l'estime que Jésus lui montre. Pierre, lui, est davantage épouvanté à l'idée de parler. Enfin, arrive le chef de synagogue, qui se réjouit de l'élection de Judas, mais qui s'attriste de l'homme indigne qui le trahira. Il espÚre que Judas compensera cette trahison, et ce dernier promet qu'il y apportera tout son effort...

Contenu du chapitre : 213.1 : Judas obtient le silence dans la synagogue et JĂ©sus fait lire 2 MaccabĂ©es,4. 213.2 : Les apĂŽtres parleront Ă  ma place et je vous donne une prophĂ©tie concernant KĂ©rioth. 213.3 : Viendra le temps d'une grande trahison. Mort du Souverain PrĂȘtre et punition. 213.4 : KĂ©rioth est admiratif de l'estime que JĂ©sus a pour Judas qui en est Ă©mu aux larmes. À KĂ©rioth, il y aura donc un prĂ©fĂ©rĂ© et un indigne.

Ancienne édition : Tome 3, chapitre 75

Mots-clés

EMV 213.1-4 · Tome 3, p. 431-434

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Les gens se calment, et on peut enfin entendre parler Jésus.

Il dit au chef de la synagogue :

« Donne-moi le dixiÚme rouleau de cette étagÚre. »

DĂšs qu’il l’a en main, il le dĂ©roule et le prĂ©sente au chef de la synagogue en lui disant :

« Lis le chapitre 4 de l’histoire, dans le second livre des MaccabĂ©es. »

ObĂ©issant, le chef lit. Et les Ă©preuves d’Onias, les erreurs de Jason, les trahisons et les vols de MĂ©nĂ©las dĂ©filent ainsi devant l’assistance. Le chapitre est terminĂ©. Le lecteur regarde JĂ©sus, qui a Ă©coutĂ© attentivement.

213.2 Jésus fait signe que cela suffit, puis il se tourne vers le peuple :

« Dans la ville de mon trĂšs cher disciple, je ne ferai pas mon enseignement habituel. Nous resterons ici quelques jours et je veux que ce soit lui qui vous le rapporte. C’est en effet d’ici que je veux que commence le contact direct, le contact continuel entre les apĂŽtres et le peuple. Cela a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© en Haute-GalilĂ©e et il y eut lĂ -bas une premiĂšre lueur. Mais l’humilitĂ© de mes disciples les a fait rentrer dans l’ombre parce qu’ils craignent de ne pas savoir faire et d’usurper ma place. Non. Ils doivent le faire, ils le feront bien et aideront leur MaĂźtre. C’est donc ici que doit commencer la vĂ©ritable prĂ©dication apostolique, en unissant dans un seul amour les frontiĂšres galilĂ©ennes et phĂ©niciennes avec les terres de Juda, les plus au midi, des frontiĂšres de la Palestine jusqu’aux pays du soleil et des sables. Car le MaĂźtre ne suffit plus aux besoins des foules. D’ailleurs, il est juste que les aiglons quittent le nid et fassent leurs premiers vols pendant que le Soleil est encore avec eux et que son aile robuste les conduit.

Pendant ces jours, je serai donc votre ami et votre rĂ©confort. Eux, ils seront la parole et iront semer les graines que je leur ai donnĂ©es. C’est pourquoi je ne vous adresserai pas d’enseignement public, mais je vous accorderai un privilĂ©ge : une prophĂ©tie. Je vous prie d’en garder le souvenir pour l’avenir lorsque l’évĂ©nement le plus horrible de l’histoire humaine aura voilĂ© le soleil et que, dans les tĂ©nĂšbres, les cƓurs pourront ĂȘtre amenĂ©s Ă  des jugements erronĂ©s. Je ne veux pas que vous soyez induits en erreur, vous qui, dĂšs le premier instant, avez Ă©tĂ© bons avec moi. Je ne veux pas que le monde puisse dire : “ KĂ©rioth fut l’ennemie du Christ. ” Je suis juste. Je ne peux permettre qu’une critique rancuniĂšre ou nĂ©e par amour pour moi puisse, poussĂ©e par l’aiguillon de son ressentiment, vous accuser de fautes Ă  mon Ă©gard. Dans une famille nombreuse, on ne peut exiger une Ă©gale saintetĂ© de tous les enfants ; de la mĂȘme façon, on ne peut l’exiger dans une ville bien peuplĂ©e. Mais ce serait trĂšs opposĂ© Ă  la charitĂ© de dire, pour un mauvais fils ou pour un habitant qui n’est pas bon : “ Toute la famille, ou toute la ville est anathĂšme. ”

Ecoutez donc, rappelez-vous, soyez toujours fidĂšles et, tout comme je vous aime au point de vouloir vous dĂ©fendre d’une accusation injuste, vous aussi, sachez aimer ceux qui ne sont pas coupables. Toujours. Quels qu’ils soient. Quel que soit leur lien de parentĂ© avec les coupables.

213.3 Maintenant, Ă©coutez. Il viendra un temps oĂč, en IsraĂ«l, il y aura des gens qui pilleront le trĂ©sor et trahiront leur patrie. Dans l’espoir de gagner l’amitiĂ© des Ă©trangers, ils diront du mal du vĂ©ritable Grand-PrĂȘtre en l’accusant de s’allier avec les ennemis d’IsraĂ«l et de mal se conduire Ă  l’égard des fils de Dieu. Pour parvenir Ă  leur fin, ils seront capables de commettre des crimes dont ils feront porter la responsabilitĂ© Ă  l’Innocent. Et, toujours en IsraĂ«l, il viendra un temps oĂč, plus encore qu’au temps d’Onias, un infĂąme, complotant de prendre la place du Pontife, ira trouver les puissants d’IsraĂ«l et les corrompra avec de l’or et, plus infĂąme encore, par des paroles mensongĂšres. Qui plus est, il dĂ©formera la rĂ©alitĂ© des faits, ne parlera pas contre les fautes, mais au contraire, poursuivant son but indigne, il se mettra Ă  changer les coutumes pour avoir plus facilement prise sur les Ăąmes privĂ©es de l’amitiĂ© de Dieu : tout cela pour parvenir Ă  ses fins. Et il rĂ©ussira. Ah ! C’est certain ! Car, si l’on ne trouve pas les gymnases de l’impie Jason dans la demeure mĂȘme sur le mont Moriah, ils sont en rĂ©alitĂ© dans les cƓurs des habitants du mont qui sont disposĂ©s Ă  vendre ce qui est bien plus qu’un terrain : leur conscience mĂȘme. Les fruits de l’antique erreur sont maintenant visibles et celui qui a des yeux pour voir voit ce qui se produit lĂ  oĂč l’on devrait trouver charitĂ©, puretĂ©, justice, bontĂ©, ainsi qu’une religion sainte et profonde. Mais s’il y a des fruits qui font dĂ©jĂ  trembler, les fruits nĂ©s des semences qu’ils auront jetĂ©es ne seront pas seulement objets de crainte, mais de malĂ©diction divine.

Et nous voilĂ  Ă  la prophĂ©tie proprement dite. En vĂ©ritĂ©, je vous dis que celui qui a arrachĂ© la place et la confiance grĂące Ă  un jeu prolongĂ© et astucieux, celui-lĂ  livrera pour de l’argent le souverain PrĂȘtre, le vrai PrĂȘtre Ă  ses ennemis. TrompĂ© par des protestations d’affection, dĂ©signĂ© aux bourreaux par un acte d’amour, celui-ci sera tuĂ© en dĂ©pit de toute justice.

Quelles accusations adressera-t-on au Christ, puisque c’est de moi que je parle, pour justifier le droit de le tuer ? Quel sort sera rĂ©servĂ© Ă  ceux qui agiront ainsi ? Un sort immĂ©diat d’effroyable justice. Un sort non pas individuel, mais collectif pour les complices du traĂźtre. Un sort plus lointain et encore plus terrible que celui de l’homme que le remords amĂšnera Ă  couronner son Ăąme de dĂ©mon par le dernier crime contre lui-mĂȘme. Ce dernier, en effet, ne durera qu’un instant. L’autre chĂątiment sera long, effroyable. Trouvez-le dans cette phrase : “ et, enflammĂ© d’indignation, il ordonna qu’Andronique soit dĂ©pouillĂ© de la pourpre et exĂ©cutĂ© Ă  l’endroit mĂȘme oĂč il avait commis l’impiĂ©tĂ© contre Onias. ” Oui, la caste sacerdotale sera frappĂ©e dans ses enfants, aprĂšs l’avoir Ă©tĂ© dans les exĂ©cuteurs du crime. Quant au destin de la masse complice, lisez-le dans ces mots : “ de la terre, la voix de ce sang crie vers moi. Tu seras donc maudit
 ” Et c’est Dieu qui les prononcera Ă  tout un peuple qui n’aura pas su protĂ©ger le don du Ciel. Car, s’il est vrai que je suis venu pour racheter, malheur Ă  ceux qui seront des assassins et ne seront pas rachetĂ©s, parmi ce peuple qui aura eu comme premiĂšre rĂ©demption ma Parole.

J’ai parlĂ©. Gardez-en le souvenir. Et, quand vous entendrez dire que je suis un malfaiteur, rĂ©pondez : “ Non, il l’a prĂ©dit : c’est l’accomplissement de ce qu’il a annoncĂ© ; il est la Victime mise Ă  mort pour les pĂ©chĂ©s du monde. ” »

213.4 La synagogue se vide et tout le monde discute et gesticule Ă  propos de la prophĂ©tie et de l’estime dont JĂ©sus fait preuve envers Judas. Les habitants de KĂ©rioth sont flattĂ©s de l’honneur que leur a fait le Messie en choisissant la ville d’un apĂŽtre, et prĂ©cisĂ©ment celle de l’apĂŽtre de KĂ©rioth, pour commencer le ministĂšre apostolique, et aussi pour le don de la prophĂ©tie. Car, si triste qu’elle soit, c’est un grand honneur de l’avoir reçue, et avec elle les paroles d’amour qui prĂ©cĂšdent


Dans la synagogue, il ne reste que JĂ©sus et le groupe des apĂŽtres. Ou plutĂŽt ils passent dans le jardinet qui se trouve entre la synagogue et la maison du chef. Judas s’est assis, en larmes.

« Pourquoi pleures-tu ? Je n’en vois pas la raison
, lui dit Jude.

– Mais voilĂ , je ferais bien comme lui. Vous avez entendu ? DĂ©sormais c’est Ă  nous de parler
, dit Pierre.

– Mais nous l’avons dĂ©jĂ  fait sur la montagne. Nous ferons toujours mieux. Jean et toi en avez Ă©tĂ© capables immĂ©diatement, relĂšve Jacques, fils de ZĂ©bĂ©dĂ©e, pour les encourager.

– Le pire, c’est pour moi
 mais Dieu m’aidera. N’est-ce pas, MaĂźtre ? » demande AndrĂ©.

JĂ©sus, qui parcourait des rouleaux qu’il avait emportĂ©s, se retourne :

« Que disais-tu ?

– Que Dieu m’aidera quand je devrai parler. J’essaierai de rĂ©pĂ©ter tes paroles du mieux que je pourrai. Mais mon frĂšre a peur et Judas pleure.

– Tu pleures ? Pourquoi ? demande JĂ©sus.

– Parce que j’ai vraiment pĂ©chĂ©. AndrĂ© et Thomas peuvent en tĂ©moigner. J’ai mĂ©dit sur ton compte, et toi, tu me rĂ©compenses en m’appelant “ mon trĂšs cher disciple ” et en voulant que j’enseigne ici
 Quel amour !

– Mais ne savais-tu pas que je t’aimais ?

– Si, mais
 Merci, MaĂźtre. Je ne mĂ©dirai plus jamais, car je suis les tĂ©nĂšbres et, toi, tu es vraiment la LumiĂšre. »

Le chef de la synagogue revient et les invite chez lui. Tout en marchant, il dit à Jésus :

« Je rĂ©flĂ©chis Ă  tes paroles. Si j’ai bien compris, de mĂȘme que tu as trouvĂ© Ă  KĂ©rioth un prĂ©fĂ©rĂ©, notre Judas, fils de Simon, tu prophĂ©tises qu’il s’y trouvera un homme indigne. Cela m’afflige. Heureusement que Judas compensera l’autre


– J’y apporterai tout mon effort », dit Judas, qui s’est ressaisi.

JĂ©sus garde le silence, mais il regarde ses interlocuteurs et ouvre les bras comme pour dire : « C’est comme ça. »

Annotation

Le chef lit. Et les Ă©preuves d’Onias, les erreurs de Jason, les trahisons et les vols de MĂ©nĂ©las dĂ©filent ainsi devant l’assistance. Le chapitre est terminĂ©. Le lecteur regarde JĂ©sus, qui a Ă©coutĂ© attentivement. Cf. le second livre des MacchabĂ©es, 2 M 4.

Je veux que commence le contact direct, le contact continuel entre les apĂŽtres et le peuple. Cela a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© en Haute-GalilĂ©e et il y eut lĂ -bas une premiĂšre lueur. JĂ©sus les envoie pour la premiĂšre fois prĂȘcher dans l'EMV 166.2-3. Ils donnent leur premiĂšre prĂ©dication dans l'EMV 166.4-12 (spĂ©cialement Simon le ZĂ©lote et Jean). C'est prĂšs de la maison d'Elise, en JudĂ©e, que JĂ©sus dĂ©clare qu'il ne suffit plus aux besoins des foules (EMV 209.5).

Quant au destin de la masse complice, lisez-le dans ces mots : “ de la terre, la voix de ce sang crie vers moi. Tu seras donc maudit
 ” Et c’est Dieu qui les prononcera Ă  tout un peuple qui n’aura pas su protĂ©ger le don du Ciel. Car, s’il est vrai que je suis venu pour racheter, malheur Ă  ceux qui seront des assassins et ne seront pas rachetĂ©s, parmi ce peuple qui aura eu comme premiĂšre rĂ©demption ma Parole. Cf. Gn 4, 10-11 ci-dessous.

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Second livre des Macchabées, 4

2 M 4 : Le dit Simon, ce dĂ©lateur du trĂ©sor et de sa patrie, parlait mal d’Onias : c’est lui, disait-il, qui avait excitĂ© HĂ©liodore et qui Ă©tait l’auteur de tout le mal. Le bienfaiteur de la ville, le dĂ©fenseur de ses concitoyens et l’observateur fidĂšle des lois, il osait le faire passer pour un adversaire de l’État. Cette haine alla si loin que des meurtres furent commis par l’un des affidĂ©s de Simon. Alors Onias, considĂ©rant le danger de ces divisions et les emportements d’Apollonius, le gouverneur militaire de la CoelĂ©-Syrie et de la PhĂ©nicie, qui encourageait la mĂ©chancetĂ© de Simon, alla trouver le roi, non pour accuser ses concitoyens, mais ayant en vue l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et particulier de tout son peuple. Car il voyait bien que, sans l’intervention du roi, il Ă©tait impossible de pacifier la situation, et que Simon ne renoncerait pas Ă  ses criminelles entreprises.

Mais, aprĂšs la mort de SĂ©leucus, Antiochus surnommĂ© Épiphane lui ayant succĂ©dĂ©, Jason, frĂšre d’Onias, entreprit d’usurper le souverain pontificat. Dans un entretien avec le roi, il lui promit trois cent soixante talents d’argent et quatre-vingts talents pris sur d’autres revenus. Il promettait en outre de s’engager par Ă©crit pour cent cinquante autres talents, si on lui accordait d’établir, de sa propre autoritĂ© et selon ses vues, un gymnase avec un Ă©phĂ©bĂ©e, et d’inscrire les habitants de JĂ©rusalem comme citoyens d’Antioche. Le roi consentit Ă  tout. DĂšs que Jason eut obtenu le pouvoir, il se mit Ă  introduire les mƓurs grecques parmi ses concitoyens. Il abolit les franchises que les rois, par humanitĂ©, avaient accordĂ©es aux Juifs grĂące Ă  l’entreprise de Jean, pĂšre d’EupolĂšme, lequel fut envoyĂ© en ambassade pour conclure un traitĂ© d’alliance et d’amitiĂ© avec les Romains, et, dĂ©truisant les institutions lĂ©gitimes, il Ă©tablit des coutumes contraires Ă  la loi. Il se fit un plaisir de fonder un gymnase au pied mĂȘme de l’Acropole, et il Ă©levait les enfants les plus nobles en les mettant sous le chapeau. L’hellĂ©nisme grandit alors Ă  un tel point, et l’on vit un tel entraĂźnement vers les coutumes Ă©trangĂšres, par suite de l’excessive perversitĂ© de Jason, homme impie et nullement grand prĂȘtre, que les prĂȘtres ne montraient plus aucun zĂšle pour le service de l’autel et que, mĂ©prisant le temple et nĂ©gligeant les sacrifices, ils s’empressaient de prendre part, dans la palestre, aux exercices proscrits par la loi, dĂšs que l’appel Ă  lancer le disque s’était fait entendre. Ne faisant aucun cas des fonctions honorifiques de leur pays, ils tenaient en haute estime les distinctions des Grecs. C’est pourquoi de graves calamitĂ©s les atteignirent, et dans ceux-lĂ  mĂȘme dont ils imitaient le genre de vie et auxquels ils voulaient ressembler en tout, ils trouvĂšrent des ennemis et des oppresseurs. Car on ne viole pas impunĂ©ment les lois divines ; mais c’est ce que dĂ©montrera la suite des Ă©vĂ©nements.

Pendant qu’on cĂ©lĂ©brait Ă  Tyr les jeux quinquennaux, auxquels le roi assistait, le criminel Jason envoya de JĂ©rusalem des spectateurs, qui Ă©taient citoyens d’Antioche, porteurs de trois cents drachmes d’argent pour le sacrifice d’Hercule ; mais ceux-lĂ  mĂȘme qui les portaient demandĂšrent que cet argent fĂ»t employĂ©, non Ă  des sacrifices, ce qui ne convenait pas, mais Ă  couvrir d’autres dĂ©penses. Ainsi les trois cents drachmes Ă©taient bien destinĂ©es par celui qui les envoyait au sacrifice en l’honneur d’Hercule ; mais elles servirent, selon le dĂ©sir de ceux qui les apportaient, Ă  la construction de trirĂšmes.

Apollonius, fils de MĂ©nesthĂ©e, ayant Ă©tĂ© envoyĂ© en Égypte, Ă  l’occasion de l’intronisation du roi PtolĂ©mĂ©e PhilomĂ©tor, Antiochus apprit que ce roi Ă©tait mal disposĂ© Ă  son Ă©gard et, voulant se mettre en sĂ»retĂ© vis-Ă -vis de lui, il se rendit Ă  JoppĂ©, puis Ă  JĂ©rusalem. Reçu magnifiquement par Jason et par toute la ville, il fit son entrĂ©e Ă  la lumiĂšre des flambeaux et au milieu des acclamations ; puis il conduisit pareillement son armĂ©e en PhĂ©nicie.

Trois ans s’étant Ă©coulĂ©s, Jason envoya MĂ©nĂ©las, frĂšre de Simon mentionnĂ© plus haut, pour porter l’argent au roi et acquitter les droits d’enregistrement d’affaires importantes. Mais MĂ©nĂ©las se recommanda au roi, lui rendit honneur avec les dehors d’un homme haut placĂ© et se fit adjuger Ă  lui-mĂȘme le souverain pontificat, en offrant trois cents talents d’argent de plus que n’avait fait Jason. Ayant reçu du roi ses lettres d’investiture, il revint Ă  JĂ©rusalem, n’ayant rien qui fĂ»t digne du sacerdoce et n’apportant que les instincts d’un tyran cruel et la fureur d’une bĂȘte sauvage. Ainsi Jason, qui avait trompĂ© son propre frĂšre, trompĂ© Ă  son tour par un autre, dut gagner en fugitif le pays des Ammonites. Quant Ă  MĂ©nĂ©las, il obtint le pouvoir ; mais, comme il ne s’exĂ©cutait pas relativement Ă  la somme promise au roi, malgrĂ© les rĂ©clamations de Sostrate, commandant de l’Acropole, qui avait dans ses attributions la perception des impĂŽts, tous deux furent mandĂ©s auprĂšs du roi.

MĂ©nĂ©las laissa pour le remplacer comme grand prĂȘtre son frĂšre Lysimaque, et Sostrate laissa comme remplaçant CratĂšs, gouverneur de Chypre. Sur ces entrefaites, il arriva que les habitants de Tarse et de Mallas se rĂ©voltĂšrent, parce que ces deux villes avaient Ă©tĂ© donnĂ©es en prĂ©sent Ă  Antiochide, concubine du roi. Le roi partit donc en hĂąte pour apaiser la sĂ©dition, ayant laissĂ© comme son lieutenant Andronique, un des grands dignitaires. MĂ©nĂ©las, jugeant les circonstances favorables, enleva du temple quelques vases d’or et les donna Ă  Andronique, et il rĂ©ussit Ă  en vendre d’autres Ă  Tyr et aux villes voisines.

Lorsque Onias eut connu d’une maniĂšre certaine ce nouveau crime de MĂ©nĂ©las, il lui en adressa des reproches, aprĂšs s’ĂȘtre retirĂ© dans un lieu d’asile, Ă  DaphnĂ©, prĂšs d’Antioche. C’est pourquoi MĂ©nĂ©las, prenant Ă  part Andronique, le pressait de mettre Ă  mort Onias. Andronique vint donc trouver Onias et, usant de ruse, il lui prĂ©senta la main droite avec serment ; puis, quoique suspect, il le dĂ©cida Ă  sortir de son asile et le mit aussitĂŽt Ă  mort, sans Ă©gard pour la justice. Aussi, non seulement les Juifs, mais beaucoup d’entre les autres nations furent indignĂ©s et affligĂ©s du meurtre injuste de cet homme.

Et lorsque le roi fut revenu de Cilicie, les Juifs d’Antioche, ainsi que des Grecs Ă©galement ennemis de la violence, vinrent le trouver au sujet du meurtre inique d’Onias. Antiochus fut contristĂ© jusqu’au fond de l’ñme et, touchĂ© de compassion pour Onias, il versa des larmes au souvenir de la modĂ©ration et de la conduite si sage du dĂ©funt. Rouge de colĂšre, il fit enlever sur le champ la pourpre Ă  Andronique, dĂ©chira ses vĂȘtements et, l’ayant fait mener par toute la ville, il dĂ©grada ce scĂ©lĂ©rat au lieu mĂȘme oĂč il avait exĂ©cutĂ© son attentat impie sur Onias, le Seigneur le frappant ainsi d’un juste chĂątiment.

Or, un grand nombre de vols sacrilĂšges, ayant Ă©tĂ© commis dans la ville par Lysimaque, d’accord avec MĂ©nĂ©las, et le bruit s’en Ă©tant rĂ©pandu, le peuple s’ameuta contre Lysimaque, lorsque dĂ©jĂ  beaucoup de vases d’or avaient Ă©tĂ© dispersĂ©s. Voyant la multitude soulevĂ©e et les esprits enflammĂ©s de colĂšre, Lysimaque arma environ trois mille hommes et se mit Ă  exercer des actes de violence, sous le commandement d’un certain Tyran, homme avancĂ© en Ăąge et non moins en perversitĂ©. Mais lorsqu’ils connurent l’attaque de Lysimaque, les uns saisissant des pierres, d’autres de gros bĂątons, quelques-uns ramassant de la cendre qui se trouvait lĂ , lançaient tumultueusement le tout sur les partisans de Lysimaque. C’est ainsi qu’ils blessĂšrent un grand nombre de ses gens, en tuĂšrent plusieurs, mirent tous les autres en fuite et massacrĂšrent le sacrilĂšge lui-mĂȘme auprĂšs du trĂ©sor du temple.

Puis on commença sur ces faits une instruction contre MĂ©nĂ©las. Lorsque le roi vint Ă  Tyr, les trois hommes envoyĂ©s par les Anciens lui exposĂšrent la justice de leur cause. Se voyant convaincu, MĂ©nĂ©las promit Ă  PtolĂ©mĂ©e, fils de DorymĂšne, une grosse somme d’argent pour qu’il lui rendĂźt le roi favorable. PtolĂ©mĂ©e, ayant donc emmenĂ© le roi sous le pĂ©ristyle, comme pour prendre le frais, le fit changer de rĂ©solution. Le roi dĂ©clara MĂ©nĂ©las innocent des accusations portĂ©es contre lui, quoiqu’il fĂ»t coupable de tous les crimes, et il condamna Ă  mort des malheureux qui, s’ils avaient plaidĂ© leur cause mĂȘme devant des Scythes, eussent Ă©tĂ© renvoyĂ©s innocents ; et des hommes qui avaient pris la dĂ©fense de la ville, du peuple et des objets sacrĂ©s, subirent sans dĂ©lai cette peine injuste. Les Tyriens eux-mĂȘmes en furent indignĂ©s, et ils firent aux victimes de magnifiques funĂ©railles. Quant Ă  MĂ©nĂ©las, grĂące Ă  la cupiditĂ© des puissants, il se maintint dans sa dignitĂ©, grandissant en malice et cruel flĂ©au de ses concitoyens.

Livre de la GenĂšse 4, 10-11

Gn 4, 10-11 : Yahweh dit : « Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frĂšre crie de la terre jusqu’à moi. Maintenant tu es maudit de la terre, qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frĂšre. »

Mots-clés

EMV 214 · Tome 3, p. 435-441

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Titre du chapitre : La mÚre de Judas se confie à la MÚre de Jésus, arrivée à Kérioth avec Simon le Zélote.

Date de la vision : Mardi 10 juillet 1945

Calendrier : Dimanche 23 avril 28

Lieux (carte) : Kérioth. D'abord dans la maison de Marie, mÚre de Judas, à l'intérieur de la ville (214.1-4), puis dans la maison de campagne de la mÚre de Judas (EMV 214.5-8).

Cycle : Apostolat en Judée

RĂ©sumĂ© : JĂ©sus s'apprĂȘte Ă  passer Ă  table dans la maison de Marie de KĂ©rioth. il souhaite que celle-ci reste avec eux et tous approuvent cette idĂ©e. Le Christ cherche Ă  la mettre en relation avec Marie d'AlphĂ©e et Marie SalomĂ©, et Marziam les aide en ce sens, car il dĂ©clare qu'il aime dĂ©jĂ  bien la mĂšre de Judas, puisqu'elle "s'appelle Marie, comme toutes les femmes qui sont bonnes". Pierre le taquine alors en lui demandant s'il aimera alors son Ă©pouse, PorphyrĂ©e, qui ne s'appelle pas ainsi, et Marziam lui promet de l'aimer beaucoup si elle est bonne. Simon de Jonas le lui confirme et parle plus longuement de son Ă©pouse, qui est silencieuse, chaste et paisible. Ensuite, c'est Judas qui raconte les Ă©vĂ©nements de la journĂ©e, et il souhaite que les autres apĂŽtres l'accompagnent pour qu'il ne soit pas le seul Ă  briller. JĂ©sus le tempĂšre un peu mais le MaĂźtre se montre disponible pour guĂ©rir les malades.

La Vierge arrive sur ces faits avec Simon le ZĂ©lote, et elle fait connaissance avec Marie, la mĂšre de Judas. Elle apporte Ă©galement des nouvelles d'Elise, qui veut rejoindre les femmes disciples. En attendant, elle est avec Jeanne de Kouza, et JĂ©sus dit qu'ils repasseront par Bet-Çur au retour.

La vision continue et Maria voit la Marie la TrĂšs Sainte avec Marie de KĂ©rioth. Celle-ci avoue sa souffrance de ne pas pouvoir aller avec le groupe apostolique, puis elle lui demande ce qu'est JĂ©sus pour Marie. Celle-ci rĂ©pond qu'il est sa joie, et la pauvre Marie, Ă  l'inverse, rĂ©pond que Judas est sa douleur. Elle lui explique son comportement, avoue qu'elle prĂ©fĂ©rerait le voir mort, plutĂŽt que de le voir trĂšs mal vu de Dieu. Elle explique ses caprices, la mort de Joana, une jeune fille qui est morte de chagrin par la faute de son fils, et elle admet avoir Ă©tĂ© Ă  deux doigts, l'an dernier, d'avouer la vĂ©ritĂ© sur Judas Ă  JĂ©sus. Alors elle demande l'opinion de Marie de Nazareth, et celle-ci admet que Judas n'a pas l'Ăąme limpide de Jean, ni la douceur d'AndrĂ©, ni la fermetĂ© de Matthieu. C'est un instable, mais elles prieront beaucoup pour lui, dit-elle. Seulement, Marie de KĂ©rioth a peur de son fils, et elle supplie la Vierge de l'aider de ses priĂšres, pour qu'il sache au moins rĂ©ellement aimer JĂ©sus plutĂŽt que d'ĂȘtre un mauvais apĂŽtre. Marie rĂ©pond alors qu'elle doit prier le Seigneur d'agir pour le mieux, et qu'elle doit espĂ©rer, car les peines des mĂšres sauvent leurs enfants...

Contenu du chapitre : 214.1 : JĂ©sus est plein d’égards pour Marie mĂšre de Judas. 214.2 : Pierre fait l'Ă©loge de son Ă©pouse PorphyrĂ©e. 214.3 : Judas rĂ©partit l’évangĂ©lisation du pays entre les apĂŽtres. JĂ©sus lui conseille la douceur. 214.4 : ArrivĂ©e de Marie et du ZĂ©lote, restĂ©e plus longtemps auprĂšs Élise. 214.5 : La mĂšre de Judas ne peut suivre son fils comme le fait la Vierge Marie. 214.6 : Confrontation de deux maternitĂ©s. La mĂšre de Judas fond en larmes. Mon fils est ma douleur. 214.7 : Judas est un instable. J'ai tellement peur pour lui. Prie le Seigneur.

Ancienne édition : Tome 3, chapitre 76

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EMV 214.3 · Tome 3, p. 437

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Garde toujours à l’esprit que la douceur obtient plus que l’intransigeance et que tu es un homme, toi aussi. Examine-toi donc, et vois comme il t’est facile à toi aussi de tomber et comment tu te fñches pour des reproches trop directs.

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EMV 214.4 · Tome 3, p. 437

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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– Voici ta MĂšre, ta MĂšre avec Simon ! » s’écrie l’enfant qui voit Marie et Simon monter l’escalier qui mĂšne Ă  la terrasse oĂč se trouve la piĂšce.

Tous se lĂšvent et vont Ă  la rencontre des deux arrivants. Bruits d’exclamations, de salutations, de siĂšges qu’on remue. Mais rien ne dĂ©tourne Marie de saluer en premier JĂ©sus, puis la mĂšre de Judas qui s’est profondĂ©ment inclinĂ©e et que Marie, au contraire, relĂšve et embrasse comme si c’était une chĂšre amie retrouvĂ©e aprĂšs une longue absence.

Ils rentrent dans la piùce, et Marie, la mùre de Judas, ordonne à la servante d’apporter de nouveaux plats pour ceux qui viennent d’arriver.

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EMV 214.4 · Tome 3, p. 437-438

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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« Voici, mon Fils, la salutation d’Elise » dit Marie, qui remet Ă  JĂ©sus un petit rouleau qu’il ouvre et lit.

Il dit ensuite :

« Je le savais, j’en Ă©tais certain. Merci, Maman, pour Elise et pour moi. Tu es vraiment la santĂ© des infirmes !

– Moi ? Toi, mon Fils, pas moi.

– Toi, et tu es ma plus grande aide. »

Puis il se tourne vers les apĂŽtres et vers les femmes disciples :

« Elise Ă©crit : “ Reviens, ma Paix. Je veux non seulement t’aimer mais te servir. ” Ainsi, nous avons relevĂ© une femme de l’angoisse, de la mĂ©lancolie, et nous avons gagnĂ© en elle un disciple. Nous reviendrons, oui.

– Elle veut connaĂźtre aussi les femmes disciples. Elle reprend lentement, mais rĂ©guliĂšrement. Pauvre chĂ©rie ! Elle a encore des moments de dĂ©faillance et de peur. N’est-ce pas, Simon ? Un jour, elle a voulu essayer de sortir avec moi, mais elle a vu un ami de son Daniel
 et nous avons eu beaucoup de mal Ă  calmer son chagrin. Mais Simon est si bon ! Puisqu’elle Ă©prouve le dĂ©sir de rentrer dans le monde, mais que le monde de Bet-çur est chargĂ© de trop de souvenirs pour elle, il m’a suggĂ©rĂ© d’appeler Jeanne. Et il est allĂ© l’appeler lui-mĂȘme. Elle Ă©tait revenue Ă  BĂ©ther aprĂšs les fĂȘtes, auprĂšs de ses splendides roseraies de JudĂ©e. Simon dit qu’il lui semblait rĂȘver en traversant ces collines couvertes de rosiers, il croyait ĂȘtre au paradis. Elle est venue aussitĂŽt. Elle a pu comprendre une mĂšre qui pleure ses fils et compatir Ă  ses souffrances ! Elise s’est beaucoup attachĂ©e Ă  elle et, moi, je suis venue. Jeanne veut la persuader de sortir de Bet-çur et de l’accompagner dans son chĂąteau. Et elle y parviendra, car elle est douce comme une colombe, mais ferme comme du granit quand elle le veut.

– Nous irons Ă  Bet-çur au retour, puis nous nous sĂ©parerons. Vous, les femmes disciples, vous resterez quelque temps avec Elise et Jeanne. Nous, nous parcourrons la JudĂ©e et nous nous retrouverons Ă  JĂ©rusalem pour la PentecĂŽte. » 

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Reviens, ma Paix. Je veux non seulement t’aimer mais te servir. Ces paroles font suite Ă  la prĂ©sence de JĂ©sus dans l'EMV 208 et l'EMV 209. Marie est ensuite restĂ©e Ă  Bet-Çur Ă  partir de l'EMV 210.

Tu es ma plus grande aide. JĂ©sus souhaite en effet que tout un chacun l'aide Ă  sauver les pĂȘcheurs et Ă  rĂ©pandre la Bonne Nouvelle dans les coeurs. Dans ce cas-, il s'agit d'un exemple de l'aide de Marie dans l'apostolat de JĂ©sus.

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EMV 214.5-7 · Tome 3, p. 438-441

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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214.5 
 Marie la trĂšs sainte et Marie, mĂšre de Judas, sont ensemble. Non pas dans la maison de ville, mais dans celle de campagne. Elles sont seules. JĂ©sus et les apĂŽtres sont dehors. Les femmes disciples et l’enfant sont dans la splendide pommeraie, et l’on entend leurs voix se mĂȘler au bruit du linge que l’on bat au lavoir. Peut-ĂȘtre font-elles la lessive pendant que l’enfant joue.

La mÚre de Judas, assise dans une piÚce dans la pénombre à cÎté de Marie, lui confie :

« Ces jours paisibles resteront en moi comme un doux rĂȘve. Ils sont vraiment trop courts ! Je comprends qu’il ne faut pas ĂȘtre Ă©goĂŻste et qu’il est juste que vous alliez chez cette pauvre femme et vers tant d’autres malheureux. Mais si je pouvais ! Si je pouvais arrĂȘter le temps, ou venir avec vous !
 Mais cela m’est impossible. Je n’ai pas de parents en dehors de mon fils et je dois m’occuper des biens de la maison


– Je comprends
 Tu souffres de te sĂ©parer de ton fils. Nous, les mĂšres, nous voudrions rester toujours avec nos enfants. Mais nous les donnons pour une bien grande cause et nous ne les perdons pas. La mort elle-mĂȘme ne nous enlĂšve pas nos enfants, s’ils sont et si nous sommes en grĂące aux yeux de Dieu. Mais nous les avons encore sur la terre, mĂȘme si la volontĂ© de Dieu les arrache Ă  notre sein pour les donner au monde, pour le bien de ce monde. Nous pouvons toujours les atteindre et le seul Ă©cho de leurs Ɠuvres est dĂ©jĂ  pour nous comme une caresse au cƓur, car leurs Ɠuvres sont le parfum de leurs Ăąmes.

214.6 – Qu’est ton Fils, pour toi, Femme ? » questionne doucement Marie, mĂšre de Judas.

Marie répond avec assurance :

« C’est ma joie.

– Ta joie ! »

A ces mots, la mĂšre de Judas fond en larmes en se courbant sur elle-mĂȘme, comme pour cacher son chagrin. Son front touche pour ainsi dire ses genoux, tant elle est repliĂ©e sur elle-mĂȘme.

« Pourquoi pleures-tu, ma pauvre amie ? Pourquoi ? Dis-le-moi. Je suis heureuse dans ma maternitĂ©, mais je sais comprendre aussi les mĂšres qui ne le sont pas


– Oui, les mĂšres qui ne sont pas heureuses ! J’en suis une. Ton Fils est ta joie
 Le mien est ma douleur. Il l’était, du moins. Maintenant, depuis qu’il est avec ton Fils, il m’afflige moins. Ah ! De tous ceux qui prient pour ton saint Fils, pour son bien et son triomphe, il n’y en a pas une, aprĂšs toi – qui es bienheureuse –, qui prie autant que cette malheureuse qui te parle
 Dis-moi la vĂ©ritĂ© : que penses-tu de mon fils ? Nous sommes deux mĂšres, l’une en face de l’autre. Entre nous, il y a Dieu. Et nous parlons de nos fils. Tu ne peux que trouver facile de parler du tien. Moi
 moi, je dois me faire violence pour parler du mien. Pourtant, quel bien ou quelle douleur cette conversation peut m’apporter ! Et mĂȘme si c’est de la douleur, ce sera toujours un soulagement d’en avoir parlé 

Cette femme de Bet-çur a Ă©tĂ© rendue presque folle par la mort de ses fils, n’est-ce pas ? Mais, moi, je te jure que, parfois, j’ai pensĂ© et pense encore en regardant mon Judas, beau, en pleine santĂ©, intelligent, mais qui n’est ni bon ni vertueux, qui n’a pas l’ñme droite, dont les sentiments ne sont pas sains, que je prĂ©fĂ©rerais le pleurer mort plutĂŽt que de le savoir
 de le savoir trĂšs mal vu de Dieu. Toi, dis-moi, que penses-tu de mon fils ? Sois franche. Cela fait plus d’un an que cette question me brĂ»le le cƓur. Mais Ă  qui le demander ? Aux habitants ? Eux, ils ignoraient encore que le Messie est sur terre et que Judas voulait aller avec lui. Moi, je le savais. Il me l’avait dit en venant ici, aprĂšs la PĂąque, exaltĂ©, violent, comme toujours quand il fait un caprice et comme toujours plein de mĂ©pris pour les conseils de sa mĂšre. A ses amis de JĂ©rusalem ? Une sainte prudence et une pieuse espĂ©rance me retenaient de le faire. Je ne voulais pas leur dire, Ă  eux que je ne peux pas aimer parce qu’ils sont tout sauf des saints : “ Judas suit le Messie. ” Et j’espĂ©rais que son caprice passerait comme tant d’autres, comme tous, en me causant, bien sĂ»r, larmes et chagrins comme Ă  plus d’une jeune fille ici et ailleurs dont il s’est entichĂ©, mais qu’il n’a jamais Ă©pousĂ©e. Tu ne sais pas qu’il y a des endroits oĂč il ne va plus parce qu’il pourrait s’y trouver Ă  juste titre chĂątiĂ© ? MĂȘme son engagement au Temple fut un caprice. Il ne sait pas ce qu’il veut. Il ne l’a jamais su. Son pĂšre — que Dieu lui pardonne — l’a pourri. Les deux hommes de la maison ne m’ont jamais Ă©coutĂ©e. Je n’ai eu qu’à pleurer et Ă  rĂ©parer par des humiliations de toutes sortes
 A la mort de Joanna — bien que personne ne l’ait dit, je sais, moi, qu’elle est morte de chagrin quand, aprĂšs l’avoir attendu pendant toute sa jeunesse, elle a su par Judas qu’il ne voulait pas se marier, alors qu’il Ă©tait notoire qu’à JĂ©rusalem il avait envoyĂ© des amis pour demander sa fille Ă  une femme riche qui possĂ©dait des comptoirs jusqu’à Chypre — j’ai dĂ» beaucoup pleurer, beaucoup, Ă  cause des reproches que me fit la mĂšre de la jeune morte, comme si j’avais Ă©tĂ© complice de mon fils. Non. Je ne le suis pas, mais je ne suis rien auprĂšs de lui.

L’an dernier, quand le MaĂźtre est venu ici, je me suis rendu compte que, lui, il avait compris
 et je fus sur le point de parler. Mais il est douloureux pour une mĂšre de devoir dire : “ MĂ©fie-toi de mon fils. Il est avide, il a le cƓur dur, c’est un vicieux, un orgueilleux, un instable. ” Et il l’est bien. Moi
, moi je prie pour que ton Fils, lui qui fait tant de miracles, en fasse un pour mon Judas
 Mais toi, toi, dis-moi : que penses-tu de lui ? »

214.7 Marie, qui est restée silencieuse, avec une expression de douloureuse pitié devant ces lamentations maternelles auxquelles son ùme droite ne peut apporter de démenti, dit doucement :

« Pauvre mĂšre !
 Qu’est-ce que je pense ? Oui, ton fils n’a pas l’ñme limpide de Jean, il n’est pas le doux AndrĂ©, il n’a pas la fermetĂ© de Matthieu qui a voulu se convertir et qui l’a fait. C’est
 un instable, oui, c’est cela. Mais nous prierons beaucoup pour lui, toi et moi. Ne pleure pas. Peut-ĂȘtre que, dans ton amour de mĂšre qui voudrait pouvoir ĂȘtre fiĂšre de ton enfant, tu le vois pire qu’il n’est


– Non, non ! Je vois juste et j’ai tellement peur ! »

La piÚce est emplie des plaintes de la mÚre de Judas ; dans la pénombre, la blancheur du visage de Marie ressort : elle est devenue plus pùle, aprÚs ces aveux maternels qui avivent tous les soupçons de la MÚre du Seigneur.

Mais elle se domine. Elle attire Ă  elle la malheureuse mĂšre et la caresse, alors que celle-ci, une fois rompues les digues qui la retenaient, raconte confusĂ©ment, fiĂ©vreusement, toutes les duretĂ©s, les exigences, les violences de Judas, avant d’achever :

« Je rougis pour lui quand je me vois l’objet des attentions affectueuses de ton Fils ! Je ne les lui demande pas. Mais je suis sĂ»re que, au-delĂ  de la bontĂ© qu’elles expriment, il agit ainsi pour signifier par ses actes Ă  Judas : “ Souviens-toi que c’est ainsi qu’on doit traiter une mĂšre. ” Maintenant, maintenant il me paraĂźt ĂȘtre toute bonté  Ah, si c’était vrai ! Aide-moi, aide-moi par ta priĂšre, toi qui es sainte, pour que mon fils ne soit pas indigne de la grande grĂące que Dieu lui a accordĂ©e ! S’il ne veut pas m’aimer, s’il ne veut pas m’ĂȘtre reconnaissant, Ă  moi qui l’ai enfantĂ© et Ă©levĂ©, cela n’est rien. Mais qu’il sache aimer rĂ©ellement JĂ©sus, qu’il sache le servir avec fidĂ©litĂ© et reconnaissance. Si cela ne devait pas ĂȘtre, alors
 alors que Dieu lui ĂŽte la vie. Je prĂ©fĂšre l’avoir au tombeau
 je l’aurais enfin Ă  moi car, depuis qu’il a Ă©tĂ© en Ăąge de raisonner, il m’a bien peu appartenu. Mort plutĂŽt que mauvais apĂŽtre. Puis-je faire cette priĂšre ? Qu’en dis-tu ?

– Prie le Seigneur d’agir pour le mieux. Ne pleure plus. J’ai vu des prostituĂ©es et des paĂŻens aux pieds de mon Fils et, avec eux, des publicains et des pĂ©cheurs. Tous Ă©taient devenus des agneaux par sa grĂące. EspĂšre, Marie, espĂšre. Les peines des mĂšres sauvent les enfants, ne le sais-tu pas ?
 »

Tout s’achĂšve sur cette question pleine de pitiĂ©.

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Il est juste que vous alliez chez cette pauvre femme et vers tant d’autres malheureux. Elise de Bet-Çur. Voir la note suivante.

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