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Confort de lecture

EMV 24.7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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24.7 DĂ©barrassez votre Ăąme de tout ce qui l’encombre et l’engourdit. Disposez-la Ă  accueillir la lumiĂšre. Telle un phare dans les tĂ©nĂšbres, elle vous sert de guide et de saint rĂ©confort.

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EMV 24.7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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AmitiĂ© avec Dieu, bĂ©atitude de ceux qui lui sont fidĂšles, richesse Ă  nulle autre semblable, celui qui te possĂšde n’est jamais seul et n’éprouve jamais l’amertume du dĂ©sespoir. Cette sainte amitiĂ© ne supprime pas la douleur, car la souffrance fut le destin d’un Dieu incarnĂ© et peut donc ĂȘtre celui de l’homme. Mais tu adoucis l’amertume de cette douleur et y mĂȘles une lumiĂšre et une caresse qui, comme un toucher cĂ©leste, allĂšgent la croix.

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EMV 25 · Tome 1, p. 160-167

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Titre du chapitre : La présentation de Jean-Baptiste au Temple et départ de Marie. La Passion de Joseph.

Date de la vision et de la dictée : Mercredi 5 et jeudi 6 avril 1944 (Semaine sainte)

Calendrier : Mardi 13 août de l'an -5

Lieux (carte) : Jérusalem

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

RĂ©sumĂ© : Marie, Elisabeth et Zacharie sont Ă  JĂ©rusalem pour la prĂ©sentation de Jean-Baptiste au Temple. A leur arrivĂ©e, Marie s'enquiert de Joseph auprĂšs d'une Ă©curie oĂč tous les pĂšlerins doivent passer, mais le saint homme n'est pas lĂ . Le groupe continue donc son chemin au Temple.

Le rite de purification a lieu et les prĂȘtres sont heureux de donner cette fĂȘte pour l'un des leurs. Le peuple est Ă©tonnĂ© que ce soit Elisabeth qui est la mĂšre : ils pensent tous au dĂ©but que Marie est la gĂ©nitrice de Jean. Mais ils se rendent compte que ce n'est pas possible puisque celle-ci est dĂ©jĂ  enceinte, alors que Jean n'a que quelques jours. Quand c'est Elisabeth qui prĂ©sente le petit au Temple, le doute n'est plus permis et tous s'en Ă©tonnent.

Le rite s'achÚve et Joseph n'est toujours pas là. Zacharie propose alors d'attendre chez les parents de Zébédée, ainsi, si le charpentier n'arrive pas, son épouse pourra remonter en Galilée avec des pécheurs qui passent par cette maison. Ils attendent néanmoins le plus longtemps possible et Joseph finit par arriver.

Il salue la Vierge avec joie et respect et souhaite voir l'enfant. Elisabeth et Zacharie exaucent son désir, puis, ils prennent congé. Saint Joseph propose alors à la Pleine de Grùce de partir de nuit, pour que le voyage soit plus agréable pour elle. Elle marque son accord. C'est en se préparant que Joseph se rend compte de la grossesse de Marie. Mais il ne dit mot...

Ensuite, Marie donne une dictée sur la Passion de Joseph. Elle explique que cette derniÚre dura trois jours, mais qu'elle fut intense : la Vierge dut notamment lutter contre la tentation du découragement. Elle voyait en effet la souffrance de son époux, mais elle ne pouvait en aucun cas la soulager pour obéir au commandement de Dieu, qui lui avait dit de se taire. Marie se tut et Joseph souffrit, mais il était saint, et c'est pour cette raison que Dieu lui accorda ses lumiÚres.

Enfin, Marie nous enjoint toujours Ă  prier pour obtenir une grĂące et d'agir avec confiance, en tout lieu, en tout temps.

Contenu du chapitre : 25.1 : ArrivĂ©e au Temple, Marie est Ă©tonnĂ©e de ne pas voir Joseph. 25.2 : Zacharie reçu avec les honneurs. La foule Ă©tonnĂ©e de l’ñge de la mĂšre. 25.3 : Marie ne trouve pas Joseph Ă  l'hĂŽtellerie. Elle l’attend chez les parents de ZĂ©bĂ©dĂ©e. 25.4 : ArrivĂ©e de Joseph qui s'excuse. 25.5 : Il s'inquiĂšte pour Marie. 25.6 : DĂ©part de Zacharie et d'Élisabeth. Marie retrouvera un jardin magnifique. 25.7 : DĂ©part de nuit de Joseph qui remarque l’état de Marie. 25.8 : La douleur d’amante est le plus grand don que Dieu puisse faire Ă  celui qui croit en son Fils. 25.9 : Joseph eut aussi sa Passion. La souffrance de Marie Ă  ce moment. 25.10 : La grande saintetĂ© de Joseph. 25.11 : Vous aussi vous avez Ă  vivre votre passion. 25.12 : AprĂšs PĂąques (1944), ce sera le silence devant la douleur du RĂ©dempteur.

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EMV 25.1 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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25.1 Dans la nuit du mercredi au jeudi de la semaine sainte, je reçois la vision suivante :

D’un chariot confortable, auquel la monture de Marie est aussi attelĂ©e, je vois descendre Zacharie, Elisabeth, Marie qui tient dans ses bras le petit Jean, ainsi que Samuel avec un agneau et une colombe en cage. Ils descendent, pour y laisser leurs montures, devant l’écurie habituelle oĂč doivent s’arrĂȘter tous les pĂšlerins qui se rendent au Temple.

Marie appelle le petit homme qui en est propriĂ©taire et lui demande si aucun NazarĂ©en n’est arrivĂ© la veille ou aux premiĂšres heures de la matinĂ©e.

« Personne, femme », répond le petit vieux.

Marie s’en Ă©tonne, mais n’ajoute rien.

Elle confie son Ăąne Ă  Samuel pour qu’il s’en occupe, puis rejoint les deux parents ĂągĂ©s et explique le retard de Joseph :

« Quelque chose l’aura retenu. Mais il arrivera certainement aujourd’hui. »

Elle reprend l’enfant, qu’elle avait confiĂ© Ă  Elisabeth, et ils s’approchent du Temple.

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EMV 25.1-2 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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25.1 Dans la nuit du mercredi au jeudi de la semaine sainte, je reçois la vision suivante :

D’un chariot confortable, auquel la monture de Marie est aussi attelĂ©e, je vois descendre Zacharie, Elisabeth, Marie qui tient dans ses bras le petit Jean, ainsi que Samuel avec un agneau et une colombe en cage. Ils descendent, pour y laisser leurs montures, devant l’écurie habituelle oĂč doivent s’arrĂȘter tous les pĂšlerins qui se rendent au Temple.

(...) [Tous vont au Temple.]

25.2 Les gardes rendent les honneurs Ă  Zacharie, et les autres prĂȘtres le saluent et le complimentent. Il est trĂšs beau aujour­d’hui, dans ses vĂȘtements sacerdotaux, tout Ă  sa joie d’heureux pĂšre. On dirait un patriarche. J’imagine qu’Abraham devait lui ressembler quand il se rĂ©jouissait d’offrir Isaac au Seigneur.

Je vois la cĂ©rĂ©monie de la prĂ©sentation du nouvel israĂ©lite et la purification de sa mĂšre, plus solennelle encore que celle de Marie, car les prĂȘtres font une grande fĂȘte pour le fils d’un des leurs. Ils accourent en foule et s’affairent autour du petit groupe des femmes et du nouveau-nĂ©.

Des gens se sont aussi approchĂ©s, poussĂ©s par la curiositĂ©, et j’entends quelques commentaires. Etant donnĂ© que Marie porte l’enfant dans ses bras au moment oĂč ils se dirigent vers l’endroit fixĂ©, les gens croient que c’est elle, la mĂšre.

Mais une femme remarque :

« Ce n’est pas possible. Vous ne voyez pas qu’elle est enceinte ? L’enfant n’a guĂšre plus que quelques jours et elle est dĂ©jĂ  grosse.

– Pourtant, rĂ©torque un autre, il n’y a qu’elle qui puisse ĂȘtre la mĂšre. L’autre est trop ĂągĂ©e. Ce doit ĂȘtre une parente. Mais on ne peut ĂȘtre mĂšre Ă  l’ñge qu’elle a.

– Suivons-les, nous verrons bien qui a raison. »

Leur stupeur s’accroĂźt quand ils voient que celle qui accomplit le rite de la purification, c’est Elisabeth, qui offre son agneau bĂȘlant pour l’holocauste et sa colombe pour le pĂ©chĂ©.

« C’est elle la mĂšre, tu as vu ?

– Non !

– Si. »

Les gens chuchotent, encore incrĂ©dules. Ils font tant de bruit qu’un “ chut ” impĂ©rieux fuse du groupe des prĂȘtres qui assistent au rite. Ils se taisent un instant, mais les chuchotements reprennent avec encore plus de force lorsque Elisabeth, rayonnante d’une sainte fiertĂ©, prend l’enfant et pĂ©nĂštre dans le Temple pour le prĂ©senter au Seigneur.

« C’est bien elle.

– C’est toujours la mùre qui fait l’offrande.

– Quel est donc ce miracle ?

– Que deviendra cet enfant accordĂ© Ă  un Ăąge si avancĂ© Ă  cette femme ?

– Quel signe est-ce donc là ?

– Vous ne savez pas, dit un homme qui arrive, Ă  bout de souffle. C’est le fils du prĂȘtre Zacharie, de la descendance d’Aaron, celui qui Ă©tait devenu muet alors qu’il offrait l’encens dans le Sanctuaire.

– Quel mystĂšre, quel mystĂšre : voilĂ  qu’il parle de nouveau ! La naissance de son fils lui a dĂ©liĂ© la langue.

– Quel esprit lui aura donc parlĂ© et rendu morte sa langue pour l’habituer Ă  garder le silence sur les secrets de Dieu ?

– MystĂšre ! Quelle vĂ©ritĂ© Zacharie connaĂźt-il ?

– Son fils serait-il le Messie qu’attend IsraĂ«l ?

– Il est bien nĂ© en JudĂ©e, mais pas Ă  BethlĂ©em et pas d’une vierge. Il ne peut pas s’agir du Messie.

– Qui donc, alors ? »

Mais la réponse reste dans le secret de Dieu, et les gens restent sur leur curiosité.

Le rite est accompli. Les prĂȘtres font maintenant fĂȘte Ă  la mĂšre et au bĂ©bĂ©. La seule Ă  laquelle on accorde peu d’attention, ou mĂȘme qu’on Ă©vite avec dĂ©dain quand on s’aperçoit de son Ă©tat, c’est Marie.

Détail

Luc 1, 65-66 : A l'instant mĂȘme, sa bouche s'ouvrit, sa langue se dĂ©lia : il [Zacharie] parlait et bĂ©nissait Dieu.

La crainte saisit alors tous les gens du voisinage, et dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événement. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur coeur et disaient : "Que sera donc cet enfant ?" En effet, la main du Seigneur était avec lui.

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EMV 25.3-5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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25.3 Une fois les fĂ©licitations terminĂ©es, la plupart reprennent la route ; Marie veut retourner Ă  l’écurie pour voir si Joseph est arrivĂ©. Mais non. Elle est déçue et pensive.

Elisabeth se fait du souci pour elle.

« Nous pouvons rester jusqu’à la sixiĂšme heure, mais ensuite nous devrons partir pour arriver Ă  la maison avant la premiĂšre veille. Jean est encore trop petit pour rester la nuit tombĂ©e. »

Calme mais triste, Marie lui répond :

« Je resterai dans une cour du Temple. J’irai voir mes maĂźtresses... Je ne sais. Je trouverai bien quelque chose Ă  faire. »

Zacharie intervient et présente un projet aussitÎt accepté comme une bonne solution :

« Allons chez les parents de ZĂ©bĂ©dĂ©e. C’est sĂ»rement lĂ  que Joseph ira te chercher et, s’il ne devait pas venir, il te serait aisĂ© de trouver quelqu’un pour t’accompagner en GalilĂ©e car il y a, dans cette maison, un continuel va-et-vient de pĂȘcheurs de GĂ©nĂ©sareth. »

Ils prennent l’ñne et se rendent chez ces parents de ZĂ©bĂ©dĂ©e, qui ne sont autres que ceux qui ont accordĂ© l’hospitalitĂ© Ă  Joseph et Ă  Marie quatre mois plus tĂŽt.

Les heures passent vite et Joseph n’arrive toujours pas. Marie domine son inquiĂ©tude en berçant le bĂ©bĂ©, mais on voit qu’elle est songeuse. En dĂ©pit de la chaleur intense qui les fait tous transpirer, elle n’a jamais retirĂ© son manteau, comme pour cacher son Ă©tat.

25.4 Enfin, un grand coup à la porte annonce Joseph. Marie, rassérénée, resplendit.

Joseph la salue, parce qu’elle est la premiĂšre Ă  se prĂ©senter et Ă  s’incliner respectueusement.

« Que la bénédiction de Dieu soit sur toi, Marie !

– Sur toi aussi, Joseph. Dieu soit louĂ©, tu es venu. Zacharie et Elisabeth allaient partir, pour arriver chez eux avant la tombĂ©e de la nuit.

– Ton messager est arrivĂ© Ă  Nazareth pendant que j’étais Ă  Cana pour des travaux. J’en ai Ă©tĂ© informĂ© avant-hier soir, et je suis parti sur-le-champ. Mais bien que je ne me sois pas arrĂȘtĂ© en chemin, j’ai pris du retard parce que l’ñne avait perdu un fer. Pardonne-moi !

– C’est Ă  toi de me pardonner d’ĂȘtre restĂ©e si longtemps ab­sente de Nazareth ! Mais regarde : ils Ă©taient si heureux de m’avoir chez eux que j’ai voulu leur faire plaisir jusqu’à maintenant.

– Tu as bien fait, femme. OĂč se trouve l’enfant ? »

Ils pĂ©nĂštrent dans la piĂšce oĂč se tient Elisabeth, qui allaite Jean avant de prendre la route. Joseph complimente les parents pour la robustesse de l’enfant qui crie et se dĂ©bat comme un Ă©corchĂ© vif lorsqu’on l’enlĂšve du sein pour le montrer Ă  Joseph. Tous rient devant ses protestations. Les parents de ZĂ©bĂ©dĂ©e, accourus pour apporter des fruits frais, du lait et du pain pour tout le monde, ainsi qu’un grand plat de poisson, rient eux aussi et se mĂȘlent Ă  la conversation des autres.

25.5 Marie parle trĂšs peu. Elle reste tranquille, silencieuse, assise dans son coin, les mains sur la poitrine sous son manteau. MĂȘme lorsqu’elle boit une tasse de lait et mange une grappe de raisin dorĂ© accompagnĂ© d’un peu de pain, elle parle peu et ne bouge guĂšre. Elle regarde Joseph avec un mĂ©lange de peine et d’inquiĂ©tude.

Il la regarde lui aussi. AprÚs quelque temps il se penche sur son épaule et dit :

« Tu es fatiguée ? Tu souffres ? Tu es pùle et triste.

– Cela me fait de la peine de me sĂ©parer du petit Jean. Je l’aime bien. Je l’ai tenu sur mon coeur, Ă  peine nĂ©... »

Joseph ne pose pas d’autre question.

L’heure est venue pour Zacharie de partir. Le chariot s’arrĂȘte devant la porte et tous s’en approchent. Les deux cousines s’étreignent avec amour. Marie embrasse encore et encore le bĂ©bĂ© avant de le dĂ©poser sur le sein de sa mĂšre, dĂ©jĂ  assise dans le chariot, puis elle salue Zacharie et lui demande sa bĂ©nĂ©diction. Lorsqu’elle s’agenouille devant le prĂȘtre, son manteau glisse de ses Ă©paules et, sous la vive lumiĂšre de cet aprĂšs-midi d’étĂ©, ses formes apparaissent. Je ne sais si Joseph le remarque dĂšs cet instant, car il est occupĂ© Ă  saluer Elisabeth. Le chariot part.

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EMV 25.6-7 · Tome 1

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25.6 Joseph rentre dans la maison avec Marie, qui reprend sa place dans le coin le moins éclairé de la piÚce.

« S’il ne te dĂ©plaisait pas de voyager de nuit, je te proposerais de partir au crĂ©puscule. La chaleur est vive dans la journĂ©e, mais la nuit est fraĂźche et paisible. C’est pour toi que je le dis, pour ne pas trop t’exposer au soleil. Moi, je ne crains pas la canicule, mais toi...

– Comme tu voudras, Joseph. Je pense aussi qu’il vaudra mieux partir de nuit.

– La maison est en ordre, tout comme notre petit jardin. Tu verras ces belles fleurs ! Tu arrives Ă  temps pour le voir tout fleuri. Le pommier, le figuier et la vigne portent plus de fruits que jamais, et j’ai dĂ» mettre des tuteurs au grenadier tant ses branches sont chargĂ©es de fruits dĂ©jĂ  bien formĂ©s ; on n’a jamais rien vu de tel Ă  cette Ă©poque. Et puis l’olivier... tu auras de l’huile en abondance. Il a eu une floraison prodigieuse et n’a pas perdu une seule fleur : toutes ont dĂ©jĂ  donnĂ© une petite olive. Quand elles seront mĂ»res, l’arbre paraĂźtra couvert de perles noires. Ton jardin est le plus beau de tout Nazareth. Ta parentĂ© elle-mĂȘme s’en est Ă©tonnĂ©e. AlphĂ©e prĂ©tend que c’est un miracle.

– Ce sont tes bons soins qui l’ont créé.

– Oh non ! Pauvre homme que je suis ! Qu’ai-je donc fait ? Soigner un peu les arbres, arroser un peu les fleurs... Tu sais ? Je t’ai fait une fontaine au fond, prĂšs de la grotte, et j’y ai posĂ© une vasque. Comme ça, tu n’auras pas besoin de sortir pour avoir de l’eau. Elle vient de cette source qui se trouve au-dessus de l’oliveraie de Matthias. Elle est pure et abondante. Je l’ai amenĂ©e par une rigole. J’ai fait un petit canal bien couvert, et maintenant l’eau arrive et chante comme une harpe. Cela me faisait de la peine de te voir aller Ă  la source du village et en revenir chargĂ©e de tes amphores remplies d’eau.

– Merci, Joseph, tu es bon ! »

FatiguĂ©s, les deux Ă©poux se taisent. Joseph somnole mĂȘme, et Marie prie.

25.7 Le soir arrive. Leurs hîtes insistent pour qu’ils mangent encore quelque chose avant de prendre la route. Joseph mange donc du pain et du poisson, et Marie se contente de fruits et de lait.

Vient le moment du dĂ©part. Ils montent sur leurs Ăąnes. Comme Ă  l’aller, Joseph a disposĂ© le coffre de Marie sur le sien et, avant qu’elle ne s’installe, il vĂ©rifie que sa selle est bien fixĂ©e. Je vois que Joseph observe Marie lorsqu’elle monte en selle, mais il ne dit mot.

Le voyage commence alors que les premiĂšres Ă©toiles se mettent Ă  clignoter dans le ciel. Ils se hĂątent, peut-ĂȘtre pour atteindre les portes avant qu’elles ne soient fermĂ©es. Quand ils sortent de JĂ©rusalem et prennent la grand-route en direction de la GalilĂ©e, les Ă©toiles parsĂšment le ciel serein. La campagne est silencieuse. On n’entend rien d’autre que le chant de quelque rossignol et le bruit des sabots des deux Ăąnes sur le sol de la route durcie par la sĂ©cheresse de l’étĂ©.

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EMV 25.8-12 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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La Passion de Joseph

25.8 Marie dit :

« C’est la veille du jeudi saint. Cette vision paraĂźtra Ă  certains hors de propos. Mais puisque tu aimes mon JĂ©sus crucifiĂ©, ton coeur est rempli de douleur, qui y demeure mĂȘme si une douce vision survient. C’est comme la tiĂ©deur qui monte d’une flamme, qui est encore feu tout en ne l’étant dĂ©jĂ  plus. Le feu, c’est la flamme et non sa tiĂ©deur, qui n’en est qu’une consĂ©quence. Au­cune vision bĂ©atifique ou pacifique ne parviendra Ă  t’enlever du coeur cette douleur. ConsidĂšre-la comme plus prĂ©cieuse que ta vie mĂȘme. C’est en effet le don le plus grand que Dieu puisse accorder Ă  ceux qui croient en son Fils. Qui plus est, la paix de ma vision s’accorde bien avec la commĂ©moration de cette semaine.

25.9 Mon Joseph a lui aussi connu sa Passion. Elle a dĂ©butĂ© Ă  JĂ©rusalem quand il s’est rendu compte de mon Ă©tat. Comme pour JĂ©sus et pour moi, elle a durĂ© plusieurs jours. Spirituellement, elle ne lui a pas Ă©tĂ© moins douloureuse. C’est uniquement en raison de la saintetĂ© de mon Ă©poux qu’elle a Ă©tĂ© contenue sous une forme tellement digne et secrĂšte qu’elle est restĂ©e peu connue au fil des siĂšcles.

Ah, notre premiĂšre Passion ! Qui pourrait en dĂ©crire l’intensitĂ© intime et silencieuse, ou ma souffrance de constater que le Ciel ne m’exauçait pas encore en rĂ©vĂ©lant Ă  Joseph le fond du mystĂšre ?

Il m’avait suffi, pour le comprendre, de le voir aussi respectueux Ă  mon Ă©gard que d’ordinaire. S’il avait su que je portais en moi le Verbe de Dieu, il aurait adorĂ© ce Verbe en mon sein par les gestes de vĂ©nĂ©ration dus Ă  Dieu ; il n’aurait pas manquĂ© de les faire, tout comme je n’aurais pas refusĂ© de les recevoir, non pas pour moi, mais pour celui qui Ă©tait en moi et que je portais de la mĂȘme maniĂšre que l’Arche d’alliance portait les tables de la Loi et le vase de la manne.

Qui pourrait dĂ©crire mon combat contre le dĂ©couragement qui tendait Ă  me submerger pour me faire croire que j’avais espĂ©rĂ© en vain dans le Seigneur ? Ah, quelle rage Satan a dĂ» Ă©prouver, je suppose ! Je sentais le doute me saisir aux Ă©paules et allonger ses tentacules glacĂ©s pour emprisonner mon Ăąme et l’empĂȘcher de prier. Le doute est terriblement dangereux pour une Ăąme ; il est mĂȘme mortel, car c’est le premier agent de cette maladie mortelle nommĂ©e “ dĂ©sespoir ” contre laquelle il faut rĂ©agir de toutes ses forces pour ne pas voir pĂ©rir son Ăąme et perdre Dieu.

Qui pourrait dĂ©crire dans sa pleine rĂ©alitĂ© la souffrance de Joseph, ses pensĂ©es, le trouble de ses affections ? Tel une petite barque prise dans une grande tempĂȘte, il Ă©tait entraĂźnĂ© dans un tourbillon d’idĂ©es opposĂ©es, dans une foule de rĂ©flexions plus cruelles et plus pĂ©nibles les unes que les autres. En apparence, c’était un homme trahi par sa femme. Il voyait s’écrouler tout Ă  la fois sa bonne renommĂ©e et l’estime du monde, il se voyait dĂ©jĂ  montrĂ© du doigt et objet de la pitiĂ© du village Ă  cause d’elle, il voyait l’amour et le respect qu’il me portait succomber Ă  l’évidence des faits.

25.10 A ce point, sa saintetĂ© resplendit encore plus que la mienne. J’en tĂ©moigne avec mon amour d’épouse, car je dĂ©sire que vous aimiez mon Joseph, cet homme sage et prudent, patient et bon qui, loin d’ĂȘtre Ă©tranger au mystĂšre de la RĂ©demption, lui est intimement liĂ© : c’est en effet pour elle qu’il offrit sa souffrance et qu’il s’offrit lui-mĂȘme, sauvant ainsi le Sauveur au prix de son propre sacrifice et par sa saintetĂ©.

S’il avait Ă©tĂ© moins saint, il aurait agi de maniĂšre humaine : il m’aurait dĂ©noncĂ©e comme adultĂšre pour que je sois lapidĂ©e et que le fils de mon pĂ©chĂ© pĂ©risse avec moi. S’il avait Ă©tĂ© moins saint, Dieu ne lui aurait pas donnĂ© la lumiĂšre pour le guider dans cette Ă©preuve. Mais Joseph Ă©tait saint, et son Ăąme pure vivait en Dieu. Sa charitĂ© Ă©tait vive et ardente. Par sa charitĂ©, il vous sauva le Sauveur, aussi bien en ne m’accusant pas devant les anciens que lorsqu’il abandonna tout avec une prompte obĂ©issance pour emmener JĂ©sus en Egypte et le sauver.

25.11 Si ces trois jours de la passion de Joseph ont Ă©tĂ© courts, ils n’en furent pas moins d’une intensitĂ© terrible, tout comme pour moi ceux de cette premiĂšre passion. Car je comprenais sa souffrance et ne pouvais la soulager d’aucune maniĂšre par obĂ©issance au dĂ©cret de Dieu qui m’avait dit : “ Tais-toi ! ”

A notre arrivĂ©e Ă  Nazareth, lorsque je le vis partir sur une salutation laconique, courbĂ© et comme vieilli en peu de temps, quand je ne le vis pas venir Ă  moi le soir comme Ă  l’accoutumĂ©e, je vous assure, mes enfants, que mon coeur Ă©plorĂ© souffrait cruellement. EnfermĂ©e dans ma maison, seule dans cette maison oĂč tout me rappelait l’Annonciation et l’Incarnation, oĂč tout me ramenait au coeur le souvenir de Joseph uni Ă  moi dans une virginitĂ© sans tache, il m’a fallu rĂ©sister au dĂ©couragement, aux insinuations de Satan et espĂ©rer, toujours espĂ©rer. Prier sans cesse. Pardonner encore et toujours Ă  Joseph son soupçon, son bouleversement de juste indignation.

Mes enfants, il faut espĂ©rer, prier et pardonner pour obtenir de Dieu qu’il intervienne en notre faveur. Vous avez vous aussi Ă  vivre votre passion. Vos fautes l’ont mĂ©ritĂ©. Je vous enseigne comment la surmonter et la changer en joie. EspĂ©rez sans mesure, priez sans perdre confiance, pardonnez pour ĂȘtre pardonnĂ©s. Mes enfants, le pardon de Dieu sera la paix Ă  laquelle vous aspirez.

25.12 Je n’ajouterai rien pour le moment. Le silence rĂšgnera jusqu’au triomphe pascal. C’est la Passion. Compatissez aux souffrances de votre RĂ©dempteur. Ecoutez ses plaintes et comptez ses blessures et ses larmes. C’est pour vous que chaque larme a Ă©tĂ© versĂ©e, que chaque blessure a Ă©tĂ© reçue. Que toute autre vision s’efface devant celle qui vous rappelle la RĂ©demption accomplie pour vous. »

Détail

Maria vient de voir les retrouvailles de Marie et de Joseph à Jérusalem, aprÚs trois mois d'absence. Il s'est rendu compte de la grossesse de Marie.

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EMV 25.8 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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ConsidĂšre-la comme plus prĂ©cieuse que ta vie mĂȘme. C’est en effet le don le plus grand que Dieu puisse accorder Ă  ceux qui croient en son Fils.

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