EMV 178.3.5 · Tome 3, p. 162-163
LâEvangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©
Citation
JĂ©sus se remet en route et, attirĂ© par deux yeux qui le regardent, il dit Ă un jeune homme grand et robuste qui sâest arrĂȘtĂ© pour laisser passer le cortĂšge, mais qui semble se diriger ailleurs :
« Suis-moi. »
Le jeune homme sursaute, change de couleur, cligne des yeux comme sâil Ă©tait Ă©bloui par de la lumiĂšre, puis il ouvre la bouche pour parler, mais ne trouve pas de rĂ©ponse. Finalement, il dit :
« Je te suivrai, mais mon pĂšre est mort Ă ChorazeĂŻn et je dois lâensevelir. Laisse-moi faire, et je viendrai ensuite.
â Suis-moi. Laisse les morts ensevelir leurs morts. Toi, la Vie tâa dĂ©jĂ aspirĂ©. Tu lâas dĂ©sirĂ©, dâailleurs. Ne dĂ©plore pas le vide que la Vie a créé autour de toi afin de tâavoir pour disciple. Les mutilations de lâaffection sont des racines pour les ailes qui poussent chez lâhomme changĂ© en serviteur de la vĂ©ritĂ©. Abandonne la corruption Ă son sort. ElĂšve-toi vers le Royaume oĂč rien nâest corrompu. Tu y trouveras aussi la perle incorruptible de ton pĂšre. Dieu appelle et passe. Demain, tu ne trouverais plus ton cĆur dâaujourdâhui ni lâinvitation de Dieu. Viens. Va annoncer le Royaume de Dieu. »
Lâhomme, adossĂ© Ă un muret, reste les bras ballants. Il porte des sachets certainement remplis dâarĂŽmes et de bandelettes. La tĂȘte inclinĂ©e, il rĂ©flĂ©chit aux deux amours qui sâopposent : celui de Dieu et celui de son pĂšre.
JĂ©sus attend et le regarde, puis il prend un petit enfant et le serre sur son cĆur en disant :
« Dis avec moi : â Je te bĂ©nis, PĂšre, et jâinvoque ta lumiĂšre pour ceux qui pleurent dans les nuĂ©es de la vie. Je te bĂ©nis, PĂšre, et jâinvoque ta force pour celui qui est comme un bĂ©bĂ© qui a besoin quâon le soutienne. Je te bĂ©nis, PĂšre, et jâinvoque ton amour pour que tu fasses oublier tout ce qui nâest pas toi Ă tous ceux qui ne savent pas croire, mais qui trouveraient en toi tout bien, ici et au Ciel. â »
Et le petit, un enfant dâenviron quatre ans, rĂ©pĂšte de sa petite voix les paroles saintes, ses menottes jointes pour la priĂšre dans la main droite de JĂ©sus qui tient ses poignets potelĂ©s comme si câĂ©taient deux tiges de fleurs.
Lâhomme se dĂ©cide. Il donne ses paquets Ă un compagnon et vient Ă JĂ©sus qui dĂ©pose lâenfant par terre aprĂšs lâavoir bĂ©ni. Il prend par les Ă©paules le jeune homme et avance ainsi, pour le rĂ©conforter et le soutenir dans son effort.
(...) On a atteint la rive. JĂ©sus monte dans la barque de Pierre en lui chuchotant quelques mots. Je vois JĂ©sus sourire et Pierre faire un geste dâĂ©merveillement. Mais il ne dit rien. Lâhomme qui nâest pas allĂ© ensevelir son pĂšre pour suivre JĂ©sus monte aussi.
Annotation
Evangile de Matthieu 8, 21-22
Mt 8, 21-22 : Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi dâaller dâabord enterrer mon pĂšre. » JĂ©sus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. »
Evangile de Luc 9, 57-62
Lc 9, 57-62 : En cours de route, un homme dit Ă JĂ©sus : « Je te suivrai partout oĂč tu iras. » JĂ©sus lui dĂ©clara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de lâhomme nâa pas dâendroit oĂč reposer la tĂȘte. » Il dit Ă un autre : « Suis-moi. » Lâhomme rĂ©pondit : « Seigneur, permets-moi dâaller dâabord enterrer mon pĂšre. » Mais JĂ©sus rĂ©pliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le rĂšgne de Dieu. »