Notes du thĂšme

Mots-clĂ©s principaux et transversaux 🌟

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Confort de lecture

EMV 173.6 · Tome 3, p. 122

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Regardez : j’ai des amis puissants parmi les riches et des amis parmi les pauvres. Et en vĂ©ritĂ©, je vous dis que ce ne sont pas les amis puissants qui sont les plus aimĂ©s. Je vais chez eux, non pas pour moi ou dans mon propre intĂ©rĂȘt, mais parce que je peux recevoir d’eux beaucoup pour ceux qui ne possĂšdent rien. Moi, je suis pauvre. Je n’ai rien. Je voudrais possĂ©der tous les trĂ©sors du monde et les changer en pain pour ceux qui ont faim, en maisons pour ceux qui sont sans toit, en vĂȘtements pour ceux qui sont nus, en mĂ©dicaments pour les malades. Vous me direz : “ Toi, tu peux guĂ©rir. ” Oui, je peux cela et bien plus. Mais les autres n’ont pas toujours la foi, si bien que je ne puis faire ce que je ferais et ce que je voudrais faire, si je trouvais dans les cƓurs la foi en moi. Je voudrais faire du bien mĂȘme Ă  ceux qui n’ont pas la foi, et puisqu’ils ne demandent pas de miracle au Fils de l’homme, je voudrais les secourir d’homme Ă  homme. Mais je n’ai rien. C’est pour cela que je tends la main Ă  ceux qui possĂšdent et que je leur demande : “ Fais-moi la charitĂ©, au nom de Dieu. ” VoilĂ  pourquoi j’ai des amis en haut lieu. Demain, quand je ne serai plus sur terre, il y aura encore des pauvres, et moi, je ne serai plus lĂ  ni pour faire des miracles pour les croyants, ni pour faire l’aumĂŽne pour amener Ă  la foi. Alors mes amis riches auront appris Ă  mon contact comment on s’y prend pour faire le bien et mes apĂŽtres, Ă  mon contact aussi, auront appris Ă  faire l’aumĂŽne par amour pour leurs frĂšres. Ainsi les pauvres seront-ils toujours secourus.

Annotation

Demain, quand je ne serai plus sur terre, il y aura encore des pauvres. Pensée reprise par Jésus lors de l'Onction de Béthanie (Cf. Matthieu 26,11 | Jean 12,8).

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EMV 173.6 · Tome 3, p. 122

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Vous me direz : “ Toi, tu peux guĂ©rir. ” Oui, je peux cela et bien plus. Mais les autres n’ont pas toujours la foi, si bien que je ne puis faire ce que je ferais et ce que je voudrais faire, si je trouvais dans les cƓurs la foi en moi.

Détail

A propos des miracles du Christ.

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EMV 173.7 · Tome 3, p. 122-124

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

C’est pourquoi je vous dis : ne vous inquiĂ©tez pas trop de possĂ©der peu : vous aurez toujours le nĂ©cessaire. Ne vous inquiĂ©tez pas trop en pensant Ă  l’avenir : personne ne sait quel avenir l’attend. Ne vous prĂ©occupez pas de ce que vous mangerez pour vous garder en vie, ni de quoi vous vous couvrirez pour garder votre corps au chaud : la vie de votre Ăąme est bien plus prĂ©cieuse que votre ventre et vos membres, elle a bien plus de prix que la nourriture et le vĂȘtement, comme la vie matĂ©rielle a plus de prix que la nourriture, et le corps plus que le vĂȘtement. Et votre PĂšre le sait. Sachez-le donc, vous aussi. Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sĂšment ni ne moissonnent, ils n’amassent pas dans des greniers et pourtant ils ne meurent pas de faim car le PĂšre cĂ©leste les nourrit. Or vous, les hommes, les crĂ©atures prĂ©fĂ©rĂ©es du PĂšre, vous valez beaucoup plus qu’eux.

Qui de vous peut ajouter par tout son savoir-faire une seule coudĂ©e Ă  sa taille ? Si vous ne rĂ©ussissez pas Ă  allonger votre taille d’un pouce, comment pouvez-vous penser Ă  changer votre future situation en augmentant vos richesses pour vous garantir une longue et heureuse vieillesse ? Pouvez-vous dire Ă  la mort : “ Tu viendras me prendre quand je voudrai ” ? C’est impossible. Dans ce cas, pourquoi vous prĂ©occuper du lendemain ? Et pourquoi vous faites-vous autant de soucis par crainte de rester sans vĂȘtements ? Regardez comment croissent les lys des champs : ils ne travaillent pas, ne filent pas, ne vont pas chez les marchands de drap faire des achats. Et pourtant je vous assure que Salomon lui-mĂȘme, dans toute sa gloire, ne fut jamais vĂȘtu comme l’un d’eux. Si donc Dieu revĂȘt ainsi l’herbe des champs qui vit aujourd’hui et qui servira demain Ă  chauffer le four ou Ă  nourrir le troupeau pour finir en cendres ou en fumier, combien plus prendra-t-il soin de vous, qui ĂȘtes ses enfants.

Ne soyez pas des hommes de peu de foi. Ne vous inquiĂ©tez pas pour un avenir incertain : “ Quand je serai vieux, comment mangerai-je ? Que boirai-je ? Comment m’habillerai-je ? ” laissez ces prĂ©occupations aux paĂŻens qui n’ont pas la certitude lumineuse de la paternitĂ© divine. Vous, vous l’avez et vous savez que votre PĂšre connaĂźt vos besoins et qu’il vous aime. Ayez donc confiance en lui. Recherchez d’abord ce qui est vraiment nĂ©cessaire : la foi, la bontĂ©, la charitĂ©, l’humilitĂ©, la misĂ©ricorde, la puretĂ©, la justice, la douceur, les trois ou quatre vertus principales et toutes les autres encore, de façon Ă  ĂȘtre les amis de Dieu et Ă  avoir droit Ă  son Royaume. Je vous assure que le reste vous sera accordĂ© par surcroĂźt, sans mĂȘme que vous le demandiez. Il n’est pas de riche plus riche que le saint et de plus assurĂ© que lui. Dieu est avec le saint. Le saint est avec Dieu. Il ne demande rien pour son corps et Dieu lui fournit le nĂ©cessaire. Mais il travaille pour son Ăąme, Ă  qui Dieu se donne lui-mĂȘme ici-bas, puis le Paradis aprĂšs la vie.

Ne vous mettez donc pas en peine pour ce qui ne le mĂ©rite pas. Affligez-vous d’ĂȘtre imparfaits et non d’ĂȘtre mal approvisionnĂ©s en biens terrestres. Ne vous mettez pas Ă  la torture pour le lendemain. Demain pensera Ă  lui-mĂȘme, et vous y penserez au moment oĂč vous le vivrez. Pourquoi vous en soucier dĂšs aujourd’hui ? La vie n’est-elle pas dĂ©jĂ  suffisamment encombrĂ©e par les souvenirs pĂ©nibles d’hier et les pensĂ©es torturantes d’aujourd’hui pour Ă©prouver le besoin d’y ajouter les cauchemars des “ que sera demain ” ? Laissez Ă  chaque jour ses ennuis ! Il y aura toujours dans la vie plus de peines que nous ne le voudrions, sans encore ajouter les peines Ă  venir aux prĂ©sentes ! RĂ©pĂ©tez sans cesse la grande parole de Dieu : “ Aujourd’hui. ” Vous ĂȘtes ses enfants, créés Ă  sa ressemblance. Dites donc avec lui : “ Aujourd’hui. ”

Annotation

Demain pensera Ă  lui-mĂȘme. Cette pensĂ©e, devenue proverbiale, est rapportĂ©e en Matthieu 6,34. Elle est Ă  nouveau Ă©voquĂ©e par JĂ©sus au EMV 584.15.

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EMV 174 · Tome 3, p. 124-147

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Titre du chapitre : SixiĂšme sermon sur la Montagne : choisir entre le bien et le mal, l’adultĂšre, le divorce. L’arrivĂ©e importune de Marie-Madeleine.

Date de la vision : Mardi 29 mai 1945 (174.1-10) ; samedi 12 août 1944 (EMV 174.11-14) ; mardi 29 mai 1945 (174.15-22).

Calendrier : Vendredi 18 février 28 (5 Adar I 3788)

Lieux (carte) : Les Cornes d'Hattin

Cycle : Sermon sur la montagne

Résumé : Il y a foule. Thomas et Judas divisent celles-ci en plusieurs groupes : un pour les malades, un pour ceux qui attendent une obole, un autre pour ceux qui attendent les enseignements de Jésus. Pierre est avec des enfants, certains apÎtres aiment à ramener des infirmes et des malades prÚs du Seigneur, André et Jean récupÚre les aumÎnes des fidÚles. Ceux-ci sont d'ailleurs accostés par une femme qui doit parler au Maßtre pour des soucis personnels, qui ne sont ni liés à la santé ni à la maladie. Jean l'emmÚne donc dans une tente pendant que André va prévenir le Maßtre, et deux autres malheureux se joignent à la femme pour présenter leurs misÚres. Avant d'aller à eux, le Maßtre guérit les malades et une petite fille atteinte à la colonne. Puis, il va écouter ces trois ùmes qui l'attendent. La femme a son mari qui est parti avec une prostituée : elle obtient sa conversion. Le deuxiÚme a sa fille qui est devenue luxurieuse aprÚs une visite à Tibériade : le pÚre est allé chez Jeanne de Kouza et celle-ci l'a invité à trouver Jésus. Le pÚre obtient la conversion de sa fille, mais doit prendre sur lui pour pardonner. Enfin, le troisiÚme parle d'une brouille avec ses frÚres pour leur héritage. Ils l'accusent d'avoir volé l'argent, mais c'est le pÚre défunt qui a changé la cassette de place sans les avertir. Jésus lui fait savoir que ses frÚres ont trouvé l'argent pendant son absence et qu'ils sont repentis. Mais l'homme préfÚre écouter Jésus plutÎt que repartir tout de suite.

JĂ©sus donne ensuite une prĂ©dication. L'homme a le choix de prendre un sentier qui monte vers le haut, donc vers Dieu, ou de prendre le sentier qui mĂšne vers le bas, donc vers Satan. Il a son libre-arbitre. Certes, Satan tente, mais Dieu tente les Ăąmes Ă©galement par sa Parole, par ses promesses, par son amour. Si quelqu'un dit donc qu'il a voulu convertir une Ăąme mais qu'il s'est laissĂ© corrompre par le mal de son prochain, c'est que son coeur Ă©tait propice Ă  accueillir ce mal ou ce pĂ©chĂ©. Le Christ encourage donc Ă  rĂ©sister Ă  la sensualitĂ©, au monde, Ă  la science et au dĂ©mon. Il faut chercher Ă  ne pas ĂȘtre inconsistant et Ă  choisir un seul MaĂźtre, car on ne peut servir Dieu ou Mammon.

AprĂšs avoir Ă©noncĂ© briĂšvement Eve et sa corruption, le christ parle de la lampe du corps. Si notre oeil est pur, tout sera pur. Quant Ă  la tentation, elle n'est pas un mal : on souffre de lui rĂ©sister, mais on s'acquiert par la victoire une Ă©ternitĂ© de paix. Cela Ă©tant dit, il faut toujours ĂȘtre misĂ©ricordieux avec nos frĂšres qui sont tombĂ©s.

JĂ©sus est interrompu par l'arrivĂ©e inopportune de Marie-Madeleine, alors grande pĂ©cheresse. Elle est accompagnĂ©e de plusieurs hommes, dont un Romain qu'elle semble prĂ©fĂ©rer. La soeur de Lazare agit vraiment de maniĂšre outranciĂšre, et aprĂšs l'avoir regardĂ©e un instant, JĂ©sus dĂ©tourne la tĂȘte et ne la regarde plus. Au contraire, il reprend son discours : il parle alors de l'adultĂšre, de l'impuretĂ©, et il fait des reproches aux riches et aux jouisseurs. Marie de Magdala, offensĂ©e, s'en va sous les murmures de la foule, et le Christ annonce qu'ils vont quitter les Cornes d'Hattin, puisque cela fait deux jours qu'ils sont troublĂ©s par les sifflements de Satan. Il signale cependant qu'il parlera encore une fois, aprĂšs que la foule se soit abritĂ©e de la chaleur et qu'elle se soit restaurĂ©e. JĂ©sus s'entretient alors briĂšvement avec Pierre, puis avec Judas, Ă  qui il renouvelle sa promesse d'aller en JudĂ©e. Enfin, Simon de Jonas force son MaĂźtre Ă  manger.

Puisque BarthĂ©lĂ©my rappelle que c'est le sabbat dans quelques heures, JĂ©sus enjoint ceux qui n'ont pas confiance en la Providence du PĂšre Ă  s'en aller. Cinquante personnes s'en vont et il reprend son discours. Il insiste encore sur l'adultĂšre, le divorce et la rĂ©pudiation, en rappelant que seule la mort rompt le mariage. C'est d'ailleurs surtout les enfants qui souffrent quand leur pĂšre ou leur mĂšre se remarie et le Seigneur enjoint donc Ă  ĂȘtre fidĂšle Ă  notre Ă©poux ou notre Ă©pouse.

Enfin, pour clÎturer ses propos, le Christ encourage les ùmes à la charité et à la prudence : il ne s'agit pas de donner les vérités éternelles à des hommes qui les déformeraient et joueraient aux prophÚtes. Il ne faut donc pas jeter les perles ou pourceaux. Il conclut enfin en disant que celui qui met en pratique ses paroles construit sa maison sur du roc, et que celui qui ne l'écoute pas bùtit ses fondations sur le sable. Puis, il prend congé de la foule, mais celle-ci le suit et ne le quitte pas...

Contenu du chapitre : 174.1 : L'horizon en ce matin de printemps. 174.2 :JĂ©sus demande aux apĂŽtres de regrouper ceux qui demandent du secours. 174.3 : Les apĂŽtres s'affairent dans la foule. 174.4 : AndrĂ© avertit JĂ©sus que trois personnes veulent le voir en particulier. 174.5 : JĂ©sus rassure une femme abandonnĂ©e par son mari. 174.6 : Il promet Ă  un pĂšre la conversion de sa fille. 174.7 : Il guide, vers la solution, un conflit d'hĂ©ritage. 174.8 : Vous ne pouvez appartenir Ă©galement Ă  Dieu et Ă  Mammon. 174.9 : Comment Satan sĂ©duisit Ève. 174.10 : Ne vous laissez pas induire en tentation et soyez misĂ©ricordieux avec le pĂ©cheur. 174.11 : Un mĂȘme matin fleuri sur la montagne. 174.12 : ArrivĂ©e pompeuse et provocatrice de Marie-Madeleine. 174.13 : Malheur Ă  vous, riches et jouisseurs ! 174.14 : Sous les reproches indirects, Marie-Madeleine s'enfuit. 174.15 : JĂ©sus donne un temps de repos Ă  la foule. 174.16 : Judas, troublĂ© par la Madeleine, est rĂ©confortĂ© par JĂ©sus qui ira chez sa mĂšre en JudĂ©e. 174.17 : Pierre fait boire un Ɠuf Ă  JĂ©sus. 147.18 : Enseignement sur l’adultĂšre. 174.19 : Quiconque renvoie sa propre femme, l'expose Ă  l'adultĂšre. 174.20 : Gravez dans vos cƓurs le sermon sur la montagne, c'est votre guide. 174.21 : Écouter et mettre en pratique mes paroles. 174.22 : JĂ©sus avec la foule descend vers CapharnaĂŒm.

Ancienne édition : Tome 3, chapitre 34

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EMV 174.2-7 · Tome 2, p. 126-131

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

La foule s’agite et se sĂ©pare en trois groupes : les malades, les pauvres et ceux qui attendent seulement l’enseignement.

Mais, parmi ces derniers, deux, puis trois semblent avoir besoin de quelque chose qui n’est ni la santĂ©, ni l’argent, mais qui est plus nĂ©cessaire. Il s’agit d’une femme et de deux hommes. Ils regardent les apĂŽtres, mais n’osent parler. (...)

Jésus est déjà penché sur les malades, et les hosannas de la foule ponctuent chaque miracle.

La femme, qui paraĂźt tout en peine, ose tirer le vĂȘtement de Jean qui parle avec AndrĂ© et sourit.

Il se penche et lui demande :

« Que veux-tu, femme ?

– Je voudrais parler au Maütre


– Es-tu malade ? Tu n’es pas pauvre


– Je ne suis ni malade ni pauvre, mais j’ai besoin de lui
 car il existe des maux sans fiĂšvre et des misĂšres sans pauvretĂ©, or la mienne
 la mienne
 »

Elle pleure.

« Tu vois, André, cette femme a de la peine et elle voudrait le dire au Maßtre. Comment allons-nous faire ? »

André regarde la femme et dit :

« C’est sĂ»rement quelque chose dont elle souffre, tant qu’elle ne lui en aura pas parlé  »

La femme approuve d’un signe de tĂȘte. AndrĂ© reprend :

« Ne pleure pas
 Jean, conduis-la Ă  notre tente. J’y amĂšnerai le MaĂźtre. »

Tout sourire, Jean demande qu’on le laisse passer pendant que, dans la direction opposĂ©e, AndrĂ© se dirige vers JĂ©sus.

Mais les deux hommes affligĂ©s observent la manƓuvre : l’un d’eux arrĂȘte Jean, l’autre arrĂȘte AndrĂ©, et, peu aprĂšs, ils se retrouvent tous deux avec Jean et la femme derriĂšre l’abri de feuillage qui sert de mur Ă  la tente.

AndrĂ© rejoint JĂ©sus au moment oĂč il guĂ©rit l’estropiĂ©, qui lĂšve ses bĂ©quilles comme deux trophĂ©es avec l’agilitĂ© d’un danseur tout en criant sa bĂ©nĂ©diction. AndrĂ© lui murmure :

« MaĂźtre, derriĂšre notre tente il y a trois personnes qui pleurent. Mais ce sont des peines de cƓur qui ne peuvent ĂȘtre rendues publiques


– C’est bien. J’ai encore cette fillette et cette femme et puis je viens. Va leur dire d’avoir foi. »

AndrĂ© s’éloigne (...). Les malades sont tous exaucĂ©s et ce sont eux qui crient le plus fort dans la foule nombreuse qui applaudit le « Fils de David, gloire de Dieu et notre gloire. »

Jésus se dirige vers la tente.

Judas s’écrie :

« Maßtre ! Et eux ? »

Jésus se retourne :

« Qu’ils attendent lĂ  oĂč ils sont. Eux aussi seront consolĂ©s. »

Et il s’en va rapidement derriĂšre les feuillages, lĂ  oĂč se trouvent, avec AndrĂ© et Jean, les trois personnes en peine.

« D’abord la femme. Viens avec moi dans ces buissons. Parle sans crainte.

– Seigneur, mon mari m’a abandonnĂ©e pour une prostituĂ©e. J’ai cinq enfants et le dernier a deux ans
 Ma douleur est grande
 et je pense Ă  mes enfants
 Je ne sais s’il les voudra ou s’il me les laissera. Il voudra les garçons, l’aĂźnĂ© du moins
 Et moi, qui l’ai mis au monde, ne dois-je plus avoir la joie de le voir ? Et que penseront-ils de leur pĂšre ou de moi ? Ils doivent penser du mal de l’un de nous. Or moi, je ne voudrais pas qu’ils jugent leur pĂšre


– Ne pleure pas. Je suis le MaĂźtre de la vie et de la mort. Ton mari n’épousera pas cette femme. Va en paix et sois toujours bonne.

– Mais
 tu ne le tueras pas ? Oh ! Seigneur, je l’aime ! »

Jésus sourit :

« Je ne tuerai personne. Mais il y aura quelqu’un qui fera son mĂ©tier. Sache que le dĂ©mon n’est pas au-dessus de Dieu. A ton retour dans ta ville, tu apprendras que la personne malfaisante a Ă©tĂ© tuĂ©e et de façon telle que ton mari comprendra ce qu’il allait faire ; alors, il t’aimera d’un amour renouvelĂ©. »

La femme baise la main que JĂ©sus lui avait posĂ©e sur la tĂȘte et part.

174.6 Arrive l’un des deux hommes :

« J’ai une fille, Seigneur. Malheureusement, elle est allĂ©e Ă  TibĂ©riade avec des amies et c’est comme si elle avait absorbĂ© du poison. Elle m’est revenue comme ivre. Elle voulait partir avec un grec
 et puis
 Mais pourquoi m’est-elle nĂ©e ? Sa mĂšre en est malade de chagrin, peut-ĂȘtre en mourra-t-elle
 Quant Ă  moi
 il n’y a que tes paroles que j’ai entendues l’hiver dernier qui me re­tiennent de la tuer. Mais, je te l’avoue, mon cƓur l’a dĂ©jĂ  maudite.

– Non. Dieu, qui est PĂšre, ne maudit que pour un pĂ©chĂ© accompli et obstinĂ©. Qu’attends-tu de moi ?

– Que tu l’amùnes au repentir.

– Je ne la connais pas, et elle ne vient sĂ»rement pas Ă  moi.

– Mais toi, tu peux, mĂȘme de loin, changer les cƓurs ! Sais-tu qui m’envoie vers toi ? Jeanne, femme de Kouza. Elle allait partir pour JĂ©rusalem quand je suis allĂ© Ă  son palais lui demander si elle connaissait ce grec infĂąme. Je pensais qu’elle ne le connaissait pas parce qu’elle est bonne, bien qu’elle vive Ă  TibĂ©riade, mais puisque Kouza frĂ©quente les paĂŻens
 Elle ne le connaĂźt pas, mais elle m’a dit : “ Va trouver JĂ©sus. Il a rappelĂ© mon Ăąme de bien loin, et il m’a guĂ©rie de ma phtisie par ce rappel. Il guĂ©rira aussi le cƓur de ta fille. Je vais prier ; quant Ă  toi, aie foi. ” J’ai foi, tu le vois. Aie pitiĂ©, MaĂźtre.

– D’ici ce soir, ta fille pleurera sur les genoux de sa mĂšre en lui demandant pardon. Toi aussi, sois bon comme sa mĂšre : pardonne. Le passĂ© est mort.

– Oui, MaĂźtre, comme tu veux ; sois bĂ©ni. »

Il se retourne pour s’en aller
 puis revient sur ses pas :

« Pardon, MaĂźtre
 mais j’ai si peur
 La luxure, c’est un tel dĂ©mon ! Donne-moi un fil de ton vĂȘtement. Je le mettrai au chevet de ma fille. Pendant son sommeil, le dĂ©mon ne la tentera pas.

JĂ©sus sourit en hochant la tĂȘte
 mais il satisfait l’homme en lui disant :

« C’est pour que tu sois plus tranquille. Mais crois bien que lorsque Dieu dit : “ Je veux ”, le diable s’en va sans qu’il y ait besoin d’autre chose. Je veux que tu gardes cela en souvenir de moi. »

Et il lui donne une petite touffe de ses franges.

174.7 Le troisiÚme homme se présente :

« MaĂźtre, mon pĂšre est mort. Nous croyions qu’il avait beaucoup d’argent. Nous n’en avons pas trouvĂ©. Et ce ne serait que demi-mal car entre frĂšres nous ne manquons pas de pain. Mais moi, Ă©tant l’aĂźnĂ©, je vivais avec mon pĂšre. Mes deux frĂšres m’accusent d’avoir fait disparaĂźtre l’argent et ils veulent me faire un procĂšs pour vol. Tu vois mon cƓur. Je n’ai pas volĂ© le moindre sou. Mon pĂšre gardait ses deniers dans un coffret, dans une cassette en fer. A sa mort, nous avons ouvert le coffret et la cassette n’y Ă©tait plus. Ils prĂ©tendent : “ C’est toi qui l’as prise cette nuit, pendant que nous dormions. ” Ce n’est pas vrai. Aide-moi Ă  rĂ©tablir la paix et l’estime entre nous. »

Jésus le regarde fixement et sourit.

« Pourquoi souris-tu, Maßtre ?

– Parce que le coupable, c’est ton pùre : une faute d’enfant qui cache son jouet pour qu’on ne le lui prenne pas.

– Mais il n’était pas avare, tu peux le croire. Il faisait du bien.

– Je le sais, mais il Ă©tait trĂšs Ăągé  Ce sont les maladies des vieillards
 Il voulait mettre son argent Ă  l’abri dans votre intĂ©rĂȘt et il a mis la brouille entre vous par excĂšs d’affection. La cassette est enterrĂ©e au pied de l’escalier de la cave. Je te le dis pour que tu saches que je le sais. Pendant que je te parle, par pur hasard, ton frĂšre cadet en frappant le sol avec colĂšre l’a fait vibrer et ils l’ont dĂ©couverte. Ils sont confus et regrettent de t’avoir accusĂ©. Retourne tranquillement chez toi et sois gentil avec eux. Ne leur reproche pas leur manque d’estime.

– Non, Seigneur. Je n’y vais mĂȘme pas. Je reste Ă  t’écouter. Je partirai demain.

– Et s’ils t’enlùvent de l’argent ?

– Tu dis qu’il ne faut pas ĂȘtre avide. Je ne veux pas l’ĂȘtre. Il me suffit que la paix rĂšgne entre nous. Du reste
 je ne savais pas ce qu’il y avait dans la cassette et je ne me mettrai pas en peine pour une dĂ©claration inexacte. Je pense que cet argent aurait pu ĂȘtre perdu
 S’ils me le refusent, je vivrai maintenant comme je vivais auparavant. Il me suffit qu’ils ne me traitent pas de voleur.

– Tu es trĂšs avancĂ© sur le chemin de Dieu. Continue et que la paix soit avec toi. »

Et lui aussi repart satisfait.

Annotation

Ton mari n’épousera pas cette femme. (...) A ton retour dans ta ville, tu apprendras que la personne malfaisante a Ă©tĂ© tuĂ©e et de façon telle que ton mari comprendra ce qu’il allait faire ; alors, il t’aimera d’un amour renouvelĂ©. Cette femme viendra remercier JĂ©sus Ă  l’automne de la deuxiĂšme annĂ©e, lors de son passage Ă  Bozra. Cf. EMV 293.1.

Il n’y a que tes paroles que j’ai entendues l’hiver dernier qui me re­tiennent de la tuer. C'est donc probablement un des pĂšlerins de "La Belle Eau". ï»ż

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EMV 174.3-4 · Tome 3, p. 126-128

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

BarthĂ©lemy arrive, ĂągĂ© et sĂ©rieux ; puis ce sont Matthieu et Philippe qui portent dans leurs bras un estropiĂ© qui aurait eu trop de mal Ă  se frayer un passage dans la foule compacte ; ensuite, voici les cousins du Seigneur qui donnent le bras Ă  un mendiant presque aveugle et Ă  une pauvre femme, de je ne sais quel Ăąge, qui pleure en racontant Ă  Jacques tous ses malheurs ; puis c’est Jacques, fils de ZĂ©bĂ©dĂ©e, qui tient dans les bras une pauvre fillette, certainement malade, qu’il a prise Ă  sa mĂšre ; celle-ci, anxieuse, le suit pour empĂȘcher la foule de lui faire du mal. (...) JĂ©sus est dĂ©jĂ  penchĂ© sur les malades, et les hosannas de la foule ponctuent chaque miracle.

AndrĂ© rejoint JĂ©sus au moment oĂč il guĂ©rit l’estropiĂ©, qui lĂšve ses bĂ©quilles comme deux trophĂ©es avec l’agilitĂ© d’un danseur tout en criant sa bĂ©nĂ©diction. AndrĂ© lui murmure :

« MaĂźtre, derriĂšre notre tente il y a trois personnes qui pleurent. Mais ce sont des peines de cƓur qui ne peuvent ĂȘtre rendues publiques


– C’est bien. J’ai encore cette fillette et cette femme et puis je viens. Va leur dire d’avoir foi. »

AndrĂ© s’éloigne tandis que JĂ©sus se penche sur la fillette que la mĂšre a reprise sur son sein :

« Comment t’appelles-tu ? lui demande JĂ©sus.

– Marie.

– Et moi, comment est-ce que je m’appelle ?

– JĂ©sus, rĂ©pond la fillette.

– Et qui suis-je ?

– Le Messie du Seigneur venu pour faire du bien aux corps et aux ñmes.

– Qui te l’a dit ?

– papa et Maman, qui espùrent en toi pour que je vive.

– Vis et sois bonne. »

La fillette, je pense, souffrait de la colonne vertĂ©brale car, bien qu’elle ait sept ans – sinon plus –, elle ne bougeait que les mains, et elle Ă©tait serrĂ©e des aisselles aux hanches par des grosses bandes trĂšs dures. On les voit car sa mĂšre a ouvert le petit vĂȘtement pour les montrer. La fillette reste immobile pendant quelques minutes, puis elle sursaute, glisse du sein de sa mĂšre par terre et court vers JĂ©sus qui est en train de guĂ©rir la femme dont je ne comprends pas le cas.

Les malades sont tous exaucés et ce sont eux qui crient le plus fort dans la foule nombreuse qui applaudit le « Fils de David, gloire de Dieu et notre gloire. »

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