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Confort de lecture

EMV 170.13 · Tome 3, p. 96

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Celui qui, par sa maniĂšre de vivre, tĂ©moigne sans cesse en faveur de la justice ne peut pas ne pas ĂȘtre dĂ©testĂ© par ceux qui sont injustes.

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EMV 170.14 · Tome 3, p. 96-97

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

170.14 “ Bienheureux serai-je si on m’outrage et me calomnie. ”

Ne faites que ce qui peut mĂ©riter l’inscription de votre nom dans les livres cĂ©lestes, lĂ  oĂč les noms ne sont pas notĂ©s en fonction des mensonges des hommes et les louanges dĂ©cernĂ©es Ă  ceux qui les mĂ©ritent le moins. En revanche, les oeuvres des bons y sont inscrites avec justice et amour pour qu’ils puissent recevoir la rĂ©compense promise Ă  ceux qui sont bĂ©nis de Dieu.

Jusqu’à prĂ©sent, on a calomniĂ© et outragĂ© les prophĂštes. Mais quand s’ouvriront les portes des Cieux, ils entreront comme des rois imposants dans la CitĂ© de Dieu et les anges s’inclineront devant eux en chantant de joie. Vous aussi, outragĂ©s et calomniĂ©s pour avoir appartenu Ă  Dieu, vous parviendrez au triomphe cĂ©leste et, quand le temps sera fini et le Paradis rempli, alors toute larme vous sera chĂšre parce que, par elle, vous aurez conquis cette gloire Ă©ternelle qu’au nom du PĂšre je vous promets.

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EMV 170.14 · Tome 3, p. 97

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Quand le temps sera fini et le Paradis rempli, alors toute larme vous sera chĂšre parce que, par elle, vous aurez conquis cette gloire Ă©ternelle qu’au nom du PĂšre je vous promets.

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EMV 171 · Tome 3, p. 97-104

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

JĂ©sus est toujours sur les Cornes d'Hattin, il continue le sermon sur la montagne. En premier lieu, le Seigneur rappelle qu'il ne change pas d'un iota la Loi, parce que c'est Lui-mĂȘme qui l'a donnĂ©e avec la trĂšs sainte TrinitĂ©. Cependant, le Christ vient la complĂ©ter, sans pour autant la surcharger comme le font les hommes.

AprÚs avoir défini l'homme saint, le Christ continue en disant que celui qui suit l'un des plus petits commandements sera grand dans le Royaume des Cieux et que celui qui violera l'un des Commandements sera l'un des plus petits dans le Royaume céleste. Le Maßtre enjoint à ne pas avoir la justice des pharisiens et des scribes, et il enjoint encore les hommes à se méfier des faux prophÚtes.

Dans un second temps, JĂ©sus revient sur l'amour du prochain et donne quelques traits qu'on retrouve dans l'Evangile : aimer et pardonner, tendre l'autre joue en pensant qu'il vaut mieux qu'il nous frappe plutĂŽt qu'il ne s'en prenne Ă  quelqu'un qui ne pourra la supporter, et ainsi de suite. Il invite Ă  se montrer gĂ©nĂ©reux, Ă  donner notre tunique pour ne pas que notre frĂšre commette un double vol si on cherche Ă  nous dĂ©rober, quelque chose. Enfin, le Christ revient sur la parole : "Oeil pour oeil, dent pour dent" pour la remplacer par l'amour, et il nous encourage Ă  ĂȘtre parfait comme notre PĂšre cĂ©leste, Ă  ne pas nous fĂącher et Ă  ne pas garder de la rancune contre le prochain, mais Ă  nous rĂ©concilier avec lui.

Quand le MaĂźtre termine son discours, JĂ©sus parle de quelqu'un qui le hait, et qui n'ose pas demander le miracle. Le Seigneur accomplit quand mĂȘme un prodige pour le guĂ©rir, mais quand ses apĂŽtres l'interrogent, il leur dĂ©clare que les Ă©cailles sont tombĂ©es de ses yeux, et pas de son coeur.

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EMV 171.1-6 · Tome 3, p. 97-104

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

171.1 Le sermon sur la montagne continue.

Le lieu et l’heure sont toujours les mĂȘmes. Il y a encore plus d’affluence. Dans un coin, prĂšs d’un sentier, comme s’il voulait entendre sans provoquer l’hostilitĂ© de la foule, se tient un romain. Je le reconnais Ă  son vĂȘtement court et Ă  son manteau diffĂ©rent. Etienne et Hermas sont encore lĂ .

Jésus regagne lentement sa place et se remet à parler.

« AprĂšs ce que je vous ai dit hier, vous ne devez pas penser que je suis venu abolir la Loi. Non. Seulement, puisque je suis l’Homme et que je comprends les faiblesses de l’homme, j’ai voulu vous encourager Ă  la suivre en dirigeant votre regard spirituel, non pas vers l’abĂźme des tĂ©nĂšbres, mais vers l’AbĂźme de lumiĂšre. Car, si la peur du chĂątiment peut retenir trois fois sur dix, la certitude de la rĂ©compense vous donne de l’élan sept fois sur dix. La confiance est donc plus efficace que la peur. Et je veux que vous la possĂ©diez pleinement, avec assurance, pour pouvoir rĂ©aliser, non pas sept parts de bien sur dix, mais dix parts sur dix et conquĂ©rir cette trĂšs sainte rĂ©compense du Ciel.

Je ne change pas un iota de la Loi. Qui l’a donnĂ©e au milieu des foudres du SinaĂŻ ? Le TrĂšs-Haut. Et qui est le TrĂšs-Haut ? Le Dieu un et trine. D’oĂč l’a-t-il tirĂ©e ? De sa PensĂ©e. Comment l’a-t-il transmise ? Par sa Parole. Pourquoi l’a-t-il donnĂ©e ? En raison de son Amour. Vous voyez donc que la TrinitĂ© Ă©tait prĂ©sente. Et le Verbe, obĂ©issant comme toujours Ă  la PensĂ©e et Ă  l’Amour, a parlĂ© au nom de la PensĂ©e et au nom de l’Amour.

Pourrais-je me dĂ©mentir moi-mĂȘme ? Non, ce me serait impossible. Mais comme je peux tout, je peux complĂ©ter la Loi, la rendre divinement complĂšte, non pas telle que l’ont faite les hommes qui, au cours des siĂšcles, l’ont rendue non pas complĂšte, mais seulement indĂ©chiffrable, irrĂ©alisable, en y superposant lois et rĂšglements, rĂšglements et lois, tirĂ©s de leur propre pensĂ©e en accord avec leurs intĂ©rĂȘts de maniĂšre Ă  lapider et Ă©touffer, Ă  dĂ©former et rendre stĂ©rile la Loi trĂšs sainte donnĂ©e par Dieu. Est-ce qu’une plante peut survivre si on la submerge continuellement sous des avalanches, des dĂ©combres, des inondations ? Non : la plante meurt. La Loi est morte dans beaucoup de cƓurs, enterrĂ©e sous l’avalanche de trop de surcharges. Je suis venu les enlever toutes et, la Loi une fois sortie du tombeau, une fois ressuscitĂ©e, j’en fais, non plus une loi mais une reine.

171.2 Ce sont les reines qui promulguent les lois. Les lois sont l’Ɠuvre des reines, mais elles ne sont pas plus grandes que des reines. Moi, au contraire, je fais de la Loi la reine : je la complĂšte, je la couronne en dĂ©posant Ă  son sommet le diadĂšme des conseils Ă©vangĂ©liques. Auparavant, il y avait l’ordre. DĂ©sormais, il y a mieux que l’ordre. Auparavant, il y avait l’indispensable. DĂ©sormais, il y a mieux que l’indispensable : la perfection. Celui qui dispose de la Loi comme je vous la donne devient roi, car il atteint la “ perfection ” : il n’a pas Ă©tĂ© seulement obĂ©issant, mais hĂ©roĂŻque, c’est-Ă -dire saint. Car la saintetĂ© est l’ensemble des vertus portĂ©es au sommet le plus Ă©levĂ© que puisse atteindre la crĂ©ature, des vertus aimĂ©es hĂ©roĂŻquement et servies avec un dĂ©tachement complet de tout ce qui est appĂ©tit ou rĂ©flexion humaine envers quoi que ce soit.

Je pourrais dire que le saint est celui chez qui l’amour et le dĂ©sir s’opposent Ă  toute vue qui ne soit pas Dieu. N’étant pas distrait par des vues infĂ©rieures, il garde les yeux du cƓur fixĂ©s sur la Splendeur toute sainte qui est Dieu et en qui il voit – puisque tout est en Dieu – ses frĂšres s’agiter et tendre leurs mains suppliantes ; et, sans dĂ©tourner ses yeux de Dieu, le saint s’épanche sur ses frĂšres suppliants. Contre la chair, contre les richesses, contre le confort, il dresse son idĂ©al : servir. Le saint, un ĂȘtre pauvre, un ĂȘtre amoindri ? Non : il est arrivĂ© Ă  possĂ©der la sagesse et la richesse vĂ©ritables. Il possĂšde donc tout. Et il ne sent pas la fatigue, car, s’il est vrai qu’il ne cesse de produire, il est tout aussi vrai qu’il ne cesse de se nourrir. S’il est vrai qu’il comprend la souffrance du monde, il est tout aussi vrai qu’il se nourrit de la joie du Ciel. C’est de Dieu que lui vient sa nourriture, c’est en Dieu qu’il trouve sa joie. Le saint est la personne qui a compris le sens de la vie.

Comme vous le voyez, je ne change ni ne mutile la Loi, comme je ne la corromps pas en lui superposant des thĂ©ories humaines toujours en fermentation. Je la complĂšte plutĂŽt. Elle est ce qu’elle est, et telle elle restera jusqu’au dernier jour, sans qu’on en change un seul mot ou qu’on en supprime le moindre commandement. Mais elle est couronnĂ©e de perfection. Pour obtenir le salut, il suffit de l’accepter telle qu’elle a Ă©tĂ© donnĂ©e. Pour obtenir l’union immĂ©diate Ă  Dieu, il faut la vivre comme je conseille de le faire. Mais puisque les hĂ©ros sont l’exception, je vais parler pour les Ăąmes ordinaires, pour la masse des Ăąmes, afin qu’on ne prĂ©tende pas que, pour vouloir la perfection, je laisse dans l’inconnu ce qui est nĂ©cessaire. Cependant, de ce que je vous dis, retenez bien ceci : celui qui se permet de violer l’un des plus petits de ces commandements sera considĂ©rĂ© comme l’un des plus petits dans le Royaume des Cieux. Et celui qui en amĂšnera d’autres Ă  les violer sera considĂ©rĂ© comme trĂšs petit, lui-mĂȘme et celui qu’il a amenĂ© Ă  les violer. A l’opposĂ©, l’homme qui, par sa vie et ses Ɠuvres plus encore que par ses paroles, aura persuadĂ© les autres d’obĂ©ir, celui-lĂ  sera grand dans le Royaume des Cieux et sa grandeur s’accroĂźtra pour chacun de ceux qu’il aura portĂ©s Ă  obĂ©ir et Ă  se sanctifier de cette façon.

171.3 Je sais que ce que je vais dire sera dĂ©sagrĂ©able pour un grand nombre. Mais je ne puis mentir, mĂȘme si la vĂ©ritĂ© que je vais Ă©noncer me crĂ©e des ennemis.

En vĂ©ritĂ©, je vous dis ceci : si votre justice ne se recrĂ©e pas en se dĂ©tachant complĂštement de cette pauvre chose qu’on a injustement dĂ©nommĂ©e justice, celle que les scribes et les pharisiens vous ont enseignĂ©e, si vous n’ĂȘtes pas beaucoup plus justes – vraiment justes – que les pharisiens et les scribes qui croient l’ĂȘtre en accumulant les formules, mais sans changer profondĂ©ment leur Ăąme, vous n’entrerez pas au Royaume des Cieux.

Gardez-vous des faux prophĂštes et de ceux qui enseignent l’erreur. Ils viennent Ă  vous comme des agneaux, mais ce sont des loups rapaces. Ils viennent Ă  vous sous des dehors de saintetĂ©, mais ils se moquent de Dieu. Ils prĂ©tendent aimer la vĂ©ritĂ©, mais se nourrissent de mensonges. Examinez-les avant de les suivre.

L’homme a une langue pour parler, des yeux pour voir et des mains pour faire des gestes. Mais il y a autre chose qui tĂ©moigne avec plus de vĂ©ritĂ© de ce qu’il est rĂ©ellement : ses actes. Et que voulez-vous que soient deux mains jointes pour la priĂšre si ensuite l’homme est voleur et adultĂšre ? Que sont deux yeux qui chavirent de tous cĂŽtĂ©s pour jouer aux inspirĂ©s, si ensuite, une fois passĂ©e l’heure de la comĂ©die, ils se plaisent Ă  regarder avidement la femme ou l’ennemi dans un dĂ©sir de luxure ou d’homicide ? Que voulez-vous que soit la langue qui sait entonner la chanson mensongĂšre des Ă©loges et sĂ©duire par des paroles mielleuses quand, par derriĂšre, elle vous calomnie et est capable de se parjurer pour vous faire passer pour des gens mĂ©prisables ? Qu’est la langue qui fait de longues oraisons hypocrites, mais s’en va aussitĂŽt dĂ©truire la rĂ©putation du prochain ou sĂ©duire sa bonne foi ? Elle est rĂ©pugnante ! Les yeux et les mains qui mentent sont rĂ©pugnants. Mais les actes de l’homme, ses vrais actes, c’est-Ă -dire sa façon de se comporter en famille, dans le commerce, envers son prochain et ses serviteurs, voilĂ  ce qui tĂ©moigne : “ Voici un serviteur du Seigneur. ” Car les actions saintes sont le fruit d’une religion vraie.

Un bon arbre ne donne pas de mauvais fruits, comme un arbre mauvais ne donne pas de bons fruits. Ces ronces pleines d’épines pourront-elles donner des raisins savoureux ? Et ces chardons encore plus piquants pourront-ils faire mĂ»rir des figues dĂ©licieuses ? Non, en vĂ©ritĂ© vous ne cueillerez sur les premiĂšres que quelques mĂ»res peu agrĂ©ables et ce sont des fruits immangeables que donneront ces fleurs, Ă©pineuses bien qu’elles soient des fleurs.

L’homme qui n’est pas juste pourra inspirer le respect par son aspect, mais par cela uniquement. MĂȘme ce chardon plumeux ressemble Ă  une touffe de fils d’argent trĂšs fins que la rosĂ©e a ornĂ©e de diamants. Mais si par inadvertance vous le touchez, vous voyez que cette touffe n’est qu’une masse de piquants qui vous font souffrir, et sont nuisibles aux brebis. Aussi les bergers les arrachent-ils de leurs pĂąturages et ils les jettent au feu allumĂ© pendant la nuit pour que mĂȘme les graines n’échappent pas Ă  la destruction. Juste mesure de prĂ©voyance. Moi, je ne vous dis pas : “ Tuez les faux prophĂštes et les fidĂšles hypocrites ”, mais au contraire : “ Laissez-en la charge Ă  Dieu. ” Je vous dis pourtant : “ Faites attention, Ă©cartez-vous-en pour ne pas ĂȘtre empoisonnĂ©s par leurs sucs. ”

171.4 je vous ai enseignĂ© hier comment Dieu doit ĂȘtre aimĂ©. J’insiste maintenant sur la façon dont on doit aimer le prochain.

On disait autrefois : “ Tu aimeras ton ami et tu haĂŻras ton ennemi. ” Non, qu’il n’en aille pas ainsi. C’était bon pour les temps oĂč l’homme n’avait pas le rĂ©confort du sourire de Dieu. Mais maintenant viennent des temps nouveaux, des temps oĂč Dieu aime tant l’homme qu’il lui envoie son Verbe pour le racheter. Maintenant le Verbe parle, et c’est dĂ©jĂ  la grĂące qui se rĂ©pand. Puis le Verbe consommera le sacrifice de paix et de rĂ©demption ; alors la grĂące, non seulement sera rĂ©pandue, mais elle sera donnĂ©e Ă  toute Ăąme qui croit au Christ. C’est pour cela qu’il faut Ă©lever l’amour du prochain Ă  la perfection qui ne fait pas de distinction entre l’ami et l’ennemi.

On vous calomnie ? Aimez et pardonnez. On vous frappe ? Aimez et tendez l’autre joue Ă  celui qui vous gifle, en pensant qu’il vaut mieux que sa colĂšre s’en prenne Ă  vous qui savez la supporter plutĂŽt qu’à un autre qui se vengerait de l’affront. On vous a volĂ©s ? Ne pensez pas : “ Mon prochain est un ĂȘtre cupide ”, mais pensez charitablement : “ Mon pauvre frĂšre est dans le besoin ” et donnez-lui aussi votre tunique s’il vous a dĂ©jĂ  pris votre manteau. Vous le mettrez dans l’impossibilitĂ© de faire un double vol car il n’aura plus besoin de voler la tunique d’un autre. Vous rĂ©pondez : “ Ce pourrait ĂȘtre par vice et non par nĂ©cessitĂ©. ” Eh bien, donnez-le quand mĂȘme ! Dieu vous en rĂ©compensera et l’injuste expiera. Mais souvent – et cela rappelle ce que j’ai dit hier sur la douceur –, le pĂ©cheur qui se voit ainsi traitĂ© renoncera sincĂšrement Ă  son vice et se rachĂštera en rĂ©parant son vol par la restitution.

Montrez-vous gĂ©nĂ©reux envers ceux, plus honnĂȘtes, qui vous demandent ce dont ils ont besoin, au lieu de vous voler. Si les riches Ă©taient rĂ©ellement pauvres en esprit comme je vous l’ai enseignĂ© hier, ces pĂ©nibles inĂ©galitĂ©s sociales, causes de tant de malheurs humains et surnaturels, n’existeraient plus. Pensez toujours : “ Mais si, moi, j’avais Ă©tĂ© dans le besoin, quel effet m’aurait fait le refus d’une aide ? ” et agissez d’aprĂšs votre rĂ©ponse. Faites aux autres ce que vous voudriez qu’on vous fasse et ne leur faites pas ce que vous ne voudriez pas qu’il vous soit fait.

L’ancienne parole : “ Ɠil pour Ɠil, dent pour dent ” ne se trouve pas dans les dix commandements, mais on l’a ajoutĂ©e parce que l’homme privĂ© de la grĂące est tellement fĂ©roce qu’il ne peut comprendre que la vengeance. Elle est annulĂ©e, bien sĂ»r qu’elle est annulĂ©e, par ce nouveau prĂ©cepte : “ Aime celui qui te hait, prie pour celui qui te persĂ©cute, justifie celui qui te calomnie, bĂ©nis celui qui te maudit, fais du bien Ă  celui qui te fait du tort, montre-toi pacifique envers le querelleur, indulgent avec celui qui t’importune, volontiers secourable pour celui qui te sollicite. Ne sois pas usurier, ne critique pas, ne juge pas. ” Vous ne connaissez pas les tenants et les aboutissants des actions des hommes. Lorsqu’il s’agit d’aider, de quelque maniĂšre que ce soit, soyez gĂ©nĂ©reux, soyez misĂ©ricordieux. Plus vous donnerez, plus l’on vous donnera, et Dieu versera dans le sein de l’homme gĂ©nĂ©reux une mesure pleine et bien tassĂ©e. Dieu vous le rendra non seulement pour ce que vous avez donnĂ©, mais bien davantage. Cherchez Ă  aimer et Ă  vous faire aimer. Les procĂšs coĂ»tent plus cher qu’un arrangement Ă  l’amiable et la bonne grĂące est comme du miel dont la saveur reste longtemps sur la langue.

171.5 Aimez, aimez ! Aimez amis et ennemis pour ĂȘtre semblables Ă  votre PĂšre qui fait pleuvoir sur les bons et les mĂ©chants et fait luire son soleil sur les justes et les injustes ; il se rĂ©serve d’accorder un soleil et des rosĂ©es Ă©ternels, ainsi que le feu et la grĂȘle de l’enfer quand on aura triĂ© les bons comme des Ă©pis choisis dans les gerbes de la moisson. Il ne suffit pas d’aimer ceux qui vous aiment et de qui vous espĂ©rez quelque retour. Il n’y a guĂšre de mĂ©rite Ă  cela : c’est une joie et mĂȘme les hommes naturellement honnĂȘtes savent le faire. MĂȘme les publicains et les paĂŻens le font. Mais vous, aimez Ă  la ressemblance de Dieu, et aimez par respect pour Dieu, qui est aussi le CrĂ©ateur de ceux qui sont pour vous des ennemis ou des gens peu aimables. Je veux en vous la perfection de l’amour, et c’est pourquoi je vous dis : “ Soyez parfaits comme votre PĂšre qui est dans les Cieux est parfait. ”

Si grand est le commandement d’amour pour le prochain, le perfectionnement du commandement d’amour pour le prochain, que je ne vous dis plus comme il Ă©tait Ă©crit : “ Ne tuez pas ” car celui qui tue sera condamnĂ© par les hommes. Mais je vous dis : “ Ne vous fĂąchez pas ”, car vous ĂȘtes soumis Ă  un jugement plus Ă©levĂ© qui tient compte mĂȘme des actions immatĂ©rielles. Celui qui aura insultĂ© son frĂšre sera condamnĂ© par le SanhĂ©drin. Mais celui qui l’aura traitĂ© de fou et lui aura donc fait du tort sera condamnĂ© par Dieu.

Il est inutile de faire des offrandes Ă  l’autel si, auparavant, du fond du cƓur, on n’a pas sacrifiĂ© ses propres rancƓurs pour l’amour de Dieu et si l’on n’a pas accompli le rite trĂšs saint de savoir pardonner. Par consĂ©quent, quand tu es sur le point de faire une offrande Ă  Dieu, si tu te souviens d’avoir mal agi envers ton frĂšre ou d’éprouver de la rancƓur pour une de ses fautes, laisse ton offrande devant l’autel, immole d’abord ton amour-propre en te rĂ©conciliant avec lui et reviens ensuite Ă  l’autel : alors seulement, ton sacrifice sera saint.

Un bon accord est toujours la meilleure des affaires. Le jugement de l’homme est prĂ©caire, et celui qui le brave obstinĂ©ment pourrait bien perdre sa cause et devoir payer Ă  son adversaire jusqu’à son dernier sou ou languir en prison.

En toutes choses, Ă©levez votre regard vers Dieu. Demandez-vous : “ Ai-je le droit de faire aux autres ce que Dieu ne me fait pas, Ă  moi ? ” Car Dieu n’est pas inexorable et obstinĂ© comme vous. Malheur Ă  vous s’il l’était ! Personne ne serait sauvĂ©. Que cette rĂ©flexion vous amĂšne Ă  des sentiments doux, humbles, pleins de pitiĂ©. Alors vous obtiendrez de Dieu votre rĂ©compense, ici-bas et aprĂšs.

171.6 Il y a ici, devant moi, un homme qui me hait et qui n’ose pas me dire : “ GuĂ©ris-moi ” parce qu’il sait que je connais ses pensĂ©es. Mais moi, je dis : “ Qu’il te soit fait comme tu le dĂ©sires. Et comme les Ă©cailles tombent de tes yeux, que la rancƓur et les tĂ©nĂšbres te tombent du cƓur. ” Partez tous avec ma paix. Je vous parlerai encore demain. »

Les gens s’éloignent lentement ; ils attendent peut-ĂȘtre l’annonce d’un miracle qui ne se produit pas.

MĂȘme les apĂŽtres et les disciples les plus anciens, restĂ©s sur la montagne, demandent :

« Mais qui Ă©tait-ce ? Il n’est peut-ĂȘtre pas guĂ©ri ? »

Et ils insistent auprÚs du Maßtre resté debout, les bras croisés, qui regarde les gens descendre.

Dans un premier temps, Jésus ne répond pas, puis il dit :

« Les yeux sont guĂ©ris, mais pas l’ñme. Elle ne le peut pas car elle est chargĂ©e de haine.

– Mais qui est-ce ? Ce romain, peut-ĂȘtre ?

– Non. Un pauvre homme


– Dans ce cas, pourquoi l’avoir guĂ©ri ? demande Pierre.

– Devrais-je foudroyer tous ceux qui lui ressemblent ?

– Seigneur
 je sais que tu ne veux pas que je dise : “ oui ”, par consĂ©quent je ne le dis pas
 mais je le pense
 et cela revient au mĂȘme


– En effet, Simon-Pierre, mais sache qu’alors
 Ah ! Que de cƓurs couverts des Ă©cailles de la haine autour de moi ! Viens. Montons au sommet regarder de lĂ -haut notre belle mer de GalilĂ©e. Toi et moi, seuls. »

Annotation

Matthieu 5, 17-25 et 38-48

Mt 5, 17-25 et 38-48

« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les ProphĂštes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaĂźtra de la Loi jusqu’à ce que tout se rĂ©alise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes Ă  faire ainsi, sera dĂ©clarĂ© le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-lĂ  sera dĂ©clarĂ© grand dans le royaume des Cieux. Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

« Vous avez appris qu’il a Ă©tĂ© dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colĂšre contre son frĂšre devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frĂšre, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la gĂ©henne de feu. Donc, lorsque tu vas prĂ©senter ton offrande Ă  l’autel, si, lĂ , tu te souviens que ton frĂšre a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, lĂ , devant l’autel, va d’abord te rĂ©concilier avec ton frĂšre, et ensuite viens prĂ©senter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour Ă©viter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payĂ© jusqu’au dernier sou.

(...) Vous avez appris qu’il a Ă©tĂ© dit : ƒil pour Ɠil, et dent pour dent. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au mĂ©chant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te rĂ©quisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne ; Ă  qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos !

Vous avez appris qu’il a Ă©tĂ© dit : Tu aimeras ton prochain et tu haĂŻras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persĂ©cutent, afin d’ĂȘtre vraiment les fils de votre PĂšre qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les mĂ©chants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle rĂ©compense mĂ©ritez-vous ? Les publicains eux-mĂȘmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frĂšres, que faites-vous d’extraordinaire ? Les paĂŻens eux-mĂȘmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre PĂšre cĂ©leste est parfait.

Matthieu 7, 15-20

Mt 7, 15-20

MĂ©fiez-vous des faux prophĂštes qui viennent Ă  vous dĂ©guisĂ©s en brebis, alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces. C’est Ă  leurs fruits que vous les reconnaĂźtrez. Va-t-on cueillir du raisin sur des Ă©pines, ou des figues sur des chardons ? C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l’arbre qui pourrit donne des fruits mauvais. Un arbre bon ne peut pas donner des fruits mauvais, ni un arbre qui pourrit donner de beaux fruits. Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupĂ© et jetĂ© au feu. Donc, c’est Ă  leurs fruits que vous les reconnaĂźtrez.

Luc 6, 27-38 et 43-45

Lc 6, 27-38 et 43-45

(...) Je vous le dis, Ă  vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien Ă  ceux qui vous haĂŻssent. Souhaitez du bien Ă  ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. À celui qui te frappe sur une joue, prĂ©sente l’autre joue. À celui qui te prend ton manteau, ne refuse pas ta tunique. Donne Ă  quiconque te demande, et Ă  qui prend ton bien, ne le rĂ©clame pas. Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance mĂ©ritez-vous ? MĂȘme les pĂ©cheurs aiment ceux qui les aiment. Si vous faites du bien Ă  ceux qui vous en font, quelle reconnaissance mĂ©ritez-vous ? MĂȘme les pĂ©cheurs en font autant. Si vous prĂȘtez Ă  ceux dont vous espĂ©rez recevoir en retour, quelle reconnaissance mĂ©ritez-vous ? MĂȘme les pĂ©cheurs prĂȘtent aux pĂ©cheurs pour qu’on leur rende l’équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prĂȘtez sans rien espĂ©rer en retour. Alors votre rĂ©compense sera grande, et vous serez les fils du TrĂšs-Haut, car lui, il est bon pour les ingrats et les mĂ©chants.

Soyez misĂ©ricordieux comme votre PĂšre est misĂ©ricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugĂ©s ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnĂ©s. Pardonnez, et vous serez pardonnĂ©s. Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassĂ©e, secouĂ©e, dĂ©bordante, qui sera versĂ©e dans le pan de votre vĂȘtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous.

(...) Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit. Chaque arbre, en effet, se reconnaĂźt Ă  son fruit : on ne cueille pas des figues sur des Ă©pines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. L’homme bon tire le bien du trĂ©sor de son cƓur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cƓur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui dĂ©borde du cƓur. »

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EMV 171.1 · Tome 3, p. 97

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Si la peur du chĂątiment peut retenir trois fois sur dix, la certitude de la rĂ©compense vous donne de l’élan sept fois sur dix. La confiance est donc plus efficace que la peur. Et je veux que vous la possĂ©diez pleinement, avec assurance, pour pouvoir rĂ©aliser, non pas sept parts de bien sur dix, mais dix parts sur dix et conquĂ©rir cette trĂšs sainte rĂ©compense du Ciel.

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EMV 171.2 · Tome 3, p. 98

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Celui qui dispose de la Loi comme je vous la donne devient roi, car il atteint la “ perfection ” : il n’a pas Ă©tĂ© seulement obĂ©issant, mais hĂ©roĂŻque, c’est-Ă -dire saint. Car la saintetĂ© est l’ensemble des vertus portĂ©es au sommet le plus Ă©levĂ© que puisse atteindre la crĂ©ature, des vertus aimĂ©es hĂ©roĂŻquement et servies avec un dĂ©tachement complet de tout ce qui est appĂ©tit ou rĂ©flexion humaine envers quoi que ce soit.

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