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Confort de lecture

EMV 167.13 · Tome 3, p. 63

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

167.13 Plautina rĂ©flĂ©chit profondĂ©ment. JĂ©sus l’observe en silence. Finalement, elle demande :

« Et toi, tu as une ùme ?

– Certainement.

– Mais es-tu Dieu ou non ?

– Je suis Dieu. Je te l’ai dit. Mais maintenant j’ai pris une nature humaine. Sais-tu pour quelle raison ? Parce que c’est seulement par mon sacrifice que je pouvais rĂ©soudre les difficultĂ©s qui dĂ©passent votre entendement et, aprĂšs avoir abattu l’erreur, libĂ©rer aussi l’ñme d’un esclavage que je ne puis t’expliquer pour l’instant. C’est pourquoi j’ai enfermĂ© la Sagesse dans un corps, la SaintetĂ© dans un corps. Je rĂ©pands la Sagesse comme une semence sur la terre, comme le pollen au vent ; et comme d’une amphore prĂ©cieuse que l’on a brisĂ©e, la SaintetĂ© coulera sur le monde Ă  l’heure de la grĂące et sanctifiera les hommes. Alors, le Dieu inconnu sera connu.

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EMV 167.14 · Tome 3, p. 64

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

L'homme "ignore Dieu mais a besoin de croire, car la foi est l’état permanent et nĂ©cessaire de l’homme."

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EMV 168.1-10 · Tome 3, p. 65-76

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Marie est seule à Nazareth. On frappe à la porte. C'est Aglaé qui demande pitié au nom de Jésus. Marie l'accueille aussitÎt, mais la jeune femme est en larmes. Elle se considÚre comme une moins que rien, mais la Vierge la met en confiance et l'invite à parler.

AglaĂ© confesse alors toute sa vie. Elle parle de sa jeunesse, de ses parents, de son attirance pour les spectacles Ă  Syracuse. Elle parle d'un patricien romain devant qui elle a dansĂ© en Ă©tant quasiment dĂ©nudĂ©e. Elle avoue l'avoir suivi pour aller Ă  Rome, oĂč elle a menĂ© une vie de dĂ©bauche. Le patricien s'Ă©tant lassĂ©, elle a survĂ©cu en exploitant ses talents de danse. Un maĂźtre de danse l'accueille, perfectionne son art, puis la lance dans le patriarcat corrompu de Rome. Finalement, on l'a amenĂ©e en Palestine, et son nouveau maĂźtre l'a conduite Ă  HĂ©bron oĂč elle dĂ©couvre qui est JĂ©sus.

Elle fuit un peu plus tard et retrouve JĂ©sus Ă  la Belle-Eau. C'est la femme voilĂ©e. Mais bientĂŽt, on s'en prend au MaĂźtre. Il doit s'en aller, et AglaĂ©, de son cĂŽtĂ©, l'attend, sauf qu'elle est repĂ©rĂ©e par des pharisiens. Elle s'en va en consĂ©quence Ă  Nazareth mais la Vierge n'est alors pas prĂ©sente. Alors elle va Ă  CapharnaĂŒm, oĂč on lui propose d'ĂȘtre l'amante du Christ, et elle n'ose pas se reprĂ©senter au Seigneur de cette façon. La jeune femme va Ă  Nazareth et lui avoue tout.

Marie est bouleversée par son récit, mais elle lui assure que tout commence pour cette ùme repentie et l'accueille dans sa maison. La Vierge lui assure par ailleurs le pardon du Christ et dit qu'elle la confiera à une famille amie. En attendant, Aglaé logera à Nazareth.

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EMV 168.1-10 · Tome 3, p. 65-76

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

168.1 Marie travaille paisiblement sur une toile. C’est le soir. Toutes les portes sont fermĂ©es, une lampe Ă  trois becs Ă©claire la petite piĂšce de Nazareth et plus particuliĂšrement la table auprĂšs de laquelle la Vierge est assise. La toile – c’est peut-ĂȘtre un drap – retombe du coffre et de ses genoux jusqu’à terre et Marie, vĂȘtue de bleu foncĂ©, paraĂźt Ă©merger d’un tas de neige. Elle est seule. Elle coud avec agilitĂ©, la tĂȘte penchĂ©e sur son ouvrage, et la lumiĂšre Ă©claire le haut de sa tĂȘte en y produisant des reflets d’or pĂąle. Le reste du visage est dans la pĂ©nombre.

Dans la piĂšce bien rangĂ©e rĂšgne le plus grand silence. Il ne vient mĂȘme aucun bruit de la rue, dĂ©serte pendant la nuit, et pas plus du jardin. La lourde porte qui, de la piĂšce oĂč Marie travaille – celle oĂč elle a l’habitude de prendre ses repas et de recevoir ses amis –, conduit au jardin, est fermĂ©e et fait mĂȘme obstacle au bruit de la fontaine qui jaillit dans le bassin. Je voudrais bien savoir Ă  quoi peut penser la Vierge pendant que ses mains s’activent sur sa couture


On frappe discrĂštement Ă  la porte qui donne sur la rue. Marie lĂšve la tĂȘte, Ă©coute
 Le coup a Ă©tĂ© si lĂ©ger que Marie doit penser qu’il est le fait de quelque animal nocturne ou d’un peu de vent qui a secouĂ© la porte, et elle penche de nouveau la tĂȘte sur son travail. Mais on frappe plus distinctement. Marie se lĂšve et se dirige vers la porte. Avant d’ouvrir, elle demande :

« Qui frappe ? »

Une voix faible répond :

« Une femme. Au nom de Jésus, ouvre-moi. »

Marie ouvre aussitĂŽt, en tenant haut la lampe pour distinguer qui est cette pĂšlerine. Elle voit un amas d’étoffe, un enchevĂȘtrement dont rien ne transparaĂźt, un pauvre enchevĂȘtrement qui s’incline profondĂ©ment en disant :

« Salut, Maßtresse. »

Et elle répÚte :

« Au nom de Jésus, aie pitié de moi.

– Entre et dis-moi ce que tu veux. Je ne te connais pas.

– Personne ne me connaĂźt et beaucoup me connaissent, MaĂźtresse. Le vice me connaĂźt. La saintetĂ© elle aussi me connaĂźt. Mais j’ai besoin que la misĂ©ricorde m’ouvre les bras. Or la misĂ©ricorde, c’est toi
 »

Elle pleure.

« Mais entre donc
 et dis-moi
 Tu en as assez dit pour que je comprenne que tu es malheureuse
 Mais qui tu es, je ne le sais toujours pas. Quel est ton nom, ma sƓur ?

– Ah non ! Pas “ ma sƓur ” ! Je ne puis ĂȘtre ta sƓur
 Tu es la MĂšre du Bien
 moi
 moi je suis le mal
 »

Elle redouble de larmes sous son manteau qui la cache entiĂšrement.

Marie pose la lampe sur un siĂšge, prend la main de l’inconnue agenouillĂ©e sur le seuil, et l’oblige Ă  se lever.

168.2 Marie ne la connaĂźt pas
 moi, si : c’est la femme voilĂ©e de la Belle Eau.

Elle se lÚve, humble, tremblante, secouée de sanglots, mais hésite encore à entrer :

« Je suis paĂŻenne, MaĂźtresse. Pour vous, les juifs, autant dire une ordure, mĂȘme si j’étais sainte. Mais une ordure Ă  double titre, parce que je suis une prostituĂ©e.

– Si tu viens Ă  moi, si tu cherches mon Fils Ă  travers moi, tu ne peux plus ĂȘtre qu’un cƓur qui se repent. Cette maison accueille tout ce qui s’appelle douleur. »

Et elle l’attire Ă  l’intĂ©rieur, referme la porte, remet la lampe sur la table et lui offre un siĂšge en disant :

« Parle. »

Mais la femme voilĂ©e ne veut pas s’asseoir ; lĂ©gĂšrement inclinĂ©e, elle continue Ă  pleurer. Marie, douce et majestueuse, se tient devant elle. Elle attend, en priant, que son chagrin s’apaise. Je la vois qui prie Ă  toute son attitude, bien que rien en elle ne rĂ©vĂšle qu’elle prie. Ni ses mains, qui tiennent toujours la petite main de la femme voilĂ©e, ni ses lĂšvres closes.

Enfin, les pleurs se calment. La femme voilĂ©e s’essuie le visage de son voile, puis dit :

« Mais je ne suis pas venue de si loin pour rester inconnue. C’est l’heure de ma rĂ©demption et je dois me rĂ©vĂ©ler pour
 pour te montrer de combien de plaies mon cƓur est couvert
 Or
 tu es une mĂšre
 sa MĂšre
 par consĂ©quent tu auras pitiĂ© de moi.

– Oui, ma fille.

– Oh, oui ! Appelle-moi “ ma fille ” ! J’avais une mĂšre
 mais je l’ai abandonnĂ©e
 On m’a appris par la suite qu’elle en Ă©tait morte de chagrin
 J’avais un pĂšre
 il m’a maudite, et il disait aux gens de la ville : “ Je n’ai plus de fille. ” »

Une violente crise de larmes la saisit. Marie est peinĂ©e jusqu’à en pĂąlir. Mais elle lui pose une main sur la tĂȘte pour la rĂ©conforter. La femme voilĂ©e reprend :

« Je n’aurai plus personne qui m’appelle “ ma fille ” ! Oui, comme ça, caresse-moi comme ça, comme ma mĂšre le faisait
 quand j’étais pure et bonne
 Laisse-moi t’embrasser la main et m’en servir pour essuyer mes larmes. Elles seules ne me lavent pas. Comme j’ai pleurĂ© depuis que j’ai compris ! Certes, j’avais aussi pleurĂ© auparavant, car c’est horrible de n’ĂȘtre qu’une chair vendue, insultĂ©e par l’homme. Mais ce n’étaient que les plaintes d’un animal brutalisĂ© qui hait et se rĂ©volte contre celui qui le torture et le souille toujours plus
 je changeais de maĂźtre, mais c’était toujours la mĂȘme bestialité  Cela fait huit mois que je pleure
 parce que j’ai compris
 J’ai compris ma misĂšre, ma pourriture. J’en suis couverte et cela me donne la nausĂ©e
 Mais mes larmes ont beau ĂȘtre toujours plus conscientes, elles ne me lavent pas. Elles se mĂȘlent Ă  ma pourriture, mais ne l’enlĂšvent pas. Oh ! MĂšre, essuie-moi de ces larmes, et je serai purifiĂ©e, je pourrai m’approcher de mon Sauveur !

– Oui, ma fille, oui. Assieds-toi lĂ , avec moi, et parle en paix. DĂ©pose tout ton fardeau ici, sur mes genoux de MĂšre. »

Marie s’assied.

168.3 Mais la femme voilée glisse à ses pieds et veut parler dans cette position. Elle commence doucement :

« Je suis de Syracuse
 J’ai vingt-six ans
 J’étais la fille d’un intendant, comme vous dites, ou – dans notre vocabulaire – du procurateur d’un grand seigneur romain. J’étais fille unique. Je vivais heureuse. Nous habitions prĂšs de la plage dans la magnifique villa dont mon pĂšre Ă©tait l’intendant. De temps Ă  autre, le maĂźtre de maison venait, ou bien sa femme, ses enfants
 Ils nous traitaient bien et se montraient gentils avec moi. Les petites filles jouaient avec moi
 Ma mĂšre Ă©tait heureuse
 Elle Ă©tait fiĂšre de moi. J’étais belle
 j’étais intelligente
 tout me rĂ©ussissait facilement
 Mais je prĂ©fĂ©rais les choses frivoles aux bonnes. A Syracuse, il y a un grand théùtre. Un grand théùtre, beau, vaste
 Il sert aux jeux et Ă  la comĂ©die. Dans les comĂ©dies et les tragĂ©dies qu’on y donne, on se sert beaucoup de mimes. Ils soulignent par leurs danses muettes la signification du chƓur. Tu ne sais pas
 mais les mains, les mouvements du corps peuvent exprimer les sentiments de l’homme agitĂ© par quelque passion
 Dans un gymnase spĂ©cial, on enseignait Ă  des adolescents et Ă  des jeunes filles le mĂ©tier de mime. Ils doivent ĂȘtre beaux comme des dieux et agiles comme des papillons
 J’aimais beaucoup monter sur une espĂšce de hauteur qui dominait cet endroit et regarder les danses des mimes. Je les reproduisais ensuite sur les prĂ©s fleuris, sur le sable blond de ma terre, dans le jardin de la villa. Je ressemblais Ă  une statue artistique, ou bien Ă  un vent qui survole, tant je savais me fixer dans des poses de statue ou voler en touchant Ă  peine le sol. Mes riches amies m’admiraient
 et maman en Ă©tait fiĂšre
 »

La femme voilée parle, se souvient, revoit le passé et pleure. Ses paroles sont ponctuées de sanglots.

« Un jour – c’était au mois de mai –, Syracuse Ă©tait toute en fleurs. Les fĂȘtes Ă©taient terminĂ©es depuis peu et, moi, j’avais Ă©tĂ© enthousiasmĂ©e par une danse exĂ©cutĂ©e au théùtre
 Ce sont les maĂźtres qui m’y avaient emmenĂ©e, avec leurs filles. J’avais quatorze ans
 Dans cette danse, les mimes devaient reprĂ©senter les nymphes du printemps accourant pour adorer CĂ©rĂšs ; elles dansaient couronnĂ©es de roses, revĂȘtues de roses
 seulement de roses, car leur vĂȘtement Ă©tait un voile des plus lĂ©gers, un filet de fil d’araignĂ©e sur lequel les roses Ă©taient Ă©parses
 La lĂ©gĂšretĂ© avec laquelle elles dansaient Ă©tait telle qu’elles ressemblaient Ă  des HĂ©bĂ© ailĂ©es. Leur corps splendide transparaissait Ă  travers les Ă©charpes de voile fleuri qui, dĂ©nouĂ©es, formaient des ailes derriĂšre elles. J’ai Ă©tudiĂ© la danse
 et un jour
 un jour
 »

168.4 La femme voilée pleure encore plus fort, puis elle se reprend.

« J’étais belle. Je le suis encore. Regarde. »

Elle se dresse debout, rejette rapidement son voile en arriĂšre et laisse retomber son manteau. Je suis Ă©bahie, parce que je vois surgir, des Ă©toffes qu’elle a repoussĂ©es, AglaĂ©, trĂšs belle dans son vĂȘtement modeste, coiffĂ©e trĂšs simplement avec des tresses, sans bijoux, sans Ă©toffes de prix, une vraie fleur de chair, svelte et pourtant parfaite, avec un trĂšs beau visage brun clair et des yeux veloutĂ©s mais pleins de feu.

Elle revient s’agenouiller devant Marie :

« Pour mon malheur, j’étais belle, et j’étais folle. Ce jour-lĂ , je me revĂȘtis de voiles. Les filles de mon maĂźtre, qui aimaient me voir danser, m’y aidĂšrent. Je m’habillai dans un coin de la plage blonde, face Ă  la mer bleue. Sur la plage, dĂ©serte Ă  cet endroit, il y avait des fleurs sauvages blanches et jaunes au parfum pĂ©nĂ©trant d’amandier, de vanille, de chair Ă  peine pure. Des agrumes Ă©manaient des bouffĂ©es de senteurs capiteuses, les roses de Syracuse embaumaient, de mĂȘme que la mer et le sable ; le soleil faisait exhaler des odeurs de toutes choses
 Un vague sentiment de panique me montait Ă  la tĂȘte. Je me sentais nymphe, moi aussi, et j’adorais
 quoi ? La terre fertile ? Le soleil qui la fĂ©conde ? Je ne sais. PaĂŻenne parmi les paĂŻens, je crois que j’adorais la SensualitĂ©, cette reine despotique, que je ne pensais pas avoir en moi, mais qui Ă©tait plus puissante qu’un dieu
 Je me suis couronnĂ©e de roses que j’avais prises dans le jardin, et j’ai dansĂ©, dansé  J’étais ivre de lumiĂšre, de parfums, ivre du plaisir d’ĂȘtre jeune, agile et belle. Je dansais
 et on m’a vue. J’ai remarquĂ© qu’on me regardait. Mais je n’ai pas eu honte de me montrer nue aux yeux avides d’un homme. Au contraire, je me complaisais Ă  parfaire mes sauts
 Le plaisir d’ĂȘtre admirĂ©e me donnait vraiment des ailes
 Et ce fut ma ruine. Trois jours plus tard, je demeurai seule parce que les maĂźtres de maison avaient regagnĂ© leur demeure patricienne de Rome. Mais je ne suis pas restĂ©e Ă  la maison
 Ces deux yeux admirateurs m’avaient rĂ©vĂ©lĂ© autre chose que la danse
 Ils m’avaient rĂ©vĂ©lĂ© la sensualitĂ© et le sexe. »

Marie a un geste de dĂ©goĂ»t involontaire qu’AglaĂ© remarque.

« Oh, mais tu es pure, et je dois te paraßtre répugnante.

– Parle, parle, ma fille. Il vaut mieux que ce soit à Marie qu’à lui. Marie, c’est la mer qui lave.

– Oui, il vaut mieux que ce soit Ă  toi, c’est aussi ce que je me suis dit quand j’ai su qu’il avait une MĂšre
 Car, au premier abord, en le voyant si diffĂ©rent de tout autre homme, le seul Ă  ĂȘtre tout esprit – maintenant je sais que l’esprit existe et ce que c’est –, je n’aurais su dire de quoi Ă©tait fait ton Fils pour ĂȘtre ainsi pur de toute sensualitĂ© bien qu'Ă©tant un homme, et je m’imaginais qu’il n’avais pas de mĂšre, mais qu’il Ă©tait descendu comme cela sur terre, pour sauver les horribles misĂšres dont je suis la plus grande


168.5 Je revenais chaque jour Ă  cet endroit dans l’espoir de revoir cet homme jeune, brun, beau
 De fait, aprĂšs quelque temps, je le revis. Il me parla. Il me dit : “ Viens Ă  Rome avec moi. Je t’amĂšnerai Ă  la cour impĂ©riale, tu seras la perle de Rome. ” Je rĂ©pondis : “ Oui, je serai ta fidĂšle Ă©pouse. Viens chez mon pĂšre. ” Il se mit Ă  rire d’un air moqueur et me donna un baiser. Il prĂ©cisa : “ Pas mon Ă©pouse, mais ma dĂ©esse. Je serai ton prĂȘtre, et je te rĂ©vĂ©lerai les secrets de la vie et du plaisir. ” J’étais folle, j’étais jeune. MalgrĂ© tout, je n’ignorais pas les rĂ©alitĂ©s de la vie
 J’étais rusĂ©e. J’étais folle, mais pas encore dĂ©pravĂ©e
 et sa proposition m’a dĂ©goĂ»tĂ©e. Je m’échappai de ses bras et courus Ă  la maison. Mais je n’ai rien dit Ă  ma mĂšre
 et je n’ai pas su rĂ©sister Ă  la tentation de le revoir. Ses baisers m’avaient rendue encore plus folle
 et j’y suis retournĂ©e. J’étais Ă  peine revenue sur cette plage solitaire que dĂ©jĂ  il m’embrassait, me donnant des baisers avec frĂ©nĂ©sie, une vraie pluie de baisers, de mots d’amour, de questions : “ Est-ce que tout n’est pas dans cet amour ? N’est-ce pas plus doux que les liens du mariage ? Que veux-tu d’autre ? Peux-tu vivre sans cela ? ”

Oh, MĂšre ! Le soir mĂȘme, je me suis enfuie avec ce patricien dĂ©goĂ»tant
 Et je fus une vraie loque piĂ©tinĂ©e par sa bestialité  Pas une dĂ©esse, mais de la boue. Pas une perle, mais du fumier. Ce n’est pas la vie qu’il m’a rĂ©vĂ©lĂ©e, mais l’ordure de la vie, l’infamie, le dĂ©goĂ»t, la souffrance, la honte, l’infinie misĂšre de ne mĂȘme plus m’appartenir. Et puis
 ce fut la chute complĂšte. AprĂšs six mois d’orgie, fatiguĂ© de moi, il est passĂ© Ă  de nouvelles amours et je me suis retrouvĂ©e Ă  la rue. J’utilisai alors mes talents de danseuse
 Je savais dĂ©sormais que ma mĂšre Ă©tait morte de chagrin et que je n’avais plus de maison, plus de pĂšre
 Un maĂźtre de danse m’accueillit dans son gymnase. Il me fit faire des progrĂšs
 m’exploita
 et me lança comme une fleur au courant de tous les arts sensuels au milieu du patriciat corrompu de Rome. DĂ©jĂ  souillĂ©e, la fleur tomba dans un Ă©gout. Ce furent dix annĂ©es de descente Ă  l’abĂźme, toujours plus bas. Puis on m’amena ici pour charmer les loisirs d’HĂ©rode, et je fus prise par un nouveau maĂźtre. Ah ! Il n’est pas de chien enchaĂźnĂ© qui le soit plus que nous ! Et il n’y a pas de dresseur de chiens qui soit plus brutal que l’homme qui possĂšde une femme ! MĂšre
 tu trembles ! Je te fais horreur ! »

Marie a portĂ© la main Ă  son cƓur comme si elle avait reçu un coup. Mais elle rĂ©pond :

« Non, pas toi. Ce qui me fait horreur, c’est le Mal qui domine tellement la terre. Continue, ma pauvre enfant.

– Il m’a amenĂ©e Ă  HĂ©bron
 Est-ce que j’étais libre ? Est-ce que j’étais riche ? Oui, puisque je n’étais pas en prison et que j’étais couverte de bijoux. Non, car je ne pouvais voir que ceux qu’il voulait, lui, et je n’avais plus aucun droit sur moi-mĂȘme.

168.6 Un jour, un homme vint Ă  HĂ©bron : l’Homme, ton Fils. Cette maison lui Ă©tait chĂšre. Je le savais et je l’invitai Ă  entrer. ShammaĂŻ n’était pas là
 par la fenĂȘtre, j’avais dĂ©jĂ  entendu ses paroles et vu une personne qui m’avait bouleversĂ©e. Mais je te le jure, MĂšre, ce n’est pas la chair qui m’a poussĂ©e vers ton JĂ©sus. C’est ce qu’il m’a rĂ©vĂ©lĂ© qui m’a guidĂ©e sur le seuil de la porte, au mĂ©pris des plaisanteries des gens, pour lui dire : “ Entre. ” Ce fut mon Ăąme, dont j’appris alors l’existence. Il me dit : “ Mon nom signifie Sauveur. Je sauve ceux qui ont un rĂ©el dĂ©sir d’ĂȘtre sauvĂ©s. Je sauve en enseignant Ă  ĂȘtre pur, Ă  vouloir rechercher l’honneur, le bien Ă  tout prix, quitte Ă  en souffrir. Je suis celui qui vient chercher ceux qui Ă©taient perdus, celui qui donne la vie. Je suis PuretĂ© et VĂ©ritĂ©. ” Il m’a encore appris que je possĂ©dais moi aussi une Ăąme et que je l’avais tuĂ©e par ma maniĂšre de vivre. Mais il ne m’a pas maudite, il ne s’est pas moquĂ© de moi. Pas une fois il ne m’a regardĂ©e ! C’est le premier homme Ă  ne pas m’avoir dĂ©visagĂ©e d’un regard avide, car j’ai la terrible malĂ©diction d’attirer les hommes
 Il m’a dit que qui le cherche le trouve, parce qu’il se trouve lĂ  oĂč on a besoin d’un mĂ©decin et de remĂšdes. Puis il est parti. Mais ses paroles sont restĂ©es en moi, et elles n’en sont plus sorties. Je me disais : “ Son nom signifie Sauveur ”, comme pour commencer Ă  guĂ©rir. Ses paroles m’étaient restĂ©es, ainsi que ses amis les bergers. Et je fis mon premier pas pour leur apporter mon obole et demander leur priĂšre
 AprĂšs quoi
 je me suis enfuie


Ah, quelle sainte fugue ! J’ai fui le pĂ©chĂ©, Ă  la recherche du Sauveur. Je suis allĂ©e le chercher, certaine de le trouver puisqu’il me l’avait promis. On m’a envoyĂ©e auprĂšs d’un homme du nom de Jean en me disant que c’était lui. Mais ce n’était pas lui. Un juif me dirigea vers la Belle Eau. Je vivais grĂące Ă  la vente de l’or que j’avais en grande quantitĂ©. Pendant les mois oĂč j’étais Ă  sa recherche, j’avais dĂ» me couvrir le visage pour ne pas risquer d’ĂȘtre reprise et parce que, rĂ©ellement, AglaĂ© Ă©tait ensevelie sous ce voile. L’ancienne AglaĂ© Ă©tait morte. Il y avait sous ce voile son Ăąme blessĂ©e et exsangue qui cherchait son mĂ©decin. Il m’a fallu bien des fois Ă©chapper Ă  la sensualitĂ© des hommes qui me poursuivaient, bien que je sois camouflĂ©e sous ce vĂȘtement. MĂȘme un des amis de ton Fils


168.7 Je vivais Ă  la Belle Eau comme une bĂȘte, pauvre mais heureuse. Les averses et le fleuve m’ont moins purifiĂ©e que ses paroles. Ah, je n’en ai perdu aucune ! Une fois, il a pardonnĂ© Ă  un assassin. J’avais entendu, et j’ai failli lui dire : “ Pardonne-moi, Ă  moi aussi. ” Une autre fois, il a parlĂ© de l’innocence perdue
 Ah ! Quels pleurs de remords ! Ou encore il a guĂ©ri un lĂ©preux
 et je fus sur le point de crier : “ Purifie-moi de mon pĂ©ché  ” Il a aussi guĂ©ri un fou, or c’était un Romain
 j’ai pleuré  et il me fit dire que les patries passent, mais que le Ciel reste. Un soir de tempĂȘte, il m’accueillit dans la maison
 puis il me fit trouver un logement par le rĂ©gisseur
 et il me fit dire par l’entremise d’un enfant : “ Ne pleure pas ”
 Oh ! sa bontĂ© ! oh ! ma misĂšre ! Elles Ă©taient toutes deux si grandes que je n’osais pas porter ma misĂšre Ă  ses pieds
 bien que l’un de ses disciples m’ait instruite, une nuit, sur l’infinie misĂ©ricorde de ton Fils. Par la suite, il fut exposĂ© aux piĂšges de ceux qui voyaient un pĂ©chĂ© dans le dĂ©sir qu’avait une Ăąme de renaĂźtre. Mon sauveur est parti
 et moi, je l’ai attendu
 de mĂȘme que m’attendait la vengeance de gens plus indignes que moi de le regarder. Car, moi, c’est en tant que paĂŻenne que j’ai pĂ©chĂ© contre moi-mĂȘme, alors qu’eux ont pĂ©chĂ© contre le Fils de Dieu, bien que connaissant Dieu. Ils m’ont frappĂ©e, et leur accusation m’a blessĂ©e plus que les pierres, mon Ăąme poussĂ©e au dĂ©sespoir a Ă©tĂ© blessĂ©e plus que mon corps.

Ah ! Quelle terrible lutte contre moi-mĂȘme ! DĂ©chirĂ©e, en sang, blessĂ©e, fiĂ©vreuse, privĂ©e de mon MĂ©decin, sans toit ni pain, j’ai regardĂ© en arriĂšre, devant moi
 Le passĂ© me conseillait : “ Reviens ”, le prĂ©sent me soufflait : “ Tue-toi ”, le futur m’exhortait : “ EspĂšre. ” J’ai espĂ©rĂ©. Je ne me suis pas suicidĂ©e. Je le ferais si, lui, il me chassait, car je ne veux plus ĂȘtre celle que j’étais. Je me suis traĂźnĂ©e jusqu’à un village pour y demander un abri. Mais j’y ai Ă©tĂ© reconnue. Comme une bĂȘte, j’ai dĂ» fuir çà et lĂ , toujours poursuivie, toujours mĂ©prisĂ©e, toujours maudite parce que je voulais ĂȘtre honnĂȘte et que j’avais déçu ceux qui voulaient frapper ton Fils par mon intermĂ©diaire. J’ai suivi le fleuve pour remonter jusqu’en GalilĂ©e, et je suis venue ici. Mais tu Ă©tais absente
 Je suis alors allĂ©e Ă  CapharnaĂŒm. Mais tu venais d’en partir. Un vieillard m’a vue, un de ses ennemis, et il m’a fait un texte d’accusation contre lui, ton Fils. Et comme je pleurais sans rĂ©agir, il m’a dit
 il m’a dit
 : “ Tout pourrait changer pour toi si tu acceptais d’ĂȘtre ma maĂźtresse et ma complice pour accuser le Rabbi de Nazareth. Il suffit que tu dises devant mes amis qu’il Ă©tait ton amant
 ” Je me suis enfuie comme si j’avais vu grouiller un nƓud de vipĂšres sous un buissons de fleurs.

168.8 J’ai compris de cette façon que je ne pouvais aller Ă  ses pieds
 si bien que je viens aux tiens. PiĂ©tine-moi donc, je ne suis que de la boue. Chasse-moi, je suis la pĂ©cheresse. Donne-moi mon nom : prostituĂ©e. J’accepterai tout de toi, mais aie pitiĂ© de moi, MĂšre. Prends ma pauvre Ăąme souillĂ©e et porte-la lui. C’est un pĂ©chĂ© que de remettre entre tes mains ma luxure. Mais il n’y a que lĂ  qu’elle sera protĂ©gĂ©e du monde, qui la rĂ©clame, et qu’elle deviendra pĂ©nitence. Dis-moi comment faire. Dis-moi ce que je dois faire. Dis-moi quels moyens je dois mettre en Ɠuvre pour n’ĂȘtre plus AglaĂ©. Que dois-je mutiler en moi ? Qu’est-ce que je dois m’arracher pour n’ĂȘtre plus pĂ©chĂ©, plus sĂ©duction, pour ne plus rien avoir Ă  craindre de moi-mĂȘme et de l’homme ? Dois-je m’arracher les yeux ? Dois-je me brĂ»ler les lĂšvres ? Dois-je me couper la langue ? Mes yeux, mes lĂšvres, ma langue m’ont servi Ă  faire le mal. Je ne veux plus du mal et je suis disposĂ©e Ă  me punir et Ă  les punir en les sacrifiant. Ou bien veux-tu que je m’arrache ces reins avides qui m’ont poussĂ©e Ă  des amours dĂ©pravĂ©es ? Ces entrailles insatiables dont je crains toujours le rĂ©veil ? Dis-moi, dis-moi comment on s’y prend pour oublier qu’on est femme et pour faire oublier qu’on est femme ! »

Marie est bouleversée. Elle pleure, elle souffre, mais les seuls signes de sa douleur, ce sont les larmes qui tombent sur la re­pentie.

« Je veux mourir pardonnĂ©e. Je veux mourir sans autre souvenir que mon Sauveur. Je veux mourir avec sa sagesse pour amie
 et je ne peux plus l’approcher car le monde nous guette, lui et moi, pour nous accuser
 »

Tombée à terre comme une vraie loque, Aglaé pleure.

168.9 Presque haletante, Marie se lĂšve en murmurant :

« Comme il est difficile d’ĂȘtre rĂ©dempteurs ! »

Aglaé, qui entend ce murmure et voit sa réaction, gémit :

« Tu vois ? Tu vois qu’à toi aussi j’inspire le dĂ©goĂ»t ? Maintenant, je m’en vais. C’en est fini pour moi !

– Non, ma fille. Non, ce n’est pas fini. Pour toi maintenant, tout commence. Ecoute, pauvre Ăąme. Ce n’est pas pour toi que je gĂ©mis, mais pour le monde cruel. Non seulement je ne te laisse pas partir, mais je te recueille, pauvre hirondelle que la bourrasque a abattue contre mes murs. Je t’amĂšnerai Ă  JĂ©sus et, lui, il t’indiquera le chemin de la rĂ©demption


– Je n’ai plus d’espoir
 Le monde a raison. Je ne peux ĂȘtre pardonnĂ©e.

– Par le monde, non. Mais par Dieu, oui. Laisse-moi te parler au nom du suprĂȘme Amour qui m’a donnĂ© un Fils pour que je le donne au monde. Il m’a sortie de la bienheureuse ignorance de ma virginitĂ© consacrĂ©e pour que le monde obtienne le pardon. Il a pris mon sang non de l’enfantement, mais de mon cƓur en me rĂ©vĂ©lant que mon Fils est la grande victime. Regarde-moi, ma fille. Il y a dans ce cƓur une grande blessure. Elle gĂ©mit depuis trente ans et plus. Elle ne cesse de s’élargir et me consume. Sais-tu quel nom, elle a ?

– Douleur ?

– Non. Amour. Et c’est cet amour qui me saigne pour que le Fils ne soit pas seul Ă  opĂ©rer le salut. C’est l’amour qui met en moi un feu pour que je purifie ceux qui n’osent pas aller vers mon Fils. C’est l’amour qui suscite en moi les larmes par lesquelles je lave les pĂ©cheurs. Tu voulais mes caresses. Je te donne mes larmes qui dĂ©jĂ  te purifient pour que tu puisses regarder mon Seigneur. Ne pleure pas ainsi. Tu n’es pas la seule pĂ©cheresse qui vient au Seigneur et repart rachetĂ©e. Il y en a eu d’autres, et il y en aura d’autres.

Doutes-tu qu’il puisse te pardonner ? Mais ne vois-tu pas en tout ce qui t’est arrivĂ© une mystĂ©rieuse volontĂ© de la bontĂ© divine ? Qui t’a amenĂ©e en JudĂ©e ? Qui t’a conduite dans la maison de Jean ? Qui t’a mise Ă  la fenĂȘtre ce matin-lĂ  ? Qui a allumĂ© une lumiĂšre pour toi pour Ă©clairer ses paroles ? Qui t’a donnĂ© la capacitĂ© de comprendre que la charitĂ©, unie Ă  la priĂšre de celui qui reçoit un bienfait, obtient l’aide de Dieu ? Qui t’a donnĂ© la force de t’enfuir de la maison de ShammaĂŻ et de persĂ©vĂ©rer les premiers jours jusqu’à l’arrivĂ©e de mon Fils ? Qui t’a mise sur son chemin ? Qui t’a rendue capable de vivre en pĂ©nitente pour purifier toujours plus ton Ăąme ? Qui t’a rendu l’ñme d’une martyre, l’ñme d’une croyante, une Ăąme persĂ©vĂ©rante, une Ăąme pure ?


Oui. Ne secoue pas la tĂȘte. Crois-tu qu’il n’y a de pur que celui qui n’a pas connu la sensualitĂ© ? Crois-tu que l’ñme ne puisse plus jamais redevenir vierge et belle ? Oh, ma fille ! Mais entre ma puretĂ© qui est tout entiĂšre grĂące du Seigneur et ton hĂ©roĂŻque ascĂšse pour retourner vers le sommet de ta puretĂ© perdue, sois sĂ»re que c’est la tienne qui est la plus grande. C’est toi qui la construis : contre la sensualitĂ©, le besoin et l’habitude. Pour moi, c’est un don naturel comme la respiration. Toi, tu dois tailler Ă  vif dans ta pensĂ©e, tes affections, ta chair, pour ne pas te souvenir, pour ne pas dĂ©sirer, pour ne pas favoriser. Moi
 Est-ce qu’une petite enfant de quelques heures peut dĂ©sirer la chair ? Et a-t-elle le mĂ©rite de ne pas le faire ? C’est ce qu’il en est pour moi. J’ignore ce qu’est cette tragique faim qui a fait de l’humanitĂ© une victime. Je ne connais que la trĂšs sainte faim de Dieu. Mais, toi, tu ne la connaissais pas, et c’est par toi-mĂȘme que tu l’as apprise. Et l’autre faim, tragique et horrible, tu l’as domptĂ©e pour l’amour de Dieu, ton unique amour maintenant. Souris, fille de la misĂ©ricorde divine ! Mon Fils fait en toi ce qu’il t’a dit Ă  HĂ©bron. Il l’a dĂ©jĂ  fait. Tu es dĂ©jĂ  sauvĂ©e car tu as eu la volontĂ© sincĂšre de te sauver, parce que tu as appris la puretĂ©, la douleur, le bien. Ton Ăąme est revenue Ă  la vie. Oui. Il te faut sa parole pour te dire au nom de Dieu : “ Tu es pardonnĂ©e. ” Moi, je ne peux la dire, mais je te donne mon baiser comme une promesse, comme un commencement de pardon


O Esprit Ă©ternel, un peu de toi est toujours en ta Marie ! Permets qu’elle te rĂ©pande, Esprit sanctificateur, sur la crĂ©ature qui pleure et espĂšre. Au nom de notre Fils, ĂŽ Dieu d’amour, sauve celle qui attend de Dieu son salut. Que la grĂące dont l’ange m’a dit que Dieu m’a comblĂ©e se pose miraculeusement sur cette femme et la soutienne, jusqu’à ce que JĂ©sus, le Sauveur bĂ©ni, le PrĂȘtre suprĂȘme l’absolve au nom du PĂšre, du Fils et de l’Esprit


168.10 Il fait nuit, ma fille. Tu es fatiguĂ©e et brisĂ©e. Viens te reposer. Tu repartiras demain
 Je t’enverrai dans une famille de gens honnĂȘtes, car il vient dĂ©sormais trop de monde ici. Et je te donnerai un vĂȘtement semblable au mien. On te prendra pour une juive. Je dois revoir mon Fils en JudĂ©e, car la PĂąque approche et Ă  la nouvelle lune d’avril, nous serons Ă  BĂ©thanie. Je lui parlerai alors de toi. Viens chez Simon le ZĂ©lote. Tu m’y trouveras et je te conduirai Ă  lui. »

AglaĂ© pleure encore, maintenant paisiblement. Elle s’est assise par terre. Marie aussi s’est assise de nouveau. AglaĂ© pose la tĂȘte sur les genoux de Marie et baise sa main
 Puis, elle gĂ©mit :

« On va me reconnaĂźtre


– Oh non ! N’aie pas peur. Ton vĂȘtement Ă©tait dĂ©sormais trop connu. Mais je te prĂ©parerai pour ce voyage que tu entreprends vers le Pardon. Et tu seras comme la vierge qui va Ă  ses noces : diffĂ©rente et inconnue Ă  travers la foule ignorante du rite. Viens. J’ai une petite chambre Ă  cĂŽtĂ© de la mienne. Elle a abritĂ© des saints et des pĂšlerins dĂ©sireux d’aller vers Dieu. Elle t’abritera toi aussi. »

Aglaé veut reprendre son manteau et son voile.

« Laisse-les. Ce sont les habits de la pauvre AglaĂ© perdue. Elle n’existe plus
 et d’elle il ne doit mĂȘme pas rester ce vĂȘtement. Il a reçu trop de haine
 et la haine blesse autant que le pĂ©chĂ©. »

Elles sortent dans le jardin obscur et entrent dans la petite chambre de Joseph. Marie allume la lampe posĂ©e sur une petite table, caresse encore la femme repentie, ferme la porte et avec sa triple flamme s’éclaire pour voir oĂč elle peut porter le manteau dĂ©chirĂ© d’AglaĂ© pour qu’aucun visiteur ne le voie le lendemain.

Annotation

Viens Ă  la maison de Simon le ZĂ©lote. Tu m'y trouveras et je te conduirai Ă  Lui : La rencontre Ă  BĂ©thanie a lieu en EMV 200.1/5.ï»ż

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EMV 168.2 · Tome 3, p. 66

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

– Si tu viens Ă  moi, si tu cherches mon Fils Ă  travers moi, tu ne peux plus ĂȘtre qu’un cƓur qui se repent. Cette maison accueille tout ce qui s’appelle douleur.

Détail

La Vierge parle Ă  une jeune femme qui est venue la trouver.

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EMV 168.4 · Tome 3, p. 69

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Marie, c’est la mer qui lave.

Annotation

Conforme à la tradition qui depuis St JérÎme, interprÚte le mot Marie: mara étoile et jam mer.

A ne pas interpréter hors de son contexte : Marie n'absout pas les péchés, mais elle est la MÚre à qui on peut tout dire et qui nous lave par ses larmes.

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EMV 168.6 · Tome 3, p. 71

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

“ Mon nom signifie Sauveur. Je sauve ceux qui ont un rĂ©el dĂ©sir d’ĂȘtre sauvĂ©s. Je sauve en enseignant Ă  ĂȘtre pur, Ă  vouloir rechercher l’honneur, le bien Ă  tout prix, quitte Ă  en souffrir. Je suis celui qui vient chercher ceux qui Ă©taient perdus, celui qui donne la vie. Je suis PuretĂ© et VĂ©ritĂ©. ”

Détail

Aglaé reformule ce que Jésus lui a dit, dans l'EMV 77.

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