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Confort de lecture

EMV 169 · Tome 3, p. 76-85

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Jésus monte sur les Cornes d'Hattin. Il y rejoint un village et y retrouve notamment ses disciples et ses apÎtres qui le guettent. Ces derniers lui donnent des retours sur leur premiÚre prédication. Pierre met en avant ses deux cousins et surtout Jean ; le bien-aimé, de son cÎté, dit que Pierre a bien parlé.

AprÚs qu'ils aient discuté un peu de cela, Jésus leur signale qu'il veut leur parler à eux seuls. Il est alors convenu d'attendre que les gens repartent chez eux avant que le Christ n'enseigne aux Douze et aux autres disciples. En attendant, le Maßtre s'en va prier, puis quand le soir vient, tous se rassemblent auprÚs de lui.

JĂ©sus revient alors sur la prĂ©dication des autres et dĂ©clare que ceux qui ont le plus donnĂ© sont ceux qui se sont le plus oubliĂ©s, notamment grĂące Ă  l'union Ă  Dieu. D'autres ont eu des scrupules et ont eu peur de mal faire. JĂ©sus parle donc des conditions pour ĂȘtre le parfait disciple. Il explique que les apĂŽtres et ceux qui le suivent qu'ils sont le sel de la terre et la lumiĂšre du monde. Enfin, le Sauveur enseigne que la lumiĂšre de Dieu doit resplendir en eux, et il avertit les prĂȘtres qu'ils ne doivent pas perdre de vue leur mission. Malheur Ă  ceux qui perdront la charitĂ©, malheur Ă  ceux qui repousseront la Sagesse, malheur Ă  ceux qui deviennent spirituellement morts, malheur Ă  ceux qui corrompent le petit troupeau du Christ.

Le discours de JĂ©sus s'arrĂȘte ici.

Mots-clés

EMV 169.4-5 · Tome 3, p. 80-81

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

169.4 Jésus parle doucement, avec des gestes paisibles. Son visage paraßt plus blanc, se détachant sur son habit bleu foncé, éclairé par un rayon de la nouvelle lune qui tombe juste à son niveau, une petite virgule dans le ciel, une lame de lumiÚre qui caresse le Maßtre du ciel et de la terre.

« J’ai voulu vous avoir ici, en particulier, parce que vous ĂȘtes mes amis. Je vous ai appelĂ©s aprĂšs la premiĂšre Ă©preuve Ă  laquelle les douze ont Ă©tĂ© soumis, pour Ă©largir le cercle de mes disciples Ă  l’oeuvre et pour entendre de vous les premiĂšres rĂ©actions sur ceux qui vous dirigent et que je vous donne comme mes continuateurs. Je sais que tout s’est bien passĂ©. Je soutenais de ma priĂšre les Ăąmes des apĂŽtres qui, aprĂšs l’oraison, se dĂ©couvraient une force nouvelle dans l’ñme et dans le coeur, une force qui ne vient pas de l’étude, mais d’un complet abandon Ă  Dieu.

169.5 Ceux qui ont le plus donnĂ©, sont ceux qui se sont le plus oubliĂ©s. S’oublier soi-mĂȘme est chose ardue. L’homme est fait de souvenirs, et ceux qui lui parlent le plus fort sont les souvenirs de son propre moi. Il faut distinguer entre les diffĂ©rents moi. Il y a le moi spirituel venu de l’ñme qui se souvient de Dieu et de son origine divine. Il y a le moi infĂ©rieur de la chair, concentrĂ© sur ses mille exigences et ses passions. Il en sort une foule de voix qui font un choeur, dominant – si l’esprit n’est pas trĂšs robuste –, la voix solitaire de l’ñme qui se souvient de sa noblesse d’enfant de Dieu. Mis Ă  part ce souvenir saint qu’il faudrait toujours plus aiguiser, raviver et fortifier, il faudrait, pour ĂȘtre de parfaits disciples, savoir s’oublier soi-mĂȘme, avec tous les souvenirs, les exigences et les rĂ©flexions craintives du moi humain.

Dans cette premiĂšre Ă©preuve de mes douze, ceux qui ont le plus donnĂ© sont ceux qui se sont le plus oubliĂ©s. Ils ont oubliĂ© non seulement leur passĂ©, mais aussi leur personnalitĂ© limitĂ©e. Ce sont ceux qui ne se sont plus souvenus de ce qu’ils Ă©taient, mais se sont tellement fondus en Dieu qu’ils n’ont plus eu peur de rien.

Pourquoi les rĂ©serves de certains ? Parce qu’ils ont gardĂ© en mĂ©moire leurs scrupules habituels, leurs habituelles considĂ©rations, leurs habituelles prĂ©ventions. Pourquoi le laconisme d’autres ? Parce qu’ils se sont souvenus de leur incapacitĂ© doctrinale et parce qu’ils ont craint de faire – ou de me faire – faire piĂštre figure. Pourquoi les exhibitions trop visibles d’autres encore ? Parce qu’ils se sont souvenus de leur orgueil habituel, de leurs dĂ©sirs de se mettre en vedette, d’ĂȘtre applaudis, de sortir du commun, d’ĂȘtre “ quelqu’un ”. Enfin, pourquoi la rĂ©vĂ©lation imprĂ©vue d’autres dans un discours magistral, assurĂ©, persuasif, triomphal ? Parce qu’eux seuls ont su se souvenir de Dieu. Il en a Ă©tĂ© de mĂȘme de ceux qui Ă©taient humbles et cherchaient Ă  passer inaperçus et qui, au bon moment, ont su assumer d’un coup la primautĂ© qu’on leur confĂ©rait et qu’ils ne voulaient pas exercer par crainte d’ĂȘtre prĂ©somptueux. Les trois premiĂšres catĂ©gories se sont souvenues de leur ĂȘtre infĂ©rieur. La quatriĂšme de leur ĂȘtre supĂ©rieur et ils n’ont pas eu peur. Oh ! Sainte hardiesse qui vient de l’union Ă  Dieu !

Détail

Le parfait disciple. JĂ©sus a laissĂ© les apĂŽtres prĂȘchĂ©s seuls et il revient sur l'expĂ©rience qu'ils ont vĂ©cue.

Mots-clés

EMV 169.4-9 · Tome 3, p. 80-85

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

Citation

169.4 Jésus parle doucement, avec des gestes paisibles. Son visage paraßt plus blanc, se détachant sur son habit bleu foncé, éclairé par un rayon de la nouvelle lune qui tombe juste à son niveau, une petite virgule dans le ciel, une lame de lumiÚre qui caresse le Maßtre du ciel et de la terre.

« J’ai voulu vous avoir ici, en particulier, parce que vous ĂȘtes mes amis. Je vous ai appelĂ©s aprĂšs la premiĂšre Ă©preuve Ă  laquelle les douze ont Ă©tĂ© soumis, pour Ă©largir le cercle de mes disciples Ă  l’Ɠuvre et pour entendre de vous les premiĂšres rĂ©actions sur ceux qui vous dirigent et que je vous donne comme mes continuateurs. Je sais que tout s’est bien passĂ©. Je soutenais de ma priĂšre les Ăąmes des apĂŽtres qui, aprĂšs l’oraison, se dĂ©couvraient une force nouvelle dans l’ñme et dans le cƓur, une force qui ne vient pas de l’étude, mais d’un complet abandon Ă  Dieu.

169.5 Ceux qui ont le plus donnĂ©, sont ceux qui se sont le plus oubliĂ©s. S’oublier soi-mĂȘme est chose ardue. L’homme est fait de souvenirs, et ceux qui lui parlent le plus fort sont les souvenirs de son propre moi. Il faut distinguer entre les diffĂ©rents moi. Il y a le moi spirituel venu de l’ñme qui se souvient de Dieu et de son origine divine. Il y a le moi infĂ©rieur de la chair, concentrĂ© sur ses mille exigences et ses passions. Il en sort une foule de voix qui font un chƓur, dominant – si l’esprit n’est pas trĂšs robuste –, la voix solitaire de l’ñme qui se souvient de sa noblesse d’enfant de Dieu. Mis Ă  part ce souvenir saint qu’il faudrait toujours plus aiguiser, raviver et fortifier, il faudrait, pour ĂȘtre de parfaits disciples, savoir s’oublier soi-mĂȘme, avec tous les souvenirs, les exigences et les rĂ©flexions craintives du moi humain.

Dans cette premiĂšre Ă©preuve de mes douze, ceux qui ont le plus donnĂ© sont ceux qui se sont le plus oubliĂ©s. Ils ont oubliĂ© non seulement leur passĂ©, mais aussi leur personnalitĂ© limitĂ©e. Ce sont ceux qui ne se sont plus souvenus de ce qu’ils Ă©taient, mais se sont tellement fondus en Dieu qu’ils n’ont plus eu peur de rien.

Pourquoi les rĂ©serves de certains ? Parce qu’ils ont gardĂ© en mĂ©moire leurs scrupules habituels, leurs habituelles considĂ©rations, leurs habituelles prĂ©ventions. Pourquoi le laconisme d’autres ? Parce qu’ils se sont souvenus de leur incapacitĂ© doctrinale et parce qu’ils ont craint de faire – ou de me faire – faire piĂštre figure. Pourquoi les exhibitions trop visibles d’autres encore ? Parce qu’ils se sont souvenus de leur orgueil habituel, de leurs dĂ©sirs de se mettre en vedette, d’ĂȘtre applaudis, de sortir du commun, d’ĂȘtre “ quelqu’un ”. Enfin, pourquoi la rĂ©vĂ©lation imprĂ©vue d’autres dans un discours magistral, assurĂ©, persuasif, triomphal ? Parce qu’eux seuls ont su se souvenir de Dieu. Il en a Ă©tĂ© de mĂȘme de ceux qui Ă©taient humbles et cherchaient Ă  passer inaperçus et qui, au bon moment, ont su assumer d’un coup la primautĂ© qu’on leur confĂ©rait et qu’ils ne voulaient pas exercer par crainte d’ĂȘtre prĂ©somptueux. Les trois premiĂšres catĂ©gories se sont souvenues de leur ĂȘtre infĂ©rieur. La quatriĂšme de leur ĂȘtre supĂ©rieur et ils n’ont pas eu peur. Oh ! Sainte hardiesse qui vient de l’union Ă  Dieu !

169.6 Or Ă©coutez, vous tous, apĂŽtres comme disciples. Vous, les apĂŽtres, vous avez dĂ©jĂ  entendu ces idĂ©es. Mais vous les comprendrez plus profondĂ©ment dĂ©sormais. Vous, les disciples, vous ne les avez pas entendues, ou d’une maniĂšre fragmentaire. Il faut les graver dans vos cƓurs, car je vais me servir toujours plus de vous puisque le troupeau du Christ ne cesse d’augmenter ; le monde vous assaillira toujours plus, le nombre des loups allant croissant contre moi, le Pasteur, et contre mon troupeau. Je veux vous mettre entre les mains les armes nĂ©cessaires pour dĂ©fendre la Doctrine et mon troupeau. Ce qui suffit au troupeau ne vous suffit pas Ă  vous, petits bergers. S’il est permis aux brebis de faire des erreurs en broutant des herbes qui rendent le sang amer et exaspĂšrent les dĂ©sirs, il ne vous est pas permis, Ă  vous, de commettre les mĂȘmes erreurs en amenant un troupeau nombreux Ă  sa ruine. RĂ©flĂ©chissez que, lĂ  oĂč se trouve un berger idolĂątre, les brebis pĂ©rissent empoisonnĂ©es ou assaillies par les loups.

169.7 Vous ĂȘtes le sel de la terre et la lumiĂšre du monde. Mais si vous manquez Ă  votre mission, vous deviendrez un sel insipide et inutile. Rien ne pourra plus vous rendre cette saveur. Car, aprĂšs avoir reçu ce don de Dieu, vous l’avez perdu en le diluant dans les eaux fades et souillĂ©es de l’humanitĂ©, en l’affadissant par la douceur corrompue des sens, en mĂȘlant au sel pur de Dieu des monceaux de dĂ©chets d’orgueil, d’avarice, de gourmandise, de luxure, de colĂšre, de paresse, de sorte que l’on a un grain de sel pour sept fois sept grains de chaque vice. Votre sel n’est alors qu’un mĂ©lange de pierraille dans laquelle le pauvre grain de sel est perdu, de pierraille qui crisse sous les dents, qui laisse dans la bouche un goĂ»t de terre et rend la nourriture dĂ©sagrĂ©able, rĂ©pugnante. Il n’est mĂȘme plus bon pour des usages infĂ©rieurs car un savoir pĂ©tri des sept vices nuirait mĂȘme aux missions humaines. Alors le sel n’est bon qu’à ĂȘtre jetĂ© et foulĂ© aux pieds insouciants des hommes. Que de monde, que de monde pourra ainsi piĂ©tiner les hommes de Dieu ! Car ces appelĂ©s auront permis au peuple insouciant de les Ă©craser, puisqu’ils ne sont plus la substance vers laquelle on accourt pour trouver la saveur de choses nobles, cĂ©lestes : ils seront uniquement des rebuts.

Vous ĂȘtes la lumiĂšre du monde. Vous ĂȘtes comme ce sommet qui a Ă©tĂ© le dernier d’oĂč le soleil ait disparu et le premier Ă  recevoir la lumiĂšre argentĂ©e de la lune. Celui qui se trouve en haut brille, et on le voit car mĂȘme l’Ɠil le plus distrait se pose parfois sur les hauteurs. Je dirais que l’Ɠil matĂ©riel, dont on dit qu’il est le miroir de l’ñme, reflĂšte le dĂ©sir de l’ñme, le dĂ©sir souvent inaperçu, mais toujours vivant tant que l’homme n’est pas un dĂ©mon, le dĂ©sir des hauteurs, des hauteurs oĂč la raison place instinctivement le TrĂšs-Haut. Et en cherchant les cieux, il lĂšve les yeux vers les hauteurs, du moins quelquefois au cours de sa vie.

Je vous prie de vous rappeler ce que tous nous faisons, depuis notre plus tendre enfance, en entrant Ă  JĂ©rusalem. OĂč se prĂ©cipitent nos regards ? Vers le mont Moriah que couronne le triomphe de marbre et d’or du Temple. Et quand nous sommes dans son enceinte ? Nous regardons les dĂŽmes prĂ©cieux qui resplendissent au soleil. Que de beautĂ©s Ă  l’intĂ©rieur de l’enceinte sacrĂ©e, dans ses atriums, dans ses portiques et dans ses cours ! Mais l’Ɠil s’élance vers le haut. Je vous prie encore de vous souvenir de nos voyages. OĂč se dirige notre regard, comme pour oublier la longueur du chemin, la monotonie, la fatigue, la chaleur ou la boue ? Vers les cimes, mĂȘme si elles sont peu Ă©levĂ©es, mĂȘme si elles sont lointaines. Et comme nous sommes soulagĂ©s de les voir apparaĂźtre, lorsque nous traversons une plaine uniformĂ©ment plate ! Y a-t-il de la boue en bas ? LĂ -haut, tout est pur. Fait-il une chaleur Ă©touffante en bas ? LĂ -haut, il fait frais. L’horizon est-il limitĂ© en bas ? LĂ -haut, il s’étend sans limites. Et, rien qu’à voir ces sommets, on a l’impression que le jour est moins chaud, la boue moins visqueuse, la marche moins triste. Qui plus est, si une ville brille au sommet d’une montagne, il n’est pas d’yeux qui ne l’admirent. On dirait mĂȘme qu’une localitĂ© sans importance s’embellit si on la place, de façon presque aĂ©rienne, au sommet d’une montagne. Et c’est pour cela que, dans la vraie religion comme dans les fausses, toutes les fois qu’on l’a pu, on a construit les temples sur un lieu Ă©levĂ© ; s’il n’y avait pas de colline ou de montagne, on leur a Ă©difiĂ© un piĂ©destal de pierre en construisant Ă  force de bras la plate-forme sur laquelle on allait bĂątir le temple. Pourquoi agit-on ainsi ? Parce qu’on veut que sa seule vue tourne nos pensĂ©es vers Dieu.

J’ai dit Ă©galement que vous Ă©tiez une lumiĂšre. Quand, le soir, on allume une lampe dans la maison, oĂč la met-on ? Dans un trou, sous le four ? Dans la grotte qui sert de cave ? Ou renfermĂ©e dans un coffre ? Ou tout simplement la cache-t-on sous le boisseau ? Non, parce qu’il serait alors inutile de l’allumer. Mais on pose la lampe sur une console ou bien on l’accroche Ă  un support Ă©levĂ© pour que, de lĂ -haut, elle Ă©claire toute la piĂšce et tous ceux qui s’y trouvent. Mais puisque la lampe que l’on place en hauteur est chargĂ©e de rappeler Dieu et de donner de la lumiĂšre, elle doit ĂȘtre Ă  la hauteur de son devoir.

169.8 Vous qui devez rappeler le vrai Dieu, faites en sorte de ne pas avoir en vous le paganisme aux sept Ă©lĂ©ments. Autrement, vous deviendriez des hauts lieux profanes avec des bois sacrĂ©s, dĂ©diĂ©s Ă  tel ou tel dieu et vous entraĂźneriez dans votre paganisme ceux qui voient en vous des temples de Dieu. Vous devez porter la lumiĂšre de Dieu. Une lampe sale, une lampe qui n’est pas garnie d’huile, fume et ne donne pas de lumiĂšre, elle sent mauvais et n’éclaire pas. Une lampe cachĂ©e derriĂšre un tube de quartz sale ne crĂ©e pas l’éclat gracieux, le jeu brillant de la lumiĂšre sur le minĂ©ral propre, mais elle reste faible derriĂšre le voile de fumĂ©e noire qui rend opaque son abri cristallin.

La lumiĂšre de Dieu resplendit lĂ  oĂč se trouve une volontĂ© diligente pour enlever chaque jour les scories que produit le travail, avec les contacts, les rĂ©actions, les dĂ©ceptions. La lumiĂšre de Dieu resplendit quand la lampe est garnie d’un liquide abondant d’oraison et de charitĂ©. La lumiĂšre de Dieu se multiplie en d’infinies splendeurs quand s’y trouvent les perfections de Dieu dont chacune suscite chez le saint une vertu qui s’exerce de façon hĂ©roĂŻque si le serviteur de Dieu tient le quartz inattaquable de son Ăąme Ă  l’abri de la fumĂ©e noire de toutes les mauvaises passions. Un quartz inattaquable. Inattaquable ! (A cette conclusion, la voix de JĂ©sus se fait tonitruante, et elle rĂ©sonne dans l’amphithéùtre naturel.)

Dieu seul a le droit et le pouvoir de rayer ce cristal, d’y graver son Nom trĂšs saint avec le diamant de sa volontĂ©. Alors ce Nom devient un ornement qui multiplie les facettes de beautĂ© surnaturelle sur le quartz trĂšs pur. Mais si un indigne serviteur du Seigneur perd le contrĂŽle de lui-mĂȘme et la vue de sa mission – qui est entiĂšrement et uniquement surnaturelle – et laisse apposer sur ce cristal de faux ornements, des Ă©gratignures et non des gravures, des chiffres mystĂ©rieux et sataniques tracĂ©s par la griffe de feu de Satan, alors la lampe admirable perd sa splendide et toujours intacte beautĂ© : elle se lĂ©zarde et se dĂ©grade, Ă©touffant la flamme sous les dĂ©bris du verre Ă©clatĂ© ou, si elle ne se lĂ©zarde pas, elle produit un amas de signes d’une nature non Ă©quivoque sur lesquels sa suie se dĂ©pose, s’insinue et corrompt.

169.9 Malheur ! Trois fois malheur aux pasteurs qui perdent la charitĂ©, qui se refusent Ă  s’élever jour aprĂšs jour pour faire monter le troupeau qui attend leur vertu pour les imiter. Je les frapperai en les faisant tomber de leur place et en Ă©teignant toute leur fumĂ©e.

Malheur ! Trois fois malheur aux maĂźtres qui repoussent la Sagesse pour se saturer d’une science souvent contraire, toujours orgueilleuse, parfois satanique parce qu’elle les rĂ©duit Ă  leur humanitĂ©. En effet – Ă©coutez bien mes paroles et retenez-les –, alors que le destin de tout homme est de devenir semblable Ă  Dieu par la sanctification qui fait de l’homme un fils de Dieu, le maĂźtre, le prĂȘtre, devrait dĂšs cette terre en possĂ©der dĂ©jĂ  l’aspect, le seul, celui de fils de Dieu. Il devrait avoir l’aspect d’une crĂ©ature qui soit tout entiĂšre Ăąme et perfection, pour pouvoir « aspirer » vers Dieu ses disciples. AnathĂšme aux maĂźtres chargĂ©s d’assurer l’enseignement surnaturel qui deviennent des idoles de connaissances humaines.

Malheur ! Sept fois malheur Ă  mes prĂȘtres spirituellement morts, qui sont devenus insipides, dont la chair souffre d’une tiĂ©deur maladive, dont le sommeil est rempli d’apparitions hallucinantes de tout ce qui existe hormis le Dieu un et trine, et plein de toutes sortes de calculs, exceptĂ© le dĂ©sir surnaturel d’augmenter les richesses des cƓurs et de Dieu. Ils vivent, ensevelis dans leur humanitĂ©, mesquins, engourdis, et entraĂźnent dans leurs eaux mortes ceux qui les suivent en croyant qu’ils sont la “ vie ”.

MalĂ©diction de Dieu sur ceux qui corrompent mon petit troupeau, mon troupeau bien-aimĂ©. Ce n’est pas Ă  ceux qui pĂ©rissent par suite de votre indolence, ĂŽ serviteurs dĂ©faillants du Seigneur, mais Ă  vous-mĂȘmes que je demanderai des comptes et que j’imposerai une punition, pour toute heure et pour tout moment gĂąchĂ©, pour tout le mal qui a pu survenir ou en rĂ©sulter.

Souvenez-vous de ces paroles. Et maintenant, allez. Moi, je monte au sommet. Mais vous, dormez. Demain, le Pasteur ouvrira les pùturages de la Vérité au troupeau. »

Mots-clés

EMV 169.5 · Tome 3, p. 80

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Ceux qui ont le plus donné, sont ceux qui se sont le plus oubliés.

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EMV 169.5 · Tome 3, p. 80

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Il faudrait, pour ĂȘtre de parfaits disciples, savoir s’oublier soi-mĂȘme, avec tous les souvenirs, les exigences et les rĂ©flexions craintives du moi humain.

Mots-clés

EMV 169.8 · Tome 3, p. 84

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

La lumiĂšre de Dieu resplendit lĂ  oĂč se trouve une volontĂ© diligente pour enlever chaque jour les scories que produit le travail, avec les contacts, les rĂ©actions, les dĂ©ceptions. La lumiĂšre de Dieu resplendit quand la lampe est garnie d’un liquide abondant d’oraison et de charitĂ©. La lumiĂšre de Dieu se multiplie en d’infinies splendeurs quand s’y trouvent les perfections de Dieu dont chacune suscite chez le saint une vertu qui s’exerce de façon hĂ©roĂŻque si le serviteur de Dieu tient le quartz inattaquable de son Ăąme Ă  l’abri de la fumĂ©e noire de toutes les mauvaises passions.

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EMV 170 · Tome 3, p. 85-97

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Jésus est sur les Cornes d'Hattin. La foule est désormais présente, et le Christ commence à lui parler. On lui a demandé ce qu'est le Royaume de Dieu, ce qu'est Dieu, et comment conquérir le Ciel et Jésus leur a patiemment répondu, en les invitant notamment à suivre la Loi et à aimer. Puis, Jésus parle des dons que Dieu avait donné à Adam et Eve. Le Seigneur parle notamment de l'ùme, des dons naturels de beauté, d'intégrité, d'intelligence et de volonté, ainsi que des dons moraux et de la soumission des sens et de la raison. Il évoque ensuite la grùce sanctifiante, qui est la "vie de l'ùme" : Dieu se mire alors dans sa créature et il souhaite que nous soyons avec lui, au Ciel. D'ailleurs, Jésus parle bien de l'immortalité de ùme et il énonce le fait qu'il va effacer la Faute qu'est le péché originel pour nous rendre la grùce.

Une seconde partie de son discours consiste à savoir comment conquérir le Ciel. AprÚs avoir précisé qu'il existe la Loi, il encourage les ùmes à ne pas regarder le chemin de la sainteté sous le jour de la menace ("malheur à moi si je ne fais pas ceci"), mais sous le jour de l'amour ("bienheureux serais-je si je fais ceci). Il en vient alors à énoncer les Béatitudes, et il les développe ensuite une par une, avant de clore son discours.

Mots-clés

EMV 170.2-14 · Tome 3, p. 86-97

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

170.2 « Plusieurs m’ont demandĂ© pendant une annĂ©e de prĂ©dication : “ Mais, toi qui te dis le Fils de Dieu, dis-nous ce qu’est le Ciel, ce qu’est le Royaume, qui est YahvĂ©, car nous avons des idĂ©es confuses. Nous savons que le Ciel existe, avec Dieu et les anges. Mais personne n’est jamais venu nous dire comment il est, puisqu’il est fermĂ© aux justes. ”

On m’a mĂȘme demandĂ© ce qu’est le Royaume et qui est Dieu. Et je me suis efforcĂ© de vous l’expliquer. Je dis “ efforcĂ© ”, non parce qu’il m’était difficile d’en parler, mais parce qu’il est compliquĂ©, pour tout un ensemble de raisons, de vous faire accepter une vĂ©ritĂ© qui se heurte, en ce qui concerne le Royaume, Ă  tout un Ă©difice d’idĂ©es accumulĂ©es au cours des siĂšcles, et en ce qui concerne Dieu Ă  la sublimitĂ© de sa nature.

D’autres encore m’ont demandĂ© : “ D’accord pour ce qui est du Royaume et de Dieu. Mais comment les conquĂ©rir ? ” LĂ  encore, j’ai cherchĂ© Ă  vous expliquer inlassablement l’esprit vĂ©ritable de la Loi du SinaĂŻ. Celui qui fait sien cet esprit s’approprie le Ciel. Or pour vous expliquer la Loi du SinaĂŻ il faut aussi faire entendre le ton sĂ©vĂšre du lĂ©gislateur et de son prophĂšte : s’ils promettent des bĂ©nĂ©dictions Ă  ceux qui l’observent, ils menacent de peines terribles et de malĂ©dictions ceux qui dĂ©sobĂ©issent. La manifestation du SinaĂŻ fut terrible et cette terreur se reflĂšte dans toute la Loi, dans tous les siĂšcles et dans toutes les Ăąmes.

Mais Dieu n’est pas seulement lĂ©gislateur. Il est PĂšre. Et un PĂšre d’une immense bontĂ©.

Peut-ĂȘtre, et mĂȘme sans aucun doute, vos Ăąmes - affaiblies par le pĂ©chĂ© originel, par les passions, les pĂ©chĂ©s, les Ă©goĂŻsmes de toutes sortes en vous et chez les autres (les vĂŽtres vous ferment l’ñme et ceux des autres vous l’irritent) ne peuvent s’élever Ă  la contemplation des infinies perfections de Dieu, et de la bontĂ© encore moins que de toute autre, car c’est, avec l’amour, la vertu la moins partagĂ©e des mortels. La bontĂ© ! Ah ! Quelle douceur d’ĂȘtre bon, sans haine, sans envie, sans orgueil ! Avoir des yeux qui ne regardent que pour aimer, des mains qui ne se tendent que pour des gestes d’amour, des lĂšvres qui ne profĂšrent que des mots d’amour, et surtout un cƓur, un cƓur uniquement rempli d’amour qui force les yeux, les mains, et les lĂšvres Ă  des actes d’amour !

170.3 Les plus savants d’entre vous savent de quels dons Dieu avait dotĂ© Adam, pour lui-mĂȘme et pour ses descendants. MĂȘme les fils d’IsraĂ«l les plus ignorants savent que nous possĂ©dons une Ăąme. Seuls les pauvres paĂŻens ignorent cet hĂŽte royal, ce souffle de vie, cette lumiĂšre cĂ©leste qui sanctifie et vivifie notre corps. Mais les plus savants savent quels dons avaient Ă©tĂ© accordĂ©s Ă  l’homme, Ă  l’esprit de l’homme.

Dieu n’a pas Ă©tĂ© moins gĂ©nĂ©reux pour l’ñme que pour la chair et le sang de la crĂ©ature qu’il avait faite avec un peu de boue et avec son souffle. Il a attribuĂ© les dons naturels de beautĂ© et d’intĂ©gritĂ©, d’intelligence et de volontĂ©, la capacitĂ© de s’aimer soi-mĂȘme et d’aimer les autres ; pareillement, il a accordĂ© les dons moraux et la soumission des sens Ă  la raison. Ainsi, le pervers esclavage des sens et des passions ne s’insinuait pas dans la libertĂ© et la maĂźtrise de soi et de la propre volontĂ© dont Dieu avait dotĂ© Adam : libre Ă©tait l’amour de soi, libre la volontĂ©, libre une juste jouissance qui ne vous rend pas esclaves en vous faisant sentir la morsure de ce poison que Satan a rĂ©pandu et qui dĂ©borde, en vous dĂ©tournant du lit limpide pour vous mener sur des terrains fangeux, dans des marais malsains oĂč fermentent les fiĂšvres des sens charnels et des sens moraux : cela, pour que vous sachiez que la concupiscence de la pensĂ©e provient aussi de la sensualitĂ©. Qui plus est, ils reçurent des dons surnaturels, Ă  savoir la grĂące sanctifiante, le destin supĂ©rieur, la vision de Dieu.

170.4 La grĂące sanctifiante est la vie de l’ñme, cette greffe de vie surnaturelle dĂ©posĂ©e dans notre Ăąme spirituelle. La grĂące vous rend enfants de Dieu car elle vous prĂ©serve de la mort du pĂ©chĂ©, et celui qui n’est pas mort “ vit ” dans la maison du PĂšre – le Paradis –, dans mon Royaume – le Ciel –. Qu’est-ce que cette grĂące qui sanctifie et qui procure Vie et Royaume ? N’employez pas une foule de mots : la grĂące, c’est l’amour. Par consĂ©quent, la grĂące, c’est Dieu. C’est Dieu qui s’admire dans la crĂ©ature qu’il a créée parfaite, et ce faisant s’y aime, s’y contemple, s’y dĂ©sire, se donne ce qui est sien pour multiplier ce qu’il a, pour jouir de cette multiplication, pour s’aimer en tant d’ĂȘtres qui sont d’autres lui-mĂȘme.

Ah ! Mes enfants, ne frustrez pas Dieu de ce qui est son droit ! Ne dĂ©pouillez pas Dieu de son bien ! Ne dĂ©cevez pas le dĂ©sir de Dieu ! Pensez qu’il agit par amour. MĂȘme si vous n’existiez pas, il serait toujours l’Infini et sa puissance n’en serait pas diminuĂ©e. Mais, bien qu’étant complet dans une mesure infinie, sans mesure, il veut, non pas pour lui ni en lui – il ne le pourrait pas puisqu’il est dĂ©jĂ  l’Infini – mais c’est pour le créé, pour sa crĂ©ature, qu’il veut augmenter l’amour, et cela bien que ce créé contienne dĂ©jĂ  ce qui permet de donner la grĂące : l’Amour, pour que vous le portiez en vous Ă  la perfection des saints et pour que vous reversiez ce trĂ©sor, tirĂ© du trĂ©sor que Dieu vous a accordĂ© avec sa grĂące et augmentĂ© de toutes vos Ɠuvres saintes, de toute votre vie hĂ©roĂŻque de saints, dans l’ocĂ©an infini oĂč Dieu se trouve : au Ciel.

Divines, trois fois divines citernes de l’Amour ! VoilĂ  ce que vous ĂȘtes. Et votre ĂȘtre ne connaĂźt pas la mort car, Ă©tant dieux, vous ĂȘtes Ă©ternels comme Dieu. Vous existerez et votre ĂȘtre ne con­naĂźtra pas de fin, parce que vous ĂȘtes immortels comme les esprits saints qui vous ont suralimentĂ©s, en revenant en vous enrichis de vos propres mĂ©rites. Vous vivez et nourrissez, vous vivez et enrichissez, vous vivez et formez cette trĂšs sainte rĂ©alitĂ© qu’est la communion des Ăąmes, depuis Dieu, Esprit trĂšs parfait, jusqu’au bĂ©bĂ© qui vient de naĂźtre et prend pour la premiĂšre fois le sein maternel.

Vous qui ĂȘtes savants, ne me jugez pas mal au fond de votre cƓur ! Ne dites pas : “ C’est un fou ! C’est un menteur ! Il faut qu’il soit fou pour parler de la grĂące en nous, puisque la Faute nous en a privĂ©s ; il ment quand il prĂ©tend que nous sommes dĂ©jĂ  unis Ă  Dieu. ” Oui, la Faute existe ; oui, la sĂ©paration existe. Mais devant la puissance du RĂ©dempteur, la Faute, cette sĂ©paration cruelle survenue entre le PĂšre et ses enfants, croulera comme une muraille Ă©branlĂ©e par le nouveau Samson. DĂ©jĂ  je l’ai saisie, je l’ébranle et elle vacille. Satan tremble de colĂšre et d’impuissance, car il ne peut rien contre mon pouvoir et se voit arracher de nombreuses proies ; il se rend compte qu’il lui est plus difficile d’entraĂźner l’homme au pĂ©chĂ©. Car lorsque, par mon intermĂ©diaire, je vous aurai amenĂ© Ă  mon PĂšre, et que grĂące Ă  l’effusion de mon sang et Ă  ma douleur vous serez devenus purs et forts, la grĂące reviendra en vous, vivante, vive, puissante et, si vous le voulez, vous serez des triomphateurs.

Dieu ne vous fait pas violence, ni sur le plan de votre pensĂ©e ni sur celui de votre sanctification. Vous ĂȘtes libres. Mais il vous rend la force. Il vous dĂ©livre de la domination de Satan. A vous de reprendre le joug infernal, ou de donner Ă  votre Ăąme des ailes d’ange. Tout dĂ©pend de vous pour me prendre comme frĂšre afin que je vous guide et vous nourrisse d’une nourriture immortelle.

170.5 Vous dites : “ Comment conquĂ©rir Dieu et son Royaume en suivant une autre voie plus douce que la voie sĂ©vĂšre du SinaĂŻ ? ”

Il n’y a pas d’autre chemin que celui-lĂ . NĂ©anmoins, ne le regardons pas sous le jour de la menace, mais sous le jour de l’amour. Ne disons pas : “ Malheur Ă  moi si je ne fais pas ceci ! ” en restant tremblants dans l’attente du pĂ©chĂ©, que nous pensons inĂ©vitable. Mais disons : “ Bienheureux serai-je si je fais ceci ! ” Dans un Ă©lan de joie surnaturelle, joyeux, Ă©lançons-nous vers ces bĂ©atitudes qui naissent de l’observation de la Loi, comme les roses naissent dans un buisson Ă©pineux.

“ Bienheureux si je suis pauvre en esprit : le Royaume des Cieux est à moi !

Bienheureux si je suis doux : j’obtiendrai la terre en hĂ©ritage !

Bienheureux si je suis capable de pleurer sans me révolter : je serai consolé !

Bienheureux si j’ai faim de justice, plus que du pain et du vin qui rassasient la chair : la Justice me rassasiera !

Bienheureux si je suis misĂ©ricordieux : la misĂ©ricorde divine s’appliquera Ă  moi !

Bienheureux si je suis pur de cƓur : Dieu se penchera sur mon cƓur pur, et je le verrai !

Bienheureux si j’ai l’esprit de paix : Dieu m’appellera son fils ; car je serai dans la paix et l’amour, et Dieu est l’Amour qui aime ceux qui lui sont semblables !

Bienheureux si, par fidélité à la justice, je suis persécuté : pour me dédommager des persécutions de la terre, Dieu, mon PÚre, me donnera le Royaume des Cieux !

Bienheureux si je suis outragĂ© et accusĂ© Ă  tort pour savoir ĂȘtre ton fils, ĂŽ Dieu ! Ce n’est pas la dĂ©solation, mais la joie que cela doit m’apporter, car cela me mettra au niveau de tes meilleurs serviteurs, les prophĂštes, qui furent persĂ©cutĂ©s pour la mĂȘme raison et avec lesquels je crois fermement que je partagerai la mĂȘme rĂ©compense, grande, Ă©ternelle, dans le Ciel qui m’appartient ! ”

Tel est le regard que nous devons porter sur le chemin du salut, Ă  travers la joie des saints.

170.6 “ Bienheureux serai-je si je suis pauvre en esprit. ”

Ah ! FiĂšvre satanique des richesses, Ă  quels dĂ©lires tu conduis les hommes ! Les riches comme les pauvres : le riche qui vit pour son or, idole infĂąme de son Ăąme en ruines ; le pauvre qui vit dans la haine du riche qui possĂšde l’or : mĂȘme s’il ne se rend pas matĂ©riellement homicide, il profĂšre ses anathĂšmes contre les riches, leur souhaitant toutes sortes de maux. Il ne suffit pas de ne pas commettre le mal, il faut encore ne pas dĂ©sirer le faire. Celui qui maudit en souhaitant malheurs et mort n’est pas bien diffĂ©rent de celui qui tue matĂ©riellement, car il porte en lui le dĂ©sir de voir pĂ©rir celui qu’il hait. En vĂ©ritĂ©, je vous dis que le dĂ©sir n’est qu’un acte que l’on retient, comme le fruit d’une conception, dĂ©jĂ  formĂ© mais pas encore expulsĂ©. Le dĂ©sir mauvais empoisonne et corrompt, car il dure plus longtemps que l’acte violent et s’enracine donc plus profondĂ©ment.

MĂȘme si l’homme pauvre en esprit est matĂ©riellement riche, il ne pĂšche pas Ă  cause de son or, mais grĂące Ă  lui, il rĂ©alise sa sanctification parce qu’il le transforme en amour. Il est aimĂ© et bĂ©ni : il ressemble Ă  ces sources qui sauvent les voyageurs dans les dĂ©serts et qui s’offrent sans avarice, heureuses de pouvoir se donner pour soulager ceux qui dĂ©sespĂšrent. S’il est rĂ©ellement pauvre, il est heureux dans sa pauvretĂ© et trouve son pain agrĂ©able. Il est joyeux car il Ă©chappe Ă  la fiĂšvre de l’or, son sommeil ignore les cauchemars et il se lĂšve frais et dispos pour se mettre tranquillement Ă  son travail, qui lui est lĂ©ger parce qu’il le fait sans aviditĂ© ni envie.

Ce qui enrichit l’homme, c’est matĂ©riellement son or, moralement ses affections. Sous le terme “ or ”, on comprend non seulement les ressources pĂ©cuniaires, mais aussi les maisons, les terres, les bijoux, les meubles, les troupeaux, en somme tout ce qui rend la vie matĂ©riellement aisĂ©e. Les richesses morales consistent dans les liens de parentĂ© ou de mariage, les amitiĂ©s, les richesses intellectuelles, les charges publiques. Comme vous le voyez, pour la premiĂšre catĂ©gorie le pauvre peut dire : “ Oh ! pour moi, il me suffit de ne pas envier celui qui possĂšde et je me contente de la situation de pauvretĂ© qui m’est imposĂ©e ” ; pour la seconde, le pauvre doit encore se surveiller, car le plus misĂ©rable des hommes peut devenir coupable si son esprit n’est pas dĂ©tachĂ©. Celui qui s’attache immodĂ©rĂ©ment Ă  quoi que ce soit, pĂšche.

Vous direz : “ Dans ce cas, devons-nous haĂŻr le bien que Dieu nous a accordĂ© ? Pourquoi donc ordonne-t-il d’aimer son pĂšre, sa mĂšre, son Ă©pouse, ses enfants et pourquoi dit-il : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-mĂȘme’ ? ”

Il faut distinguer. Nous devons aimer notre pĂšre, notre mĂšre, notre Ă©pouse et notre prochain, mais dans la mesure que Dieu nous a fixĂ©e : “ comme nous-mĂȘmes ”. Tandis que Dieu doit ĂȘtre aimĂ© par-dessus tout et de tout notre ĂȘtre. Nous ne devons pas aimer Dieu comme nous aimons ceux qui nous sont les plus chers : une telle parce qu’elle nous a allaitĂ©s, telle autre parce qu’elle dort sur notre poitrine et nous donne des enfants, mais nous devons l’aimer de tout notre ĂȘtre, en d’autres termes avec toute la capacitĂ© d’aimer qui existe en l’homme : amour de fils, amour d’époux, amour d’ami et – ne vous scandalisez pas – amour de pĂšre. Oui, nous devons prendre le mĂȘme soin des intĂ©rĂȘts de Dieu qu’un pĂšre de ses enfants, pour lesquels il veille avec amour sur ses biens et les accroĂźt, et s’occupe et se soucie de sa croissance physique et culturelle ainsi que de sa rĂ©ussite dans le monde.

L’amour n’est pas un mal et ne doit pas le devenir. Les grĂąces que Dieu nous accorde ne sont pas un mal et ne doivent pas le devenir. Elles sont amour. C’est par amour qu’elles sont donnĂ©es. C’est avec amour qu’il faut user de ces richesses d’affections et de biens que Dieu nous accorde. Et seul celui qui ne s’en fait pas des idoles, mais des moyens pour servir Dieu dans la saintetĂ©, montre qu’il n’a pas d’attachement coupable Ă  ces biens. Il pratique alors la sainte pauvretĂ© d’esprit qui se dĂ©pouille de tout pour ĂȘtre plus libre de conquĂ©rir le Dieu saint, la suprĂȘme richesse. Or conquĂ©rir Dieu, c’est possĂ©der le Royaume des Cieux.

170.7 “ Bienheureux serai-je si je suis doux. ”

Cela peut sembler contraster avec les exemples que nous donne la vie quotidienne. Ceux qui manquent de douceur semblent triompher dans les familles, dans les villes et les nations. Mais est-ce lĂ  un vrai triomphe ? Non. C’est la peur qui tient soumis en apparence les hommes accablĂ©s par un despote, mais, en rĂ©alitĂ©, ce n’est qu’un voile qui dissimule le bouillonnement de la rĂ©volte contre le tyran. Les colĂ©reux et les dominateurs ne possĂšdent pas le cƓur de leurs proches, ni de leurs concitoyens, ni de leurs sujets. Les maĂźtres du “ je l’ai dit, point final ” ne soumettent pas les intelligences et les esprits Ă  leurs enseignements : ils ne forment que des autodidactes, des gens qui recherchent une clĂ© qui puisse ouvrir les portes closes d’une sagesse ou d’une science dont ils soupçonnent l’existence et qui est opposĂ©e Ă  celle qu’on leur impose.

Les prĂȘtres n’amĂšnent personne Ă  Dieu si, au lieu d’aller Ă  la conquĂȘte des Ăąmes avec une douceur patiente, humble et aimante, ils ressemblent Ă  de fĂ©roces guerriers armĂ©s qui partent Ă  l’attaque, tant ils marchent avec violence et intransigeance contre les Ăąmes
 Pauvres Ăąmes ! Si elles Ă©taient saintes, elles n’auraient pas besoin de vous, prĂȘtres, pour trouver la LumiĂšre. Elles l’auraient dĂ©jĂ  en elles. Si elles Ă©taient justes, elles n’auraient pas besoin de vous, juges, pour ĂȘtre retenues par le frein de la justice. Elles l’auraient dĂ©jĂ  en elles. Si elles Ă©taient en bonne santĂ©, elles n’auraient besoin de personne pour les soigner. Soyez donc doux. Ne mettez pas les Ăąmes en fuite. Attirez-les par l’amour, car la douceur c’est de l’amour, tout comme la pauvretĂ© d’esprit.

Si vous ĂȘtes doux, vous obtiendrez la terre en hĂ©ritage. Vous amĂšnerez Ă  Dieu ce domaine qui appartenait Ă  Satan. Car votre douceur, qui est aussi amour et humilitĂ©, aura vaincu la haine et l’orgueil en tuant dans les Ăąmes le roi abject de l’orgueil et de la haine ; alors le monde vous appartiendra et donc appartiendra Ă  Dieu, car vous serez les justes qui reconnaissent Dieu comme le MaĂźtre absolu de la crĂ©ation, Ă  qui l’on doit adresser louange et bĂ©nĂ©diction et rendre tout ce qui lui appartient.

170.8 “ Bienheureux serai-je si je sais pleurer sans me rĂ©volter. ”

La souffrance existe sur terre, elle arrache des larmes Ă  l’homme. La souffrance n’existait pas. Mais l’homme l’a apportĂ©e sur la terre et, par la dĂ©pravation de son intelligence, il s’efforce de la faire croĂźtre de toutes les façons. Il y a dĂ©jĂ  les maladies, les malheurs qu’amĂšnent la foudre, la tempĂȘte, les avalanches, les tremblements de terre ; mais voilĂ  que l’homme, pour souffrir et surtout pour faire souffrir – car nous voudrions que ce soient les autres et non pas nous-mĂȘmes qui pĂątissent des moyens Ă©tudiĂ©s pour faire souffrir –, voilĂ  donc que l’homme invente des armes meurtriĂšres toujours plus terribles et des tortures morales toujours plus astucieuses. Que de larmes l’homme n’arrache-t-il pas Ă  l’homme Ă  l’instigation de son roi secret, Satan ! Et pourtant, en vĂ©ritĂ© je vous dis que ces larmes n’amoindrissent pas l’homme, mais le perfectionnent.

L’homme est un enfant distrait, un Ă©tourdi superficiel, un ĂȘtre d’intelligence tardive jusqu’à ce que ses Ă©preuves en fassent un adulte, rĂ©flĂ©chi, intelligent. Seuls ceux qui pleurent ou ont pleurĂ© savent aimer et comprendre : aimer ses frĂšres qui pleurent comme lui, comprendre leurs douleurs, les aider avec une bontĂ© qui a Ă©prouvĂ© comme cela fait mal d’ĂȘtre seul quand on pleure. Et ils savent aimer Dieu, car ils ont compris que tout est souffrance exceptĂ© Dieu, que la douleur s’apaise si on pleure sur le cƓur de Dieu, et que les larmes rĂ©signĂ©es qui ne dĂ©truisent pas la foi, qui ne rendent pas la priĂšre aride et qui ne connaissent pas la rĂ©volte, changent de nature et cessent d’ĂȘtre douleur pour devenir consolation.

Oui : ceux qui pleurent en aimant le Seigneur seront consolés.

170.9 “ Bienheureux serai-je si j’ai faim et soif de justice. ”

De sa naissance Ă  sa mort, l’homme est avide de nourriture. Il ouvre la bouche Ă  sa naissance pour prendre le sein, il ouvre les lĂšvres pour absorber de quoi se restaurer dans les Ă©treintes de l’agonie. Il travaille pour se nourrir. La terre est pour lui comme un sein gigantesque auquel il demande incessamment sa nourriture pour ce qui meurt. Mais qu’est-ce que l’homme ? Un animal ? Non, c’est un fils de Dieu. En exil pendant des annĂ©es plus ou moins nombreuses, mais sa vie n’est pas finie quand il change de demeure.

Il y a une vie Ă  l’intĂ©rieur de la vie comme le cerneau dans une noix. Ce n’est pas la coque qui est la noix, mais c’est le cerneau intĂ©rieur. Si vous semez une coque de noix, rien ne pousse, mais si vous semez la coque avec la pulpe, il naĂźt un grand arbre. Ainsi en est-il de l’homme. Ce n’est pas la chair qui devient immortelle, mais l’ñme. Et il faut la nourrir pour l’amener Ă  l’immortalitĂ© Ă  laquelle, par amour, elle peut amener la chair Ă  la rĂ©surrection bienheureuse. La nourriture de l’ñme, c’est la sagesse et la justice. On les absorbe comme un liquide et un mets fortifiants. Et plus on s’en nourrit, plus augmente la sainte aviditĂ© de possĂ©der la Sagesse et de connaĂźtre la Justice.

Mais il viendra un jour oĂč l’ñme, insatiable de cette sainte faim, sera rassasiĂ©e. Ce jour viendra. Dieu se donnera Ă  son enfant, il l’attachera directement Ă  son sein, et l’enfant au Paradis se rassasiera de cette MĂšre admirable qui est Dieu lui-mĂȘme ; il ne connaĂźtra jamais plus la faim, mais se reposera, bienheureux, sur le sein divin. Aucune science humaine n’atteint cette science divine. La curiositĂ© de l’intelligence peut ĂȘtre satisfaite, pas les besoins de l’ñme. Mieux, Ă  cause de la diffĂ©rence de saveur, l’ñme Ă©prouve du dĂ©goĂ»t et dĂ©tourne sa bouche du sein amer, prĂ©fĂ©rant souffrir de la faim qu’absorber une nourriture qui ne provienne pas de Dieu.

N’ayez aucune crainte, vous qui ĂȘtes assoiffĂ©s ou affamĂ©s de Dieu ! Restez fidĂšles et vous serez rassasiĂ©s par celui qui vous aime.

170.10 “ Bienheureux serai-je si je suis misĂ©ricordieux. ”

Quel homme pourrait dire : “ Je n’ai pas besoin de misĂ©ricorde ” ? Personne. Or, s’il est dit dans l’ancienne Loi : “ ƒil pour Ɠil et dent pour dent ”, pourquoi ne devrait-on pas dire dans la nouvelle : “ Qui aura Ă©tĂ© misĂ©ricordieux obtiendra misĂ©ricorde ” ? Tous ont besoin de pardon.

Eh bien ! ce n’est pas la formule et la forme d’un rite qui obtiennent le pardon, car ce ne sont que des symboles extĂ©rieurs accordĂ©s Ă  l’esprit humain opaque. Mais c’est le rite intĂ©rieur de l’amour, ou encore de la misĂ©ricorde. Car si l’on a imposĂ© le sacrifice d’un bouc ou d’un agneau et l’offrande de quelques piĂšces de monnaie, c’était dĂ» au fait qu’à la base de tout mal on trouve toujours deux racines : la cupiditĂ© et l’orgueil. La cupiditĂ© est punie par la dĂ©pense qu’il faut faire pour l’offrande, l’orgueil par la confession publique du rite : “ Je cĂ©lĂšbre ce sacrifice parce que j’ai pĂ©chĂ©. ” Et cela se fait aussi pour annoncer les temps et les signes des temps, et le sang rĂ©pandu est la figure du Sang qui sera rĂ©pandu pour effacer les pĂ©chĂ©s des hommes.

Bienheureux donc celui qui sait ĂȘtre misĂ©ricordieux Ă  l’égard de ceux qui sont affamĂ©s, nus, sans toit, et de ces personnes encore plus misĂ©rables dont le mauvais caractĂšre fait souffrir Ă  la fois elles-mĂȘmes et ceux qui vivent avec elles. Faites preuve de misĂ©ricorde. Pardonnez, compatissez, secourez, instruisez, soutenez. Ne vous enfermez pas dans une tour de cristal en disant : “ Moi, je suis pur, et je ne descends pas parmi les pĂ©cheurs. ” Ne dites pas : “ Je suis riche et heureux et je ne veux pas entendre parler des misĂšres d’autrui. ” Pensez que, plus vite que de la fumĂ©e dispersĂ©e par un grand vent, votre richesse, votre santĂ© ou votre aisance familiale peuvent se dissiper. Et rappelez-vous que le cristal fait office de loupe et que ce qui serait passĂ© inaperçu en vous mĂȘlant Ă  la foule, vous ne pourrez plus le tenir cachĂ© si vous vous Ă©tablissez dans une tour de cristal, seuls, Ă  l’écart, Ă©clairĂ©s de tous cĂŽtĂ©s.

MisĂ©ricorde pour accomplir un sacrifice d’expiation secret, continuel, saint, et obtenir misĂ©ricorde.

170.11 “ Bienheureux serai-je si j’ai le cƓur pur. ”

Dieu est puretĂ©. Le Paradis est le royaume de la puretĂ©. Rien d’impur ne peut entrer au Ciel oĂč est Dieu. Par consĂ©quent, si vous ĂȘtes impurs, vous ne pourrez entrer dans le Royaume de Dieu. Mais, ĂŽ joie ! Joie anticipĂ©e que Dieu accorde Ă  ses enfants ! L’homme pur possĂšde dĂšs cette terre un commencement de Ciel, car Dieu se penche sur celui qui est pur, et l’homme qui vit sur la terre voit son Dieu. Il ne connaĂźt pas la saveur des amours humaines, mais il goĂ»te, jusqu’à l’extase, la saveur de l’amour divin. Il peut dire : “ Je suis avec toi et tu es en moi. Je te possĂšde donc et je te connais comme l’époux trĂšs aimable de mon Ăąme. ” Et, sachez-le bien, celui qui possĂšde Dieu subit de substantiels changements, inexplicables Ă  lui-mĂȘme, qui le rendent saint, sage, fort. Sur ses lĂšvres s’épanouissent des paroles, et ses actes acquiĂšrent une puissance qui n’est pas celle de la crĂ©ature, mais celle de Dieu qui vit en elle.

Qu’est la vie de celui qui voit Dieu ? BĂ©atitude. Et vous voudriez vous priver d’un pareil don par une fĂ©tide impuretĂ© ?

170.12 “ Bienheureux serai-je si j’ai un esprit pacifique. ”

La paix est l’une des caractĂ©ristiques de Dieu. Dieu n’est que dans la paix. Car la paix est amour, alors que la guerre est haine. Satan, c’est la Haine. Dieu, c’est la Paix. Personne ne peut se dire enfant de Dieu, et Dieu ne peut reconnaĂźtre pour fils un homme s’il a un esprit irascible, toujours prĂȘt Ă  dĂ©chaĂźner des tempĂȘtes. Plus encore, celui qui, sans les dĂ©chaĂźner personnellement, ne contribue pas par sa grande paix Ă  calmer les tempĂȘtes suscitĂ©es par d’autres ne peut se dire enfant de Dieu.

Le pacifique rĂ©pand la paix, mĂȘme s’il se tait. MaĂźtre de lui-mĂȘme et, j’ose dire, maĂźtre de Dieu, il la porte comme une lampe diffuse sa clartĂ©, comme un encensoir rĂ©pand son parfum, comme une outre Ă©panche son prĂ©cieux contenu. Et il produit la lumiĂšre parmi les nuĂ©es fumantes des rancƓurs, il purifie l’air des miasmes des aigreurs, il calme les flots furieux des querelles par cette huile suave qu’est l’esprit de paix qui Ă©mane des enfants de Dieu.

Faites en sorte que Dieu et les hommes puissent vous appeler ainsi.

170.13 “ Bienheureux serai-je si je suis persĂ©cutĂ© Ă  cause de mon amour de la justice. ”

L’homme est tellement “ satanisĂ© ” qu’il hait le bien partout oĂč il se trouve, il hait l’homme bon, comme si celui-ci, jusque par son silence, l’accusait et lui faisait des reproches. En effet, la bontĂ© d’une personne fait paraĂźtre encore plus noire la mĂ©chancetĂ© du mĂ©chant. La foi du vrai croyant fait ressortir encore plus vivement l’hypocrisie du faux croyant. Celui qui, par sa maniĂšre de vivre, tĂ©moigne sans cesse en faveur de la justice ne peut pas ne pas ĂȘtre dĂ©testĂ© par ceux qui sont injustes. C’est alors qu’on se dĂ©chaĂźne contre ceux qui aiment la justice.

Il en va comme pour les guerres. L’homme progresse dans l’art satanique de persĂ©cuter plus qu’il ne progresse dans l’art saint de l’amour. Mais il ne peut que persĂ©cuter ceux dont la vie est brĂšve. La partie Ă©ternelle de l’homme Ă©chappe aux piĂšges et acquiert ainsi une vitalitĂ© encore plus vigoureuse du fait de la persĂ©cution. La vie s’enfuit par les blessures qui saignent ou sous les privations qui Ă©puisent le persĂ©cutĂ©, mais le sang fait la pourpre du futur roi et les privations sont autant d’échelons pour s’élever jusqu’aux trĂŽnes que le PĂšre a prĂ©parĂ©s pour ses martyrs, auxquels sont rĂ©servĂ©s les siĂšges royaux du Royaume des Cieux.

170.14 “ Bienheureux serai-je si on m’outrage et me calomnie. ”

Ne faites que ce qui peut mĂ©riter l’inscription de votre nom dans les livres cĂ©lestes, lĂ  oĂč les noms ne sont pas notĂ©s en fonction des mensonges des hommes et les louanges dĂ©cernĂ©es Ă  ceux qui les mĂ©ritent le moins. En revanche, les Ɠuvres des bons y sont inscrites avec justice et amour pour qu’ils puissent recevoir la rĂ©compense promise Ă  ceux qui sont bĂ©nis de Dieu.

Jusqu’à prĂ©sent, on a calomniĂ© et outragĂ© les prophĂštes. Mais quand s’ouvriront les portes des Cieux, ils entreront comme des rois imposants dans la CitĂ© de Dieu et les anges s’inclineront devant eux en chantant de joie. Vous aussi, outragĂ©s et calomniĂ©s pour avoir appartenu Ă  Dieu, vous parviendrez au triomphe cĂ©leste et, quand le temps sera fini et le Paradis rempli, alors toute larme vous sera chĂšre parce que, par elle, vous aurez conquis cette gloire Ă©ternelle qu’au nom du PĂšre je vous promets.

Allez. Demain, je vous parlerai encore. Que restent seulement les malades pour que je les secoure de leurs peines. Que la paix soit avec vous, et que la mĂ©ditation du salut par le moyen de l’amour vous mette sur la route qui aboutit au Ciel. »

Annotation

Evangile de Matthieu 5, 1-12

Mt 5, 1-12 :

Voyant les foules, JĂ©sus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchĂšrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :

« Heureux les pauvres de cƓur, car le royaume des Cieux est Ă  eux.

Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.

Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.

Heureux les misĂ©ricordieux, car ils obtiendront misĂ©ricorde. Heureux les cƓurs purs, car ils verront Dieu.

Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.

Heureux ĂȘtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persĂ©cute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, Ă  cause de moi. RĂ©jouissez-vous, soyez dans l’allĂ©gresse, car votre rĂ©compense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persĂ©cutĂ© les prophĂštes qui vous ont prĂ©cĂ©dĂ©s. »

Evangile de Luc 6, 17-23

Lc 6, 17-23

JĂ©sus descendit de la montagne avec eux et s’arrĂȘta sur un terrain plat. Il y avait lĂ  un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la JudĂ©e, de JĂ©rusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon. Ils Ă©taient venus l’entendre et se faire guĂ©rir de leurs maladies ; ceux qui Ă©taient tourmentĂ©s par des esprits impurs retrouvaient la santĂ©. Et toute la foule cherchait Ă  le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guĂ©rissait tous.

Et Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara :

« Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous.

Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés.

Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.

Heureux ĂȘtes-vous quand les hommes vous haĂŻssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme mĂ©prisable, Ă  cause du Fils de l’homme. Ce jour-lĂ , rĂ©jouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre rĂ©compense est grande dans le ciel ; c’est ainsi, en effet, que leurs pĂšres traitaient les prophĂštes. »

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