EMV 160.1-2 · Tome 3, p. 21-22
LâEvangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©
Citation
162.1 Par un jardin potager dont tous les sillons commencent Ă verdir, JĂ©sus entre dans une grande cuisine oĂč les deux Marie les plus ĂągĂ©es (Marie femme de Clopas et Marie SalomĂ©) prĂ©parent le dĂźner.
« Paix à vous !
â Oh, JĂ©sus ! MaĂźtre ! »
Les deux femmes se retournent et le saluent, lâune tenant un beau poisson quâelle est en train dâouvrir, lâautre le chaudron plein de lĂ©gumes quâelle fait bouillir et quâelle avait retirĂ© de son crochet pour voir oĂč en Ă©tait la cuisson. Leurs bons visages un peu flĂ©tris, rougis par la flamme et le travail, sourient de joie ; sous lâeffet du bonheur, ils semblent rajeunir et embellir.
« Câest prĂȘt dans un instant, JĂ©sus. Tu es fatiguĂ© ? Tu dois avoir faim, dit sa tante Marie, qui a la familiaritĂ© dâune parente et qui, je crois, aime JĂ©sus plus que ses propres enfants.
â Pas plus que dâhabitude. Mais je mangerai certainement avec plaisir les bons plats que Marie et toi mâavez prĂ©parĂ©s. Et les autres de mĂȘme. Les voilĂ qui arrivent.
â Ta MĂšre est dans la chambre du haut. Tu sais ? Simon est venu⊠Oh, je suis vraiment contente, ce soir ! Non : pas complĂštement, parce que⊠Tu le sais, toi, quand je serai vraiment contenteâŠ
â Oui, je le sais. »
JĂ©sus attire Ă lui sa tante, lâembrasse sur le front puis dit :
« Je connais ton dĂ©sir et je sais que tu envies SalomĂ©, sans quâil y ait de pĂ©chĂ©. Mais un jour viendra oĂč, comme elle, tu pourras dire : â Tous mes enfants appartiennent Ă JĂ©sus. â 162.2Je vais trouver Maman. »
Il sort, monte le petit escalier extĂ©rieur qui mĂšne Ă la terrasse qui, pour une bonne moitiĂ©, recouvre la maison ; lâautre partie est ocÂcupĂ©e par une vaste piĂšce dâoĂč sortent de grosses voix dâhommes et, de temps Ă autre, la douce voix de Marie, cette voix claire et virginale de jeune fille que les annĂ©es nâont pas altĂ©rĂ©e, cette mĂȘme voix qui a dit â Je suis la servante du Seigneur â et qui chantait des berceuses Ă son bĂ©bĂ©.
JĂ©sus sâapproche sans bruit, tout en souriant parce quâil entend sa MĂšre dire :
« Ma demeure, câest mon Fils. Et je nâĂ©prouve aucune douleur dâĂȘtre loin de Nazareth, sauf lorsquâil est parti. Mais sâil est auprĂšs de moi⊠ah, plus rien ne me manque ! Et puis, je ne crains rien pour ma maison : vous y ĂȘtes, vousâŠ
â Oh ! Regarde, voilĂ JĂ©sus ! » crie AlphĂ©e, fils de Sarah, qui, ayant le visage tournĂ© vers la porte, est le premier Ă y voir apparaĂźtre JĂ©sus.
« Je suis là , oui. Que la paix soit avec vous tous. Maman ! »
Il embrasse sa MÚre sur le front et reçoit son baiser.