Notes du thĂšme

Mots-clĂ©s principaux et transversaux 🌟

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Confort de lecture

EMV 133.5-7 · Tome 2, p. 399-402

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

133.5 – Ils viennent jusqu’à cette maison, ces effrontĂ©s ! » s’écrie Pierre.

Et Jude s’exclame :

« Joseph... pouvait se la garder pour lui, cette nouvelle. Mais... il était pressé de la faire connaßtre !

– Le cri d’une hyùne n’effraie pas les vivants, dit sentencieusement Philippe.

– Le malheur, c’est que ce ne sont pas des hyĂšnes, mais des tigres. Ils cherchent une proie vivante » rĂ©plique Judas et, se tournant vers Simon le ZĂ©lote : « Dis ce que nous avons appris.

– Oui, MaĂźtre. Judas avait bien raison de craindre. Nous sommes allĂ©s chez Joseph d’Arimathie et chez Lazare et, lĂ , comme tes amis dĂ©clarĂ©s. Ensuite, Judas et moi, comme si j’étais l’un de ses amis d’enfance, chez certains de ses amis de Sion... Et... Joseph et Lazare te disent de partir tout de suite pendant ces fĂȘtes. N’insiste pas, MaĂźtre. C’est pour ton bien. Les amis de Judas, ensuite, ont dit : “ Attention : on a dĂ©jĂ  dĂ©cidĂ© de venir le surprendre pour l’accuser. Et cela prĂ©cisĂ©ment en ces jours de fĂȘte oĂč il n’y a pas de monde. Qu’il se retire quelque temps pour tromper ces vipĂšres. La mort de Doras a excitĂ© leur venin et leur peur. Car ils Ă©prouvent, non seulement de la haine, mais aussi de la peur. La peur leur fait voir des choses qui n’existent pas et la haine les fait aller jusqu’au mensonge. ”

– Ils savent tout, tout sur notre compte ! C’est odieux ! Ils dĂ©figurent tout ! Ils exagĂšrent tout, et quand cela ne leur paraĂźt pas suffisant pour maudire, ils inventent. J’en suis dĂ©goĂ»tĂ© et accablĂ©. Il me vient le dĂ©sir de m’exiler, d’aller... je ne sais pas oĂč... loin. Mais hors de cet IsraĂ«l qui n’est que pĂ©chĂ©... »

Judas est déprimé.

« Judas, Judas ! Pour mettre un homme au monde, une femme travaille pendant neuf lunes. Toi, pour donner au monde la connaissance de Dieu, tu voudrais faire plus vite ? Ce n’est pas neuf lunes, mais des millĂ©naires de lunes qu’il faudra. Et, comme la lune naĂźt et meurt Ă  chaque lunaison, nous semble naĂźtre Ă  nouveau, puis devenir pleine, puis dĂ©croissante, ainsi en sera-t-il dans le monde, tant qu’il existera : il y aura toujours des phases de croissance et de dĂ©croissance de la religion. Mais, mĂȘme quand elle semblera morte, elle n’en sera pas moins vivante, Ă  l’instar de la lune qui continue d’exister quand elle paraĂźt finie. Et celui qui aura travaillĂ© pour cette religion en tirera un grand mĂ©rite, mĂȘme s’il ne reste sur la terre qu’un trĂšs petit nombre d’ñmes fidĂšles. Allons, allons ! Pas de faciles enthousiasmes dans les triomphes et pas de faciles dĂ©pressions dans les dĂ©faites.

– NĂ©anmoins... pars d’ici. Nous ne sommes pas, nous, encore assez forts. Et nous sentons que, face au SanhĂ©drin, nous aurions peur. Moi du moins... Les autres, je ne sais pas... Mais je crois imprudent de tenter l’expĂ©rience. Nous n’avons pas le coeur des trois enfants de la cour de Nabuchodonosor.

– Oui, Maütre, ça vaut mieux.

– C’est plus prudent.

– Judas a raison.

– Tu vois que mĂȘme ta MĂšre et ta parentĂ©...

– Et aussi Lazare et Joseph.

– Laissons les autres venir pour rien. »

Jésus ouvre les bras et dit :

« Qu’il soit fait comme vous le voulez. Mais ensuite, nous reviendrons ici. Vous voyez combien il vient de gens. Je ne force pas et ne tente pas votre Ăąme. Je ne la sens pas prĂȘte, en effet...

133.6 Mais voyons les travaux des femmes. »

Les yeux rayonnants, tous poussent des cris de joie en sortant des besaces les paquets avec les vĂȘtements, les sandales, les vivres des mĂšres et des femmes, et tentent d’intĂ©resser JĂ©sus pour qu’il admire une si grande grĂące de Dieu. Mais lui reste triste et distrait. Il lit et relit la lettre de sa MĂšre. Il s’est blotti avec une lampe dans le coin le plus reculĂ© de la table sur laquelle sont les vĂȘtements, les pommes, les vases de mĂ©tal et les fromages. Une main en visiĂšre sur les yeux, il semble mĂ©diter. Mais il souffre.

« Mais regarde, MaĂźtre, quel beau vĂȘtement ma pauvre Ă©pouse m’a fait ! Et ce manteau avec un capuchon ! Qui sait combien elle s’est fatiguĂ©e car elle n’est pas adroite comme ta MĂšre, dit Pierre qui jubile, les bras chargĂ©s de ses trĂ©sors.

– Ils sont beaux, oui, trĂšs beaux. C’est une brave femme » rĂ©pond JĂ©sus poliment.

Mais son regard est bien loin des objets qu’on lui montre.

« Pour nous, notre mĂšre a fait deux vĂȘtements doublĂ©s. Pauvre maman ! Ils te plaisent, JĂ©sus ? Ils ont une belle couleur, n’est-ce pas ? dit Jacques, fils de ZĂ©bĂ©dĂ©e.

– Trùs beau, Jacques. Il t’ira bien.

– Regarde. Je parie que ces ceintures, c’est ta MĂšre qui les a faites. C’est elle qui brode si bien. Et aussi ce voile doublĂ© pour abriter du soleil, je dis que c’est Marie qui l’a fait. Il est pareil au tien. Mais pas le vĂȘtement : c’est sĂ»rement notre mĂšre qui l’a tissĂ©. Pauvre maman ! AprĂšs toutes les larmes qu’elle a versĂ©es cet Ă©tĂ©, elle n’y voit plus bien, et souvent le fil se casse. ChĂšre maman ! »

Et Jude embrasse le lourd vĂȘtement d’un rouge qui tire sur le marron.

133.7 « Tu n’es pas joyeux, MaĂźtre ? demande finalement BarthĂ©lemy.

Tu ne regardes mĂȘme pas les choses que l’on t’envoie.

– Il ne peut l’ĂȘtre, rĂ©plique Simon le ZĂ©lote.

– Je rĂ©flĂ©chis... Mais... Refaites les paquets. Mettez tout en place. Ce n’est pas le moment de se faire prendre et on ne nous prendra pas. Quand la nuit sera avancĂ©e, au clair de lune, nous irons Ă  Docco, puis Ă  BĂ©thanie.

– Pourquoi à Docco ?

– Parce qu’il y a une femme qui meurt et qui attend de moi sa guĂ©rison.

– Ne passons-nous pas chez le rĂ©gisseur ?

– Non, AndrĂ©, chez personne. Ainsi personne n’aura besoin de mentir en prĂ©tendant ne pas savoir oĂč nous sommes. Si vous tenez Ă  n’ĂȘtre pas poursuivis, moi, je tiens Ă  ne pas crĂ©er d’ennuis Ă  Lazare.

– Mais Lazare t’attend.

– Et nous allons chez lui. Ou plutît... Simon, nous logerais-tu dans la maison de ton vieux serviteur ?

– Avec joie, MaĂźtre. Tu sais tout, dĂ©sormais. Je puis donc te dire, au nom de Lazare, en mon nom, et au nom de celui qui s’y trouve : elle est Ă  toi.

– Allons, faites vite pour que nous arrivions Ă  BĂ©thanie avant le sabbat. »

Et pendant que tous se dispersent avec des lanternes afin de faire le nécessaire pour ce départ imprévu, Jésus reste seul.

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EMV 134 · Tome 2, p. 403-406

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

GuĂ©rison de Marianne, une mĂšre mourante qui a donnĂ© vie Ă  six enfants. Elle a une maladie du sein (peut-ĂȘtre un cancer ?). JĂ©sus vient la guĂ©rir, car sa belle-mĂšre a Ă©tĂ© trouver JĂ©sus Ă  la Belle-Eau, Ă  la fin de l'EMV 131. À la fin, le Christ demande Ă  Judas de leur acheter des vivres pour les prochains jours, car ils sont trĂšs pauvres. Celui-ci demande alors de donner aussi une part de son argent, car il devient bon et veut se dĂ©faire de sa fascination contre l'argent.

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EMV 135 · Tome 2, p. 406 à 416

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

JĂ©sus arrive Ă  BĂ©thanie. Une Romaine voit le groupe et s'Ă©loigne, mĂ©prisante. Lazare arrive et croit que c'est Ă  cause de la prĂ©sence de sa soeur pĂ©cheresse que Lazare ne vient pas chez lui. Marthe pense de mĂȘme. JĂ©sus doit les apaiser. Il demande ensuite Ă  son ami quelle a Ă©tĂ© la rĂ©action du SanhĂ©drin suite Ă  la mort de Doras, et ceux-ci ont une haine encore plus prononcĂ©e pour le MaĂźtre. Ils voient des ombres lĂ  oĂč Lui n'est que LumiĂšre. JĂ©sus dit alors Ă  Lazare qu'il a parlĂ© Ă  des pĂ©cheresses pour leur apporter la MisĂ©ricorde, car c'est son droit et son dĂ©sir. Le frĂšre de Marthe l'approuve. Ils parlent briĂšvement d'une Romaine mĂ©prisante qui est venue vivre Ă  BĂ©thanie. Le Christ dit de laisser faire car il travaille avec tout le monde jusqu'Ă  ce que vienne le tri final des Ăąmes. Puis, il fait un discours et parle des hommes riches, voire mĂ©chants qui n'ont pas de repos. Comme Marie-Madeleine est prĂ©sente, il parle de ces Ăąmes qui ont vĂ©cu une vie de pĂ©chĂ©s, qui recherchent ensuite Dieu et son Amour.

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EMV 135.3 · Tome 2, p. 409

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Il y a bien des raisons de pleurer et de faire des larmes un objet précieux.

Annotation

Jésus parle ici du péché (sources de nos souffrances et de nos larmes), mais celles-ci peuvent devenir source de rédemption et acquérir une valeur éternelle, si on offre nos souffrances au PÚre pour le salut des ùmes.

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EMV 135.6 · Tome 2, p. 413

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

« Le monde appartient aux mĂ©chants. Le Paradis appartient aux bons. C’est la vĂ©ritĂ© et la promesse. C’est sur elle que s’appuient notre force et notre assurance. Le monde passe. Le Paradis ne passe pas. Celui qui le conquiert par sa bontĂ© en jouit Ă©ternellement. Alors pourquoi se troubler devant les actes des mĂ©chants ? »

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EMV 135.6-8 · Tome 2, p. 413-416

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

135.6 
 La vision reprend lorsque JĂ©sus revient sur la terrasse pour parler aux habitants de BĂ©thanie et des localitĂ©s voisines, accourus pour l’entendre.

« Paix à vous.

Quand bien mĂȘme je me tairais, les vents de Dieu vous apporteraient les paroles de mon amour et de la rancƓur d’autrui. Je sais que vous ĂȘtes en effervescence, car la raison de ma prĂ©sence parmi vous ne vous est pas inconnue. Mais ce ne doit ĂȘtre qu’une manifestation joyeuse, et bĂ©nissez avec moi le Seigneur qui utilise le mal pour rĂ©jouir ses enfants, ramenant par l’aiguillon du mal son Agneau parmi les agneaux pour le mettre Ă  l’abri des loups.

Voyez comme le Seigneur est bon. A l’endroit oĂč j’étais, sont arrivĂ©s, comme des eaux Ă  la mer, un fleuve et une riviĂšre. Un fleuve de douceur affectueuse, une riviĂšre de brĂ»lante amertume. Le premier, c’était votre amour, depuis Lazare et Marthe jusqu’au bout du pays ; la riviĂšre, c’était la hargne injuste de gens qui, ne pouvant venir vers le Bien qui les invite, accusent le Bien d’ĂȘtre le Crime. Et le fleuve disait : “ Reviens, reviens parmi nous. Que nos eaux t’entourent, t’isolent, te dĂ©fendent. Qu’elles te donnent tout ce que te refuse le monde ! ” La riviĂšre empoisonnĂ©e Ă©tait menaçante et voulait tuer par son poison. Mais qu’est-ce qu’une riviĂšre devant un fleuve, et qu’est-elle devant la mer ? Rien. Le poison de la riviĂšre a Ă©tĂ© rĂ©duit Ă  rien car le fleuve de votre amour l’a annihilĂ©, et dans la mer de mon amour ne s’est jetĂ©e que la douceur de votre amour. Mieux, il a fait naĂźtre un bien : il m’a ramenĂ© vers vous. BĂ©nissons-en le TrĂšs-Haut. »

Puissante, la voix de JĂ©sus se rĂ©pand dans l’air calme et silencieux. JĂ©sus, trĂšs beau dans la lumiĂšre du soleil, sourit avec des gestes tranquilles du haut de la terrasse. En bas, les gens l’é­coutent, pleins de joie : c’est une floraison de visages levĂ©s vers lui qui s’épanouissent au son de sa voix harmonieuse. Lazare se tient auprĂšs de JĂ©sus, de mĂȘme que Simon et Jean. Les autres sont dispersĂ©s dans la foule. Marthe elle aussi monte sur la terrasse et s’assied par terre aux pieds de JĂ©sus. Elle regarde vers sa maison que l’on aperçoit par-delĂ  le verger.

« Le monde appartient aux mĂ©chants. Le Paradis appartient aux bons. C’est la vĂ©ritĂ© et la promesse. C’est sur elles que s’appuient notre force et notre assurance. Le monde passe. Le Paradis ne passe pas. Celui qui le conquiert par sa bontĂ© en jouit Ă©ternellement. Alors pourquoi se troubler devant les actes des mĂ©chants ? Vous rappelez-vous les lamentations de Job ? Ce sont les Ă©ternelles lamentations des bons que l’on opprime. Car la chair gĂ©mit, mais elle ne devrait pas gĂ©mir, et plus on la foule aux pieds, plus les ailes de l’ñme devraient s’élever dans la joie du Seigneur.

Croyez-vous qu’ils soient heureux, ceux qui le paraissent parce qu’ils possĂšdent – licitement ou plutĂŽt illicitement – des monceaux de blĂ©, des cuves toutes pleines, et des outres remplies d’huile ? Non. Ils sentent le goĂ»t du sang et des larmes d’autrui dans toute leur nourriture, et leur lit leur paraĂźt hĂ©rissĂ© de ronces tellement ils y sont dĂ©vorĂ©s par leurs remords. Ils volent les pauvres et dĂ©pouillent les orphelins, pillent le prochain pour toujours amasser, ils oppriment ceux qui sont moins puissants et moins pervers qu’eux. Peu importe. Laissez-les faire. Leur royaume est de ce monde. Et Ă  leur mort, que leur restera-t-il ? Rien. A moins qu’on ne veuille appeler trĂ©sor le fardeau des fautes qu’ils portent avec eux et avec lequel ils se prĂ©senteront Ă  Dieu. Laissez-les faire. Ce sont les fils des tĂ©nĂšbres, rĂ©voltĂ©s contre la LumiĂšre, et ils ne peuvent suivre ses sentiers lumineux. Quand Dieu fait briller l’Etoile du matin, ils l’appellent ombre mortelle et la croient contaminĂ©e. Ils prĂ©fĂšrent cheminer Ă  la lueur tĂ©nĂ©breuse de leur or et de leur haine qui ne luisent que parce que les rĂ©alitĂ©s infernales ont la brillante phosphorescence des lacs de perdition. »

135.7 « Ma sƓur, JĂ©sus
 oh ! »

Lazare dĂ©couvre Marie qui se glisse derriĂšre une haie du verger de son frĂšre pour arriver le plus prĂšs possible. Elle marche courbĂ©e, mais sa tĂȘte blonde brille comme de l’or sur le fond du buis vert foncĂ©.

Marthe va se lever. Mais JĂ©sus lui pose une main sur la tĂȘte, et elle doit rester oĂč elle est. JĂ©sus hausse encore la voix.

« Que dire de ces malheureux ? Dieu leur a donnĂ© le temps de faire pĂ©nitence et ils en abusent pour pĂ©cher. Mais le Seigneur ne les perd pas de vue, mĂȘme quand il semble le faire. Un moment vient oĂč, comme la foudre qui brise mĂȘme le roc, l’amour de Dieu brise leur cƓur dur, ou bien encore l’accumulation de leurs fautes fait monter jusqu’à leur gueule et leurs narines la marĂ©e de leur fange. Ils ressentent alors – oh oui, ils ressentent enfin ! – le dĂ©goĂ»t de cette saveur et de cette puanteur qui rĂ©pugne aux autres et qui remplit leur cƓur. Alors vient un moment oĂč ils en ont la nausĂ©e et il s’élĂšve en eux un commencement de dĂ©sir de faire le bien.

L’ñme s’écrie alors : “ Et qui m’aidera Ă  revenir au temps de ma jeunesse, quand mon Ăąme Ă©tait dans l’amitiĂ© de Dieu ? Quand sa lumiĂšre brillait dans mon cƓur et que je marchais dans son rayonnement ? Quand, devant ma justice, le monde se taisait, plein d’admiration, et que quiconque me voyait proclamait mon bonheur ? Le monde buvait mon sourire, on accueillait mes paroles comme celles d’un ange et le cƓur de mes proches tressaillait de fiertĂ© dans leur poitrine. Et maintenant que suis-je devenue ? Objet de railleries pour les jeunes, d’horreur pour les vieux. Je suis l’objet de leurs moqueries et ils me crachent leur mĂ©pris au visage. ” Oui, c’est ainsi que parle Ă  certaines heures l’ñme des pĂ©cheurs, des vrais Job, car il n’y a pas de misĂšre plus grande que celle-lĂ , la misĂšre de celui qui a perdu pour toujours l’amitiĂ© de Dieu et son Royaume. Et elle doit faire pitiĂ©, seulement pitiĂ©.

Ce sont des Ăąmes qui, par dĂ©sƓuvrement ou par Ă©tourderie, ont perdu l’éternel Epoux. “ La nuit, dans mon lit, je cherchais l’amour de mon Ăąme et ne le trouvais pas. ” En effet, dans les tĂ©nĂšbres, on ne peut distinguer l’époux, et l’ñme, aiguillonnĂ©e par l’amour, inconsciente parce qu’elle est environnĂ©e par la nuit spirituelle, cherche et veut trouver un rafraĂźchissement Ă  son tourment. Elle croit le trouver dans un amour quelconque. Non. Il n’y a qu’un amour pour l’ñme : Dieu. Elles errent, ces Ăąmes que l’amour de Dieu aiguillonne, Ă  la recherche de l’amour. Il suffirait qu’elles veuillent en elles la lumiĂšre et elles auraient l’Amour pour Ă©poux. Elles errent, comme des malades, cherchant Ă  tĂątons l’amour, et elles rencontrent tous les amours, toutes les choses dĂ©goĂ»tantes auxquelles l’homme a donnĂ© ce nom, mais elles ne trouvent pas l’Amour ; car l’Amour, c’est Dieu et non pas l’or, la jouissance, le pouvoir.

Pauvres, pauvres Ăąmes ! Si elles Ă©taient moins paresseuses, elles se seraient levĂ©es au premier appel de l’Epoux Ă©ternel pour aller vers Dieu qui appelle : “ Suis-moi ”, vers Dieu qui dit : “ Ouvre-moi ”, de sorte qu’elles ne seraient pas allĂ©es ouvrir la porte avec l’élan de leur amour rĂ©veillĂ© quand l’Epoux déçu est dĂ©jĂ  loin. Disparu
 Et elles n’auraient pas profanĂ© cet Ă©lan saint d’un besoin d’aimer dans une boue qui dĂ©goĂ»te l’animal immonde tant elle est saumĂątre et couverte de ronces, et celles-ci n’étaient pas des fleurs mais seulement des aiguilles qui la dĂ©chirent au lieu de la couronner. Elles n’auraient pas connu le mĂ©pris des gardes de service, de tous les gens qui, comme Dieu mais pour des motifs opposĂ©s, ne perdent pas de vue le pĂ©cheur et le montrent du doigt pour le tourner en dĂ©rision et le critiquer.

Pauvres Ăąmes frappĂ©es, dĂ©pouillĂ©es, blessĂ©es par tout le monde ! Seul Dieu ne s’unit pas Ă  cette lapidation de mĂ©pris sans pitiĂ©.

Mais il fait tomber ses larmes pour guĂ©rir ses blessures et revĂȘtir sa crĂ©ature d’un vĂȘtement qui brille comme le diamant. C’est toujours sa crĂ©ature
 Dieu seul
 et avec le PĂšre, les enfants de Dieu. BĂ©nissons le Seigneur. Il a voulu que, pour les pĂ©cheurs, je doive revenir ici pour vous dire : “ Pardonnez, pardonnez toujours. Faites sortir de tout mal un bien, de toute offense une grĂące. ” Je ne vous dis pas seulement “ faites-le ”, je vous dis : rĂ©pĂ©tez mon geste. J’aime, et je bĂ©nis mes ennemis puisque, grĂące Ă  eux, j’ai pu revenir vers vous, mes amis.

La paix soit sur vous tous. »

Les gens agitent des voiles et des rameaux en l’honneur de JĂ©sus et puis s’éloignent tout doucement.

135.8 « L’auront-ils vue, cette impudente ?

– Non, Lazare. Elle Ă©tait derriĂšre la haie, bien cachĂ©e. Nous pouvions la voir d’ici, de la terrasse. Pas les autres.

– Elle nous avait promis de


– Pourquoi ne devait-elle pas venir ? N’est-elle pas une fille d’Abraham, elle aussi ? Je veux que vous, mes frĂšres, et vous aussi, mes disciples, vous promettiez de ne pas lui faire de rĂ©flexions. Laissez-la faire. Elle se moquera de moi ? Laissez-la faire. Elle pleurera ? Laissez-la faire. Elle voudra rester ? Laissez-la faire. Elle voudra fuir ? Laissez-la faire. C’est le secret du RĂ©dempteur et des rĂ©dempteurs : faire preuve de patience, de bontĂ©, de constance et prier. Rien d’autre. Tout geste est de trop pour certaines maladies
 Adieu, mes amis. Je reste pour prier. Quant Ă  vous, que chacun aille remplir sa tĂąche. Et que Dieu vous accompagne. »

Détail

Lazare et Marthe écoutent la prédication de Jésus, qui est revenu à Béthanie à cause de l'hostilité du Sanhédrin. Durant le discours de Jésus, Marie-Madeleine s'invite, ce qui agite la famille de Béthanie.

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