EMV 127.6-7 · Tome 2, p. 356-359
LâEvangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©
Citation
« â Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu â, est-il dit.
Trop souvent on oublie ce commandement. On tente Dieu quand on veut lui imposer notre propre volontĂ©. On tente Dieu quand on agit imprudemment contre les prĂ©ceptes de la Loi, qui est sainte et parfaite et dont le cĂŽtĂ© spirituel, le principal, sâoccupe et se prĂ©occupe jusque de la chair que Dieu a créée. On tente Dieu quand, aprĂšs avoir reçu son pardon, on recommence Ă pĂ©cher. On tente Dieu quand, aprĂšs avoir reçu ses dons, on fait naĂźtre un dommage de ces bienfaits, alors que nous les avons reçus pour quâils soient utilisĂ©s pour notre bien et nous tournent vers Dieu.
On ne se moque pas de Dieu. Trop souvent, cela arrive. Hier, vous avez vu le chĂątiment qui attend ceux qui se moquent de Dieu. Le Dieu Ă©ternel, plein de pitiĂ© pour celui qui se repent, fait en revanche montre dâune grande sĂ©vĂ©ritĂ© Ă lâĂ©gard de celui qui ne se repent pas et nâaccepte pas de changer.
Vous venez Ă moi pour entendre la parole de Dieu. Vous venez Ă moi pour obtenir un miracle. Vous venez Ă moi pour ĂȘtre pardonnĂ©s. Et le PĂšre vous donne la parole, le miracle et le pardon. Et moi, je ne regrette pas le Ciel parce que je peux vous donner le miracle et le pardon, et vous faire connaĂźtre Dieu.
127.7 Lâhomme est tombĂ© hier, foudroyĂ© comme Nadab et Abiu par le feu de la colĂšre divine. Mais en ce qui vous concerne, abstenez-vous de le juger. Seulement que ce qui est arrivĂ©, ce nouveau miracle, vous fasse rĂ©flĂ©chir sur la maniĂšre dâagir qui convient pour avoir lâamitiĂ© de Dieu. Lui, il voulait lâeau de la pĂ©nitence, mais sans esprit surnaturel. Il la voulait avec une mentalitĂ© humaine : comme une pratique magique qui le guĂ©risse de la maladie et le dĂ©livre du malheur. Il nâavait pas dâautre but que son corps et sa rĂ©colte. Rien pour sa pauvre Ăąme : elle nâavait pas de valeur pour lui. Ce qui comptait pour lui, câĂ©taient la vie et lâargent.
Je le dĂ©clare : â Le cĆur est lĂ oĂč est le trĂ©sor et le trĂ©sor est lĂ oĂč est le cĆur. Câest donc dans le cĆur que se trouve le trĂ©sor. â
Il nâavait rien dâautre au fond du cĆur que la soif de vivre et de possĂ©der beaucoup dâargent. Comment se le procurer ? Tout moyen Ă©tait bon, mĂȘme le crime. Dans ce cas, demander le baptĂȘme nâĂ©tait-ce pas se moquer de Dieu et le tenter ? Il aurait suffi dâun repentir sincĂšre de sa longue vie de pĂ©chĂ© pour lui procurer une sainte mort et mĂȘme ce quâil Ă©tait juste dâobtenir sur terre. Mais il Ă©tait impĂ©nitent. Nâayant jamais aimĂ© personne en dehors de lui-mĂȘme, il en arriva Ă ne pas sâaimer lui-mĂȘme car la haine tue jusquâĂ lâamour animal et Ă©goĂŻste quâon a pour soi. Les larmes dâun repentir sincĂšre auraient dĂ» ĂȘtre son eau lustrale. Et quâil en soit ainsi pour vous tous qui mâĂ©coutez. Car personne nâĂ©tant sans pĂ©chĂ©, vous avez tous besoin de cette eau. Elle descend, pressĂ©e par le cĆur, elle lave, rend la virginitĂ© Ă ce qui Ă©tait profanĂ©, relĂšve celui qui est tombĂ©, rend la vigueur Ă celui que la faute avait saignĂ© Ă blanc.
Cet homme ne se prĂ©occupait que des malheurs de la terre. Mais il nây a quâun malheur qui doit faire rĂ©flĂ©chir lâhomme : câest le malheur Ă©ternel de perdre Dieu. Cet homme nâoubliait pas de faire les offrandes rituelles, mais il ne savait pas offrir Ă Dieu un sacrifice spirituel, câest-Ă -dire sâĂ©loigner du pĂ©chĂ©, faire pĂ©nitence, demander par ses actes le pardon. Les offrandes hypocrites, faites avec des richesses provenant de biens mal acquis, reviennent Ă inviter Dieu Ă se faire complice des mauvaises actions de lâhomme. Cela peut-il donc arriver ? Nâest-ce pas se moquer de Dieu que dâavoir cette audace ? Dieu repousse celui qui dit : â VoilĂ mon sacrifice â, mais brĂ»le de continuer sa vie de pĂ©chĂ©. Est-ce que le jeĂ»ne corporel sert Ă quelque chose lorsque lâĂąme ne sâimpose pas le jeĂ»ne du pĂ©chĂ© ?
Que la mort de lâhomme qui a eu lieu ici vous fasse rĂ©flĂ©chir sur les conditions nĂ©cessaires pour ĂȘtre vraiment aimĂ©s par Dieu. Maintenant, dans son riche palais, les parents et les pleureurs mĂšnent le deuil sur sa dĂ©pouille que lâon va bientĂŽt conduire au tombeau. Ah ! Quel vrai deuil, quelle vraie dĂ©pouille ! Il nâest plus quâune dĂ©pouille ! Rien dâautre quâun deuil sans espĂ©rance. Car son Ăąme dĂ©jĂ morte sera pour toujours sĂ©parĂ©e de ceux quâil a aimĂ©s en raison dâune parentĂ© ou dâaffinitĂ© dâidĂ©es. MĂȘme si un sĂ©jour identique les unit pour toujours, la haine qui y rĂšgne les sĂ©parera. La mort est alors une â vraie â sĂ©paration. Il vaudrait mieux que, au lieu des autres, ce soit lâhomme qui pleure sur lui-mĂȘme quand il a tuĂ© son Ăąme, et que, par ces larmes dâun homme contrit et humble, Dieu rende la vie Ă cette Ăąme en lui pardonnant.
Allez, sans haine ou commentaire, sans rien dâautre que lâhumilitĂ©. Comme moi qui ai parlĂ© de lui sans haine, mais en portant sur lui une juste apprĂ©ciation. La vie et la mort enseignent Ă bien vivre et Ă bien mourir, pour conquĂ©rir la Vie qui nâest pas sujette Ă la mort. Que la paix soit avec vous. »
Détail
Evocation de Doras, mort dans l'EMV 126.