EMV 122.6.13 · Tome 2, p. 315 et 321-322
LâEvangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©
Citation
« Quâa-t-elle, cette femme ? »
Ils sont déjà dans la cour et Jésus remarque une femme qui pleure.
« Je ne le sais pas. Elle Ă©tait lĂ dĂ©jĂ hier, et hier aussi elle pleurait. Quand tu parlais avec Manahen, elle a failli venir Ă ta rencontre, puis elle sâen est allĂ©e. Elle doit habiter au village ou dans le voisinage, puisquâelle est revenue. Elle ne paraĂźt pas malade...
â Que la paix soit avec toi, femme », dit JĂ©sus, en passant auprĂšs dâelle.
Elle rĂ©pond doucement : « Et avec toi. » Rien dâautre.
Il doit y avoir au moins trois cents personnes. Sous lâappentis il y a des estropiĂ©s, des aveugles, des muets ; il y en a un qui est tout agitĂ© par un tremblement ; il y a un tout jeune garçon, manifestement hydrocĂ©phale, quâun homme tient par la main. Il ne fait que geindre, baver, remuer la tĂȘte, lâair hĂ©bĂ©tĂ©.
« Câest peut-ĂȘtre le fils de cette femme ? demande JĂ©sus.
â Je lâignore. Simon sâoccupe des pĂšlerins et il est au courant. »
On appelle Simon le ZĂ©lote et on lâinterroge. Mais lâhomme nâest pas avec la femme. Elle est seule.
« Elle ne fait que pleurer et prier. Elle mâa demandĂ©, il y a peu de temps : â Est-ce que le MaĂźtre guĂ©rit aussi les coeurs ? â explique Simon.
â Ce sera quelque femme trahie » commente Pierre.
Pendant que Jésus se dirige vers les malades, Barthélemy et Matthieu se rendent à la purification avec de nombreux pÚlerins.
La femme pleure dans son coin et ne bouge pas. (...)
[Le Christ donne un discours à la Belle-Eau sur le Commandement : "Tu honoreras ton pÚre et ta mÚre. Il parle également de la maladie peu avant son discours. Ensuite, il congédie tous ceux qui sont présents.]
122.13 Ceux qui partent sâen vont rapidement. Ceux qui restent entrent dans la troisiĂšme piĂšce. Ils mangent leur pain ou celui que les disciples leur offrent au nom de Dieu. On a disposĂ© des planches et de la paille sur des chevalets rudimentaires et les pĂšlerins peuvent y dormir.
La femme voilĂ©e sâen va dâun pas rapide. Celle qui pleurait auparavant et a continuĂ© de pleurer pendant que JĂ©sus parlait, tourne sur place, incertaine, puis se dĂ©cide Ă partir.
JĂ©sus entre dans la cuisine pour prendre sa nourriture, mais Ă peine a-t-il commencĂ© de manger que lâon frappe Ă la porte.
André, qui en est le plus prÚs, se lÚve et sort dans la cour. Il parle, puis rentre :
« MaĂźtre, une femme, celle qui pleurait, te demande. Elle dit quâelle doit partir et quâelle doit te parler.
â Mais si câest comme ça, comment et quand va manger le MaĂźtre ? sâexclame Pierre.
â Il fallait lui dire de revenir plus tard, dit Philippe.
â Silence. Je mangerai aprĂšs. Continuez, vous autres. »
Jésus sort. La femme est là , dehors.
« MaĂźtre... un mot... Tu as dit... Oh ! Viens derriĂšre la maison ! Il mâest pĂ©nible de parler de ma souffrance ! »
JĂ©sus la satisfait sans mot dire. Câest seulement quand il arrive derriĂšre la maison quâil demande :
« Que désires-tu de moi ?
â MaĂźtre... je tâai Ă©coutĂ© dâabord quand tu parlais parmi nous... et puis je tâai Ă©coutĂ© quand tu as prĂȘchĂ©. On dirait que tu as parlĂ© pour moi. Tu as dit que dans toute maladie physique ou morale, il y a Satan... Jâai un fils qui a le coeur malade. Sâil tâavait entendu quand tu parlais des parents ! Câest mon tourment. Il sâest fourvoyĂ© avec de mauvais camarades et il est... il est exactement comme tu dis... un voleur... il lâest Ă la maison pour lâinstant, mais... Il aime les rixes... il veut dominer... Jeune comme il est, il se ruine en dĂ©bauche et en ripailles. Mon mari veut le chasser. Moi... moi, je suis sa mĂšre... et je souffre Ă en mourir. Tu vois comme je suis angoissĂ©e ? Mon coeur se brise sous tant de douleur. Câest depuis hier que je veux te parler car... jâespĂšre en toi, mon Dieu. Mais je nâosais rien dire. Câest si pĂ©nible pour une mĂšre dâavouer : â Mon fils est un vaurien â ! »
La femme pleure, courbée et douloureuse, devant Jésus.
« Ne pleure plus. Il va guérir de son mal.
â Sâil pouvait tâentendre, oui. Mais il ne veut pas tâĂ©couter. Ah ! Il ne guĂ©rira jamais !
â Mais as-tu de la foi pour lui ? Le veux-tu pour lui ?
â Câest Ă moi que tu le demandes ? Je suis venue de Haute-PĂ©rĂ©e pour te prier en sa faveur...
â Alors, va ! Quand tu arriveras chez toi, ton fils viendra Ă ta rencontre, repenti.
â Mais comment ?
â Comment ? Crois-tu que Dieu ne puisse faire ce que je lui demande ? Ton fils est lĂ -bas. Je suis ici. Mais Dieu est partout. Je dis Ă Dieu : â PĂšre, pitiĂ© pour cette mĂšre. â Et Dieu fera retentir son appel dans le coeur de ton fils. Va, femme. Un jour je passerai dans la rĂ©gion de ton village et toi, fiĂšre de ton garçon, tu viendras Ă ma rencontre avec lui. Quand il pleurera sur tes genoux en te demandant pardon et en te racontant la lutte mystĂ©rieuse dâoĂč il est sorti avec une Ăąme nouvelle, et quâil te demandera comment cela est arrivĂ©, dis-lui : â Câest par JĂ©sus que tu es nĂ© une seconde fois, au bien, cette fois. â Parle-lui de moi. Si tu es venue vers moi, cela veut dire que tu sais. Fais en sorte que lui, il sache et pense Ă moi pour trouver en lui la force qui sauve. Adieu. Paix Ă la mĂšre qui a eu foi, au fils qui revient, au pĂšre joyeux, Ă la famille rassemblĂ©e. Va. »
La femme sâen va vers le village et tout prend fin.
Détail
Une mÚre accablée a un fils perverti et mauvais, Philippe d'Arbela. Elle est broyée et pleure beaucoup. AprÚs le discours de Jésus, sur le Commandement "Tu honoreras ton pÚre et ta mÚre", la femme vient le trouver pour parler de son fils.