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Confort de lecture

EMV 89.2-4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

89.2 – MaĂźtre... marchons un peu plus vite. Je voudrais te parler discrĂštement. »

Ils se détachent encore plus du groupe, et Simon dit :

« Je voudrais te dire que Lazare a ordre d’employer l’argent pour venir en aide Ă  tous ceux qui ont recours Ă  lui au nom de JĂ©sus. Ne pourrions-nous pas affranchir Jonas ? Cet homme est usĂ© et n’a plus que la joie de te possĂ©der. Donnons-la-lui. Quel travail peut-il encore accomplir ici ? Libre, il serait ton disciple dans cette plaine si belle et dĂ©solĂ©e. Les hommes les plus riches d’IsraĂ«l possĂšdent ici des terres excellentes et les exploitent avec une usure cruelle, exigeant de leurs travailleurs cent pour un. Je le sais depuis des annĂ©es. Il te sera difficile de sĂ©journer beaucoup ici, car la secte des pharisiens y rĂšgne en maĂźtre et je ne crois pas qu’elle te sera jamais amie. Ces travailleurs opprimĂ©s et sans lumiĂšre comptent parmi les plus malheureux en IsraĂ«l. Tu l’as entendu : mĂȘme pour la PĂąque, on ne les laisse pas prier en paix, pendant que leurs durs patrons se placent au premier rang des fidĂšles avec de grands gestes et des mises en scĂšne. Ils auront au moins la joie de savoir que tu es ici, d’entendre rĂ©pĂ©ter tes paroles par quelqu’un qui n’en changera pas un iota. Si c’est ton avis, MaĂźtre, donne des ordres et Lazare le fera.

– Simon, j’avais compris pourquoi tu t’es dĂ©pouillĂ© de tout. Les pensĂ©es de l’homme ne me sont pas inconnues et je t’ai aimĂ© aussi pour cette raison. En rendant heureux Jonas, c’est JĂ©sus que tu rends heureux. 89.3 Ah ! Comme il me pĂšse de voir souffrir les bons ! Ma condition d’homme pauvre et mĂ©prisĂ© par le monde ne me pĂšse que pour cette raison. Judas, s’il m’entendait, dirait : “ Mais n’es-tu pas le Verbe de Dieu ? Ordonne et les pierres deviendront de l’or et du pain pour les malheureux. ” Il reprendrait le piĂšge de Satan. Je veux bien rassasier les affamĂ©s, mais pas comme Judas le voudrait. Vous ĂȘtes encore trop peu formĂ©s pour comprendre la profondeur de ce que je dis. Mais je te l’affirme, Ă  toi : si Dieu pourvoyait Ă  tout, il commettrait un vol envers ses amis. Il les priverait de la possibilitĂ© de se montrer misĂ©ricordieux, donc d’obĂ©ir au commandement de l’amour. Mes amis doivent avoir cette marque de Dieu, qui leur soit commune avec lui : la sainte misĂ©ricorde qui se manifeste en actes et en paroles. Or les malheurs d’autrui fournissent Ă  mes amis la maniĂšre de l’exercer. As-tu compris cette pensĂ©e ?

– Elle est profonde, je la mĂ©dite et je m’humilie en comprenant combien je suis obtus et combien Dieu est grand, lui qui veut que nous possĂ©dions tous ses attributs les plus doux pour nous appeler ses fils. Dieu se dĂ©voile Ă  moi dans ses multiples perfections par toute la lumiĂšre que tu me mets au coeur. De jour en jour, comme un homme qui avance dans un lieu inconnu, je dĂ©veloppe la connaissance de cette RĂ©alitĂ© immense qu’est la Perfection qui veut nous appeler ses “ fils ”. J’ai l’impression de m’élever comme un aigle ou de plonger comme un poisson dans ces deux immensitĂ©s infinies que sont le ciel et la mer, mais j’ai beau faire, je n’en touche jamais les limites. Qui donc est Dieu ?

– Dieu est la Perfection qu’on ne peut atteindre, Dieu est la BeautĂ© parfaite, Dieu est la Puissance infinie, Dieu est l’Essence incomprĂ©hensible, Dieu est la BontĂ© insurpassable, Dieu est la Compassion indestructible, Dieu est la Sagesse incommensurable, Dieu est l’Amour devenu Dieu. Il est l’Amour ! Il est l’Amour ! Tu dis que, plus tu connais Dieu dans sa perfection, plus il te semble t’élever ou plonger dans deux immensitĂ©s infinies d’azur sans ombre... Mais quand tu comprendras ce qu’est l’Amour devenu Dieu, tu ne t’élĂšveras plus, ne plongeras plus dans l’azur, mais dans un tourbillon Ă©blouissant de flammes, et tu seras aspirĂ© par une bĂ©atitude qui sera pour toi mort et vie. Tu auras Dieu en ta totale possession quand, par ta volontĂ©, tu seras arrivĂ© Ă  le comprendre et Ă  le mĂ©riter. Alors, tu seras Ă©tabli en sa perfection.

– Ah, Seigneur ! »...

Simon est écrasé.

89.4 Le silence se fait. On a rejoint la route. JĂ©sus s’arrĂȘte pour attendre les autres.

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EMV 89.3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

« Ah ! comme il me pĂšse de voir souffrir les bons ! Ma condition d’homme pauvre et mĂ©prisĂ© par le monde ne me pĂšse que pour cette raison. Judas, s’il m’entendait, dirait : “ Mais n’es-tu pas le Verbe de Dieu ? Ordonne et les pierres deviendront de l’or et du pain pour les malheureux. ” Il reprendrait le piĂšge de Satan. Je veux bien rassasier les affamĂ©s, mais pas comme Judas le voudrait. Vous ĂȘtes encore trop peu formĂ©s pour comprendre la profondeur de ce que je dis. Mais je te l’affirme, Ă  toi : si Dieu pourvoyait Ă  tout, il commettrait un vol envers ses amis. Il les priverait de la possibilitĂ© de se montrer misĂ©ricordieux, donc d’obĂ©ir au commandement de l’amour. Mes amis doivent avoir cette marque de Dieu, qui leur soit commune avec lui : la sainte misĂ©ricorde qui se manifeste en actes et en paroles. Or les malheurs d’autrui fournissent Ă  mes amis la maniĂšre de l’exercer. As-tu compris cette pensĂ©e ? »

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EMV 89.3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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89.3 Ah ! Comme il me pĂšse de voir souffrir les bons ! Ma condition d’homme pauvre et mĂ©prisĂ© par le monde ne me pĂšse que pour cette raison. Judas, s’il m’entendait, dirait : “ Mais n’es-tu pas le Verbe de Dieu ? Ordonne et les pierres deviendront de l’or et du pain pour les malheureux. ” Il reprendrait le piĂšge de Satan. Je veux bien rassasier les affamĂ©s, mais pas comme Judas le voudrait. Vous ĂȘtes encore trop peu formĂ©s pour comprendre la profondeur de ce que je dis. Mais je te l’affirme, Ă  toi : si Dieu pourvoyait Ă  tout, il commettrait un vol envers ses amis. Il les priverait de la possibilitĂ© de se montrer misĂ©ricordieux, donc d’obĂ©ir au commandement de l’amour. Mes amis doivent avoir cette marque de Dieu, qui leur soit commune avec lui : la sainte misĂ©ricorde qui se manifeste en actes et en paroles. Or les malheurs d’autrui fournissent Ă  mes amis la maniĂšre de l’exercer. As-tu compris cette pensĂ©e ?

– Elle est profonde, je la mĂ©dite et je m’humilie en comprenant combien je suis obtus et combien Dieu est grand, lui qui veut que nous possĂ©dions tous ses attributs les plus doux pour nous appeler ses fils. Dieu se dĂ©voile Ă  moi dans ses multiples perfections par toute la lumiĂšre que tu me mets au coeur. De jour en jour, comme un homme qui avance dans un lieu inconnu, je dĂ©veloppe la connaissance de cette RĂ©alitĂ© immense qu’est la Perfection qui veut nous appeler ses “ fils ”. J’ai l’impression de m’élever comme un aigle ou de plonger comme un poisson dans ces deux immensitĂ©s infinies que sont le ciel et la mer, mais j’ai beau faire, je n’en touche jamais les limites. Qui donc est Dieu ?

– Dieu est la Perfection qu’on ne peut atteindre, Dieu est la BeautĂ© parfaite, Dieu est la Puissance infinie, Dieu est l’Essence incomprĂ©hensible, Dieu est la BontĂ© insurpassable, Dieu est la Compassion indestructible, Dieu est la Sagesse incommensurable, Dieu est l’Amour devenu Dieu. Il est l’Amour ! Il est l’Amour ! Tu dis que, plus tu connais Dieu dans sa perfection, plus il te semble t’élever ou plonger dans deux immensitĂ©s infinies d’azur sans ombre... Mais quand tu comprendras ce qu’est l’Amour devenu Dieu, tu ne t’élĂšveras plus, ne plongeras plus dans l’azur, mais dans un tourbillon Ă©blouissant de flammes, et tu seras aspirĂ© par une bĂ©atitude qui sera pour toi mort et vie. Tu auras Dieu en ta totale possession quand, par ta volontĂ©, tu seras arrivĂ© Ă  le comprendre et Ă  le mĂ©riter. Alors, tu seras Ă©tabli en sa perfection.

– Ah, Seigneur ! »...

Simon est écrasé.

89.4 Le silence se fait. On a rejoint la route. JĂ©sus s’arrĂȘte pour attendre les autres.

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EMV 89.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Dieu est la Perfection qu’on ne peut atteindre, Dieu est la BeautĂ© parfaite, Dieu est la Puissance infinie, Dieu est l’Essence incomprĂ©hensible, Dieu est la BontĂ© insurpassable, Dieu est la Compassion indestructible, Dieu est la Sagesse incommensurable, Dieu est l’Amour devenu Dieu. Il est l’Amour ! Il est l’Amour !

Détail

On peut remplacer "Dieu" par "Jésus" ou par "L'Esprit Saint".

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EMV 89.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Tu dis que, plus tu connais Dieu dans sa perfection, plus il te semble t’élever ou plonger dans deux immensitĂ©s infinies d’azur sans ombre... Mais quand tu comprendras ce qu’est l’Amour devenu Dieu, tu ne t’élĂšveras plus, ne plongeras plus dans l’azur, mais dans un tourbillon Ă©blouissant de flammes, et tu seras aspirĂ© par une bĂ©atitude qui sera pour toi mort et vie. Tu auras Dieu en ta totale possession quand, par ta volontĂ©, tu seras arrivĂ© Ă  le comprendre et Ă  le mĂ©riter. Alors, tu seras Ă©tabli en sa perfection.

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EMV 89.5-8 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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89.5 ... JĂ©sus est seul. Il marche rapidement au milieu des oliviers chargĂ©s de petites olives dĂ©jĂ  bien formĂ©es. Le soleil, proche de son crĂ©puscule, darde ses rayons sur les frondaisons des arbres prĂ©cieux et pacifiques, mais n’arrive Ă  faire filtrer que de rares rayons entre leurs branches serrĂ©es. En revanche, la route principale, encaissĂ©e entre deux talus, est un ruban poussiĂ©reux d’une clartĂ© aveuglante.

JĂ©sus marche en souriant. Il arrive sur un escarpement... et sourit encore plus radieusement. VoilĂ  Nazareth... Elle paraĂźt trembler sous l’ardeur du soleil. JĂ©sus hĂąte le pas. Il atteint maintenant la route, sans plus se soucier du soleil. Son pas est leste, on dirait qu’il vole, avec son manteau dont il se protĂšge la tĂȘte, mais qui se gonfle et se rabat Ă  ses cĂŽtĂ©s comme derriĂšre lui. Le chemin est dĂ©sert et silencieux jusqu’aux premiĂšres maisons. Ici ou lĂ  on entend s'Ă©lever une voix d’enfant ou de femme de l’intĂ©rieur des maisons ou des jardins, des jardins dont les frondaisons jettent leur ombre jusque sur la route. JĂ©sus profite de ces taches d’ombre pour Ă©chapper Ă  l’implacable soleil. Il tourne par une ruelle Ă  demi ombragĂ©e. Il s’y trouve des femmes groupĂ©es autour de la fraĂźcheur d’un puits. Elles le saluent presque toutes de leurs voix aiguĂ«s pour lui souhaiter un heureux retour.

« Paix à vous toutes... Mais faites silence. Je veux faire une surprise à ma MÚre.

– Sa belle-soeur est partie avec un broc d’eau fraĂźche, mais elle doit revenir. Elles sont restĂ©es sans eau. La source est Ă  sec ou l’eau se perd dans le sol brĂ»lĂ© avant d’arriver Ă  ton jardin. Nous ne savons pas. C’est ce que Marie, femme d’AlphĂ©e, disait Ă  l’instant. La voilĂ  qui vient. »

La mĂšre de Jude et de Jacques arrive, une amphore sur la tĂȘte et une autre dans chaque main. Elle ne voit pas JĂ©sus tout de suite et crie :

« ça va plus vite comme ça. Marie est toute triste parce que ses plantes meurent de soif. Ce sont encore celles de Joseph et de Jésus et on dirait que cela lui arrache le coeur de les voir se dessécher.

– Mais maintenant qu’elle va me voir... dit JĂ©sus en apparaissant de derriĂšre le groupe.

– Oh ! Mon JĂ©sus bĂ©ni ! Je vais lui annoncer...

– Non, j’y vais moi-mĂȘme. Donne-moi les amphores.

– La porte est entrebĂąillĂ©e. Marie est dans le jardin. Ah ! Comme elle va ĂȘtre heureuse ! Elle parlait de toi encore ce matin. Mais venir avec ce soleil ! Tu transpires ! Tu es seul ?

– Non, avec des amis, mais je suis venu en avant pour voir d’abord Maman. Et Jude ?

– Il est Ă  CapharnaĂŒm. Il y va souvent... »

Marie n’ajoute rien, mais elle sourit, tout en essuyant de son voile le visage baignĂ© de sueur de JĂ©sus.

89.6 Les brocs sont prĂȘts. JĂ©sus en charge deux en Ă©quilibre sur ses Ă©paules en se servant de sa ceinture et prend le troisiĂšme dans la main.

Il marche vite, arrive à la maison, pousse la porte et pénÚtre dans la petite piÚce, qui paraßt sombre quand on vient du plein soleil. Il soulÚve doucement le rideau qui ferme la porte sur le jardin et observe.

Marie se tient debout prĂšs d’un rosier, tournant le dos Ă  la maison, et elle s’apitoie sur la plante assoiffĂ©e. JĂ©sus pose le broc par terre, et le cuivre rĂ©sonne en heurtant un caillou.

« Déjà ici, Marie ? » dit la MÚre sans se retourner. « Viens, viens. Regarde ce rosier ! Et ces pauvres lys... Ils vont tous mourir si on ne les secourt pas. Apporte aussi des tuteurs pour redresser cette tige qui tombe.

– Je t’apporte tout, Maman. »

Marie sursaute, se retourne, reste une seconde les yeux Ă©carquillĂ©s, puis avec un cri, elle court en tendant les bras vers son fils qui dĂ©jĂ  a ouvert les siens et l’attend avec un sourire plein d’amour.

« Oh ! Mon fils !

– Maman chĂ©rie ! »

Leurs effusions sont longues, douces, et Marie est si heureuse qu’elle ne s’aperçoit pas que JĂ©sus est tout moite. Et quand elle le remarque :

« Pourquoi, mon Fils, venir Ă  une heure pareille ? Tu es cramoisi et tu dĂ©goulines de sueur comme une Ă©ponge. Viens, viens Ă  l’intĂ©rieur, que ta maman t’essuie et te rafraĂźchisse. Je t’apporte tout de suite un habit neuf et des sandales propres. Mais mon Fils ! Mon Fils ! Pourquoi voyager par ce soleil ? Les plantes meurent de chaleur et toi, ma Fleur, tu es sur les routes !

– Pour arriver plus vite chez toi, Maman !

– Oh, mon Fils chĂ©ri ! Tu as soif ? Oui, bien sĂ»r. Je vais te prĂ©parer...

– Soif de tes baisers, Maman, de tes caresses. Laisse-moi rester ainsi, la tĂȘte sur ton Ă©paule, comme quand j’étais tout petit... Oh, Maman ! Comme tu me manques !

– Mais dis-moi de venir, mon Fils, et je viendrai. Qu’est-ce qui t’a manquĂ© pendant mon absence ? Un plat que tu aimes particuliĂšrement ?

Des vĂȘtements frais ? Un lit bien fait ? Ah ! Dis-moi, ma Joie, ce qui t’a manquĂ©. Ta servante, ĂŽ mon Seigneur, essaiera d’y pourvoir.

– Rien d’autre que toi... »

JĂ©sus, qui est rentrĂ©, tenu par la main par sa MĂšre, s’est assis sur le coffre prĂšs du mur. En face se tient Marie, qu’il entoure de ses bras, appuyant la tĂȘte contre son coeur et l’embrassant de temps Ă  autre. Puis il la regarde fixement.

« Laisse-moi te regarder, que ma vue se remplisse de toi, ma sainte Maman !

– D’abord le vĂȘtement. Il ne faut pas rester ainsi trempĂ© de sueur. Viens. »

Jésus obéit.

89.7 Quand il revient avec des vĂȘtements frais, leur doux colloque reprend :

« Je suis venu avec des disciples et des amis. Je les ai quittĂ©s dans le bois de Melca. Ils viendront demain, Ă  l’aurore. Moi... je ne pouvais plus attendre. Ma Maman !... »

Il lui baise les mains.

« Marie, femme d’AlphĂ©e, s’est retirĂ©e pour nous laisser seuls. Elle aussi a compris quelle soif j’avais de toi. Demain... demain, tu appartiendras Ă  mes amis et moi aux NazarĂ©ens. Mais, ce soir, tu es pour moi l’Amie et pareillement je suis Ă  toi. Je t’ai amenĂ©... Oh ! Maman : j’ai retrouvĂ© les bergers de BethlĂ©em et je t’ai amenĂ© deux d’entre eux. Ils sont orphelins et tu es la MĂšre. Pour tous ; et encore plus des orphelins. Je t’ai aussi amenĂ© quelqu’un qui a besoin de toi pour se dominer lui-mĂȘme. Et un autre qui est un juste et qui a pleurĂ©. Et puis Jean... Je t’apporte le souvenir d’Elie, d’Isaac, de Tobie – maintenant Mathias –, de Jean et de SimĂ©on. Jonas est le plus malheureux. Je te conduirai Ă  lui. Je le lui ai promis. Les autres, il me faut encore les chercher. Samuel et Joseph reposent dans la paix de Dieu.

– Tu es allĂ© Ă  BethlĂ©em ?

– Oui, Maman. J’y ai amenĂ© les disciples que j’avais avec moi. Et je t’en ai apportĂ© ces petites fleurs qui ont poussĂ© entre les pierres du seuil.

– Oh ! »

Marie prend les tiges séchées et les embrasse.

« Et Anne ?

– Elle a pĂ©ri dans le massacre d’HĂ©rode.

– La pauvre ! Elle t’aimait tant !

– Les habitants de BethlĂ©em ont beaucoup souffert et n’ont pas Ă©tĂ© justes avec les bergers. Mais ils ont beaucoup souffert...

– Mais ils s’étaient montrĂ©s bons avec toi, Ă  l’époque !

– Oui et il faut les plaindre pour cette raison. Satan est envieux de leur bontĂ© et les excite au mal. Je suis aussi allĂ© Ă  HĂ©bron. Les bergers, persĂ©cutĂ©s...

– A ce point !

– Oui. Ils furent aidĂ©s par Zacharie et par lui eurent des patrons et du pain, mĂȘme si ces patrons Ă©taient des hommes durs. Mais ce sont des Ăąmes de justes et ils se sont servis de leurs persĂ©cutions et de leurs blessures pour grandir en saintetĂ©. Je les ai rĂ©unis. J’ai guĂ©ri Isaac et... et j’ai donnĂ© mon nom Ă  un bĂ©bĂ©... A Yutta, oĂč habitait Isaac malade et oĂč il est revenu Ă  la vie, il y a maintenant un groupe innocent dont les noms sont Marie, Joseph et JĂ©saĂŻ...

– Oh ! Ton nom !

– Et puis le tien et celui du Juste. Et Ă  KĂ©rioth, le village d’origine d’un disciple, un fidĂšle israĂ©lite est mort sur mon coeur... de la joie de ma prĂ©sence...

89.8 Et puis... Ah ! Que de choses j’ai Ă  te raconter, ma parfaite Amie, ma douce MĂšre ! Mais pour commencer, je te prie d’avoir une grande pitiĂ© pour ceux qui viendront demain. Ecoute : ils m’aiment... mais ils ne sont pas parfaits. Toi, qui est MaĂźtresse de vertu... Ah ! MĂšre, aide-moi Ă  les rendre bons... Je voudrais les sauver tous... »

JĂ©sus s’est laissĂ© glisser aux pieds de Marie. Elle apparaĂźt maintenant dans sa majestĂ© de MĂšre.

« Mon Fils ! Que veux-tu que ta pauvre MÚre fasse de plus que toi ?

– Les sanctifier... Ta vertu sanctifie. Je te les ai amenĂ©s exprĂšs. Maman... un jour, je te dirai : “ Viens ”, parce qu’alors il sera urgent de sanctifier les Ăąmes, pour que je puisse trouver en elles la volontĂ© de rĂ©demption. Et tout seul, je ne le pourrais pas... Ton silence sera actif comme ma parole. Ta puretĂ© viendra en aide Ă  ma puissance. Ta prĂ©sence Ă©loignera Satan... et ton Fils, Maman, trouvera de la force Ă  te savoir toute proche. Tu viendras, n’est-ce pas, ma douce MĂšre ?

– JĂ©sus ! Mon cher Fils ! Je ne te sens pas heureux... Qu’as-tu, crĂ©ature de mon coeur ? Le monde s’est montrĂ© dur envers toi ? Non ? Cela me soulage de le croire... mais... Oh oui ! Je viendrai. OĂč tu veux. Comme tu veux. Quand tu veux. Aujourd’hui mĂȘme, sous le soleil, sous les Ă©toiles, comme dans le froid et sous les ondĂ©es. Me veux-tu ? Me voici.

– Non, pas maintenant. Mais un jour... Comme elle est douce, la maison ! Et ta caresse ! Laisse-moi dormir ainsi, la tĂȘte sur tes genoux. Je suis si las ! Je suis toujours ton petit enfant... »

EpuisĂ©, JĂ©sus s’endort rĂ©ellement, assis sur la natte, la tĂȘte sur le sein de sa MĂšre qui, tout heureuse, lui caresse les cheveux.

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EMV 89.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Oh ! Maman : j’ai retrouvĂ© les bergers de BethlĂ©em et je t’ai amenĂ© deux d’entre eux. Ils sont orphelins et tu es la MĂšre. Pour tous ; et encore plus des orphelins.

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EMV 90 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

JĂ©sus a dormi Ă  Nazareth. Marie prend soin de sa maison en toute discrĂ©tion. Elle fait le pain et est rejointe par Marie d'AlphĂ©e, qui a une unique prĂ©occupation : prĂ©venir Jude que son cousin est Ă  Nazareth. JĂ©sus arrive et lui prĂ©dit que son frĂšre de sang va venir. Il parle un peu avec Marie, qui a remarquĂ© son sommeil triste. Mais lĂ , il est heureux, car il est avec sa MĂšre. Il va chercher les deux bergers - LĂ©vi et Joseph - qui ont dĂ©sirĂ© voir Marie. Le Seigneur lui prĂ©sente aussi Simon le ZĂ©lote, Jean et Judas. Puis Pierre arrive. Il est surpris, tĂ©tanisĂ© en voyant JĂ©sus, mais il est trĂšs trĂšs heureux de retrouver son MaĂźtre et ne souhaite plus le quitter. Il fait la rencontre pour la premiĂšre fois avec les deux bergers, puis avec Judas et il commente l'Ăąme du ZĂ©lote. JĂ©sus les invite ensuite Ă  aller ailleurs pour laisser les femmes faire leur travail. LĂ©vi repartira et retrouvera Élie et Isaac. Simon le ZĂ©lote prĂ©pare Ă  cet effet une lettre pour Lazare, en vue de la libĂ©ration de Jonas.

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EMV 90.1-3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

90.1 Je vois Marie qui, dĂ©chaussĂ©e et vive, va et vient dans la petite maison aux premiĂšres heures du jour. Dans son vĂȘtement d’un bleu tendre, on dirait un gentil papillon qui effleure sans bruit murs et objets. Elle s’approche de la porte qui donne sur la route, l’ouvre en veillant Ă  ne pas faire de bruit, puis la laisse entrouverte aprĂšs avoir donnĂ© un coup oeil sur le chemin encore dĂ©sert. Elle remet de l’ordre, ouvre portes et fenĂȘtres, entre dans l’atelier dĂ©sormais abandonnĂ© par Joseph le menuisier et oĂč se trouvent les mĂ©tiers de Marie. LĂ  aussi, elle s’active. Elle recouvre avec soin une toile en cours de tissage et sourit Ă  une de ses pensĂ©es en la regardant.

Elle sort dans le jardin. Les colombes s’assemblent sur ses Ă©paules. Elles volettent d’une Ă©paule Ă  l’autre pour avoir la meil­leure place, querelleuses et jalouses par amour de leur maĂźtresse, et elles l’accompagnent jusqu’à une cabane oĂč se trouvent les provisions. Elle y prend du grain pour elles et dit :

« Ici, aujourd’hui c’est ici. Ne faites pas de bruit. Il est si fatiguĂ© ! »

Puis elle mesure de la farine et va dans une petite piĂšce prĂšs du four. Elle se met Ă  faire le pain et le pĂ©trit, le sourire aux lĂšvres. Ah, comme elle sourit, aujourd’hui, la Vierge ! On dirait la toute jeune MĂšre de la NativitĂ©, tellement la joie la rajeunit. Elle enlĂšve un peu de pĂąte qu’elle met de cĂŽtĂ© en la couvrant, puis reprend son travail ; cela lui donne chaud ; ses cheveux sont devenus plus clairs Ă  cause d’une mince couche de farine.

90.2 Marie, femme d’AlphĂ©e, entre tout doucement :

« Déjà au travail ?

– Oui, je fais le pain et, regarde, les galettes au miel qu’il aime tellement.

– Occupe-toi d’elles. Il y a beaucoup de pĂąte pour le pain. Je vais te la pĂ©trir. »

Marie, femme d’AlphĂ©e, robuste et d’allure plus populaire, pĂ©trit Ă©nergiquement son pain, tandis que Marie mĂ©lange miel et beurre pour ses gĂąteaux et en fait des petits ronds qu’elle dĂ©pose sur une plaque.

« Je ne sais comment faire pour prĂ©venir Jude... Jacques n’ose pas... et les autres... »

Marie, femme d’AlphĂ©e, soupire.

« Aujourd’hui viendra Simon Pierre. Il vient toujours le surlendemain du sabbat avec du poisson. Nous l’enverrons trouver Jude.

– S’il veut bien y aller...

– Oh ! Simon ne me dit jamais non.

90.3 – Que la paix soit sur votre journĂ©e » dit JĂ©sus, en apparaissant. Les deux femmes sursautent au son de sa voix.

« Déjà levé ? Pourquoi ? Je voulais que tu dormes...

– J’ai dormi d’un sommeil d’enfant, Maman. C’est toi qui n’as pas dĂ» dormir...

– Je t’ai regardĂ© dormir... C’est ce que je faisais quand tu Ă©tais bĂ©bĂ©. En dormant, tu souriais toujours... et toute la journĂ©e ton sourire me restait comme une perle sur le coeur... Mais, cette nuit, tu ne souriais pas, mon Fils. Tu soupirais comme lorsqu’on est affligĂ©... »

Marie le regarde avec tristesse.

« J’étais fatiguĂ©, Maman. Et le monde n’est pas cette maison oĂč tout est honnĂȘtetĂ© et amour. Toi... toi, tu sais qui je suis et tu peux comprendre ce qu’est pour moi le contact avec le monde. C’est comme un homme qui marche sur une route puante et boueuse. MĂȘme s’il fait attention, un peu de boue rejaillit sur lui, et la puanteur pĂ©nĂštre mĂȘme s’il essaie de ne pas respirer... et si cet homme aime la propretĂ© et l’air pur, tu peux imaginer combien cela lui est dĂ©sagrĂ©able...

– Oui, mon Fils. Je comprends. Mais cela me fait de la peine que tu souffres...

– En ce moment, je suis avec toi et je ne souffre pas. C’est le souvenir... mais il sert Ă  rendre plus belle ma joie d’ĂȘtre avec toi. »

Jésus se penche pour donner un baiser à sa MÚre.

Il caresse aussi l’autre Marie, qui rentre, toute rouge d’avoir allumĂ© le four.

« Il faudra prévenir Jude. »

C’est la prĂ©occupation de Marie, femme d’AlphĂ©e.

« Ce ne sera pas nĂ©cessaire, Jude sera ici, aujourd’hui.

– Comment le sais-tu ? »

Jésus sourit et se tait.

« Mon Fils, toutes les semaines, ce jour-lĂ , Simon Pierre vient. Il veut m’apporter du poisson pĂȘchĂ© au petit matin et il arrive Ă  la fin de la premiĂšre heure. Il va ĂȘtre heureux, aujourd’hui ! Il est bon, Simon. Pendant le temps qu’il reste, il nous aide. N’est-ce pas, Marie ?

– Simon Pierre est un homme honnĂȘte et bon, dit JĂ©sus. Mais l’autre Simon aussi, que tu vas voir sous peu, est un grand coeur. Je vais Ă  leur rencontre. Ils vont arriver. »

JĂ©sus sort, pendant que les femmes, une fois le pain enfournĂ©, rentrent Ă  la maison oĂč Marie remet ses sandales et d’oĂč elle revient avec un vĂȘtement de lin tout blanc.

Il se passe quelque temps et, pendant l’attente, Marie, femme d’AlphĂ©e, dit :

« Tu n’as pas fini ce travail Ă  temps.

– Je l’aurai vite fini. Et mon JĂ©sus y trouvera quelque fraĂźcheur sans avoir un poids sur la tĂȘte. »

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