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Confort de lecture

EMV 3.5-10 · Tome 1, p. 25-27

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Anne et Joachim possédaient la Sagesse

3.5 Jésus dit :

« Les justes sont toujours des sages : amis de Dieu, ils vivent en sa compagnie et il les instruit, lui qui est la Sagesse infinie.

Mes grands-parents Ă©taient des justes et possĂ©daient donc la sagesse. C’est en toute vĂ©ritĂ© qu’ils pouvaient rĂ©pĂ©ter ce que dit le Livre quand il chante les louanges de la Sagesse dans le livre du mĂȘme nom : “ C’est elle que j’ai chĂ©rie et recherchĂ©e dĂšs ma jeunesse ; j’ai cherchĂ© Ă  la prendre pour Ă©pouse. ”

Anne, fille d’Aaron, Ă©tait la femme forte dont parle notre aĂŻeul.

Et Joachim, descendant du roi David, recherchait moins le charme et la richesse que la vertu. Anne possĂ©dait une grande vertu. En elle, toutes les vertus s’unissaient en un bouquet parfumĂ© de fleurs pour former une rĂ©alitĂ© unique, la plus belle de toutes : la Vertu. Une vertu rĂ©elle, digne de se tenir devant le trĂŽne de Dieu.

Joachim avait donc deux fois Ă©pousĂ© la sagesse “ en l’aimant plus qu’une autre femme ” : la sagesse de Dieu contenue dans le coeur de la femme juste. Anne n’avait rien cherchĂ© d’autre qu’à unir sa vie Ă  celle d’un homme droit, avec la certitude que la droiture fait la joie de la famille.

3.6 Et pour ĂȘtre l’emblĂšme de la “ femme forte ”, il ne lui manquait que d’ĂȘtre couronnĂ©e d’enfants, car c’est la gloire d’une Ă©pouse, la justification du mariage, dont parle Salomon. Il ne manquait Ă  son bonheur que ces enfants, ces fleurs de l’arbre qui s’est uni Ă  l’arbre voisin et porte de nouveaux fruits en abondance, oĂč les deux bontĂ©s se fondent en une, car son Ă©poux ne lui avait jamais causĂ© la moindre dĂ©ception.

3.7 Devenue une vieille femme, Ă©pouse de Joachim depuis des dizaines d’annĂ©es, elle restait pour lui “ l’épouse de sa jeunesse, sa joie, sa biche bien-aimĂ©e, sa gracieuse gazelle ”, dont les caresses conservaient la fraĂźcheur et l’enchantement de leur premiĂšre soirĂ©e nuptiale et charmaient doucement son amour ; celui-ci restait aussi frais qu’une fleur humide de rosĂ©e et ardent comme un feu qu’une main ne cesse d’alimenter. C’est pourquoi, dans leur tristesse d’ĂȘtre sans enfant, ils se disaient l’un Ă  l’autre des “ mots de rĂ©confort dans leurs soucis et leurs malheurs ”.

3.8 Quand l’heure fut venue, la Sagesse, aprĂšs les avoir instruits tout au long de leur vie, les Ă©claira par des songes nocturnes comme on sonne la diane du poĂšme glorieux qui devait naĂźtre d’eux et serait Marie, la toute sainte, ma MĂšre. Si, dans leur humilitĂ©, ils n’imaginĂšrent pas cela, leur coeur pourtant trembla d’espoir Ă  la premiĂšre annonce de la promesse de Dieu. Les paroles de Joachim rĂ©vĂšlent dĂ©jĂ  cette certitude : “ EspĂšre, espĂšre... Nous vaincrons Dieu par la fidĂ©litĂ© de notre amour. ” Ils rĂȘvaient d’un fils : ils eurent la MĂšre de Dieu.

3.9 Les paroles du livre de la Sagesse paraissent avoir Ă©tĂ© Ă©crites pour eux : “ J’aurai Ă  cause d’elle gloire parmi les foules... J’aurai Ă  cause d’elle l’immortalitĂ© et je laisserai un souvenir Ă©ternel Ă  ceux qui viendront aprĂšs moi. ” Mais, pour obtenir tout cela, il leur fallait acquĂ©rir la royautĂ© d’une vertu vĂ©ritable, durable, qu’aucun Ă©vĂ©nement ne saurait atteindre. Vertu de foi, vertu de charitĂ©, vertu d’espĂ©rance, vertu de chastetĂ©. La chastetĂ© des Ă©poux ! Ils la possĂ©dĂšrent, car il n’est pas nĂ©cessaire d’ĂȘtre vierge pour ĂȘtre chaste. Les mĂ©nages chastes sont gardĂ©s par les anges et ils engendrent de bons enfants, qui font de la vertu de leurs parents la norme de leur propre vie.

3.10 Mais Ă  prĂ©sent, oĂč sont-ils ? Actuellement, on ne veut plus d’enfant, mais on ne veut pas davantage de la chastetĂ©. C’est pourquoi je vous dis que l’amour et la chambre nuptiale sont profanĂ©s. ».

Annotation

C’est en toute vĂ©ritĂ© qu’ils pouvaient rĂ©pĂ©ter ce que dit le Livre quand il chante les louanges de la Sagesse dans le livre du mĂȘme nom : Voir Sg 8,2 ci-dessous.

Anne, fille d’Aaron, Ă©tait la femme forte dont parle notre aĂŻeul. Salomon, d’oĂč descend JĂ©sus. Auteur des "Proverbes de Salomon, fils de David, roi d’IsraĂ«l" (Proverbes 1,1). Pour la citation, voir Proverbes 31,10-27

Joachim avait donc deux fois Ă©pousĂ© la sagesse “ en l’aimant plus qu’une autre femme ” : la sagesse de Dieu contenue dans le coeur de la femme juste. Voir Sg 8, 9 ci-dessous.

Pour ĂȘtre l’emblĂšme de la “femme forte”, il ne lui manquait que d’ĂȘtre couronnĂ©e d’enfants, car c’est la gloire d’une Ă©pouse, la justification du mariage, dont parle Salomon. Voir Pr 31, 28.

Devenue une vieille femme, Ă©pouse de Joachim depuis des dizaines d’annĂ©es, elle restait pour lui “ l’épouse de sa jeunesse, sa joie, sa biche bien-aimĂ©e, sa gracieuse gazelle ”. Voir Pr 5, 18-19. La tradition quasi unanime rapporte qu'Anne Ă©tait mariĂ©e depuis plus de 20 ans, (soit 4 lustres) (cf P.V. Charland, Les trois lĂ©gendes de Madame Saincte Anne, volume 1 1898, page 11), et qu'elle eut Marie dans sa vieillesse. Cette tradition est Ă©galement confirmĂ©e par Marie d'Agreda (La CitĂ© mystique de Dieu – Livre 1, Chapitre 15, § 209, page 518), comme par Anne-Catherine Emmerich (La Vie de la Vierge Marie, Presses de la Renaissance, 2006, page 45).

Dans leur tristesse d’ĂȘtre sans enfant, ils se disaient l’un Ă  l’autre des “mots de rĂ©confort dans leurs soucis et leurs malheurs" : voir Sg 8, 9 ci-dessous.

Les paroles du livre de la Sagesse paraissent avoir Ă©tĂ© Ă©crites pour eux : “ J’aurai Ă  cause d’elle gloire parmi les foules... J’aurai Ă  cause d’elle l’immortalitĂ© et je laisserai un souvenir Ă©ternel Ă  ceux qui viendront aprĂšs moi. ” Voir Sg 8, 9-10.

Livre de la Sagesse 8, 2 et 8, 9-10

Sg 8, 2 : Je l'aimai et la recherchai dÚs ma jeunesse; je cherchai à l'avoir pour épouse, et j'étais épris de sa beauté.

Sg 8, 9-10 : Aussi ai-je résolu de la prendre pour compagne de ma vie, sachant qu'elle serait pour moi une conseillÚre de tout bien, et une consolation dans mes soucis et mes peines. Par elle, me disais-je, j'aurai de la gloire dans les assemblées, et, jeune encore, de l'honneur auprÚs des vieillards.

Livre des Proverbes 5, 18-19

Pr 5, 18-19 : Que ta source soit bĂ©nie, et mets ta joie dans la femme de ta jeunesse. Biche charmante, gracieuse gazelle, — que ses charmes t'enivrent en tout temps, sois toujours Ă©pris de son amour !

Livre des Proverbes 31, 10-31

Pr 31, 10-31 :

LA FEMME FORTE.

ALEPH. Qui peut trouver une femme forte ? Son prix l'emporte de loin sur celui des perles.

BETH. Le cƓur de son mari a confiance en elle, et les profits ne lui feront pas dĂ©faut.

GHIMEL. Elle lui fait du bien, et non du mal, tous les jours de sa vie.

DALETH. Elle recherche de la laine et du lin, et travaille de sa main joyeuse.

HÉ. Elle est comme le vaisseau du marchand, elle apporte son pain de loin.

VAV. Elle se lĂšve lorsqu'il est encore nuit, et elle donne la nourriture Ă  sa maison, et la tĂąche Ă  ses servantes.

ZAÏN. Elle pense à un champ, et elle l'acquiert ; du fruit de ses mains, elle plante une vigne.

HETH. Elle ceint de force ses reins, et elle affermit ses bras.

TETH. Elle sent que son gain est bon ; sa lampe ne s'éteint pas pendant la nuit. YOD. Elle met la main à la quenouille, et ses doigts prennent le fuseau.

CAPH. Elle tend la main au malheureux, elle ouvre la main Ă  l'indigent.

LAMED. Elle ne craint pas la neige pour sa maison, car toute sa maison est vĂȘtue de cramoisi.

MEM. Elle se fait des couvertures, le byssus et la pourpre sont ses vĂȘtements.

NUN. Son époux est bien connu aux portes de la ville, lorsqu'il siÚge avec les anciens du pays.

SAMECH. Elle fait des chemises et les vend, et elle livre des ceintures au marchand.

AÏN. La force et la grñce sont sa parure, et elle se rit de l'avenir.

PHÉ. Elle ouvre la bouche avec sagesse, et les bonnes paroles sont sur sa langue.

TSADÉ. Elle surveille les sentiers de sa maison, et elle ne mange pas le pain d'oisivetĂ©.

QOPH. Ses fils se lÚvent et la proclament heureuse ; son époux se lÚve et lui donne des éloges :

RESCH. « Beaucoup de filles se sont montrées vertueuses ; mais toi, tu les surpasses toutes. »

SCHIN. Trompeuse est la grùce, et vaine est la beauté ; la femme qui craint Yahweh est celle qui sera louée.

THAV. Donnez-lui du fruit de ses mains, et que ses Ɠuvres disent sa louange aux portes de la ville.

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EMV 4 · Tome 1, p. 27 à 33

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Titre du chapitre : Anne annonce sa maternitĂ© par un cantique. Son sein porte l’ñme immaculĂ©e de Marie.

Date de la vision et de la dictée : Jeudi 24 août 1944.

Calendrier : Dimanche 23 décembre de l'an -22 selon Valtorta.fr. Fin mars de l'an -21 selon maria-valtorta.org (calendrier juif : Nisan 3740)

Lieux (carte) : Nazareth

Cycle : Naissance et enfance de la Vierge Marie

RĂ©sumĂ© : A Nazareth, Anne chante un cantique, que Maria retranscrit. Sur ces entrefaites, Joachim rentre et s'Ă©tonne de l'entendre fredonner ces parole. Il lui demande de le lui rĂ©pĂ©ter et quand Anne arrive Ă  un certain passage, qui annonce qu'elle porte enfin un enfant en son sein, sa voix se brise et elle rĂ©vĂšle Ă  son Ă©poux sa maternitĂ©. Ils s'embrassent et se partagent leur trĂšs grande joie. Anne raconte quand la grĂące d'ĂȘtre mĂšre lui a Ă©tĂ© donnĂ©e : au Temple, elle a vu une lumiĂšre descendre sur elle. Ils parlent du nom qu'ils donneront Ă  l'enfant et sa mĂšre pressent dĂ©jĂ  qu'elle sera une fille.

Ensuite vient une dictée sur la conception de Marie et sur la sagesse des justes qu'étaient les grands-parents du Christ.

Contenu du chapitre : 4.1 : À son mĂ©tier Anne chante, prie et sourit. 4.2 : Elle annonce sa maternitĂ© Ă  Joachim. 4.3 : Au Temple un feu Ă©tait venu vers moi. 4.4 : Nous l’appellerons Marie. Étoile de notre mer, perle, bonheur. 4.5 : La Parole agit sur Anne. 4.6 : L'Ăąme immaculĂ©e de Marie. 4.7 : Ce qu'auraient Ă©tĂ© les premiers parents.

Ancienne édition : Tome 1, chapitre 5 et 6

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EMV 4.3 · Tome 1, p. 29-30

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

J’espĂ©rais : le dernier jour, pendant que je priais au Temple [lors de la fĂȘte des Tentes], le plus prĂšs possible de la maison de Dieu qu’il soit permis Ă  une femme, il se faisait tard... tu te souviens que j’ai dit : “ Encore, encore un peu. ” Je ne pouvais m’arracher Ă  ce lieu sans avoir obtenu cette grĂące ! Eh bien, dans l’ombre qui descendait dĂ©jĂ  de l’intĂ©rieur du lieu sacrĂ©, vers lequel mon Ăąme se sentais fortement attirĂ©e pour y arracher un “ oui ” du Dieu qui y est prĂ©sent, j’ai vu jaillir une lumiĂšre, une merveilleuse Ă©tincelle de lumiĂšre. Claire et douce comme la lumiĂšre de la lune, elle renfermait pourtant l’éclat de toutes les perles et joyaux de la terre. On aurait dit qu’une des Ă©toiles prĂ©cieuses du Voile, ces Ă©toiles placĂ©es sous les pieds des chĂ©rubins, se dĂ©tachait et prenait la splendeur d’une lumiĂšre surnaturelle... J’avais l’impression qu’un feu partait de derriĂšre le Voile sacrĂ©, de la Gloire mĂȘme, qu’il venait rapidement sur moi et que, en traversant l’air, il chantait d’une voix cĂ©leste : “ Que t’arrive ce que tu as demandĂ© ! ” C’est pour cela que je chante : “ Une Ă©toile viendra vers toi ”. Quel enfant sera donc le nĂŽtre, pour se manifester ainsi comme la lumiĂšre d’une Ă©toile dans le Temple et dire : “ Je suis ” pendant la fĂȘte des LumiĂšres ? Aurais-tu vu juste en voyant en moi une nouvelle Anne d’Elqana ?

Détail

Conception de Marie. Anne, la mÚre de Marie, raconte quand son voeu a été exaucé :

Annotation

Aurais-tu vu juste en voyant en moi une nouvelle Anne d’Elqana ? Joachim avait en effet parlĂ© de la mĂšre du prophĂšte Samuel dans l'EMV 3.

Sous les pieds des chérubins : Les chérubins (Kéroubim) abondaient dans la décoration du Temple de Salomon (Par exemple : 1 Rois 6,23-35). Les étoiles sont sans doute les étoiles de David ou sceau de Salomon.

J’avais l’impression qu’un feu partait de derriĂšre le Voile sacrĂ©, de la Gloire mĂȘme, qu’il venait rapidement sur moi et que, en traversant l’air, il chantait d’une voix cĂ©leste : “ Que t’arrive ce que tu as demandĂ© ! ” C’est la voix du RĂ©dempteur, comme il l'est indiquĂ© en EMV 4.5 : "La Sagesse descendit elle-mĂȘme (...) et se fit parole pour la femme stĂ©rile" (p. 31).

Quel enfant sera donc le nĂŽtre, pour se manifester ainsi comme la lumiĂšre d’une Ă©toile dans le Temple et dire : “ Je suis ” pendant la fĂȘte des LumiĂšres ? L’étoile fait partie de la prophĂ©tie de Balaam. Nb 24, 17-19. : "Je le vois, mais non comme prĂ©sent ; je le contemple, mais non de prĂšs. Un astre sort de Jacob, un sceptre s'Ă©lĂšve d'IsraĂ«l. Il brise les deux flancs de Moab, il extermine tous les fils du tumulte. Edom est sa possession ; Séïr, son ennemi, est sa possession, et IsraĂ«l dĂ©ploie sa vaillance. De Jacob sort un dominateur, il fait pĂ©rir dans les villes ce qui reste d'Edom."

« Je suis » : le nom mĂȘme de Dieu tel que dĂ©fini Ă  MoĂŻse, selon l'Exode 3,14-15. Tu parleras ainsi aux fils d’IsraĂ«l : « Celui qui m’a envoyĂ© vers vous, c’est : JE-SUIS ». Voir la fiche sur le Nom divin.

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EMV 4.4 · Tome 1, p. 30

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

« Comment l’appellerons-nous, notre enfant que je sens doucement me parler en mon sein par les battements de son petit coeur, comme le murmure d’un ruisseau, comme une tourterelle que l’on tient au creux de la main ?

– Si c’est un garçon, nous l’appellerons Samuel. Si c’est une fille, Etoile. Notre Ă©toile, le mot qui a terminĂ© ton cantique pour me donner la joie de me savoir pĂšre, et la forme qu’elle a prise pour se manifester dans l’ombre sacrĂ© du Temple.

– Etoile, notre Ă©toile. Je ne sais pas, mais je pense, je pense que ce sera une fille. Il me semble que des caresses aussi douces ne peuvent venir que d’une trĂšs douce petite fille. Car je ne la porte pas, je n’en Ă©prouve aucune souffrance. C’est elle qui me porte sur un sentier d’azur et de fleurs, comme si j’étais soutenue par les anges et que la terre Ă©tait dĂ©jĂ  loin... J’ai toujours entendu les femmes dire que concevoir et porter un enfant Ă©tait douloureux. Mais moi, je ne souffre pas. Je me sens forte, jeune, fraĂźche plus que lorsque je t’ai donnĂ© ma virginitĂ© Ă  l’époque lointaine de ma jeunesse. Fille de Dieu – car cet enfant Ă©clos sur un tronc dessĂ©chĂ© appartient plus Ă  Dieu qu’à nous –, elle ne cause aucune peine Ă  sa maman. Elle ne lui apporte que paix et bĂ©nĂ©diction, c’est-Ă -dire les fruits de Dieu, son vĂ©ritable PĂšre.

– Alors nous l’appellerons Marie. Etoile de notre mer, perle, bonheur. C’est le nom de la premiĂšre grande femme d’IsraĂ«l. Mais celle-ci n’offensera jamais le Seigneur. C’est Ă  lui seul qu’elle adressera son cantique, car elle lui est offerte comme une hostie avant mĂȘme de naĂźtre.

– Elle lui est offerte, oui. Garçon ou fille, lorsque notre enfant aura fait notre joie pendant trois ans, nous l’offrirons au Seigneur. Ainsi serons-nous, nous aussi, des hosties avec elle, pour la gloire de Dieu. »

Détail

Le choix du prénom de Marie. C'est Anne, sa mÚre, qui parle.

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EMV 4.5-7 · Tome 1, p.31-33

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

4.5 Jésus dit :

« AprĂšs les avoir Ă©clairĂ©s par les songes de la nuit, la Sagesse descendit elle-mĂȘme, en “ effluve de la puissance de Dieu, une Ă©manation toute pure de la gloire du Tout-Puissant ” et se fit Parole pour la femme stĂ©rile. Moi, le Christ, le petit-fils d’Anne, qui voyais dĂ©sormais s’approcher le temps de la rĂ©demption par la Parole – prĂšs de cinquante ans plus tard –, j’accomplirai des miracles sur les personnes stĂ©riles ou malades, possĂ©dĂ©es, affligĂ©es, sur toutes les misĂšres de la terre.

En attendant, tout Ă  la joie d’avoir une mĂšre, je murmure une parole cachĂ©e dans l’ombre du Temple qui renfermait les espĂ©rances d’IsraĂ«l, ce Temple qui atteignait dĂ©sormais la fin de son existence puisqu’un Temple nouveau et vĂ©ritable allait appa­raĂźtre sur la terre, un Temple qui ne renfermerait plus les espĂ©rances d’un peuple, mais l’assurance du Paradis pour la population de la terre entiĂšre, pour les siĂšcles des siĂšcles jusqu’à la fin du monde. Et cette Parole accomplit ce miracle de rendre fĂ©cond le sein stĂ©rile. Elle me donne une mĂšre qui n’avait pas seulement une perfection naturelle, comme ce devait ĂȘtre le cas en naissant de deux saints ; elle n’allait pas avoir seulement une Ăąme bonne comme beaucoup d’autres, pas seulement un dĂ©veloppement continu de cette bontĂ© grĂące aux excellentes dispositions de sa volontĂ©, pas seulement un corps immaculĂ© : seule entre toutes les crĂ©atures, elle eut une Ăąme immaculĂ©e.

4.6 Tu as vu la gĂ©nĂ©ration continuelle des Ăąmes par Dieu. Imagine donc quelle devait ĂȘtre la beautĂ© de cette Ăąme que le PĂšre avait dĂ©sirĂ©e dĂšs avant l’existence du temps, de cette Ăąme qui faisait les dĂ©lices de la TrinitĂ© qui brĂ»lait de l’orner de ses dons pour s’en faire don Ă  elle-mĂȘme. Ô femme toute sainte que Dieu crĂ©a pour lui-mĂȘme et, en second lieu, pour le salut des hommes ! Parce que tu devais porter le Sauveur, tu fus l’origine du salut. Paradis vivant, par ton sourire tu as commencĂ© Ă  sanctifier la terre.

L’ñme créée pour ĂȘtre celle de la MĂšre de Dieu ! Lorsque cette Ă©tincelle de vie jaillit d’un tressaillement vivant de l’Amour trinitaire, les anges en Ă©prouvĂšrent une joie extraordinaire, car jamais le Paradis n’avait vu une lumiĂšre aussi vive. Comme un pĂ©tale de rose cĂ©leste, un pĂ©tale immatĂ©riel et prĂ©cieux qui Ă©tait joyau et flamme, qui descendait animer une chair bien autrement que pour les autres et dont le feu Ă©tait si puissant que le pĂ©chĂ© originel ne put l’atteindre, elle traversa les espaces et alla s’enfermer dans un sein sanctifiĂ©.

Sans le savoir encore, la terre possĂ©dait sa fleur, la vraie, la fleur unique qui fleurit Ă©ternellement : lys et rose, violette et jasmin, hĂ©lianthe et cyclamen rĂ©unis, et avec eux toutes les fleurs de la terre fondues en une seule Fleur, Marie, en qui s’unissent toutes vertus et toutes grĂąces.

En avril, la terre de Palestine ressemblait Ă  un immense jardin oĂč parfums et couleurs faisaient les dĂ©lices du coeur des hommes. Mais la plus belle rose Ă©tait encore ignorĂ©e. DĂ©jĂ  elle fleurissait pour Dieu dans le secret du sein maternel, car ma mĂšre aima dĂšs le premier instant de sa conception. C’est seulement au moment oĂč la vigne donne son sang pour qu’on en fasse du vin, oĂč l’odeur sucrĂ©e et forte du moĂ»t emplit les cours de ferme et les narines qu’elle allait sourire, d’abord Ă  Dieu puis au monde, et dire avec son sourire innocent : “ VoilĂ , la Vigne est parmi vous, la Vigne qui vous donnera la Grappe destinĂ©e Ă  ĂȘtre foulĂ©e au pressoir pour devenir le remĂšde Ă©ternel de votre mal. ”

J’ai dit : “ Ma MĂšre aima dĂšs le premier instant de sa conception. ” Qu’est-ce qui donne Ă  l’esprit lumiĂšre et connaissance ? La grĂące. Qu’est-ce qui la fait disparaĂźtre ? Le pĂ©chĂ© originel et le pĂ©chĂ© mortel. Marie, l’ImmaculĂ©e, ne fut jamais privĂ©e du souvenir de Dieu, de sa proximitĂ©, de son amour, de sa lumiĂšre, de sa sagesse. Il s’ensuit qu’elle put comprendre et aimer quand elle n’était encore qu’une chair qui se formait autour d’une Ăąme immaculĂ©e qui continuait Ă  aimer.

4.7 Plus tard, je te ferai contempler en esprit la profondeur de la virginitĂ© de Marie. Tu en Ă©prouveras un vertige cĂ©leste comme lorsque je t’ai fait considĂ©rer notre Ă©ternitĂ©. En attendant, considĂšre comment le fait de porter en son sein un ĂȘtre exempt de la faute originelle – qui prive de Dieu – peut procurer Ă  sa mĂšre qui l’a seulement conçu naturellement, humainement, une intelligence supĂ©rieure et en fait un prophĂšte : le prophĂšte de sa fille, qu’elle appelle “ Fille de Dieu ”. Imagine Ă©galement ce qu’il en aurait Ă©tĂ© si vos premiers parents innocents avaient engendrĂ© des enfants innocents, selon la volontĂ© de Dieu.

VoilĂ , ĂŽ hommes qui prĂ©tendez approcher du “ surhomme ” mais qui, par vos vices, approchez uniquement du “ super dĂ©mon ”, quel Ă©tait le moyen d’arriver au “ surhomme ” : vous aviez lĂ  le moyen d’échapper Ă  l’influence nĂ©faste de Satan pour laisser Ă  Dieu l’administration de la vie, de la connaissance, du bien, sans rien dĂ©sirer de plus – et c’était Ă  peine moins que l’infini – que ce que Dieu vous avait donnĂ©, pour pouvoir engendrer, en une continuelle Ă©volution vers la perfection, des enfants qui soient physiquement des hommes et spirituellement des fils de l’Intelligence ; ils auraient ainsi Ă©tĂ© triomphants, c’est-Ă -dire forts, des gĂ©ants contre Satan, qui aurait Ă©tĂ© clouĂ© Ă  terre des milliers de siĂšcles avant l’heure oĂč il le sera, et avec lui tout le mal qui est en lui. »

Annotation

« AprĂšs les avoir Ă©clairĂ©s par les songes de la nuit, la Sagesse descendit elle-mĂȘme, en “ effluve de la puissance de Dieu, une Ă©manation toute pure de la gloire du Tout-Puissant ” et se fit Parole pour la femme stĂ©rile. Extrait du livre de la Sagesse.

Livre de la Sagesse 7, 25

Sg 7, 25 : Elle est le souffle de la puissance de Dieu, une pure émanation de la gloire du Tout-puissant; aussi rien de souillé ne peut tomber sur elle.

Seule entre toutes les créatures, elle eut une ùme immaculée. Cf. Le Dogme de l'Immaculée Conception proclamée le 8 décembre 1854 par le Pape Pie IX dans la constitution apostolique Ineffabilis Deus. La proclamation dogmatique est en fin de document

Tu as vu la génération continuelle des ùmes par Dieu. Dans la vision du 25 mai 1944. Voir Les cahiers de 1944.

Comme un pétale de rose céleste, un pétale immatériel et précieux qui était joyau et flamme, qui descendait animer une chair bien autrement que pour les autres. Dans l'ancienne édition, il est écrit : Comme un pétale de rose céleste, un pétale immatériel et précieux qui était joyau et flamme, qui était le souffle de Dieu, qui descendait animer une chair bien autrement que pour les autres. A propos de la partie "Souffle de Dieu" (alito di Dio). L'expression a été corrigée par Maria Valtorta sur une copie dactylographiée. Dans un premier temps, elle avait écrit "Partie de Dieu" (parte di Dio).

Marie, en qui s’unissent toutes vertus et toutes grĂąces. "Marie, plaine de grĂąces". À rapprocher de ce qu'indique St Alphonse de Liguori :"Selon saint Bernardin, tous les dons, toutes les vertus et toutes les grĂąces, sont dispensĂ©s par les mains de Marie, Ă  qui elle veut, quand elle veut, et comme elle veut." (Saint Alphonse-Marie de Liguori, Les Gloires de Marie, chapitre 5).

En avril, la terre de Palestine ressemblait Ă  un immense jardin oĂč parfums et couleurs faisaient les dĂ©lices du cƓur des hommes. Mais la plus belle rose Ă©tait encore ignorĂ©e. DĂ©jĂ  elle fleurissait pour Dieu dans le secret du sein maternel. En avril, Marie Ă©tait conçue depuis 4 mois

C’est seulement au moment oĂč la vigne donne son sang pour qu’on en fasse du vin, oĂč l’odeur sucrĂ©e et forte du moĂ»t emplit les cours de ferme et les narines qu’elle allait sourire, d’abord Ă  Dieu puis au monde, Confirmation que la naissance de Marie eut lieu en septembre (voir le EMV 5).

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EMV 4.5 · Tome 1, p. 31

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Moi, le Christ, le petit-fils d’Anne, qui voyais dĂ©sormais s’approcher le temps de la rĂ©demption par la Parole – prĂšs de cinquante ans plus tard –, j’accomplirai des miracles sur les personnes stĂ©riles ou malades, possĂ©dĂ©es, affligĂ©es, sur toutes les misĂšres de la terre.

Détail

Jésus parle de sa grand-mÚre et énonce ses miracles futurs.

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EMV 5 · Tome 1, p. 33-48

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Titre du chapitre : Naissance de la Vierge Marie. Sa virginité dans la pensée éternelle du PÚre.

Date de la vision : Samedi 26 août 1944 (EMV 5.1-6)

Date de la dictée : Dimanche 27 août 1944 (EMV 5.7-15)

Calendrier : Samedi 6 septembre de l'an -21

Ancien calendrier julien : Samedi 8 septembre -21.

Calendrier juif : 10 Tishri 3741.

Lieux (carte) : Nazareth

Cycle : Naissance et enfance de la Vierge Marie

RĂ©sumĂ© : Il y a la sĂ©cheresse Ă  Nazareth. Joachim travaille dans le jardin et Anne le rejoint. Elle souffre de la chaleur, et ils parlent de l'Ă©tat de la vĂ©gĂ©tation. Un orage s'apprĂȘte Ă  Ă©clater donc ils rentrent. Anne s'apprĂȘte Ă  mettre au monde son enfant, et Joachim est inquiet car son Ă©pouse n'a pas mal lors de l'accouchement. Outre cela, l'orage impressionne tout le monde par sa violence. Puis, Marie naĂźt et vagit, et tout s'arrĂȘte : un splendide arc-en-ciel naĂźt dans le ciel. Anne et Joachim donnent Ă  leur fille le prĂ©nom de Marie.

Une longue dictĂ©e est ensuite donnĂ©e par le Christ. Il parle de l'ImmaculĂ©e Conception et de la virginitĂ© de sa MĂšre. Il cite ainsi le Livre des Proverbes et l'applique Ă  Marie. Puis, il parle de l'homme, qui Ă©tait destinĂ© Ă  ĂȘtre le roi de la CrĂ©ation et pour qui Dieu a tout fait : astres et planĂštes, mers et ocĂ©ans, plantes et arbres, animaux. L'homme a cepentant Ă©tĂ© dĂ©chu par Satan. Dieu, qui sait tout, connaissait d'avance son pĂ©chĂ© et avait dĂ©jĂ  prĂ©vu le moyen d'y remĂ©dier : en envoyant son Fils, par Marie. Il s'arrĂȘte ainsi sur la naissance de cette derniĂšre, puis enchaine sur la victoire de l'ImmaculĂ©e face Ă  Satan. Il finit la dictĂ©e en parlant de la procrĂ©ation avant la Faute, du fait que les hommes en Ă©tat de grĂące n'aurait pas dĂ» connaĂźtre la mort ni connaĂźtre la souffrance lors des accouchements, Ă  l'image de Marie. Puis, il clĂŽture en parlant de la virginitĂ© de la Toute-Belle.

Contenu du chapitre : 5.1 : Le jardin souffre d'une grave sĂ©cheresse. 5.2 : Anne confie sa grande paix Ă  l’approche du terme. 5.3 : Un violent orage. 5.4 : Un gigantesque arc-en-ciel, une Ă©toile, une lune anticipĂ©e, saluent la naissance. 5.5 : Le portrait dĂ©taillĂ© de l'enfant. 5.6 : Marie est remise Ă  Anne qui prophĂ©tise sur elle. 5.7 : Parler de l’immaculĂ©e conception de Marie, c’est plonger dans l’amour. 5.8 : Dans la pensĂ©e de Dieu Ă  l'origine des ĂȘtres. 5.9 : La consolation et la joie de Dieu. 5.10 : La crĂ©ation faite pour l'homme, son roi. 5.11 : Dieu savait ce que serait l'homme. 5.12 : Dieu crĂ©a l’Épouse pour ĂȘtre la MĂšre du Dieu incarnĂ©. 5.13 : L’enfantement voulu par Dieu et celui voulu par l’Homme. 5.14 : Satan, cette petite fille t'a vaincu. C’est la revanche de Dieu. 5.15 : La virginitĂ© de Marie.

Ancienne édition : Tome 1, chapitre 7 et 8

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EMV 5.5 · Tome 1, p. 37-39

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

5.5 Les femmes surviennent, toutes joyeuses, tenant un poupon rose dans des linges blancs.

C’est Marie, la MĂšre de JĂ©sus ! Une Marie toute petite qui pourrait dormir dans les bras d’un enfant, une Marie pas plus longue que le bras, une petite tĂȘte d’ivoire teintĂ© de rose pĂąle et des lĂšvres rouges qui dĂ©jĂ  ne pleurent plus, mais tentent instinctivement de tĂ©ter, si petites qu’on ne voit pas comment elles pourront saisir l’extrĂ©mitĂ© du sein, un petit bout de nez entre deux bonnes joues bien rondes ; et quand on la chatouille pour lui faire ouvrir les yeux, deux morceaux de ciel apparaissent, deux points bleus et innocents qui regardent sans voir, entre de fins cils d’un blond presque rose Ă  force d’ĂȘtre blond. Sur sa petite tĂȘte ronde, les cheveux eux-mĂȘmes ont la teinte rose-blond de certains miels ambrĂ©s.

Pour oreilles, deux petites coquilles roses et transpa­rentes, parfaites. Et comme mains... qu’est-ce que ces deux petites choses qui s’agitent en l’air puis vont Ă  la bouche ? FermĂ©es, comme en ce moment, elles ressemblent Ă  deux boutons d’églantine qui ont fendu les sĂ©pales verts et prĂ©sentent leur soie de rose pĂąle ; ouvertes, comme maintenant, on dirait deux joyaux d’ivoire ou d’albĂątre Ă  peine rosĂ©s, avec cinq ongles grenat clair. Comment feront donc ces mains pour essuyer tant de larmes ?

Quant aux pieds... oĂč sont-ils ? Pour l’instant, ce ne sont que deux petits petons cachĂ©s dans les langes. Mais voilĂ  que la parente s’assied et les dĂ©couvre... Oh, les petits pieds ! Ils ont quatre centimĂštres de long, leur plante est une coquille couleur de corail, le dessus en est une autre couleur de neige veinĂ©e de bleu, les orteils sont des chefs-d’oeuvre de sculpture lillipu­tienne, couronnĂ©s eux aussi de petites Ă©cailles grenat clair. Comment trouvera-t-on des sandalettes quand ces pieds de poupĂ©e feront leurs premiers pas ? Comment se tenir debout sur de si petits pieds ? Et comment permettront-ils de faire un chemin si rude et de soutenir une telle douleur sous une croix ?

Mais aujourd’hui, on l’ignore encore, et on rit, on sourit en regardant s’agiter et gigoter de belles jambettes bien tournĂ©es, des cuisses minuscules potelĂ©es au point de faire des fossettes et des replis, un petit ventre, une nuque renversĂ©e en arriĂšre, un petit thorax parfait. Sous la soie blanche, on voit le mouvement de la respiration et si, comme l’heureux pĂšre le fait maintenant, on y pose la bouche pour faire un bisou, on entend sĂ»rement y battre un petit coeur..., le plus beau que la terre ait portĂ© au cours des siĂšcles, l’unique coeur humain immaculĂ©.

Et le dos ? On la retourne, et on peut voir la courbure de ses reins, puis ses Ă©paules potelĂ©es et sa nuque rose ; elle a dĂ©jĂ  de la force car voilĂ  que la petite tĂȘte se lĂšve sur l’arc des minuscules vertĂšbres : on dirait la tĂȘte d’un oiseau qui scrute le monde nouveau qu’il dĂ©couvre ; elle pousse un petit cri pour protester qu’on la montre ainsi aux yeux de plusieurs personnes, elle, la toute-pure et chaste, elle qu’aucun homme ne verra plus jamais nue, la toute vierge, sainte et immaculĂ©e. Recouvrez, recouvrez ce bouton de lys qui ne s’ouvrira jamais sur terre, mais qui produira une Fleur plus belle encore qu’elle, tout en restant bourgeon. Ce n’est qu’au Ciel que le lys du Dieu trine ouvrira tous ses pĂ©tales car il n’existe plus, lĂ -haut, aucune poussiĂšre de faute susceptible de profaner involontairement cette puretĂ©. Car il faudra accueillir lĂ -haut, Ă  la vue du Ciel entier, le Dieu trine qui, dans quelques annĂ©es Ă  peine, habitera en elle, PĂšre, Fils et Epoux.

La voilĂ  de nouveau enveloppĂ©e de linges et dans les bras de son pĂšre de la terre, Ă  qui elle ressemble. Pas maintenant. Pour le moment, elle n’est qu’une Ă©bauche d’ĂȘtre humain. Je veux dire qu’elle lui ressemblera une fois devenue femme. Elle n’a rien de sa mĂšre. De son pĂšre, elle tient la couleur de la peau et des yeux, et sĂ»rement aussi des cheveux qui, s’ils sont blancs aujourd’hui, devraient ĂȘtre blonds, comme l’indiquent les sourcils. Elle a les traits de son pĂšre, en plus parfait et plus fin puisqu’elle est femme, et cette femme-lĂ . Elle en a encore le sourire, le regard, les gestes et la taille. En pensant Ă  JĂ©sus, comme je le vois, je trouve qu’Anne a donnĂ© sa taille Ă  son petit-fils ainsi que son teint plus ivoire foncĂ©. En revanche, si Marie n’a pas la prestance d’Anne – un grand palmier souple –, elle a la grĂące de son pĂšre.

Détail

Description de Marie qui vient tout juste de naĂźtre.

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