EMV 444.7 · Tome 7
LâEvangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©
Citation
444.7 â Seigneur, pardonne-moi si je ne te comprends pas. Ce que tu dis est trĂšs obscur... au moins pour moi... Tu dis toujours que tu es le Sauveur et que tu rachĂšteras ceux qui croient en toi. Alors comment peuvent ĂȘtre sauvĂ©s ceux qui ne croient pas, soit parce que, ayant vĂ©cu avant toi, ils ne tâont pas connu, soit parce quâils nâont pas entendu parler de toi â le monde est si grand... â ? demande BarthĂ©lemy.
â Je te lâai dit : grĂące Ă leur vie de justes, Ă leurs oeuvres bonnes, Ă leur foi quâils croient vraie.
â Pourtant, ils nâont pas eu recours au Sauveur...
â Mais le Sauveur souffrira pour eux aussi. Tu nâimagines pas, BarthĂ©lemy, quelle Ă©tendue de valeur auront mes mĂ©rites dâHomme-Dieu.
â Mon Seigneur, ils sont toujours infĂ©rieurs Ă ceux de Dieu, Ă ceux que tu as par consĂ©quent depuis toujours.
â Ta rĂ©ponse est Ă la fois juste et fausse. Les mĂ©rites de Dieu sont infinis, dis-tu. Tout est infini en Dieu. Mais Dieu nâa pas de mĂ©rites, en ce sens quâil nâa pas mĂ©ritĂ© : il a des attributs, des vertus qui lui sont propres. Il est Celui qui est : la Perfection, lâInfini, le Tout-Puissant. Mais pour mĂ©riter, il faut accomplir, avec effort, quelque chose qui soit au-dessus de notre nature. Ce nâest pas un mĂ©rite de se nourrir, par exemple. Mais manger avec parcimonie peut le devenir, en faisant de vrais sacrifices pour donner aux pauvres ce que nous Ă©pargnons. Ce nâest pas un mĂ©rite de rester silencieux, mais cela le devient quand on se tait pour ne pas rĂ©pliquer Ă une offense, et ainsi de suite.
Tu comprends maintenant que Dieu nâa pas besoin de se forcer, puisquâil est parfait, infini. Mais lâHomme-Dieu peut se forcer lui-mĂȘme en humiliant son infinie nature divine jusquâaux limites humaines, en triomphant de la nature humaine, qui en lui nâest pas absente ou mĂ©taphorique mais rĂ©elle, avec tous ses sens et ses sentiments, avec ses possibilitĂ©s de souffrance et de mort, avec sa volontĂ© libre.
Personne nâaime la mort, surtout si elle est douloureuse, prĂ©maturĂ©e et non mĂ©ritĂ©e. Personne ne lâaime, et pourtant tout homme doit mourir. Aussi devrait-on regarder la mort avec le mĂȘme calme que lorsquâon voit finir tout ce qui vit. Eh bien, je force mon humanitĂ© Ă aimer la mort. Mieux, jâai choisi la vie pour pouvoir connaĂźtre la mort, pour lâhumanitĂ©. Car, en qualitĂ© dâHomme-Dieu, jâacquiers ces mĂ©rites quâen restant Dieu je ne pouvais acquĂ©rir. Et avec eux, qui sont infinis, sous la forme oĂč je les acquiers, en raison de la nature divine unie Ă lâhumaine, en raison des vertus de charitĂ© et dâobĂ©issance par lesquelles je me suis mis en condition de les mĂ©riter, en raison de la force, de la justice, de la tempĂ©rance, de la prudence, de toutes les vertus que jâai mises dans mon coeur pour quâil soit bien accueilli de Dieu, mon PĂšre, jâaurai une puissance infinie non seulement comme Dieu, mais comme Homme qui sâimmole pour tous, câest-Ă -dire qui atteint lâextrĂȘme limite de lâamour. Câest du sacrifice que provient le mĂ©rite. Plus grand est le sacrifice, plus grand est le mĂ©rite. A sacrifice complet, mĂ©rite complet. A sacrifice parfait, mĂ©rite parfait. Et il peut servir selon la sainte volontĂ© de la victime, Ă laquelle le PĂšre dit : â Quâil en soit comme tu veux ! â parce quâelle lâa aimĂ© sans mesure et quâelle a aimĂ© son prochain sans mesure.
Détail
Jésus parle des mérites de Diieu qui sont infinis, car tout est infini en Dieu. Mais Dieu n'a pas de mérites, car il n'a pas mérité : il a des attributs, des vertus qui lui sont propres. L'Homme-Dieu, par contre, a des mérites infinis, car il a pris notre nature humaine et a triomphé de la nature humaine