Notes du thĂšme

Mots-clĂ©s principaux et transversaux 🌟

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Confort de lecture

EMV 203.8 · Tome 3, p. 339

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

“ Que ton RĂšgne vienne sur la terre comme au Ciel. ” DĂ©sirez de toutes vos forces cet avĂšnement. Ce serait la joie sur la terre, s’il venait. Le RĂšgne de Dieu dans les cƓurs, dans les familles, entre les citoyens, entre les nations. Souffrez, prenez de la peine, sacrifiez-vous pour ce RĂšgne. Que la terre soit un miroir qui reflĂšte en chacun la vie des Cieux.

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EMV 203.10 · Tome 3, p. 340

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Vous, quand vous priez le Pùre, vous ne vous adressez pas à un ami de la terre : vous vous tournez vers l’Ami parfait, qui est le Pùre du Ciel. Aussi, je vous dis : “ Demandez et l’on vous donnera, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira. ” En effet, à qui demande on donne, qui cherche finit par trouver, à qui frappe on ouvre la porte.

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EMV 203.12 · Tome 3, p. 341-342

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Priez avec humilitĂ© pour que Dieu empĂȘche les tentations. Ah, l’humilitĂ© ! Se reconnaĂźtre pour ce que l’on est ! Sans s’avilir, mais se connaĂźtre. Dire : “ Je pourrais cĂ©der mĂȘme si cela me semble impossible, car je suis un juge imparfait pour moi-mĂȘme. Par consĂ©quent, mon PĂšre, dĂ©livre-moi, si possible, des tentations en me tenant proche de toi au point que cela ne permette pas au Malin de me nuire. ” Car, souvenez-vous-en, ce n’est pas Dieu qui porte au mal, mais c’est le mal qui tente. Priez le PĂšre pour qu’il vienne en aide Ă  votre faiblesse au point qu’elle ne puisse ĂȘtre induite en tentation par le Malin.

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EMV 204 · Tome 3, p. 342-352

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Titre du chapitre : La foi et l’ñme expliquĂ©es aux paĂŻens par la parabole des temples.

Date de la vision : Vendredi 29 juin 1945

Calendrier : Samedi 1 avril 28 (19 Nissan 3788)

Lieux (carte) : Béthanie

Cycle : Apostolat en Judée

Résumé : Jésus est à Béthanie, dans des champs de lin. On l'appelle car Marie, sa MÚre veut le voir, et elle lui apprend que des Romains sont ici pour s'entretenir avec Lui. Jésus va donc vers eux et il retrouve Plautina, Lydia, Flavia et Quintilianus. Ceux-ci veulent l'interroger et savoir comment avoir la foi. Alors Jésus leur donne un enseignement en parlant de leurs temples païens et petit à petit, ils en viennent à parler de l'ùme, qui est immortelle. Flavia note les paroles de Jésus sur une table de cire, puis les Romains prennent congé. Lazare retrouve alors le Maßtre et désespÚre que sa soeur, Marie-Madeleine, ne se vienne pas à Jésus. Il avait espéré que ce soit elle, récemment, mais ce n'était qu'Aglaé. Jésus lui dit néanmoins qu'il sera fidÚle à sa promesse et son ami lui donne l'argent qu'il a obtenu des bijoux d'Aglaé.

Contenu du chapitre : 204.1 : Les dispositions favorables des paĂŻens. 204.2 : des soldats et des dames romaines sont annoncĂ©s. 204.3 : Que la lumiĂšre soit sur vous. 204.4 : Les temples paĂŻens dĂ©diĂ©s au nĂ©ant. 204.5 : L’ñme et le Dieu unique et vrai. 204.6 : L’ñme n’est pas une brute (animal), l’embryon, si. 204.7 : L’ñme passe par trois phases. 204.8 : Comment pouvons-nous donner Ă  l'Ăąme espace, libertĂ©, Ă©lĂ©vation ? 204.9 : Les visiteurs ont bien notĂ© l'enseignement. 204.10 : Lazare dĂ©sespĂšre de Marie-Madeleine.

Ancienne édition : Tome 3, chapitre 65

Mots-clés

EMV 204.1-3 · Tome 3, p. 342-344

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Dans la paix du sabbat, JĂ©sus se repose prĂšs d’un champ de lin tout en fleurs, qui appartient Ă  Lazare – plutĂŽt que « prĂšs » du lin, je dirais : immergĂ© dans le lin trĂšs haut – ; assis au bord d’un sillon, il est absorbĂ© dans ses pensĂ©es. Il n’y a prĂšs de lui que quelque silencieux papillon ou quelque lĂ©zard qui arrive silencieusement et le regarde de ses yeux de jais en levant sa tĂȘte triangulaire Ă  la gorge claire et palpitante. Rien d’autre. En cette fin d’aprĂšs-midi, il n’y a pas le moindre souffle de vent parmi les hautes tiges.

De loin, peut-ĂȘtre du jardin de Lazare, parvient le chant d’une femme et avec lui les cris joyeux de l’enfant qui joue avec quelqu’un. Puis une, deux, trois voix qui appellent : “ MaĂźtre ! ”, “ JĂ©sus ! ”.

Jésus se secoue et se lÚve. Si haut que soit le lin à son complet développement, Jésus émerge largement de cette mer verte et bleue.

« Le voici, là, Jean ! » crie Simon le Zélote.

Et Jean, Ă  son tour crie :

« MÚre ! Jésus est ici, dans le lin. »

Et pendant que JĂ©sus s’approche du sentier qui conduit aux maisons, voici venir Marie.

« Que veux-tu, MÚre ? »

– Mon Fils, il est arrivĂ© des paĂŻens avec des femmes. Ils disent avoir appris par Jeanne que tu es ici. Ils disent aussi qu’ils t’ont attendu tous ces derniers jours prĂšs de l’Antonia


– Ah ! J’ai compris ! J’arrive tout de suite. OĂč sont-ils ?

– Dans la maison de Lazare, dans son jardin. Les romains l’aiment bien et lui, il n’éprouve pas pour eux la rĂ©pulsion que nous avons, nous. Il les a fait entrer, avec leurs chars, dans le grand jardin pour ne scandaliser personne.

– C’est bien, Mùre.

204.2

Ce sont des soldats et des dames romaines. Je le sais.

– Et que veulent-ils de toi ?

– Ce que beaucoup de gens en IsraĂ«l ne veulent pas : la lumiĂšre.

– Mais comment, et qui croient-ils que tu es ? Dieu, peut-ĂȘtre ?

– A leur façon, oui. Il leur est facile, plus facile Ă  eux qu’à nous, d’accueillir l’idĂ©e de l’incarnation d’un dieu dans une chair mortelle.

– dans ce cas, ils en sont arrivĂ©s Ă  la foi en toi


– Pas encore, Maman. Je dois d’abord dĂ©truire la leur. Pour le moment, je suis Ă  leurs yeux un sage, un philosophe, comme ils disent. Mais, soit par ce dĂ©sir de connaĂźtre les doctrines philosophiques, soit par leur tendance Ă  croire possible l’incarnation d’un dieu, ils m’aident grandement Ă  les amener Ă  la vraie foi. Tu peux en ĂȘtre sĂ»re, ils ont plus de simplicitĂ© dans leur pensĂ©e que beaucoup en IsraĂ«l.

– Mais seront-ils sincùres ? On dit que Jean-Baptiste


– Non. Si la chose avait dĂ©pendu d’eux, Jean serait libre et en sĂ©curitĂ©. Celui qui n’est pas rebelle, ils le laissent tranquille. En outre, je te l’assure, pour eux le fait d’ĂȘtre prophĂšte – ils emploient le mot de philosophe, parce que l’élĂ©vation de la sagesse surnaturelle, pour eux, c’est toujours de la philosophie – est une garantie pour qu’ils le respectent. N’en sois pas prĂ©occupĂ©e, Maman. Ce n’est pas de lĂ  que me viendra le mal


– Mais les pharisiens
 s’ils l’apprennent, que vont-ils dire de Lazare Ă©galement ? Toi
 tu es toi, et tu dois apporter la Parole au monde. Mais Lazare !
 Ils l’ont dĂ©jĂ  tant offensé 

– Mais il est intouchable. Ils savent qu’il est protĂ©gĂ© par Rome.

– Je te quitte, mon Fils. Voici Maximin qui va te conduire aux paĂŻens. »

Et Marie qui, pendant tout ce temps, avait marchĂ© auprĂšs de JĂ©sus, se retire rapidement et se dirige vers la maison de Simon le ZĂ©lote ; de son cĂŽtĂ©, JĂ©sus entre par un portillon en fer ouvert dans l’enceinte du jardin, dans une partie qui en est Ă©loignĂ©e, lĂ  oĂč le jardin se change en verger, prĂšs du lieu oĂč se trouvera, plus tard, la sĂ©pulture de Lazare.

Lazare se trouve là, et personne d’autre :

« MaĂźtre, je me suis permis de les recevoir


– Tu as bien fait. OĂč sont-ils ?

– LĂ , Ă  l’ombre des buis et des lauriers. Comme tu le vois, ils sont Ă©loignĂ©s d’au moins cinq cents pas de la maison.

– Bon, bon


204.3

Que la LumiÚre vienne sur vous tous. »

Mots-clés

EMV 204.3-9 · Tome 3, p. 344-351

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

204.3 Que la LumiĂšre vienne sur vous tous.

– Salut, MaĂźtre ! » dit Quintilianus, qui est en civil.

Les dames se lĂšvent pour saluer. Il y a Plautina, ValĂ©ria et Lydia et, en plus, une autre, ĂągĂ©e, dont je ne sais qui elle est ni ce qu’elle est, si elle est du mĂȘme rang ou d’un rang infĂ©rieur. Elles sont toutes vĂȘtues trĂšs simplement, sans rien qui les distingue.

« Nous avons voulu t’entendre. Tu n’es pas venu. J’étais de
 garde Ă  ton arrivĂ©e, mais je ne t’ai pas vu.

– Moi non plus, je n’ai pas vu un soldat, qui Ă©tait mon ami, Ă  la Porte des Poissons. Il s’appelait Alexandre


– Alexandre ? J’ignore s’il s’agit effectivement de lui, mais je sais qu’il y a quelque temps nous avons dĂ», pour calmer les juifs, Ă©loigner un soldat, coupable
 d’avoir parlĂ© avec toi. Il est maintenant Ă  Antioche, mais peut-ĂȘtre reviendra-t-il. Ouf ! Comme ils sont ennuyeux, ces gens
 qui veulent commander, mĂȘme maintenant qu’ils sont sujets ! Et il faut manƓuvrer pour ne pas en arriver Ă  des affaires importantes
 Ils nous rendent la vie difficile, crois-moi
 Mais toi, tu es bon et sage. Tu vas nous parler ? Peut-ĂȘtre vais-je bientĂŽt quitter la Palestine. Je voudrais garder quelque souvenir de toi.

– Je vais vous parler, oui. Je ne déçois jamais. Que voulez-vous savoir ? »

Quintilianus regarde les dames d’un air interrogatif


« Ce que tu veux, Maßtre » dit Valéria.

204.4 Plautina se lĂšve de nouveau et dit :

« J’ai beaucoup rĂ©flĂ©chi
 j’aurais tant Ă  apprendre
 tout, pour juger. Mais, s’il m’est permis de le demander, je voudrais savoir comment se construit une foi, en toi par exemple, sur un terrain que tu as dit ĂȘtre privĂ© d’une vraie foi. Tu as dit que nos croyances sont vaines. Dans ce cas, nous restons sans rien. Comment arriver Ă  avoir ?

– Je vais prendre l’exemple d’une chose que vous possĂ©dez : les temples. Vos Ă©difices sacrĂ©s, vraiment beaux, dont l’unique imperfection est d’ĂȘtre dĂ©diĂ©s au NĂ©ant, peuvent vous enseigner comment l’on peut arriver Ă  avoir une foi et oĂč la placer. Observez : oĂč sont-ils construits ? Quel lieu choisit-on si possible pour eux ? Comment sont-ils construits ? L’endroit est gĂ©nĂ©ralement spacieux, dĂ©gagĂ© et en hauteur. Et, s’il n’est pas spacieux et dĂ©gagĂ©, on le rend tel en dĂ©molissant tout ce qui encombre ou limite le terrain. S’il n’est pas en hauteur, on le surĂ©lĂšve sur un stĂ©rĂ©obate plus Ă©levĂ© que celui de trois marches, utilisĂ© d’habitude pour les temples situĂ©s dĂ©jĂ  sur un lieu naturellement Ă©levĂ©. EnfermĂ©s la plupart du temps dans une enceinte sacrĂ©e formĂ©e de colonnades et de portiques Ă  l’intĂ©rieur desquels se trouvent des arbres consacrĂ©s aux dieux, des fontaines et des autels, des statues et des stĂšles, ils sont d’ordinaire prĂ©cĂ©dĂ©s du propylĂ©e, au-delĂ  duquel se trouve l’autel oĂč l’on fait les priĂšres aux divinitĂ©s. En face se trouve le lieu du sacrifice, car le sacrifice prĂ©cĂšde la priĂšre. Souvent, en particulier pour les plus grands, un pĂ©ristyle les borde d’une guirlande de marbres prĂ©cieux. A l’intĂ©rieur se trouvent le vestibule antĂ©rieur, Ă  l’extĂ©rieur ou Ă  l’intĂ©rieur du pĂ©ristyle, la chambre du dieu, le vestibule postĂ©rieur. Les marbres, les statues, les frontons, les acrotĂšres et les tympans tous polis, prĂ©cieux, ornĂ©s, font du Temple un Ă©difice trĂšs noble, mĂȘme au regard des plus rustres. Est-ce bien cela ?

– Oui, MaĂźtre. Tu les as vus et trĂšs bien Ă©tudiĂ©s, confirme en le fĂ©licitant Plautina.

– Mais s’il est bien Ă©tabli qu’il n’a jamais quittĂ© la Palestine
 ? s’exclame Quintilianus.

– Je n’en suis jamais sorti pour aller Ă  Rome ou Ă  AthĂšnes, mais je n’ignore pas l’architecture de la GrĂšce et de Rome. Dans le gĂ©nie de l’homme qui a dĂ©corĂ© le ParthĂ©non, j’étais prĂ©sent, car je suis partout oĂč il y a vie et manifestation de la vie. LĂ  oĂč un sage pense, un sculpteur sculpte, un poĂšte compose, une mĂšre chante sur un berceau, un homme se fatigue sur les sillons, un mĂ©decin lutte contre les maladies, un vivant respire, un animal vit, un arbre pousse, je suis lĂ  avec Celui de qui je viens. Dans le grondement d’un tremblement de terre ou le fracas de la foudre, dans la lumiĂšre des Ă©toiles ou le mouvement des marĂ©es, dans le vol de l’aigle ou dans le bruit du moustique, je me trouve avec le trĂšs-haut, le CrĂ©ateur.

– De sorte que
 tu
 tu connais tout ? Aussi bien les pensĂ©es que les Ɠuvres humaines ? demande encore Quintilianus.

– Oui. »

Les romains se regardent avec stupéfaction.

204.5 Un silence prolongé  puis, timidement, ValĂ©ria requiert :

« Développe ta pensée, Maßtre, pour que nous sachions que faire.

– Oui. La foi se construit comme on construit les temples dont vous ĂȘtes si fiers. On fait un emplacement pour le temple, on dĂ©gage les alentours, on surĂ©lĂšve son emplacement.

– Mais oĂč se trouve le temple pour y mettre la foi, cette divinitĂ© vraie ? demande Plautina.

– la foi n’est pas une divinitĂ©, Plautina. C’est une vertu. Il n’y a pas de divinitĂ© dans la vraie foi, mais il existe un Dieu unique et vrai.

– Alors
 il est là-haut, tout seul, dans son Olympe ? Et que fait-il, s’il est seul ?

– Il se suffit Ă  lui-mĂȘme et s’occupe de la crĂ©ation et de tout ce qui s’y trouve. Je viens de te le dire : Dieu est prĂ©sent mĂȘme au bruit du moustique. Il ne s’ennuie pas, n’en doute pas. Ce n’est pas un pauvre homme, maĂźtre d’un immense empire oĂč il se sent haĂŻ et oĂč il vit dans la crainte. Il est l’Amour, et il vit en aimant. Sa vie est un amour continu. Il se suffit Ă  lui-mĂȘme parce qu’il est infini et trĂšs puissant. Il est la Perfection mĂȘme. Mais si nombreuses sont les choses créées qui vivent de sa volontĂ© continuelle qu’il n’a guĂšre le temps de s’ennuyer. L’ennui est le fruit de l’oisivetĂ© et du vice. Au Ciel du vrai Dieu, il n’y a ni oisivetĂ© ni vice. Mais bientĂŽt il aura — en plus des anges qui le servent actuellement — un peuple de justes qui jubileront en lui. Et ce peuple s’accroĂźtra sans cesse de ceux qui Ă  l’avenir croiront au vrai Dieu.

– Les anges, ce sont les gĂ©nies ? demande Lydia.

– Non, ce sont des ĂȘtres spirituels, comme l’est Dieu qui les a créés.

– Et les gĂ©nies, alors, que sont-ils ?

– Tels que vous les imaginez, ils ne sont que mensonge. Tels que vous les imaginez, ils n’existent pas. Mais ils correspondent Ă  un besoin instinctif de l’homme de rechercher la vĂ©ritĂ©. Cela vient d’une incitation de l’ñme, qui est vivante et prĂ©sente chez les paĂŻens eux-mĂȘmes. Elle souffre aussi en eux, car elle voit son dĂ©sir déçu : elle reste en effet sur sa faim, dans sa nostalgie du vrai Dieu dont elle garde le souvenir, dans ce corps oĂč elle habite et qui est rĂ©gi par un esprit paĂŻen. MĂȘme vous, vous avez eu conscience que l’homme n’est pas seulement de la chair et qu’à son corps pĂ©rissable est uni quelque chose d’immortel. C’est en ce sens que les villes et les nations possĂšdent un gĂ©nie. VoilĂ  donc pourquoi vous croyez, vous Ă©prouvez le besoin de croire aux “ gĂ©nies ”. Et vous vous donnez les gĂ©nies de l’individu, de la famille, de la ville, des nations
 Vous avez le “ gĂ©nie de Rome ”, “ le gĂ©nie de l’empereur ”, et vous les adorez comme des divinitĂ©s mineures. Entrez dans la vraie foi. Vous aurez la connaissance et l’amitiĂ© de votre ange gardien auquel vous devrez vĂ©nĂ©ration, mais pas adoration. Dieu seul doit ĂȘtre adorĂ©. »

204.6 Publius Quintilianus demande :

« Tu as dit : “ Incitation de l’ñme qui est vivante et prĂ©sente mĂȘme chez les paĂŻens, et qui souffre en eux parce qu’elle voit son dĂ©sir déçu. ” Mais de qui vient l’ñme ?

– De Dieu. C’est lui son CrĂ©ateur.

– Mais ne naissons-nous pas d’une femme par son union avec un homme ? MĂȘme nos dieux sont engendrĂ©s de cette maniĂšre.

– Vos dieux n’existent pas. Ce sont des fruits de votre imagination qui a besoin de croire, car ce besoin est plus impĂ©rieux que celui de respirer. MĂȘme celui qui affirme qu’il ne croit pas, a une croyance. Il croit en quelque chose. Le seul fait de dire : “ Je ne crois pas en Dieu ” prĂ©suppose une autre foi. En soi-mĂȘme, peut-ĂȘtre, en son propre esprit orgueilleux. Mais, pour ce qui est de croire, on croit toujours. C’est comme la pensĂ©e. Si vous dites : “ Je ne veux pas penser ” ou bien : “ Je ne crois pas en Dieu ”, rien que par ces deux phrases vous montrez que vous pensez, que vous ne voulez pas croire en Celui dont vous savez qu’il existe, et auquel vous ne voulez pas penser. En ce qui concerne l’homme, pour en exprimer correctement le concept, vous devez dire : “ L’homme est engendrĂ© comme tous les animaux par une union entre un mĂąle et une femelle. Mais l’ñme, c’est-Ă -dire ce qui diffĂ©rencie l’animal-homme de l’animal tout court, vient de Dieu. Il la crĂ©e chaque fois qu’un homme est engendrĂ© – ou plutĂŽt : chaque fois qu’il est conçu dans un sein – et il la greffe en cette chair, qui autrement serait seulement animale.

– Et nous en possĂ©dons une, nous les paĂŻens ? A entendre tes concitoyens, il ne semble pas
 ironise Quintilianus.

– Tout ĂȘtre nĂ© de la femme en possĂšde une.

– Tu as dit pourtant que le pĂ©chĂ© la tue. Comment donc est-elle vivante en nous, qui sommes pĂ©cheurs ? demande Plautina.

– Vous ne pĂ©chez pas en matiĂšre de foi, puisque vous croyez ĂȘtre dans la vĂ©ritĂ©. Quand vous connaĂźtrez la VĂ©ritĂ© et que vous persisterez dans l’erreur, alors vous pĂ©cherez. De mĂȘme, beaucoup de choses qui sont pĂ©chĂ© pour les juifs ne le sont pas pour vous, parce qu’aucune loi divine ne vous les interdit. Le pĂ©chĂ©, c’est quand quelqu’un se rĂ©volte sciemment contre l’ordre donnĂ© par Dieu et dit : “ Je sais que ce que je fais est mal, mais je veux le faire quand mĂȘme. ” Dieu est juste. Il ne peut punir quelqu’un qui fait le mal en croyant faire le bien. Il punit celui qui, ayant eu la possibilitĂ© de connaĂźtre le bien et le mal, choisit ce dernier et y persiste.

– Dans ce cas, l’ñme existe en nous, vivante et prĂ©sente ?

– Oui.

– Et elle souffre ? Crois-tu vraiment qu’elle se souvienne de Dieu ? Nous, nous ne nous souvenons pas du sein qui nous a portĂ©s. Nous ne pourrions pas dire comment il est fait intĂ©rieurement. L’ñme, si j’ai bien compris, est spirituellement engendrĂ©e par Dieu. Comment peut-elle se souvenir de lui si le corps ne se souvient pas de son long sĂ©jour dans le sein ?

– L’ñme n’est pas de la matiĂšre brute, Plautina. L’embryon, oui. C'est si vrai que l'Ăąme n'est donnĂ©e que quand le fƓtus est dĂ©jĂ  formĂ©.L’ñme est, Ă  la ressemblance de Dieu, Ă©ternelle et spirituelle. Eternelle Ă  partir du moment oĂč elle est créée, tandis que Dieu est le trĂšs-parfait, l’Eternel, et pour cette raison il n’a pas de commencement dans le temps, comme il n’aura pas de fin. L’ñme, lucide, intelligente, spirituelle, Ɠuvre de Dieu, s’en souvient. Et elle souffre, car elle dĂ©sire Dieu, le vrai Dieu de qui elle vient ; elle a soif de Dieu. VoilĂ  pourquoi elle incite le corps engourdi Ă  chercher Ă  s’approcher de Dieu.

204.7 – Nous avons donc une Ăąme comme ceux de votre peuple que vous appelez “ justes ” ? Vraiment la mĂȘme ?

– Non, Plautina. Cela dĂ©pend de ce que tu veux dire. Si tu veux parler de l’origine et de la nature, votre Ăąme est en tout point Ă©gale Ă  celle de nos saints. Si tu parles de la formation, alors je te dis qu’elle est dĂ©jĂ  diffĂ©rente. Si tu veux parler de la perfection atteinte avant la mort, alors la diffĂ©rence peut ĂȘtre absolue. Mais cela ne vaut pas seulement pour vous, les paĂŻens. MĂȘme un fils de ce peuple peut ĂȘtre absolument diffĂ©rent d’un saint dans la vie future. L’ñme passe par trois phases : la premiĂšre est la crĂ©ation. La deuxiĂšme est une nouvelle crĂ©ation. La troisiĂšme est la perfection. La premiĂšre phase est commune Ă  tous les hommes. La deuxiĂšme est propre aux justes qui, par leur volontĂ©, amĂšnent l’ñme Ă  une crĂ©ation encore plus complĂšte, en unissant leurs bonnes actions Ă  la bontĂ© de l’Ɠuvre de Dieu et rendent leur Ăąme dĂ©jĂ  plus parfaite spirituellement que la premiĂšre. C’est un trait d’union entre la premiĂšre phase et la troisiĂšme. La troisiĂšme est propre aux bienheureux, aux saints, s’il vous plaĂźt de les appeler ainsi, qui ont fait grandir de mille degrĂ©s l’ñme qu’ils avaient au point de dĂ©part, une Ăąme simplement humaine et en ont fait une Ăąme capable de reposer en Dieu.

204.8 – Comment pouvons-nous donner Ă  l’ñme espace, libertĂ©, Ă©lĂ©vation ?

– En dĂ©truisant ce qu’il y a d’inutile dans votre moi. Il vous faut le libĂ©rer de toutes les idĂ©es fausses et, avec les dĂ©bris de ces destructions, l’élever pour y Ă©tablir le temple souverain. Il faut que l’ñme monte toujours plus haut, sur les trois degrĂ©s.

Vous autres romains, vous aimez les symboles. ConsidĂ©rez les trois degrĂ©s Ă  la lumiĂšre d’un symbole. Ils peuvent vous dire leurs trois noms : pĂ©nitence, patience, constance. Ou bien : humilitĂ©, puretĂ©, justice. Ou encore : sagesse, gĂ©nĂ©rositĂ©, misĂ©ricorde. Ou enfin le trinĂŽme lumineux : foi, espĂ©rance, charitĂ©. ConsidĂ©rez encore le symbole de l’enceinte ornĂ©e et robuste qui entoure l’aire du temple. Il faut savoir entourer l’ñme, reine d’un corps qui est le temple de l’Esprit Ă©ternel, d’une barriĂšre qui la dĂ©fende sans pourtant lui ĂŽter la lumiĂšre ni l’accabler par la vue de laideurs. C’est une enceinte sĂ»re et affranchie du dĂ©sir de tout ce qui est infĂ©rieur : la chair et le sang, pour s’élever vers ce qui est supĂ©rieur : l’esprit. L’affranchir Ă  force de volontĂ©, faire disparaĂźtre les angles, les Ă©brĂ©chures, les taches, les veines d’imperfection du marbre de notre moi, pour donner Ă  l’ñme une enceinte parfaite. Et, en mĂȘme temps, faire de cette enceinte Ă©tablie pour protĂ©ger le temple un refuge misĂ©ricordieux pour les plus malheureux qui ne savent pas ce qu’est la charitĂ©.

Les portiques, quant Ă  eux, symbolisent l’effusion de l’amour, de la pitiĂ©, du dĂ©sir que d’autres viennent Ă  Dieu, semblables Ă  des bras aimants qui s’étendent pour faire un voile sur le berceau d’un orphelin.

Au-delĂ  de l’enceinte, se trouvent les plantes les plus belles et les plus parfumĂ©es en hommage au CrĂ©ateur. SemĂ©es sur un terrain d’abord nu, puis cultivĂ©es, elles symbolisent les vertus de tous noms et forment la seconde enceinte vivante et fleurie autour du sanctuaire ; et au milieu des plantes, au milieu des vertus, il y a les fontaines, autre amour, autre purification avant de s’approcher du propylĂ©e qui en est proche ; et c’est lĂ  que, avant de monter Ă  l’autel, on doit sacrifier l’attachement Ă  la chair, se dĂ©pouiller de toute luxure. Il faut ensuite aller plus loin, prĂšs de l’autel, pour y prĂ©senter son offrande, puis encore vous approcher de la chambre oĂč se trouve Dieu, en dĂ©passant le vestibule. Or que sera cette chambre ? Un trĂ©sor de richesses spirituelles, car rien n’est trop beau pour servir de cadre Ă  Dieu.

Avez-vous compris ? Vous m’avez demandĂ© comment se construit la foi. Je vous ai rĂ©pondu : “ En suivant la mĂ©thode qu’on emploie pour construire les temples. ” Vous voyez que c’est vrai.

204.9 Avez-vous autre chose Ă  me dire ?

– Non, MaĂźtre. Je crois que Flavia a Ă©crit tout ce que tu nous as dit. Claudia veut en prendre connaissance. As-tu Ă©crit ?

– Exactement, confirme la femme en passant les tablettes enduites de cire.

– Cela restera pour permettre de les relire, dit Plautina.

– C’est de la cire, cela s’efface. Ecrivez-les dans vos cƓurs. Ces paroles ne s’effaceront plus.

– MaĂźtre, ils sont encombrĂ©s de temples illusoires. Nous lancerons contre eux ta Parole pour les jeter Ă  terre. Mais c’est un long travail » soupire Plautina.

Et elle termine :

« Souviens-toi de nous dans ton Ciel


– Partez avec la certitude que je le ferai. Je vous quitte. Sachez que votre venue m’a Ă©tĂ© bien chĂšre. Adieu, Publius Quintilianus. Souviens-toi de JĂ©sus de Nazareth. »

Les femmes saluent et partent les premiĂšres. Puis, pensif, Quintilianus s’en va. JĂ©sus les regarde partir en compagnie de Maximin, qui les reconduit Ă  leurs chars.

Détail

Les dames romaines sont venues à la rencontre de Jésus à Béthanie.

Annotation

Les dames se lĂšvent pour saluer. Il y a Plautina, ValĂ©ria et Lydia et, en plus, une autre, ĂągĂ©e, dont je ne sais qui elle est ni ce qu’elle est, si elle est du mĂȘme rang ou d’un rang infĂ©rieur. Il s'agit de Flavia Domitilla, qui Ă©crit ce que JĂ©sus dit sur des tablettes en cire (EMV 204.9).

– L’ñme n’est pas de la matiĂšre brute, Plautina. L’embryon, oui. C'est si vrai que l'Ăąme n'est donnĂ©e que quand le fƓtus est dĂ©jĂ  formĂ© INFUSION DE L’ÂME : L’embryon, oui, au lieu de : le fƓtus, si, est une correction de Maria Valtorta sur le manuscrit original, oĂč elle insĂšre : "Tant il est vrai que l’ñme est donnĂ©e quand le fƓtus est dĂ©jĂ  formĂ©". Cette phrase est prĂ©sente dans la traduction française de 1985, de Felix Sauvage, mais a Ă©tĂ© retirĂ©e au motif qu’elle contredirait d’autres affirmations du chapitre, mais cette affirmation qui rejoint celle de St Thomas d’Aquin (voir ci-dessous) est confirmĂ©e par d’autres affirmations comme en EMV 118 : L’homme n’est d’abord qu’un embryon d’animal, pas diffĂ©rent de celui d’une brebis.

L’ñme est, Ă  la ressemblance de Dieu, Ă©ternelle et spirituelle. Position soutenue par saint Thomas d’Aquin, docteur de l’Église, dans la lignĂ©e d’Aristote. Il estimait le temps d’insufflation Ă  40 jours (environ 6 semaines). Aujourd’hui, la science avançant, Jean-Paul II, sans trancher sur le moment exact de l’insufflation, rappelle que dĂšs l'origine de l'embryon, il y a une dĂ©finition personnelle Ă  respecter (nous en sommes tous issus). L’étude anthropologique conduit en effet Ă  reconnaĂźtre que, en vertu de l’unitĂ© substantielle du corps avec l’esprit, le gĂ©nome humain n’a pas seulement une signification biologique; c'est le porteur d'une dignitĂ© anthropologique qui prend sa source dans l'Ăąme spirituelle qui le pĂ©nĂštre et le vivifie" (Discours aux membres de l’AcadĂ©mie pontificale pour la vie, 24 fĂ©vrier 1998 {it}). Pour sa part, St Thomas d’Aquin affirmait "L’ñme prĂ©existe dans l’embryon ; elle y est d’abord nutritive, puis sensitive, et enfin intellective" (Somme thĂ©ologique, PremiĂšre partie, Question 118, d’oĂč provient l’ñme de l’Homme, article 2, RĂ©ponse).

L'Ăąme, lucide, intelligente, spirituelle, Ɠuvre de Dieu, s'en souvient. Cela a dĂ©jĂ  abordĂ© plus haut, en EMV 204.5, ainsi qu’en EMV 94.7, EMV 121.7, EMV 154.7 (avec une note), EMV 157.5, EMV 169.5, EMV 344.7 (dans la bouche d’un enfant), EMV 428.4 (avec note), EMV 534.6 (dans la bouche d’un vieillard), EMV 554.10, EMV 556.8.

Le souvenir que les Ăąmes ont de Dieu est traitĂ© plus spĂ©cifiquement en : EMV 10.9 | EMV 286.7 | EMV 290.9. Par ailleurs, Marie “ne fut jamais privĂ©e du souvenir de Dieu”, comme on peut le lire en EMV 4.6 ; cela est illustrĂ© en EMV 10.8/10 et dans les derniĂšres lignes d’EMV 11.4. Il est encore question de l’ñme de Marie en EMV 136.6 ainsi qu’en EMV 348.9/10.

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EMV 204.4-5.8 · Tome 3, p. 344-346 et 349-350

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Plautina se lĂšve de nouveau et dit :

« J’ai beaucoup rĂ©flĂ©chi
 j’aurais tant Ă  apprendre
 tout, pour juger. Mais, s’il m’est permis de le demander, je voudrais savoir comment se construit une foi, en toi par exemple, sur un terrain que tu as dit ĂȘtre privĂ© d’une vraie foi. Tu as dit que nos croyances sont vaines. Dans ce cas, nous restons sans rien. Comment arriver Ă  avoir ?

– Je vais prendre l’exemple d’une chose que vous possĂ©dez : les temples. Vos Ă©difices sacrĂ©s, vraiment beaux, dont l’unique imperfection est d’ĂȘtre dĂ©diĂ©s au NĂ©ant, peuvent vous enseigner comment l’on peut arriver Ă  avoir une foi et oĂč la placer. Observez : oĂč sont-ils construits ? Quel lieu choisit-on si possible pour eux ? Comment sont-ils construits ? L’endroit est gĂ©nĂ©ralement spacieux, dĂ©gagĂ© et en hauteur. Et, s’il n’est pas spacieux et dĂ©gagĂ©, on le rend tel en dĂ©molissant tout ce qui encombre ou limite le terrain. S’il n’est pas en hauteur, on le surĂ©lĂšve sur un stĂ©rĂ©obate plus Ă©levĂ© que celui de trois marches, utilisĂ© d’habitude pour les temples situĂ©s dĂ©jĂ  sur un lieu naturellement Ă©levĂ©. EnfermĂ©s la plupart du temps dans une enceinte sacrĂ©e formĂ©e de colonnades et de portiques Ă  l’intĂ©rieur desquels se trouvent des arbres consacrĂ©s aux dieux, des fontaines et des autels, des statues et des stĂšles, ils sont d’ordinaire prĂ©cĂ©dĂ©s du propylĂ©e, au-delĂ  duquel se trouve l’autel oĂč l’on fait les priĂšres aux divinitĂ©s. En face se trouve le lieu du sacrifice, car le sacrifice prĂ©cĂšde la priĂšre. Souvent, en particulier pour les plus grands, un pĂ©ristyle les borde d’une guirlande de marbres prĂ©cieux. A l’intĂ©rieur se trouvent le vestibule antĂ©rieur, Ă  l’extĂ©rieur ou Ă  l’intĂ©rieur du pĂ©ristyle, la chambre du dieu, le vestibule postĂ©rieur. Les marbres, les statues, les frontons, les acrotĂšres et les tympans tous polis, prĂ©cieux, ornĂ©s font du temple un Ă©difice trĂšs noble, mĂȘme au regard des plus rustres. Est-ce bien cela ?

– Oui, MaĂźtre. Tu les as vus et trĂšs bien Ă©tudiĂ©s, confirme en le louant Plautina.

– Mais s’il est bien Ă©tabli qu’il n’a jamais quittĂ© la Palestine
 ? s’exclame Quintilianus.

– Je n’en suis jamais sorti pour aller Ă  Rome ou Ă  AthĂšnes, mais je n’ignore pas l’architecture de la GrĂšce et de Rome. Dans le gĂ©nie de l’homme qui a dĂ©corĂ© le ParthĂ©non, j’étais prĂ©sent, car je suis partout oĂč il y a vie et manifestation de la vie. LĂ  oĂč un sage pense, un sculpteur sculpte, un poĂšte compose, une mĂšre chante sur un berceau, un homme se fatigue sur les sillons, un mĂ©decin lutte contre les maladies, un vivant respire, un animal vit, un arbre pousse, je suis lĂ  avec Celui de qui je viens. Dans le grondement d’un tremblement de terre ou le fracas de la foudre, dans la lumiĂšre des Ă©toiles ou le mouvement des marĂ©es, dans le vol de l’aigle ou dans le bruit du moustique, je me trouve avec le trĂšs-haut, le CrĂ©ateur.

– De sorte que
 tu
 tu connais tout ? Aussi bien les pensĂ©es que les Ɠuvres humaines ? demande encore Quintilianus.

– Oui. »

Les romains se regardent avec stupéfaction.

204.5 Un silence prolongé  puis, timidement, ValĂ©ria requiert :

« Développe ta pensée, Maßtre, pour que nous sachions que faire.

– Oui. La foi se construit comme on construit les temples dont vous ĂȘtes si fiers. On fait un emplacement pour le temple, on dĂ©gage les alentours, on surĂ©lĂšve son emplacement.

– Mais oĂč se trouve le temple pour y mettre la foi, cette divinitĂ© vraie ? demande Plautina.

– La foi n’est pas une divinitĂ©, Plautina. C’est une vertu. Il n’y a pas de divinitĂ© dans la vraie foi, mais il existe un Dieu unique et vrai.

(...) 204.8 – Comment pouvons-nous donner Ă  l’ñme espace, libertĂ©, Ă©lĂ©vation ?

– En dĂ©truisant ce qu’il y a d’inutile dans votre moi. Il vous faut le libĂ©rer de toutes les idĂ©es fausses et, avec les dĂ©bris de ces destructions, l’élever pour y Ă©tablir le temple souverain. Il faut que l’ñme monte toujours plus haut, sur les trois degrĂ©s.

Vous autres romains, vous aimez les symboles. ConsidĂ©rez les trois degrĂ©s Ă  la lumiĂšre d’un symbole. Ils peuvent vous dire leurs trois noms : pĂ©nitence, patience, constance. Ou bien : humilitĂ©, puretĂ©, justice. Ou encore : sagesse, gĂ©nĂ©rositĂ©, misĂ©ricorde. Ou enfin le trinĂŽme lumineux : foi, espĂ©rance, charitĂ©. ConsidĂ©rez encore le symbole de l’enceinte ornĂ©e et robuste qui entoure l’aire du temple. Il faut savoir entourer l’ñme, reine d’un corps qui est le temple de l’Esprit Ă©ternel, d’une barriĂšre qui la dĂ©fende sans pourtant lui ĂŽter la lumiĂšre ni l’accabler par la vue de laideurs. C’est une enceinte sĂ»re et affranchie du dĂ©sir de tout ce qui est infĂ©rieur : la chair et le sang, pour s’élever vers ce qui est supĂ©rieur : l’esprit. L’affranchir Ă  force de volontĂ©, faire disparaĂźtre les angles, les Ă©brĂ©chures, les taches, les veines d’imperfection du marbre de notre moi, pour donner Ă  l’ñme une enceinte parfaite. Et, en mĂȘme temps, faire de cette enceinte Ă©tablie pour protĂ©ger le temple un refuge misĂ©ricordieux pour les plus malheureux qui ne savent pas ce qu’est la charitĂ©.

Les portiques, quant Ă  eux, symbolisent l’effusion de l’amour, de la pitiĂ©, du dĂ©sir que d’autres viennent Ă  Dieu, semblables Ă  des bras aimants qui s’étendent pour faire un voile sur le berceau d’un orphelin.

Au-delĂ  de l’enceinte, se trouvent les plantes les plus belles et les plus parfumĂ©es en hommage au CrĂ©ateur. SemĂ©es sur un terrain d’abord nu, puis cultivĂ©es, elles symbolisent les vertus de tous noms et forment la seconde enceinte vivante et fleurie autour du sanctuaire ; et au milieu des plantes, au milieu des vertus, il y a les fontaines, autre amour, autre purification avant de s’approcher du propylĂ©e qui en est proche ; et c’est lĂ  que, avant de monter Ă  l’autel, on doit sacrifier l’attachement Ă  la chair, se dĂ©pouiller de toute luxure. Il faut ensuite aller plus loin, prĂšs de l’autel, pour y prĂ©senter son offrande, puis encore vous approcher de la chambre oĂč se trouve Dieu, en dĂ©passant le vestibule. Or que sera cette chambre ? Un trĂ©sor de richesses spirituelles, car rien n’est trop beau pour servir de cadre Ă  Dieu.

Avez-vous compris ? Vous m’avez demandĂ© comment se construit la foi. Je vous ai rĂ©pondu : “ En suivant la mĂ©thode qu’on emploie pour construire les temples. ” Vous voyez que c’est vrai.

Détail

Plautina, une dame romaine et donc paĂŻenne, s'adresse au MaĂźtre.

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