204.3 Que la LumiĂšre vienne sur vous tous.
â Salut, MaĂźtre ! » dit Quintilianus, qui est en civil.
Les dames se lĂšvent pour saluer. Il y a Plautina, ValĂ©ria et Lydia et, en plus, une autre, ĂągĂ©e, dont je ne sais qui elle est ni ce quâelle est, si elle est du mĂȘme rang ou dâun rang infĂ©rieur. Elles sont toutes vĂȘtues trĂšs simplement, sans rien qui les distingue.
« Nous avons voulu tâentendre. Tu nâes pas venu. JâĂ©tais de⊠garde Ă ton arrivĂ©e, mais je ne tâai pas vu.
â Moi non plus, je nâai pas vu un soldat, qui Ă©tait mon ami, Ă la Porte des Poissons. Il sâappelait AlexandreâŠ
â Alexandre ? Jâignore sâil sâagit effectivement de lui, mais je sais quâil y a quelque temps nous avons dĂ», pour calmer les juifs, Ă©loigner un soldat, coupable⊠dâavoir parlĂ© avec toi. Il est maintenant Ă Antioche, mais peut-ĂȘtre reviendra-t-il. Ouf ! Comme ils sont ennuyeux, ces gens⊠qui veulent commander, mĂȘme maintenant quâils sont sujets ! Et il faut manĆuvrer pour ne pas en arriver Ă des affaires importantes⊠Ils nous rendent la vie difficile, crois-moi⊠Mais toi, tu es bon et sage. Tu vas nous parler ? Peut-ĂȘtre vais-je bientĂŽt quitter la Palestine. Je voudrais garder quelque souvenir de toi.
â Je vais vous parler, oui. Je ne déçois jamais. Que voulez-vous savoir ? »
Quintilianus regarde les dames dâun air interrogatifâŠ
« Ce que tu veux, Maßtre » dit Valéria.
204.4 Plautina se lĂšve de nouveau et dit :
« Jâai beaucoup rĂ©flĂ©chi⊠jâaurais tant Ă apprendre⊠tout, pour juger. Mais, sâil mâest permis de le demander, je voudrais savoir comment se construit une foi, en toi par exemple, sur un terrain que tu as dit ĂȘtre privĂ© dâune vraie foi. Tu as dit que nos croyances sont vaines. Dans ce cas, nous restons sans rien. Comment arriver Ă avoir ?
â Je vais prendre lâexemple dâune chose que vous possĂ©dez : les temples. Vos Ă©difices sacrĂ©s, vraiment beaux, dont lâunique imperfection est dâĂȘtre dĂ©diĂ©s au NĂ©ant, peuvent vous enseigner comment lâon peut arriver Ă avoir une foi et oĂč la placer. Observez : oĂč sont-ils construits ? Quel lieu choisit-on si possible pour eux ? Comment sont-ils construits ? Lâendroit est gĂ©nĂ©ralement spacieux, dĂ©gagĂ© et en hauteur. Et, sâil nâest pas spacieux et dĂ©gagĂ©, on le rend tel en dĂ©molissant tout ce qui encombre ou limite le terrain. Sâil nâest pas en hauteur, on le surĂ©lĂšve sur un stĂ©rĂ©obate plus Ă©levĂ© que celui de trois marches, utilisĂ© dâhabitude pour les temples situĂ©s dĂ©jĂ sur un lieu naturellement Ă©levĂ©. EnfermĂ©s la plupart du temps dans une enceinte sacrĂ©e formĂ©e de colonnades et de portiques Ă lâintĂ©rieur desquels se trouvent des arbres consacrĂ©s aux dieux, des fontaines et des autels, des statues et des stĂšles, ils sont dâordinaire prĂ©cĂ©dĂ©s du propylĂ©e, au-delĂ duquel se trouve lâautel oĂč lâon fait les priĂšres aux divinitĂ©s. En face se trouve le lieu du sacrifice, car le sacrifice prĂ©cĂšde la priĂšre. Souvent, en particulier pour les plus grands, un pĂ©ristyle les borde dâune guirlande de marbres prĂ©cieux. A lâintĂ©rieur se trouvent le vestibule antĂ©rieur, Ă lâextĂ©rieur ou Ă lâintĂ©rieur du pĂ©ristyle, la chambre du dieu, le vestibule postĂ©rieur. Les marbres, les statues, les frontons, les acrotĂšres et les tympans tous polis, prĂ©cieux, ornĂ©s, font du Temple un Ă©difice trĂšs noble, mĂȘme au regard des plus rustres. Est-ce bien cela ?
â Oui, MaĂźtre. Tu les as vus et trĂšs bien Ă©tudiĂ©s, confirme en le fĂ©licitant Plautina.
â Mais sâil est bien Ă©tabli quâil nâa jamais quittĂ© la Palestine⊠? sâexclame Quintilianus.
â Je nâen suis jamais sorti pour aller Ă Rome ou Ă AthĂšnes, mais je nâignore pas lâarchitecture de la GrĂšce et de Rome. Dans le gĂ©nie de lâhomme qui a dĂ©corĂ© le ParthĂ©non, jâĂ©tais prĂ©sent, car je suis partout oĂč il y a vie et manifestation de la vie. LĂ oĂč un sage pense, un sculpteur sculpte, un poĂšte compose, une mĂšre chante sur un berceau, un homme se fatigue sur les sillons, un mĂ©decin lutte contre les maladies, un vivant respire, un animal vit, un arbre pousse, je suis lĂ avec Celui de qui je viens. Dans le grondement dâun tremblement de terre ou le fracas de la foudre, dans la lumiĂšre des Ă©toiles ou le mouvement des marĂ©es, dans le vol de lâaigle ou dans le bruit du moustique, je me trouve avec le trĂšs-haut, le CrĂ©ateur.
â De sorte que⊠tu⊠tu connais tout ? Aussi bien les pensĂ©es que les Ćuvres humaines ? demande encore Quintilianus.
â Oui. »
Les romains se regardent avec stupéfaction.
204.5 Un silence prolongé⊠puis, timidement, Valéria requiert :
« Développe ta pensée, Maßtre, pour que nous sachions que faire.
â Oui. La foi se construit comme on construit les temples dont vous ĂȘtes si fiers. On fait un emplacement pour le temple, on dĂ©gage les alentours, on surĂ©lĂšve son emplacement.
â Mais oĂč se trouve le temple pour y mettre la foi, cette divinitĂ© vraie ? demande Plautina.
â la foi nâest pas une divinitĂ©, Plautina. Câest une vertu. Il nây a pas de divinitĂ© dans la vraie foi, mais il existe un Dieu unique et vrai.
â Alors⊠il est lĂ -haut, tout seul, dans son Olympe ? Et que fait-il, sâil est seul ?
â Il se suffit Ă lui-mĂȘme et sâoccupe de la crĂ©ation et de tout ce qui sây trouve. Je viens de te le dire : Dieu est prĂ©sent mĂȘme au bruit du moustique. Il ne sâennuie pas, nâen doute pas. Ce nâest pas un pauvre homme, maĂźtre dâun immense empire oĂč il se sent haĂŻ et oĂč il vit dans la crainte. Il est lâAmour, et il vit en aimant. Sa vie est un amour continu. Il se suffit Ă lui-mĂȘme parce quâil est infini et trĂšs puissant. Il est la Perfection mĂȘme. Mais si nombreuses sont les choses créées qui vivent de sa volontĂ© continuelle quâil nâa guĂšre le temps de sâennuyer. Lâennui est le fruit de lâoisivetĂ© et du vice. Au Ciel du vrai Dieu, il nây a ni oisivetĂ© ni vice. Mais bientĂŽt il aura â en plus des anges qui le servent actuellement â un peuple de justes qui jubileront en lui. Et ce peuple sâaccroĂźtra sans cesse de ceux qui Ă lâavenir croiront au vrai Dieu.
â Les anges, ce sont les gĂ©nies ? demande Lydia.
â Non, ce sont des ĂȘtres spirituels, comme lâest Dieu qui les a créés.
â Et les gĂ©nies, alors, que sont-ils ?
â Tels que vous les imaginez, ils ne sont que mensonge. Tels que vous les imaginez, ils nâexistent pas. Mais ils correspondent Ă un besoin instinctif de lâhomme de rechercher la vĂ©ritĂ©. Cela vient dâune incitation de lâĂąme, qui est vivante et prĂ©sente chez les paĂŻens eux-mĂȘmes. Elle souffre aussi en eux, car elle voit son dĂ©sir déçu : elle reste en effet sur sa faim, dans sa nostalgie du vrai Dieu dont elle garde le souvenir, dans ce corps oĂč elle habite et qui est rĂ©gi par un esprit paĂŻen. MĂȘme vous, vous avez eu conscience que lâhomme nâest pas seulement de la chair et quâĂ son corps pĂ©rissable est uni quelque chose dâimmortel. Câest en ce sens que les villes et les nations possĂšdent un gĂ©nie. VoilĂ donc pourquoi vous croyez, vous Ă©prouvez le besoin de croire aux â gĂ©nies â. Et vous vous donnez les gĂ©nies de lâindividu, de la famille, de la ville, des nations⊠Vous avez le â gĂ©nie de Rome â, â le gĂ©nie de lâempereur â, et vous les adorez comme des divinitĂ©s mineures. Entrez dans la vraie foi. Vous aurez la connaissance et lâamitiĂ© de votre ange gardien auquel vous devrez vĂ©nĂ©ration, mais pas adoration. Dieu seul doit ĂȘtre adorĂ©. »
204.6 Publius Quintilianus demande :
« Tu as dit : â Incitation de lâĂąme qui est vivante et prĂ©sente mĂȘme chez les paĂŻens, et qui souffre en eux parce quâelle voit son dĂ©sir déçu. â Mais de qui vient lâĂąme ?
â De Dieu. Câest lui son CrĂ©ateur.
â Mais ne naissons-nous pas dâune femme par son union avec un homme ? MĂȘme nos dieux sont engendrĂ©s de cette maniĂšre.
â Vos dieux nâexistent pas. Ce sont des fruits de votre imagination qui a besoin de croire, car ce besoin est plus impĂ©rieux que celui de respirer. MĂȘme celui qui affirme quâil ne croit pas, a une croyance. Il croit en quelque chose. Le seul fait de dire : â Je ne crois pas en Dieu â prĂ©suppose une autre foi. En soi-mĂȘme, peut-ĂȘtre, en son propre esprit orgueilleux. Mais, pour ce qui est de croire, on croit toujours. Câest comme la pensĂ©e. Si vous dites : â Je ne veux pas penser â ou bien : â Je ne crois pas en Dieu â, rien que par ces deux phrases vous montrez que vous pensez, que vous ne voulez pas croire en Celui dont vous savez quâil existe, et auquel vous ne voulez pas penser. En ce qui concerne lâhomme, pour en exprimer correctement le concept, vous devez dire : â Lâhomme est engendrĂ© comme tous les animaux par une union entre un mĂąle et une femelle. Mais lâĂąme, câest-Ă -dire ce qui diffĂ©rencie lâanimal-homme de lâanimal tout court, vient de Dieu. Il la crĂ©e chaque fois quâun homme est engendrĂ© â ou plutĂŽt : chaque fois quâil est conçu dans un sein â et il la greffe en cette chair, qui autrement serait seulement animale.
â Et nous en possĂ©dons une, nous les paĂŻens ? A entendre tes concitoyens, il ne semble pas⊠ironise Quintilianus.
â Tout ĂȘtre nĂ© de la femme en possĂšde une.
â Tu as dit pourtant que le pĂ©chĂ© la tue. Comment donc est-elle vivante en nous, qui sommes pĂ©cheurs ? demande Plautina.
â Vous ne pĂ©chez pas en matiĂšre de foi, puisque vous croyez ĂȘtre dans la vĂ©ritĂ©. Quand vous connaĂźtrez la VĂ©ritĂ© et que vous persisterez dans lâerreur, alors vous pĂ©cherez. De mĂȘme, beaucoup de choses qui sont pĂ©chĂ© pour les juifs ne le sont pas pour vous, parce quâaucune loi divine ne vous les interdit. Le pĂ©chĂ©, câest quand quelquâun se rĂ©volte sciemment contre lâordre donnĂ© par Dieu et dit : â Je sais que ce que je fais est mal, mais je veux le faire quand mĂȘme. â Dieu est juste. Il ne peut punir quelquâun qui fait le mal en croyant faire le bien. Il punit celui qui, ayant eu la possibilitĂ© de connaĂźtre le bien et le mal, choisit ce dernier et y persiste.
â Dans ce cas, lâĂąme existe en nous, vivante et prĂ©sente ?
â Oui.
â Et elle souffre ? Crois-tu vraiment quâelle se souvienne de Dieu ? Nous, nous ne nous souvenons pas du sein qui nous a portĂ©s. Nous ne pourrions pas dire comment il est fait intĂ©rieurement. LâĂąme, si jâai bien compris, est spirituellement engendrĂ©e par Dieu. Comment peut-elle se souvenir de lui si le corps ne se souvient pas de son long sĂ©jour dans le sein ?
â LâĂąme nâest pas de la matiĂšre brute, Plautina. Lâembryon, oui. C'est si vrai que l'Ăąme n'est donnĂ©e que quand le fĆtus est dĂ©jĂ formĂ©.LâĂąme est, Ă la ressemblance de Dieu, Ă©ternelle et spirituelle. Eternelle Ă partir du moment oĂč elle est créée, tandis que Dieu est le trĂšs-parfait, lâEternel, et pour cette raison il nâa pas de commencement dans le temps, comme il nâaura pas de fin. LâĂąme, lucide, intelligente, spirituelle, Ćuvre de Dieu, sâen souvient. Et elle souffre, car elle dĂ©sire Dieu, le vrai Dieu de qui elle vient ; elle a soif de Dieu. VoilĂ pourquoi elle incite le corps engourdi Ă chercher Ă sâapprocher de Dieu.
204.7 â Nous avons donc une Ăąme comme ceux de votre peuple que vous appelez â justes â ? Vraiment la mĂȘme ?
â Non, Plautina. Cela dĂ©pend de ce que tu veux dire. Si tu veux parler de lâorigine et de la nature, votre Ăąme est en tout point Ă©gale Ă celle de nos saints. Si tu parles de la formation, alors je te dis quâelle est dĂ©jĂ diffĂ©rente. Si tu veux parler de la perfection atteinte avant la mort, alors la diffĂ©rence peut ĂȘtre absolue. Mais cela ne vaut pas seulement pour vous, les paĂŻens. MĂȘme un fils de ce peuple peut ĂȘtre absolument diffĂ©rent dâun saint dans la vie future. LâĂąme passe par trois phases : la premiĂšre est la crĂ©ation. La deuxiĂšme est une nouvelle crĂ©ation. La troisiĂšme est la perfection. La premiĂšre phase est commune Ă tous les hommes. La deuxiĂšme est propre aux justes qui, par leur volontĂ©, amĂšnent lâĂąme Ă une crĂ©ation encore plus complĂšte, en unissant leurs bonnes actions Ă la bontĂ© de lâĆuvre de Dieu et rendent leur Ăąme dĂ©jĂ plus parfaite spirituellement que la premiĂšre. Câest un trait dâunion entre la premiĂšre phase et la troisiĂšme. La troisiĂšme est propre aux bienheureux, aux saints, sâil vous plaĂźt de les appeler ainsi, qui ont fait grandir de mille degrĂ©s lâĂąme quâils avaient au point de dĂ©part, une Ăąme simplement humaine et en ont fait une Ăąme capable de reposer en Dieu.
204.8 â Comment pouvons-nous donner Ă lâĂąme espace, libertĂ©, Ă©lĂ©vation ?
â En dĂ©truisant ce quâil y a dâinutile dans votre moi. Il vous faut le libĂ©rer de toutes les idĂ©es fausses et, avec les dĂ©bris de ces destructions, lâĂ©lever pour y Ă©tablir le temple souverain. Il faut que lâĂąme monte toujours plus haut, sur les trois degrĂ©s.
Vous autres romains, vous aimez les symboles. ConsidĂ©rez les trois degrĂ©s Ă la lumiĂšre dâun symbole. Ils peuvent vous dire leurs trois noms : pĂ©nitence, patience, constance. Ou bien : humilitĂ©, puretĂ©, justice. Ou encore : sagesse, gĂ©nĂ©rositĂ©, misĂ©ricorde. Ou enfin le trinĂŽme lumineux : foi, espĂ©rance, charitĂ©. ConsidĂ©rez encore le symbole de lâenceinte ornĂ©e et robuste qui entoure lâaire du temple. Il faut savoir entourer lâĂąme, reine dâun corps qui est le temple de lâEsprit Ă©ternel, dâune barriĂšre qui la dĂ©fende sans pourtant lui ĂŽter la lumiĂšre ni lâaccabler par la vue de laideurs. Câest une enceinte sĂ»re et affranchie du dĂ©sir de tout ce qui est infĂ©rieur : la chair et le sang, pour sâĂ©lever vers ce qui est supĂ©rieur : lâesprit. Lâaffranchir Ă force de volontĂ©, faire disparaĂźtre les angles, les Ă©brĂ©chures, les taches, les veines dâimperfection du marbre de notre moi, pour donner Ă lâĂąme une enceinte parfaite. Et, en mĂȘme temps, faire de cette enceinte Ă©tablie pour protĂ©ger le temple un refuge misĂ©ricordieux pour les plus malheureux qui ne savent pas ce quâest la charitĂ©.
Les portiques, quant Ă eux, symbolisent lâeffusion de lâamour, de la pitiĂ©, du dĂ©sir que dâautres viennent Ă Dieu, semblables Ă des bras aimants qui sâĂ©tendent pour faire un voile sur le berceau dâun orphelin.
Au-delĂ de lâenceinte, se trouvent les plantes les plus belles et les plus parfumĂ©es en hommage au CrĂ©ateur. SemĂ©es sur un terrain dâabord nu, puis cultivĂ©es, elles symbolisent les vertus de tous noms et forment la seconde enceinte vivante et fleurie autour du sanctuaire ; et au milieu des plantes, au milieu des vertus, il y a les fontaines, autre amour, autre purification avant de sâapprocher du propylĂ©e qui en est proche ; et câest lĂ que, avant de monter Ă lâautel, on doit sacrifier lâattachement Ă la chair, se dĂ©pouiller de toute luxure. Il faut ensuite aller plus loin, prĂšs de lâautel, pour y prĂ©senter son offrande, puis encore vous approcher de la chambre oĂč se trouve Dieu, en dĂ©passant le vestibule. Or que sera cette chambre ? Un trĂ©sor de richesses spirituelles, car rien nâest trop beau pour servir de cadre Ă Dieu.
Avez-vous compris ? Vous mâavez demandĂ© comment se construit la foi. Je vous ai rĂ©pondu : â En suivant la mĂ©thode quâon emploie pour construire les temples. â Vous voyez que câest vrai.
204.9 Avez-vous autre chose Ă me dire ?
â Non, MaĂźtre. Je crois que Flavia a Ă©crit tout ce que tu nous as dit. Claudia veut en prendre connaissance. As-tu Ă©crit ?
â Exactement, confirme la femme en passant les tablettes enduites de cire.
â Cela restera pour permettre de les relire, dit Plautina.
â Câest de la cire, cela sâefface. Ecrivez-les dans vos cĆurs. Ces paroles ne sâeffaceront plus.
â MaĂźtre, ils sont encombrĂ©s de temples illusoires. Nous lancerons contre eux ta Parole pour les jeter Ă terre. Mais câest un long travail » soupire Plautina.
Et elle termine :
« Souviens-toi de nous dans ton CielâŠ
â Partez avec la certitude que je le ferai. Je vous quitte. Sachez que votre venue mâa Ă©tĂ© bien chĂšre. Adieu, Publius Quintilianus. Souviens-toi de JĂ©sus de Nazareth. »
Les femmes saluent et partent les premiĂšres. Puis, pensif, Quintilianus sâen va. JĂ©sus les regarde partir en compagnie de Maximin, qui les reconduit Ă leurs chars.