Notes du thĂšme

Mots-clĂ©s principaux et transversaux 🌟

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Confort de lecture

EMV 172.5 · Tome 3, p. 109

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Faites-vous un cƓur humble et pur, confiant, sincĂšre. Aimez Dieu de l’amour pudique d’une vierge pour son Ă©poux. En vĂ©ritĂ©, je vous dis que toute Ăąme est une vierge, mariĂ©e Ă  l’éternel Aimant, Ă  notre Seigneur Dieu. Cette terre est le temps des fiançailles dont l’ange donnĂ© Ă  tout homme comme gardien est le paranymphe spirituel ; toutes les heures, toutes les contingences de la vie, sont autant de servantes qui prĂ©parent le trousseau nuptial. L’heure de la mort, c’est l’heure de l’accomplissement des noces : c’est Ă  ce moment-lĂ  que viennent la connaissance, l’étreinte, la fusion, et, parĂ©e de son vĂȘtement d’épouse accomplie, l’ñme peut enlever son voile et se jeter dans les bras de son Dieu sans que cet amour de l’Epoux puisse scandaliser les autres.

Mais, pour le moment, vous ĂȘtes encore des Ăąmes sacrifiĂ©es dans les liens des fiançailles avec Dieu. Quand vous voulez parler Ă  l’Epoux, entrez dans la paix de votre demeure et surtout dans la paix de votre demeure intĂ©rieure ; tel un ange de chair assistĂ© par votre ange gardien, adressez-vous alors au Roi des anges. Laissez dehors tout ce qui appartient au monde : la manie de vous faire remarquer et celle d’édifier, les scrupules des longues priĂšres pleines de paroles, monotones, tiĂšdes et sans amour.

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EMV 172.5 · Tome 3, p. 109

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

C’est de son cƓur que le juste tire le bien, et plus il en tire, plus il en trouve, car le bien que l’on fait donne naissance à un bien nouveau.

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EMV 172.6 · Tome 3, p. 109-110

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Pour l’amour de Dieu ! DĂ©barrassez-vous de l’habitude de mesurer votre temps de priĂšre. En vĂ©ritĂ©, certaines personnes passent de nombreuses heures en un monologue que seules les lĂšvres prononcent. C’est un vrai soliloque car l’ange gardien lui-mĂȘme n’écoute pas, tant c’est une rumeur vaine Ă  laquelle il essaie de remĂ©dier en se plongeant dans une ardente oraison pour le sot dont il a la garde. En vĂ©ritĂ©, certains n’emploieraient pas ces heures d’une autre maniĂšre, mĂȘme si Dieu apparaissait pour leur dire : “ Le salut du monde exige que vous abandonniez ce bavardage sans Ăąme pour aller en toute simplicitĂ© puiser de l’eau Ă  un puits et arroser le sol par amour pour moi et pour vos semblables. ” En vĂ©ritĂ©, il y a des personnes qui croient leur monologue plus important que l’accueil courtois d’un visiteur ou le secours charitable apportĂ© Ă  un nĂ©cessiteux. Ces Ăąmes sont tombĂ©es dans l’idolĂątrie de la priĂšre.

La priĂšre est un acte d’amour. On peut aimer aussi bien en faisant le pain qu’en priant, en assistant un malade qu’en mĂ©ditant, en vaquant Ă  ses tĂąches mĂ©nagĂšres qu’en faisant un pĂšlerinage au Temple, en sacrifiant jusqu’à nos justes dĂ©sirs de nous recueillir dans le Seigneur qu’en sacrifiant un agneau. Il suffit d’imprĂ©gner d’amour tout son ĂȘtre et toute son activitĂ©. N’ayez pas peur ! Le PĂšre voit. Le PĂšre comprend. Le PĂšre Ă©coute. Le PĂšre accorde ce qu’il faut. Que de grĂąces n’accorde-t-il pas pour un seul soupir d’amour vrai, parfait ! Quelle abondance de grĂąces pour un sacrifice intime fait avec amour ! Ne ressemblez pas aux paĂŻens. Dieu n’a pas besoin que vous lui disiez ce qu’il doit faire devant vos besoins. Cela, les paĂŻens peuvent le dire Ă  leurs idoles qui ne peuvent entendre. Mais n’agissez pas ainsi avec Dieu, avec le Dieu vrai, spirituel, qui n’est pas seulement Dieu et Roi, mais qui est aussi votre PĂšre et qui sait, avant mĂȘme que vous ne le lui demandiez, ce dont vous avez besoin.

Annotation

Evangile de Matthieu 6, 7-8

Mt 6, 7-8 : Lorsque vous priez, ne rabĂąchez pas comme les paĂŻens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucĂ©s. Ne les imitez donc pas, car votre PĂšre sait de quoi vous avez besoin, avant mĂȘme que vous l’ayez demandĂ©.

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EMV 172.6 · Tome 3, p. 110

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

La priĂšre est un acte d’amour. On peut aimer aussi bien en faisant le pain qu’en priant, en assistant un malade qu’en mĂ©ditant, en vaquant Ă  ses tĂąches mĂ©nagĂšres qu’en faisant un pĂšlerinage au Temple, en sacrifiant jusqu’à nos justes dĂ©sirs de nous recueillir dans le Seigneur qu’en sacrifiant un agneau. Il suffit d’imprĂ©gner d’amour tout son ĂȘtre et toute son activitĂ©. N’ayez pas peur ! Le PĂšre voit. Le PĂšre comprend. Le PĂšre Ă©coute. Le PĂšre accorde ce qu’il faut. Que de grĂąces n’accorde-t-il pas pour un seul soupir d’amour vrai, parfait ! Quelle abondance de grĂąces pour un sacrifice intime fait avec amour ! Ne ressemblez pas aux paĂŻens. Dieu n’a pas besoin que vous lui disiez ce qu’il doit faire devant vos besoins. Cela, les paĂŻens peuvent le dire Ă  leurs idoles qui ne peuvent entendre. Mais n’agissez pas ainsi avec Dieu, avec le Dieu vrai, spirituel, qui n’est pas seulement Dieu et Roi, mais qui est aussi votre PĂšre et qui sait, avant mĂȘme que vous ne le lui demandiez, ce dont vous avez besoin.

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EMV 172.7 · Tome 3, p. 110

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Demandez et l’on vous donnera. Cherchez et vous trouverez. Frappez et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve et qui frappe Ă  la porte la voit s’ouvrir. Quand un enfant vous tend sa petite main en disant : “ PĂšre, j’ai faim ”, lui donnez-vous une pierre ? Lui donnez-vous un serpent s’il demande un poisson ? Non, au contraire : au pain et au poisson vous ajoutez une caresse et une bĂ©nĂ©diction, car il est doux Ă  un pĂšre de nourrir son enfant et de le voir sourire de bonheur. Si donc vous, dont le cƓur est imparfait, vous savez donner de bonnes choses Ă  vos enfants par le seul amour naturel que l’animal aussi Ă©prouve pour ses petits, combien plus votre PĂšre qui est dans les Cieux accordera-t-il, Ă  ceux qui le lui demandent, ce qui est bon et nĂ©cessaire pour leur bien. N’ayez pas peur de demander et n’ayez pas peur de ne pas obtenir !

Annotation

Evangile de Matthieu 7, 7-11

Mt 7, 7-11 : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.

Ou encore : lequel d’entre vous donnera une pierre Ă  son fils quand il lui demande du pain ? ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ? Si donc vous, qui ĂȘtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses Ă  vos enfants, combien plus votre PĂšre qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses Ă  ceux qui les lui demandent !

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EMV 172.7 · Tome 3, p. 111-112

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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(...) Vous, vous n’avez pas peur de demander. Et cela vous paraĂźt juste. En effet, obtenir cette grĂące ne serait pas inutile Ă  tel moment prĂ©cis. Mais la vie ne se termine pas Ă  ce moment-lĂ . Et ce qui est bien aujourd’hui pourrait ne pas l’ĂȘtre demain. Cela, vous l’ignorez, puisque vous ne connaissez que le moment prĂ©sent et c’est encore une grĂące de Dieu. Mais Dieu connaĂźt aussi l’avenir. Il arrive donc souvent que, pour vous Ă©pargner une peine plus grande, il laisse une priĂšre non exaucĂ©e.

Pendant mon annĂ©e de vie publique, plus d’une fois j’ai entendu des cƓurs qui gĂ©missaient : “ Combien j’ai souffert alors, quand Dieu ne m’a pas Ă©coutĂ©. Mais maintenant je dis : ‘ Cela valait mieux, car cette grĂące m’aurait empĂȘchĂ© d’arriver Ă  cette heure de Dieu. ’ ” J’en ai entendu d’autres dire – et me dire – : “ Pourquoi, Seigneur, ne m’exauces-tu pas ? Tu l’accordes aux autres mais pas Ă  moi ! ” Bien que j’aie souffert de voir souffrir, j’ai pourtant dĂ» rĂ©pondre : “ Je ne le peux pas ”, car les exaucer aurait signifiĂ© entraver leur vol vers la vie parfaite. Il arrive aussi que le PĂšre dise : “ Je ne le peux pas. ” Ce n’est pas qu’il ne puisse accomplir l’acte immĂ©diat. Mais il s’y refuse parce qu’il en connaĂźt les consĂ©quences futures.

Ecoutez : un jeune enfant souffre des intestins. Sa mĂšre appelle le mĂ©decin et le mĂ©decin dit : “ Pour qu’il guĂ©risse, il lui faut une diĂšte absolue. ” L’enfant pleure, crie, supplie, paraĂźt s’affaiblir. La mĂšre, toujours pleine de pitiĂ©, unit ses lamentations Ă  celles de son fils. Cette interdiction absolue lui semble ĂȘtre de la duretĂ© de la part du mĂ©decin. Elle pense que ce jeĂ»ne et ces larmes peuvent nuire Ă  son enfant. Mais le mĂ©decin reste inexorable. A la fin, il lui dit : “ Femme, moi je sais, toi tu ne sais pas. Veux-tu perdre ton enfant ou veux-tu que je le sauve ? ” La mĂšre crie : “ Je veux qu’il vive ! ” “ Dans ce cas, poursuit le mĂ©decin, je ne peux autoriser de nourriture. Ce serait sa mort. ” C’est ainsi que, parfois, le PĂšre parle. Vous, en mĂšres pleines de pitiĂ© pour votre moi, vous ne voulez pas l’entendre pleurer parce qu’on vous refuse une grĂące. Mais Dieu dit : “ Je ne le peux pas. Ce serait mauvais pour toi. ” Un jour viendra – si ce n’est l’éternitĂ© – oĂč on en viendra Ă  dire : “ Merci, mon Dieu, de ne pas avoir Ă©coutĂ© ma sotte demande ! ”

Détail

JĂ©sus rĂ©pond Ă  la question de pourquoi il n'exauce pas toutes nos priĂšres, mĂȘme si on souffre et qu'on a mal. Il donne les paroles Ă©vangĂ©liques : "Demandez et vous recevrez, cherchez et oĂč vous ouvrirez, frappez et l'on vous ouvrira". Puis il dit :

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EMV 172.8 · Tome 3, p. 112

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Ce que j’ai dit pour la priĂšre, je le dis pour le jeĂ»ne. Quand vous jeĂ»nez, ne prenez pas un air triste comme le font les hypocrites qui intentionnellement affectent d’ĂȘtre Ă©puisĂ©s pour que le monde sache et croie qu’ils jeĂ»nent, mĂȘme si ce n’est pas vrai. Eux aussi ont dĂ©jĂ  obtenu leur rĂ©compense avec les Ă©loges du monde, et ils n’en auront pas d’autre. Mais vous, quand vous jeĂ»nez, ayez l’air gai, lavez-vous le visage Ă  plusieurs eaux pour qu’il paraisse frais et lisse, oignez-vous la barbe et parfumez vos cheveux, ayez sur les lĂšvres le sourire de quelqu’un qui a bien dĂ©jeunĂ©. En vĂ©ritĂ©, que ce ne soit pas tant la nourriture que l’amour qui vous soutienne ! L’homme qui jeĂ»ne par amour se nourrit d’amour. En vĂ©ritĂ©, je vous dis que le monde aura beau vous traiter de “ vaniteux ” et de “ publicains ”, votre PĂšre verra votre hĂ©roĂŻsme secret et vous en donnera double rĂ©compense, pour le jeĂ»ne et pour le sacrifice des Ă©loges que vous auriez pu recevoir.

Annotation

Evangile de Matthieu, 6, 16-19

Mt 6, 16-19 : Et quand vous jeĂ»nez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine dĂ©faite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeĂ»nent. Amen, je vous le dĂ©clare : ceux-lĂ  ont reçu leur rĂ©compense. Mais toi, quand tu jeĂ»nes, parfume-toi la tĂȘte et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeĂ»ne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton PĂšre qui est prĂ©sent au plus secret ; ton PĂšre qui voit au plus secret te le rendra.

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EMV 172.9-11 · Tome 3, p. 112-115

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

« Que ces deux pauvres restent avec nous. Ils seront les hÎtes bénis qui donneront de la saveur à notre pain. La paix soit avec vous. »

Et les deux pauvres restent. C’est une femme dĂ©charnĂ©e et un trĂšs vieil homme. Mais ils ne sont pas ensemble. Le hasard les a rĂ©unis et ils Ă©taient restĂ©s dans un coin, abattus, tendant inutilement la main Ă  ceux qui passaient devant eux.

Comme ils n’osent pas s’avancer, JĂ©sus va directement Ă  eux et les prend par la main pour les amener au centre du groupe des disciples, sous une espĂšce de tente que Pierre a dressĂ©e dans un coin et sous laquelle ils s’abritent peut-ĂȘtre la nuit et se rĂ©unissent aux heures les plus chaudes de la journĂ©e. C’est une tente faite de branchages et
 de manteaux. Mais elle est utile, bien qu’elle soit si basse que JĂ©sus et Judas, les deux plus grands, doivent se courber pour entrer.

« Voici un pĂšre et voici une sƓur. Apportez ce que nous avons et, tout en prenant notre repas, nous Ă©couterons leur histoire. »

Et Jésus sert personnellement les deux pauvres, tout honteux, et écoute leur lamentable histoire. Le vieillard est seul depuis que sa fille est partie au loin avec son mari et a oublié son pÚre. La femme, elle aussi, est seule depuis que la fiÚvre a tué son mari, et de surcroßt elle est malade.

« Le monde nous mĂ©prise parce que nous sommes pauvres, dit le vieillard. Je marche en demandant l’aumĂŽne pour recueillir de quoi accomplir la PĂąque. J’ai quatre-vingts ans. J’ai toujours fait la PĂąque et celle-ci est peut-ĂȘtre la derniĂšre. Mais je veux partir sans aucun remords dans le sein d’Abraham. De la mĂȘme façon que je pardonne Ă  ma fille, j’espĂšre ĂȘtre pardonnĂ©. Et je veux faire ma PĂąque.

– Mais le chemin est long, pùre.

– Plus long est le chemin du Ciel si on n’accomplit pas le rite.

– Tu fais route tout seul ? Et si tu te sens mal en chemin ?

– L’ange de Dieu me fermera les yeux. »

JĂ©sus caresse sa tĂȘte tremblante et blanche et il demande Ă  la femme :

« Et toi ?

– Je recherche du travail. Si j’étais mieux nourrie, je guĂ©rirais des fiĂšvres et si j’étais guĂ©rie, je pourrais travailler aux grains.

– Tu crois que la nourriture suffirait Ă  te guĂ©rir ?

– Non. Il y a aussi toi
, mais je suis une pauvre chose, une trop pauvre chose pour pouvoir demander la pitiĂ©.

– Et si je te guĂ©rissais, que dĂ©sirerais-tu encore ?

– Rien de plus. J’aurais obtenu dĂ©jĂ  bien plus que je ne puis espĂ©rer. »

JĂ©sus sourit et lui donne un morceau de pain humectĂ© d’un peu d’eau vinaigrĂ©e qui sert de boisson. La femme le mange sans mot dire et JĂ©sus continue Ă  sourire.

172.10 Le repas est vite fini. Il Ă©tait tellement frugal ! ApĂŽtres et disciples vont chercher de l’ombre sur les pentes, parmi les buissons. JĂ©sus reste sous la tente. Le vieillard s’est placĂ© contre la paroi herbeuse et s’endort de fatigue.

Peu aprĂšs, la femme, qui pourtant s’était Ă©loignĂ©e pour se reposer Ă  l’ombre, vient vers JĂ©sus, qui lui sourit en signe d’encouragement. Elle s’avance timidement, et pourtant joyeusement, jusqu’à ce qu’elle arrive prĂšs de la tente puis, vaincue par la joie, elle fait rapidement les derniers pas et tombe Ă  plat ventre avec un cri Ă©touffĂ© :

« Tu m’as guĂ©rie ! Sois bĂ©ni ! C’est l’heure du grand frisson, et je ne l’ai plus
 Oh ! »

Et elle baise les pieds de Jésus.

« Es-tu sĂ»re d’ĂȘtre guĂ©rie ? Je ne te l’ai pas dit. Ce pourrait ĂȘtre un hasard


– Oh, non ! Maintenant j’ai compris ton sourire quand tu m’as donnĂ© ce morceau de pain. Ta puissance est entrĂ©e en moi avec cette bouchĂ©e. Je n’ai rien Ă  te donner en Ă©change, rien d’autre que mon cƓur. Commande Ă  ta servante, Seigneur, et elle t’obĂ©ira jusqu’à la mort.

– Oui. Tu vois ce vieil homme ? Il est seul et c’est un juste. Tu avais un mari et la mort te l’a enlevĂ©. Lui, il avait une fille et l’é­goĂŻsme la lui a enlevĂ©e. C’est pire. Et pourtant, il ne maugrĂ©e pas. Mais il n’est pas juste qu’il marche vers sa derniĂšre heure tout seul. Sois une fille pour lui.

– Oui, mon Seigneur.

– Mais cela veut dire travailler pour deux.

– Je suis forte, maintenant, et je le ferai.

172.11 – Alors, va lĂ -bas, sur cet escarpement, et dis Ă  l’homme qui s’y repose, celui qui est vĂȘtu de toile bise, de venir me trouver. »

La femme s’en va promptement et revient avec Simon le ZĂ©lote.

« Viens, Simon. J’ai Ă  te parler. Attends, femme. »

JĂ©sus s’éloigne de quelques mĂštres.

« Penses-tu que Lazare aurait quelque difficulté à accueillir une travailleuse de plus ?

– Lazare ? Mais je crois qu’il ne sait mĂȘme pas combien il a de serviteurs. Un de plus, un de moins
 Mais de qui s’agit-il ?

– Cette femme. Je l’ai guĂ©rie et


– C’est assez, MaĂźtre : si tu l’as guĂ©rie, c’est signe que tu l’aimes. Ce que tu aimes est sacrĂ© pour Lazare. Je m’engage pour lui.

– C’est vrai, ce que j’aime est sacrĂ© pour Lazare. Tu l’as bien dit. C’est pour cette raison que Lazare deviendra saint car, aimant ce que j’aime, il aimera la perfection. Je veux unir ce vieil homme Ă  cette femme et faire faire joyeusement Ă  ce patriarche sa derniĂšre PĂąque. J’aime beaucoup les vieillards qui sont saints et si je peux leur accorder un crĂ©puscule serein, j’en suis heureux.

– Tu aimes aussi les enfants


– Oui, et les malades


– Et ceux qui pleurent


– Et ceux qui sont seuls


– Ah ! Mon MaĂźtre, mais tu ne te rends pas compte que tu aimes tout le monde ? MĂȘme tes ennemis ?

– Je ne m’en aperçois pas, Simon. C’est ma nature d’aimer. VoilĂ  que le patriarche s’éveille. Allons lui dire qu’il fera la PĂąque avec une fille auprĂšs de lui et qu’il ne manquera plus de pain. »

Ils reviennent Ă  la tente oĂč la femme les attend et ils vont tous trois auprĂšs du vieillard, qui s’est assis et relace ses sandales.

« Que fais-tu, pÚre ?

– Je redescends vers la vallĂ©e et j’espĂšre trouver un abri pour la nuit, et demain je mendierai sur la route et puis
 peu Ă  peu
 d’ici un mois, si je ne meurs pas, j’arriverai au Temple.

– Non.

– Je ne dois pas ? Pourquoi ?

– Parce que le bon Dieu ne le veut pas. Tu n’iras pas seul. Cette femme viendra avec toi. Elle te conduira oĂč je le lui dirai et vous serez accueillis par amour pour moi. Tu feras la PĂąque, mais sans t’épuiser. Ta croix, tu l’as dĂ©jĂ  portĂ©e, pĂšre. DĂ©pose-la maintenant et recueille-toi en priĂšre d’action de grĂąces pour le bon Dieu.

– Mais pourquoi
 mais pourquoi
 moi
, je ne mĂ©rite pas tant
 Toi
 une fille
 C’est plus que si tu me donnais vingt ans
 Et oĂč, oĂč m’envoies-tu ? »

Le vieil homme pleure dans le buisson de sa longue barbe.

« Chez Lazare, fils de Théophile. Je ne sais pas si tu le connais.

– Oh !
 Je suis des confins de la Syrie et je me souviens de ThĂ©ophile. Mais
 mais
 ĂŽ fils bĂ©ni de Dieu, laisse-moi te bĂ©nir ! »

Alors JĂ©sus, assis Ă©galement sur l’herbe, penche sa haute taille pour permettre au vieux pĂšre de lui imposer solennellement les mains sur la tĂȘte. D’une voix de tonnerre, de sa voix caverneuse de vieillard, il prononce l’antique bĂ©nĂ©diction :

« Que le Seigneur te bénisse et te garde. Que le Seigneur te montre sa face et ait pitié de toi. Que le Seigneur tourne vers toi son regard et te donne sa paix. »

Jésus, Simon et la femme répondent ensemble :

« Et qu’il en soit ainsi. »

Détail

Jésus recueillent deux pauvres et il va les confier à Lazare. On évoque celui-ci à partir de l'EMV 172.11.

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