EMV 172.5 · Tome 3, p. 109
LâEvangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©
Citation
Câest de son cĆur que le juste tire le bien, et plus il en tire, plus il en trouve, car le bien que lâon fait donne naissance Ă un bien nouveau.
Notes du thĂšme
EMV 172.5 · Tome 3, p. 109
Câest de son cĆur que le juste tire le bien, et plus il en tire, plus il en trouve, car le bien que lâon fait donne naissance Ă un bien nouveau.
EMV 172.6 · Tome 3, p. 109-110
Pour lâamour de Dieu ! DĂ©barrassez-vous de lâhabitude de mesurer votre temps de priĂšre. En vĂ©ritĂ©, certaines personnes passent de nombreuses heures en un monologue que seules les lĂšvres prononcent. Câest un vrai soliloque car lâange gardien lui-mĂȘme nâĂ©coute pas, tant câest une rumeur vaine Ă laquelle il essaie de remĂ©dier en se plongeant dans une ardente oraison pour le sot dont il a la garde. En vĂ©ritĂ©, certains nâemploieraient pas ces heures dâune autre maniĂšre, mĂȘme si Dieu apparaissait pour leur dire : â Le salut du monde exige que vous abandonniez ce bavardage sans Ăąme pour aller en toute simplicitĂ© puiser de lâeau Ă un puits et arroser le sol par amour pour moi et pour vos semblables. â En vĂ©ritĂ©, il y a des personnes qui croient leur monologue plus important que lâaccueil courtois dâun visiteur ou le secours charitable apportĂ© Ă un nĂ©cessiteux. Ces Ăąmes sont tombĂ©es dans lâidolĂątrie de la priĂšre.
La priĂšre est un acte dâamour. On peut aimer aussi bien en faisant le pain quâen priant, en assistant un malade quâen mĂ©ditant, en vaquant Ă ses tĂąches mĂ©nagĂšres quâen faisant un pĂšlerinage au Temple, en sacrifiant jusquâĂ nos justes dĂ©sirs de nous recueillir dans le Seigneur quâen sacrifiant un agneau. Il suffit dâimprĂ©gner dâamour tout son ĂȘtre et toute son activitĂ©. Nâayez pas peur ! Le PĂšre voit. Le PĂšre comprend. Le PĂšre Ă©coute. Le PĂšre accorde ce quâil faut. Que de grĂąces nâaccorde-t-il pas pour un seul soupir dâamour vrai, parfait ! Quelle abondance de grĂąces pour un sacrifice intime fait avec amour ! Ne ressemblez pas aux paĂŻens. Dieu nâa pas besoin que vous lui disiez ce quâil doit faire devant vos besoins. Cela, les paĂŻens peuvent le dire Ă leurs idoles qui ne peuvent entendre. Mais nâagissez pas ainsi avec Dieu, avec le Dieu vrai, spirituel, qui nâest pas seulement Dieu et Roi, mais qui est aussi votre PĂšre et qui sait, avant mĂȘme que vous ne le lui demandiez, ce dont vous avez besoin.
Evangile de Matthieu 6, 7-8
Mt 6, 7-8 : Lorsque vous priez, ne rabĂąchez pas comme les paĂŻens : ils sâimaginent quâĂ force de paroles ils seront exaucĂ©s. Ne les imitez donc pas, car votre PĂšre sait de quoi vous avez besoin, avant mĂȘme que vous lâayez demandĂ©.
EMV 172.6 · Tome 3, p. 110
La priĂšre est un acte dâamour. On peut aimer aussi bien en faisant le pain quâen priant, en assistant un malade quâen mĂ©ditant, en vaquant Ă ses tĂąches mĂ©nagĂšres quâen faisant un pĂšlerinage au Temple, en sacrifiant jusquâĂ nos justes dĂ©sirs de nous recueillir dans le Seigneur quâen sacrifiant un agneau. Il suffit dâimprĂ©gner dâamour tout son ĂȘtre et toute son activitĂ©. Nâayez pas peur ! Le PĂšre voit. Le PĂšre comprend. Le PĂšre Ă©coute. Le PĂšre accorde ce quâil faut. Que de grĂąces nâaccorde-t-il pas pour un seul soupir dâamour vrai, parfait ! Quelle abondance de grĂąces pour un sacrifice intime fait avec amour ! Ne ressemblez pas aux paĂŻens. Dieu nâa pas besoin que vous lui disiez ce quâil doit faire devant vos besoins. Cela, les paĂŻens peuvent le dire Ă leurs idoles qui ne peuvent entendre. Mais nâagissez pas ainsi avec Dieu, avec le Dieu vrai, spirituel, qui nâest pas seulement Dieu et Roi, mais qui est aussi votre PĂšre et qui sait, avant mĂȘme que vous ne le lui demandiez, ce dont vous avez besoin.
EMV 172.7 · Tome 3, p. 110
Demandez et lâon vous donnera. Cherchez et vous trouverez. Frappez et lâon vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve et qui frappe Ă la porte la voit sâouvrir. Quand un enfant vous tend sa petite main en disant : â PĂšre, jâai faim â, lui donnez-vous une pierre ? Lui donnez-vous un serpent sâil demande un poisson ? Non, au contraire : au pain et au poisson vous ajoutez une caresse et une bĂ©nĂ©diction, car il est doux Ă un pĂšre de nourrir son enfant et de le voir sourire de bonheur. Si donc vous, dont le cĆur est imparfait, vous savez donner de bonnes choses Ă vos enfants par le seul amour naturel que lâanimal aussi Ă©prouve pour ses petits, combien plus votre PĂšre qui est dans les Cieux accordera-t-il, Ă ceux qui le lui demandent, ce qui est bon et nĂ©cessaire pour leur bien. Nâayez pas peur de demander et nâayez pas peur de ne pas obtenir !
Evangile de Matthieu 7, 7-11
Mt 7, 7-11 : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.
Ou encore : lequel dâentre vous donnera une pierre Ă son fils quand il lui demande du pain ? ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ? Si donc vous, qui ĂȘtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses Ă vos enfants, combien plus votre PĂšre qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses Ă ceux qui les lui demandent !
EMV 172.7 · Tome 3, p. 111
Vous ne connaissez que le moment prĂ©sent et câest encore une grĂące de Dieu.
EMV 172.7 · Tome 3, p. 111-112
(...) Vous, vous nâavez pas peur de demander. Et cela vous paraĂźt juste. En effet, obtenir cette grĂące ne serait pas inutile Ă tel moment prĂ©cis. Mais la vie ne se termine pas Ă ce moment-lĂ . Et ce qui est bien aujourdâhui pourrait ne pas lâĂȘtre demain. Cela, vous lâignorez, puisque vous ne connaissez que le moment prĂ©sent et câest encore une grĂące de Dieu. Mais Dieu connaĂźt aussi lâavenir. Il arrive donc souvent que, pour vous Ă©pargner une peine plus grande, il laisse une priĂšre non exaucĂ©e.
Pendant mon annĂ©e de vie publique, plus dâune fois jâai entendu des cĆurs qui gĂ©missaient : â Combien jâai souffert alors, quand Dieu ne mâa pas Ă©coutĂ©. Mais maintenant je dis : â Cela valait mieux, car cette grĂące mâaurait empĂȘchĂ© dâarriver Ă cette heure de Dieu. â â Jâen ai entendu dâautres dire â et me dire â : â Pourquoi, Seigneur, ne mâexauces-tu pas ? Tu lâaccordes aux autres mais pas Ă moi ! â Bien que jâaie souffert de voir souffrir, jâai pourtant dĂ» rĂ©pondre : â Je ne le peux pas â, car les exaucer aurait signifiĂ© entraver leur vol vers la vie parfaite. Il arrive aussi que le PĂšre dise : â Je ne le peux pas. â Ce nâest pas quâil ne puisse accomplir lâacte immĂ©diat. Mais il sây refuse parce quâil en connaĂźt les consĂ©quences futures.
Ecoutez : un jeune enfant souffre des intestins. Sa mĂšre appelle le mĂ©decin et le mĂ©decin dit : â Pour quâil guĂ©risse, il lui faut une diĂšte absolue. â Lâenfant pleure, crie, supplie, paraĂźt sâaffaiblir. La mĂšre, toujours pleine de pitiĂ©, unit ses lamentations Ă celles de son fils. Cette interdiction absolue lui semble ĂȘtre de la duretĂ© de la part du mĂ©decin. Elle pense que ce jeĂ»ne et ces larmes peuvent nuire Ă son enfant. Mais le mĂ©decin reste inexorable. A la fin, il lui dit : â Femme, moi je sais, toi tu ne sais pas. Veux-tu perdre ton enfant ou veux-tu que je le sauve ? â La mĂšre crie : â Je veux quâil vive ! â â Dans ce cas, poursuit le mĂ©decin, je ne peux autoriser de nourriture. Ce serait sa mort. â Câest ainsi que, parfois, le PĂšre parle. Vous, en mĂšres pleines de pitiĂ© pour votre moi, vous ne voulez pas lâentendre pleurer parce quâon vous refuse une grĂące. Mais Dieu dit : â Je ne le peux pas. Ce serait mauvais pour toi. â Un jour viendra â si ce nâest lâĂ©ternitĂ© â oĂč on en viendra Ă dire : â Merci, mon Dieu, de ne pas avoir Ă©coutĂ© ma sotte demande ! â
JĂ©sus rĂ©pond Ă la question de pourquoi il n'exauce pas toutes nos priĂšres, mĂȘme si on souffre et qu'on a mal. Il donne les paroles Ă©vangĂ©liques : "Demandez et vous recevrez, cherchez et oĂč vous ouvrirez, frappez et l'on vous ouvrira". Puis il dit :
EMV 172.8 · Tome 3, p. 112
Ce que jâai dit pour la priĂšre, je le dis pour le jeĂ»ne. Quand vous jeĂ»nez, ne prenez pas un air triste comme le font les hypocrites qui intentionnellement affectent dâĂȘtre Ă©puisĂ©s pour que le monde sache et croie quâils jeĂ»nent, mĂȘme si ce nâest pas vrai. Eux aussi ont dĂ©jĂ obtenu leur rĂ©compense avec les Ă©loges du monde, et ils nâen auront pas dâautre. Mais vous, quand vous jeĂ»nez, ayez lâair gai, lavez-vous le visage Ă plusieurs eaux pour quâil paraisse frais et lisse, oignez-vous la barbe et parfumez vos cheveux, ayez sur les lĂšvres le sourire de quelquâun qui a bien dĂ©jeunĂ©. En vĂ©ritĂ©, que ce ne soit pas tant la nourriture que lâamour qui vous soutienne ! Lâhomme qui jeĂ»ne par amour se nourrit dâamour. En vĂ©ritĂ©, je vous dis que le monde aura beau vous traiter de â vaniteux â et de â publicains â, votre PĂšre verra votre hĂ©roĂŻsme secret et vous en donnera double rĂ©compense, pour le jeĂ»ne et pour le sacrifice des Ă©loges que vous auriez pu recevoir.
Evangile de Matthieu, 6, 16-19
Mt 6, 16-19 : Et quand vous jeĂ»nez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine dĂ©faite pour bien montrer aux hommes quâils jeĂ»nent. Amen, je vous le dĂ©clare : ceux-lĂ ont reçu leur rĂ©compense. Mais toi, quand tu jeĂ»nes, parfume-toi la tĂȘte et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeĂ»ne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton PĂšre qui est prĂ©sent au plus secret ; ton PĂšre qui voit au plus secret te le rendra.
EMV 172.8 · Tome 3, p. 112
Lâhomme qui jeĂ»ne par amour se nourrit dâamour.
EMV 172.9-11 · Tome 3, p. 112-115
« Que ces deux pauvres restent avec nous. Ils seront les hÎtes bénis qui donneront de la saveur à notre pain. La paix soit avec vous. »
Et les deux pauvres restent. Câest une femme dĂ©charnĂ©e et un trĂšs vieil homme. Mais ils ne sont pas ensemble. Le hasard les a rĂ©unis et ils Ă©taient restĂ©s dans un coin, abattus, tendant inutilement la main Ă ceux qui passaient devant eux.
Comme ils nâosent pas sâavancer, JĂ©sus va directement Ă eux et les prend par la main pour les amener au centre du groupe des disciples, sous une espĂšce de tente que Pierre a dressĂ©e dans un coin et sous laquelle ils sâabritent peut-ĂȘtre la nuit et se rĂ©unissent aux heures les plus chaudes de la journĂ©e. Câest une tente faite de branchages et⊠de manteaux. Mais elle est utile, bien quâelle soit si basse que JĂ©sus et Judas, les deux plus grands, doivent se courber pour entrer.
« Voici un pĂšre et voici une sĆur. Apportez ce que nous avons et, tout en prenant notre repas, nous Ă©couterons leur histoire. »
Et Jésus sert personnellement les deux pauvres, tout honteux, et écoute leur lamentable histoire. Le vieillard est seul depuis que sa fille est partie au loin avec son mari et a oublié son pÚre. La femme, elle aussi, est seule depuis que la fiÚvre a tué son mari, et de surcroßt elle est malade.
« Le monde nous mĂ©prise parce que nous sommes pauvres, dit le vieillard. Je marche en demandant lâaumĂŽne pour recueillir de quoi accomplir la PĂąque. Jâai quatre-vingts ans. Jâai toujours fait la PĂąque et celle-ci est peut-ĂȘtre la derniĂšre. Mais je veux partir sans aucun remords dans le sein dâAbraham. De la mĂȘme façon que je pardonne Ă ma fille, jâespĂšre ĂȘtre pardonnĂ©. Et je veux faire ma PĂąque.
â Mais le chemin est long, pĂšre.
â Plus long est le chemin du Ciel si on nâaccomplit pas le rite.
â Tu fais route tout seul ? Et si tu te sens mal en chemin ?
â Lâange de Dieu me fermera les yeux. »
JĂ©sus caresse sa tĂȘte tremblante et blanche et il demande Ă la femme :
« Et toi ?
â Je recherche du travail. Si jâĂ©tais mieux nourrie, je guĂ©rirais des fiĂšvres et si jâĂ©tais guĂ©rie, je pourrais travailler aux grains.
â Tu crois que la nourriture suffirait Ă te guĂ©rir ?
â Non. Il y a aussi toiâŠ, mais je suis une pauvre chose, une trop pauvre chose pour pouvoir demander la pitiĂ©.
â Et si je te guĂ©rissais, que dĂ©sirerais-tu encore ?
â Rien de plus. Jâaurais obtenu dĂ©jĂ bien plus que je ne puis espĂ©rer. »
JĂ©sus sourit et lui donne un morceau de pain humectĂ© dâun peu dâeau vinaigrĂ©e qui sert de boisson. La femme le mange sans mot dire et JĂ©sus continue Ă sourire.
172.10 Le repas est vite fini. Il Ă©tait tellement frugal ! ApĂŽtres et disciples vont chercher de lâombre sur les pentes, parmi les buissons. JĂ©sus reste sous la tente. Le vieillard sâest placĂ© contre la paroi herbeuse et sâendort de fatigue.
Peu aprĂšs, la femme, qui pourtant sâĂ©tait Ă©loignĂ©e pour se reposer Ă lâombre, vient vers JĂ©sus, qui lui sourit en signe dâencouragement. Elle sâavance timidement, et pourtant joyeusement, jusquâĂ ce quâelle arrive prĂšs de la tente puis, vaincue par la joie, elle fait rapidement les derniers pas et tombe Ă plat ventre avec un cri Ă©touffĂ© :
« Tu mâas guĂ©rie ! Sois bĂ©ni ! Câest lâheure du grand frisson, et je ne lâai plus⊠Oh ! »
Et elle baise les pieds de Jésus.
« Es-tu sĂ»re dâĂȘtre guĂ©rie ? Je ne te lâai pas dit. Ce pourrait ĂȘtre un hasardâŠ
â Oh, non ! Maintenant jâai compris ton sourire quand tu mâas donnĂ© ce morceau de pain. Ta puissance est entrĂ©e en moi avec cette bouchĂ©e. Je nâai rien Ă te donner en Ă©change, rien dâautre que mon cĆur. Commande Ă ta servante, Seigneur, et elle tâobĂ©ira jusquâĂ la mort.
â Oui. Tu vois ce vieil homme ? Il est seul et câest un juste. Tu avais un mari et la mort te lâa enlevĂ©. Lui, il avait une fille et lâĂ©ÂgoĂŻsme la lui a enlevĂ©e. Câest pire. Et pourtant, il ne maugrĂ©e pas. Mais il nâest pas juste quâil marche vers sa derniĂšre heure tout seul. Sois une fille pour lui.
â Oui, mon Seigneur.
â Mais cela veut dire travailler pour deux.
â Je suis forte, maintenant, et je le ferai.
172.11 â Alors, va lĂ -bas, sur cet escarpement, et dis Ă lâhomme qui sây repose, celui qui est vĂȘtu de toile bise, de venir me trouver. »
La femme sâen va promptement et revient avec Simon le ZĂ©lote.
« Viens, Simon. Jâai Ă te parler. Attends, femme. »
JĂ©sus sâĂ©loigne de quelques mĂštres.
« Penses-tu que Lazare aurait quelque difficulté à accueillir une travailleuse de plus ?
â Lazare ? Mais je crois quâil ne sait mĂȘme pas combien il a de serviteurs. Un de plus, un de moins⊠Mais de qui sâagit-il ?
â Cette femme. Je lâai guĂ©rie etâŠ
â Câest assez, MaĂźtre : si tu lâas guĂ©rie, câest signe que tu lâaimes. Ce que tu aimes est sacrĂ© pour Lazare. Je mâengage pour lui.
â Câest vrai, ce que jâaime est sacrĂ© pour Lazare. Tu lâas bien dit. Câest pour cette raison que Lazare deviendra saint car, aimant ce que jâaime, il aimera la perfection. Je veux unir ce vieil homme Ă cette femme et faire faire joyeusement Ă ce patriarche sa derniĂšre PĂąque. Jâaime beaucoup les vieillards qui sont saints et si je peux leur accorder un crĂ©puscule serein, jâen suis heureux.
â Tu aimes aussi les enfantsâŠ
â Oui, et les maladesâŠ
â Et ceux qui pleurentâŠ
â Et ceux qui sont seulsâŠ
â Ah ! Mon MaĂźtre, mais tu ne te rends pas compte que tu aimes tout le monde ? MĂȘme tes ennemis ?
â Je ne mâen aperçois pas, Simon. Câest ma nature dâaimer. VoilĂ que le patriarche sâĂ©veille. Allons lui dire quâil fera la PĂąque avec une fille auprĂšs de lui et quâil ne manquera plus de pain. »
Ils reviennent Ă la tente oĂč la femme les attend et ils vont tous trois auprĂšs du vieillard, qui sâest assis et relace ses sandales.
« Que fais-tu, pÚre ?
â Je redescends vers la vallĂ©e et jâespĂšre trouver un abri pour la nuit, et demain je mendierai sur la route et puis⊠peu Ă peu⊠dâici un mois, si je ne meurs pas, jâarriverai au Temple.
â Non.
â Je ne dois pas ? Pourquoi ?
â Parce que le bon Dieu ne le veut pas. Tu nâiras pas seul. Cette femme viendra avec toi. Elle te conduira oĂč je le lui dirai et vous serez accueillis par amour pour moi. Tu feras la PĂąque, mais sans tâĂ©puiser. Ta croix, tu lâas dĂ©jĂ portĂ©e, pĂšre. DĂ©pose-la maintenant et recueille-toi en priĂšre dâaction de grĂąces pour le bon Dieu.
â Mais pourquoi⊠mais pourquoi⊠moiâŠ, je ne mĂ©rite pas tant⊠Toi⊠une fille⊠Câest plus que si tu me donnais vingt ans⊠Et oĂč, oĂč mâenvoies-tu ? »
Le vieil homme pleure dans le buisson de sa longue barbe.
« Chez Lazare, fils de Théophile. Je ne sais pas si tu le connais.
â Oh !⊠Je suis des confins de la Syrie et je me souviens de ThĂ©ophile. Mais⊠mais⊠Î fils bĂ©ni de Dieu, laisse-moi te bĂ©nir ! »
Alors JĂ©sus, assis Ă©galement sur lâherbe, penche sa haute taille pour permettre au vieux pĂšre de lui imposer solennellement les mains sur la tĂȘte. Dâune voix de tonnerre, de sa voix caverneuse de vieillard, il prononce lâantique bĂ©nĂ©diction :
« Que le Seigneur te bénisse et te garde. Que le Seigneur te montre sa face et ait pitié de toi. Que le Seigneur tourne vers toi son regard et te donne sa paix. »
Jésus, Simon et la femme répondent ensemble :
« Et quâil en soit ainsi. »
Jésus recueillent deux pauvres et il va les confier à Lazare. On évoque celui-ci à partir de l'EMV 172.11.
EMV 172.11 · Tome 3, p. 114-115
« Jâaime beaucoup les vieillards qui sont saints et si je peux leur accorder un crĂ©puscule serein, jâen suis heureux.
â Tu aimes aussi les enfantsâŠ
â Oui, et les maladesâŠ
â Et ceux qui pleurentâŠ
â Et ceux qui sont seulsâŠ
â Ah ! Mon MaĂźtre, mais tu ne te rends pas compte que tu aimes tout le monde ? MĂȘme tes ennemis ?
â Je ne mâen aperçois pas, Simon. Câest ma nature dâaimer. »
Jésus est avec Simon le Zélote et il dit :