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Confort de lecture

EMV 18 · Tome 1, p. 122-128

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Titre du chapitre : Marie annonce Ă  Joseph la maternitĂ© d’Élizabeth et confie Ă  Dieu le soin de justifier la sienne.

Date de la vision et de la dictĂ©e : Le samedi 25 mars 1944 (fĂȘte de l’Annonciation).

Calendrier : Mercredi 21 février de l'an -5

Lieux (carte) : Nazareth

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

Résumé : Marie est toute seule, dans sa maison à Nazareth. On est certainement au soir de l'Annonciation. Elle prie, puis mange trÚs simplement. Joseph arrive aprÚs qu'elle ait terminé, et son épouse l'accueille. Il lui apporte du raisin et des oeufs, qu'il veut offrir à Marie. La Pleine de Grùce se rend compte qu'il n'a pas mangé et lui apporte donc ce qu'il faut : il refuse juste les oeufs qui sont pour Marie, et uniquement pour elle. Le patriarche de la Sainte Famille se restaure et ils parlent ensemble. Joseph raconte sa journée, puis, quand un silence survient, c'est Marie qui prend la parole, pour lui annoncer la maternité de sa cousine. Joseph est surpris, et demande comment elle l'a su, puis, quand Marie lui a répondu, celle-ci lui demande la permission d'aller voir Elisabeth. Joseph lui répond par l'affirmative, mais il lui demande d'attendre quelques jours car il doit aller à Jérusalem. Ils feront donc la route jusque-là ensemble. AprÚs, Joseph s'en retournera, mais il sera plus tranquille s'il l'accompagne jusqu'à la Ville Sainte. Marie le remercie, et peu de temps aprÚs, le futur pÚre de Jésus s'en va. Marie le laisse s'en aller, puis elle soupire et prie, certainement à cause de sa douleur de ne pas pouvoir lui dire son secret.

Marie donne ensuite une dictĂ©e Ă  Maria et elle lui raconte qu'aprĂšs ĂȘtre revenue Ă  elle, lors de l'extase de l'Annonciation, sa premiĂšre pensĂ©e se tourna vers Joseph. Elle n'avait plus aucune crainte en prĂ©sence de son Ă©poux, mais comment lui annoncer sa maternitĂ© ? C'est l'Esprit Saint qui lui intima l'ordre de se taire, et la Toute Sainte porta sa confiance de crĂ©ature Ă  la perfection. Elle s'abandonna Ă  Dieu, et connut sa premiĂšre douleur de co-RĂ©demptrice. Elle nous enjoint alors Ă  laisser Dieu dĂ©fendre notre rĂ©putation...

Contenu du chapitre : 18.1 : Marie s'active pour le repas du soir. 18.2 : ArrivĂ©e de Joseph. 18.3 : Elle le fait manger. 18.4 : Ils parlent de tout et de rien. 18.5 : Marie ira aider Élisabeth enceinte. 18.6 : Les Ă©poux se sĂ©parent. 18.7 : Quoi dire Ă  Joseph ? 18.8 : Confie-moi le soin de te justifier. 18.9 : Ma premiĂšre douleur de CorĂ©demptrice. 18.10 : Confiez Ă  Dieu la garde de votre rĂ©putation.

Mots-clés

EMV 18.1 · Tome 1, p. 122-123

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

18.1 La petite maison de Nazareth m’apparaĂźt ; Marie s’y trouve. Elle est aussi jeune que lorsque l’ange de Dieu lui est apparu. Sa seule vue m’emplit l’ñme du parfum virginal de cette demeure, du parfum angĂ©lique qui persiste dans cette piĂšce oĂč l’ange a dĂ©ployĂ© ses ailes d’or, du parfum divin qui s’est concentrĂ© sur Marie pour la rendre mĂšre et qui, maintenant, Ă©mane d’elle.

C’est le soir, car les ombres commencent Ă  envahir la piĂšce oĂč, plus tĂŽt, une si grande lumiĂšre Ă©tait descendue du ciel.

A genoux Ă  cĂŽtĂ© de son petit lit, Marie prie, les bras croisĂ©s sur la poitrine, le visage tout inclinĂ© vers la terre. Elle est encore vĂȘtue comme elle l’était au moment de l’Annonciation. Rien n’a changĂ© : le rameau fleuri dans son vase, les meubles rangĂ©s de la mĂȘme façon. Seuls la quenouille et le fuseau sont appuyĂ©s dans un coin, la premiĂšre portant son plumet de filasse, le second avec le fil brillant qui y est enroulĂ©.

Marie cesse de prier et se lĂšve, le visage illuminĂ© comme sous l’effet d’une flamme. Sa bouche sourit, mais une larme fait briller ses yeux bleus. Elle saisit la lampe Ă  huile qu’elle allume avec une pierre Ă  feu, vĂ©rifie que tout est en ordre dans sa petite chambre et remet en place la couverture du lit qui s’était dĂ©placĂ©e. Elle ajoute de l’eau dans le vase du rameau fleuri, le met dehors, Ă  la fraĂźcheur de la nuit, puis rentre, prend la broderie pliĂ©e sur le meuble Ă  Ă©tagĂšre, la lampe allumĂ©e, et sort en fermant la porte.

Elle fait quelques pas dans le jardinet en longeant la maison, puis pĂ©nĂštre dans la petite piĂšce oĂč j’ai vu l’adieu de JĂ©sus Ă  Marie. Je la reconnais bien, mĂȘme s’il manque quelque objet qui s’y trouvait alors. Marie disparaĂźt, emportant la lampe, dans une autre petite piĂšce voisine, et je reste lĂ  avec pour seule compagnie son travail posĂ© sur le coin de la table. J’entends le pas lĂ©ger de Marie aller et venir, je l’entends remuer de l’eau comme pour laver quelque chose, puis rompre du menu bois – c’est Ă  son bruit que je reconnais que c’est du bois. Je l’entends allumer le feu.

Elle revient ensuite, sort dans le jardin et en rapporte des pommes et des lĂ©gumes. Elle pose les pommes sur la table, sur un plateau en mĂ©tal gravĂ© ; Ă  ce qu’il me semble, c’est du cuivre burinĂ©. Elle retourne dans la cuisine (cette piĂšce Ă©tait donc bien la cuisine). Maintenant, la flamme du foyer se projette joyeusement par la porte ouverte et fait danser des ombres sur les murs.

AprĂšs quelque temps, Marie revient avec un petit pain bis et une tasse de lait chaud. Elle s’assied et trempe des tranches de pain dans le lait. Elle mange tranquillement, lentement. Puis, laissant sa tasse encore Ă  moitiĂ© pleine, elle repart dans la cui­sine et en rapporte les lĂ©gumes, sur lesquels elle verse de l’huile, et les mange avec le pain. Elle se dĂ©saltĂšre avec du lait, puis prend une pomme et la mange. C’est un repas de fillette.

Tout en mangeant, Marie rĂ©flĂ©chit, et sourit Ă  quelque pensĂ©e intime. Elle se lĂšve, et tourne les yeux vers les murs Ă  qui elle semble communiquer un secret. De temps Ă  autre, elle devient sĂ©rieuse, si ce n’est mĂȘme triste, puis son sourire renaĂźt.

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EMV 18.2-4 · Tome 1, p. 124-125

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

18.2 On entend frapper Ă  la porte. Marie se lĂšve et ouvre. Joseph entre, et ils se saluent. Puis Joseph s’assied sur un escabeau en face de Marie, de l’autre cĂŽtĂ© de la table.

Joseph est un bel homme dans la force de l’ñge. Il doit avoir trente-cinq ans tout au plus. Ses cheveux chĂątain foncĂ© et sa barbe de la mĂȘme couleur encadrent un visage rĂ©gulier avec deux yeux doux, bruns mais presque noirs. Le front est large et lisse, le nez fin, lĂ©gĂšrement arquĂ©, des joues plutĂŽt rondes, mates sans ĂȘtre olivĂątres, les pommettes rosĂ©es. S’il n’est pas trĂšs grand, il est robuste et bien bĂąti.

Avant de s’asseoir, il a enlevĂ© son manteau : c’est le premier de ce genre que je vois, car il est de forme ronde, fermĂ© au cou par un crochet ou quelque chose comme ça, avec un capuchon. Il est marron clair et d’une Ă©toffe impermĂ©able de laine grĂšge. On dirait un manteau de montagnard, conçu pour rĂ©sister aux intempĂ©ries.

18.3 Toujours avant de s’asseoir, il offre Ă  Marie deux oeufs et une grappe de raisin, un peu avancĂ© mais bien conservĂ©. Il dit en souriant :

« On me l’a apportĂ© de Cana. Quant aux oeufs, c’est le centurion qui me les a donnĂ©s en remerciement d’une rĂ©paration que j’ai faite Ă  son char. Une roue s’était cassĂ©e et leur ouvrier est malade. Ils sont frais. Il les a pris dans son poulailler. Bois-les, ils te feront du bien.

– Demain Joseph, maintenant, j’ai dĂ©jĂ  mangĂ©.

– Mais tu peux prendre le raisin. Il est bon, aussi sucrĂ© que du miel. Je te l’ai apportĂ© avec prĂ©caution pour ne pas l’abĂźmer. Mange-le, il y en a encore. Je t’en apporterai demain dans un petit panier. Ce soir, je n’ai pas pu le faire parce que j’arrive directement de la maison du centurion.

– Alors tu n’as pas encore dĂźnĂ©.

– Non, mais cela n’a guĂšre d’importance. »

Marie se lĂšve aussitĂŽt et part dans la cuisine, d’oĂč elle revient avec encore du lait, des olives et du fromage.

« Je n’ai rien d’autre, dit-elle. Prends un oeuf. »

Joseph refuse. Les oeufs sont pour Marie. Il mange avec appétit son pain et le fromage, il boit le lait encore tiÚde, puis accepte une pomme. Le repas est terminé.

Marie prend sa broderie aprĂšs avoir dĂ©barrassĂ© la vaisselle de la table. Joseph l’aide et reste dans la cuisine mĂȘme quand elle en revient. Je l’entends bouger et tout remettre en place. Il ranime le feu, car la soirĂ©e est fraĂźche. A son retour, Marie le remercie.

18.4 Ils parlent tous deux. Joseph raconte sa journĂ©e, il parle de ses neveux, s’intĂ©resse au travail de Marie et Ă  ses fleurs. Il lui promet de lui apporter des fleurs magnifiques que le centurion lui a promises.

« Ce sont des fleurs que nous n’avons pas chez nous. Il les a apportĂ©es de Rome. Il m’en a promis des plants. Maintenant que la lune est propice, je vais te les planter. Elles ont de jolies couleurs et sentent bien bon. Je les ai vues l’étĂ© dernier, parce qu’elles fleurissent en Ă©tĂ©. Elles te parfumeront toute la maison. En­suite, je les taillerai puisque la lune est favorable. C’est le bon moment. »

Marie sourit et le remercie. Un silence. Joseph contemple la tĂȘte blonde de Marie penchĂ©e sur sa broderie ; c’est un regard d’amour angĂ©lique. SĂ»rement, si un ange pouvait aimer une femme d’un amour d’époux, c’est ainsi qu’il la regarderait.

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EMV 18.5-6 · Tome 1, p. 125-126

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

18.5 Comme si elle prenait une décision, Marie pose sa broderie sur ses genoux et dit :

« Joseph, j’ai moi aussi quelque chose Ă  te partager. Je n’ai jamais rien Ă  dire, car tu sais comme je vis de maniĂšre retirĂ©e. Mais aujourd’hui, j’ai une nouvelle. J’ai appris que notre parente Elisabeth, la femme de Zacharie, attend un enfant... »

Joseph écarquille les yeux :

« A son ùge ?

– A son Ăąge, rĂ©pond Marie en souriant. Le Seigneur peut tout, et il a voulu donner cette joie Ă  notre parente.

– Comment le sais-tu ? Cette nouvelle est-elle sĂ»re ?

– Il est venu un messager, quelqu’un qui ne saurait mentir. Je voudrais aller trouver Elisabeth pour l’aider et lui dire combien je partage sa joie. Si tu le permets...

– Marie, tu es ma femme et moi ton serviteur. Tout ce que tu fais est bien. Quand voudrais-tu partir ?

– Le plus tît possible. Mais je resterai là-bas quelques mois.

– Je compterai les jours en t’attendant. Pars tranquille, je m’occuperai de la maison et du jardin. Tu trouveras tes fleurs aussi belles que si tu les avais soignĂ©es toi-mĂȘme. Seulement... attends. Il me faut aller avant la PĂąque Ă  JĂ©rusalem y acheter quelques objets utiles Ă  mon travail. Si tu attends quelques jours, je t’accompagnerai jusque lĂ , mais pas plus loin, car il me faut revenir rapidement. Mais nous pouvons faire route ensemble jusque lĂ . Je serai plus tranquille si je ne te sais pas seule en chemin. Quant au retour, tu me le feras savoir et je viendrai Ă  ta rencontre.

– Tu es si bon, Joseph ! Que le Seigneur te rĂ©compense par ses bĂ©nĂ©dictions et te prĂ©serve de toute douleur. Je le prie toujours Ă  cette intention. »

18.6 Les deux chastes Ă©poux se sourient comme des anges. Le silence revient quelque temps, puis Joseph se lĂšve. Il remet son manteau, en relĂšve le capuchon sur sa tĂȘte, salue Marie qui se lĂšve elle aussi, et sort.

Marie le regarde sortir. Elle soupire comme si elle avait de la peine. Puis elle lÚve les yeux vers le ciel. Elle prie certainement. Elle ferme soigneusement la porte, plie la broderie. Puis elle va dans la cuisine, éteint le feu ou le couvre, vérifie que tout est bien rangé. Elle prend la lampe, sort et referme la porte. De sa main, elle protÚge la petite flamme qui tremble sous le vent froid de la nuit. Elle entre dans sa chambre et prie encore.

C’est ainsi que la vision s’achùve.

Détail

Marie annonce à Joseph la maternité d'Elisabeth.

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EMV 18.7-10 · Tome 1, p. 126-128

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

18.7 Marie dit :

« Ma chĂšre fille, Ă  la fin de l’extase qui m’avait comblĂ©e d’une joie inexprimable, j’ai retrouvĂ© mes sens de la terre ; la premiĂšre pensĂ©e, perçante comme une Ă©pine de rose, qui a traversĂ© mon coeur entourĂ© des roses de l’Amour divin devenu mon Ă©poux depuis quelques instants, fut la pensĂ©e de Joseph.

Je l’aimais dĂ©sormais, mon saint et prĂ©venant gardien. Depuis le moment oĂč la volontĂ© de Dieu, par l’intermĂ©diaire de la parole de son prĂȘtre, avait voulu que je devienne l’épouse de Joseph, j’avais pu connaĂźtre et apprĂ©cier la saintetĂ© de ce juste. A ses cĂŽtĂ©s, j’avais senti disparaĂźtre mon dĂ©sarroi d’orpheline et je n’avais plus regrettĂ© l’asile du Temple que j’avais perdu. Il avait pour moi la douceur de mon pĂšre disparu. Je me sentais autant en sĂ©curitĂ© prĂšs de lui qu’auprĂšs du prĂȘtre. Toute hĂ©sitation avait disparu, et pas cela seulement : elle s’était tellement Ă©loignĂ©e de mon coeur de vierge que je l’avais mĂȘme oubliĂ©e. J’avais compris qu’aucune hĂ©sitation, aucune crainte ne se justifiait Ă  l’égard de Joseph. La virginitĂ© que j’avais confiĂ©e Ă  Joseph Ă©tait plus en sĂ©curitĂ© qu’un enfant dans les bras de sa mĂšre.

18.8 Mais comment lui apprendre que j’allais ĂȘtre mĂšre ? Je cherchais les mots pour le lui annoncer... difficile recherche ! Je ne voulais pas me flatter du don de Dieu, et je ne pouvais en aucune façon justifier ma maternitĂ© sans prĂ©ciser : “ Le Seigneur m’a aimĂ©e entre toutes les femmes et de moi, sa servante, il a fait son Ă©pouse. ” Par ailleurs, je me refusais Ă  le tromper en lui dissimulant mon Ă©tat.

Mais, pendant que je priais, l’Esprit Saint dont j’étais remplie m’avait conseillĂ© : “ Tais-toi. Laisse-moi le soin de te justifier auprĂšs de ton Ă©poux. ” Quand ? Comment ? Je ne l’avais pas demandĂ©. Je m’étais toujours fiĂ©e Ă  Dieu comme une fleur se fie Ă  l’eau qui l’abreuve. Jamais l’Eternel ne m’avait laissĂ©e sans son aide. Sa main m’avait soutenue, protĂ©gĂ©e, guidĂ©e jusqu’alors. Il allait encore le faire.

18.9 Ma fille, comme elle est belle et rĂ©confortante, la foi en notre bon Dieu Ă©ternel ! Il nous prend dans ses bras comme en un berceau, nous porte comme une barque au port lumineux du Bien, nous rĂ©chauffe le coeur, nous console, nous nourrit, nous procure repos, joie et lumiĂšre, et il nous guide. La confiance en Dieu, c’est tout, et Dieu donne tout Ă  ceux qui mettent en lui leur confiance. Il se donne lui-mĂȘme.

Ce soir-lĂ , j’ai portĂ© ma confiance de crĂ©ature Ă  la perfection. Je pouvais dĂ©sormais le faire, puisque Dieu Ă©tait en moi. J’avais d’abord eu la confiance de la pauvre crĂ©ature que j’étais : toujours moins que rien, mĂȘme si j’étais celle qui est aimĂ©e au point d’ĂȘtre l’ImmaculĂ©e. Mais j’avais maintenant une confiance di­vine, car Dieu Ă©tait Ă  moi : mon Epoux, mon Fils ! Quelle joie ! Etre unie Ă  Dieu ! Non pas pour ma gloire, mais pour l’aimer dans une union totale, et pouvoir lui dire : “ Toi, toi seul qui es en moi, agis avec ta divine perfection en tout ce que je fais. ”

S’il ne m’avait pas dit : “ Tais-toi ”, j’aurais peut-ĂȘtre osĂ©, face contre terre, annoncer Ă  Joseph : “ L’Esprit est entrĂ© en moi et je porte en moi le Germe de Dieu. ” Et il m’aurait cru, parce qu’il m’estime et parce que, comme tous ceux qui ne mentent jamais, il ne pouvait croire que les autres mentent. Oui, pour lui Ă©pargner la douleur Ă  venir, j’aurais surmontĂ© ma rĂ©pugnance Ă  m’attribuer une telle louange. Mais j’ai obĂ©i au commandement de Dieu.

A partir de ce moment et des mois durant, j’ai senti la pre­miĂšre blessure me faire saigner le coeur. C’était ma premiĂšre douleur de corĂ©demptrice. Je l’ai supportĂ©e et offerte en rĂ©paration, et aussi pour vous donner une rĂšgle de vie dans des moments analogues de souffrance lorsque vous devez garder le silence sur un Ă©vĂ©nement qui vous montre sous un jour dĂ©favorable Ă  ceux qui vous aiment.

18.10 Remettez Ă  Dieu la garde de votre bonne rĂ©putation et des affections qui vous tiennent Ă  coeur. MĂ©ritez par une vie sainte la protection de Dieu, et avancez tranquillement. MĂȘme si le monde entier Ă©tait contre vous, lui vous dĂ©fendrait auprĂšs de ceux qui vous aiment et fera jaillir la vĂ©ritĂ©.

Maintenant, ma fille, repose-toi. Et sois toujours davantage ma fille. »

Détail

Marie décrit ce qu'elle a vécu aprÚs l'Annonciation.

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EMV 18.7 · Tome 1, p. 126

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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18.7 Marie dit :

« Ma chĂšre fille, Ă  la fin de l’extase qui m’avait comblĂ©e d’une joie inexprimable, j’ai retrouvĂ© mes sens de la terre ; la premiĂšre pensĂ©e, perçante comme une Ă©pine de rose, qui a traversĂ© mon coeur entourĂ© des roses de l’Amour divin devenu mon Ă©poux depuis quelques instants, fut la pensĂ©e de Joseph.

Je l’aimais dĂ©sormais, mon saint et prĂ©venant gardien. Depuis le moment oĂč la volontĂ© de Dieu, par l’intermĂ©diaire de la parole de son prĂȘtre, avait voulu que je devienne l’épouse de Joseph, j’avais pu connaĂźtre et apprĂ©cier la saintetĂ© de ce juste. A ses cĂŽtĂ©s, j’avais senti disparaĂźtre mon dĂ©sarroi d’orpheline et je n’avais plus regrettĂ© l’asile du Temple que j’avais perdu. Il avait pour moi la douceur de mon pĂšre disparu. Je me sentais autant en sĂ©curitĂ© prĂšs de lui qu’auprĂšs du prĂȘtre. Toute hĂ©sitation avait disparu, et pas cela seulement : elle s’était tellement Ă©loignĂ©e de mon coeur de vierge que je l’avais mĂȘme oubliĂ©e. J’avais compris qu’aucune hĂ©sitation, aucune crainte ne se justifiait Ă  l’égard de Joseph. La virginitĂ© que j’avais confiĂ©e Ă  Joseph Ă©tait plus en sĂ©curitĂ© qu’un enfant dans les bras de sa mĂšre.

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EMV 18.8.9-10 · Tome 1, p. 127-128

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Pendant que je priais, l’Esprit Saint dont j’étais remplie m’avait conseillĂ© : “ Tais-toi. Laisse-moi le soin de te justifier auprĂšs de ton Ă©poux. ” Quand ? Comment ? Je ne l’avais pas demandĂ©. Je m’étais toujours fiĂ©e Ă  Dieu comme une fleur se fie Ă  l’eau qui l’abreuve. Jamais l’Eternel ne m’avait laissĂ©e sans son aide. Sa main m’avait soutenue, protĂ©gĂ©e, guidĂ©e jusqu’alors. Il allait encore le faire.

(...) J’ai obĂ©i au commandement de Dieu.

A partir de ce moment et des mois durant, j’ai senti la pre­miĂšre blessure me faire saigner le coeur. C’était ma premiĂšre douleur de corĂ©demptrice. Je l’ai supportĂ©e et offerte en rĂ©paration, et aussi pour vous donner une rĂšgle de vie dans des moments analogues de souffrance lorsque vous devez garder le silence sur un Ă©vĂ©nement qui vous montre sous un jour dĂ©favorable Ă  ceux qui vous aiment.

18.10 Remettez Ă  Dieu la garde de votre bonne rĂ©putation et des affections qui vous tiennent Ă  coeur. MĂ©ritez par une vie sainte la protection de Dieu, et avancez tranquillement. MĂȘme si le monde entier Ă©tait contre vous, lui vous dĂ©fendrait auprĂšs de ceux qui vous aiment et fera jaillir la vĂ©ritĂ©.

Détail

Marie nous parle de sa douleur quand elle a dû se taire et ne rien dire à Joseph sur sa maternité. Elle l'a supportée et nous donne ainsi une leçon sur le silence.

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EMV 18.10 · Tome 1, p. 128

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

Remettez Ă  Dieu la garde de votre bonne rĂ©putation et des affections qui vous tiennent Ă  coeur. MĂ©ritez par une vie sainte la protection de Dieu, et avancez tranquillement. MĂȘme si le monde entier Ă©tait contre vous, lui vous dĂ©fendrait auprĂšs de ceux qui vous aiment et fera jaillir la vĂ©ritĂ©.

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EMV 19 · Tome 1, p. 128-130

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Titre du chapitre : Marie et Joseph se rendent à Jérusalem.

Date de la vision : Lundi 27 mars 1944

Calendrier : Mardi 19 mars de l'an -5

Lieux (carte) : Départ de Nazareth et route vers Jérusalem

Cycle : Naissance et enfance de Jésus

RĂ©sumĂ© : Joseph et Marie se mettent en route vers JĂ©rusalem. Ils partent de Nazareth avec deux Ăąnes. Joseph a apportĂ© une sorte de porte-bagage et Marie le remercie pour cette prĂ©voyance. Ils se mettent ensuite en route, alors que l'aurore pointe Ă  peine. Les deux voyageurs rencontrent alors un berger qui mĂšne son troupeau : il a dans ses bras un agneau tout juste nĂ©, qui pleure aprĂšs sa maman, mais celle-ci suit attentivement son bĂ©bĂ©. Le troupeau passe, et Joseph et Marie reprennent la route. ArrivĂ©s en pleine campagne, ils parlent peu. Les rues sont plus frĂ©quentĂ©es Ă  l'approche de hameaux, mais les Ă©poux ne font pas attention Ă  ceux qu'ils rencontrent. Ils s'arrĂȘtent juste lors d'une grande averse, qui se change en pluie fine. Joseph, attentionnĂ©, prend garde Ă  ce que Marie ne prenne pas froid. Puis, ils continuent leur pĂ©riple.

Contenu du chapitre : 19.1 : Joseph vient prendre Marie avec deux Ăąnes gris. 19.2 : Rencontre au petit matin d'un troupeau de brebis et d'un agneau. 19.3 : Cheminement tranquille sur des routes plus frĂ©quentĂ©es et arrĂȘt pour s’abriter d’un orage.

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EMV 19.1-3 · Tome 1, p. 128-129

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

19.1 J’assiste au dĂ©part de Marie, qui se rend chez Elisabeth.

Joseph est venu prendre Marie avec deux Ăąnes gris : un pour lui, l’autre pour Marie. Les deux animaux ont la selle habi­tuelle, mais Ă  l’une s’ajoute un curieux dispositif dont je comprends ensuite qu’il est destinĂ© Ă  porter la charge : c’est une espĂšce de porte-bagages sur lequel Joseph dispose un petit coffre de bois – une petite malle, dirions-nous aujourd’hui – qu’il a apportĂ© Ă  Marie pour qu’elle y mette ses vĂȘtements Ă  l’abri de la pluie.

J’entends Marie remercier vivement Joseph pour son cadeau prĂ©voyant, dans lequel elle dispose ce qu’elle enlĂšve d’un paquet qu’elle avait dĂ©jĂ  prĂ©parĂ©.

19.2 Ils ferment la porte de la maison et se mettent en route. C’est le point du jour, car je vois l’aurore rosir Ă  peine Ă  l’orient. Nazareth dort encore. Les deux voyageurs matinaux ren­contrent seulement un gardien de troupeaux qui pousse devant lui ses brebis bĂȘlantes qui trottinent l’une contre l’autre, encastrĂ©es les unes dans les autres comme autant de coins. Plus que les autres, les agneaux bĂȘlent d’une voix aiguĂ« et fine ; mĂȘme en marchant, ils voudraient chercher la mamelle de leur mĂšre. Mais les mĂšres se hĂątent vers le pĂąturage et les invitent Ă  trotter eux aussi, en dĂ©pit de leurs bĂȘlements plus pitoyables.

Marie regarde et sourit ; comme elle s’est arrĂȘtĂ©e pour laisser passer le troupeau, elle se penche sur sa selle et caresse les douces bĂȘtes, qui passent en frĂŽlant son Ăąne. Quand le berger, un agneau tout juste nĂ© dans les bras, arrive et s’arrĂȘte pour les saluer, la jeune femme rit en caressant le museau rose du petit agneau qui bĂȘle dĂ©sespĂ©rĂ©ment. Elle dit :

« Il cherche sa mĂšre. VoilĂ  ta maman, elle ne t’abandonne pas, non, mon petit. »

Et de fait, la brebis se frotte contre le berger et se dresse pour lécher son nouveau-né sur le museau.

Le troupeau passe, faisant un bruit de pluie sur les frondaisons, et laisse derriĂšre lui la poussiĂšre soulevĂ©e par tous les petits sabots qui se pressent ainsi qu’une vraie broderie de pas sur la terre du chemin.

Joseph et Marie se remettent en route. Joseph porte son grand manteau, Marie est emmitouflée dans une sorte de chùle à rayures, car la matinée est trÚs fraßche.

Ils sont maintenant en pleine campagne et cheminent cĂŽte Ă  cĂŽte. Ils parlent peu. Joseph pense Ă  ses affaires ; Marie suit avec recueillement le cours de ses pensĂ©es, elle leur sourit et sourit Ă  ce qu’elle voit lorsque, sortant un peu de sa concentration, elle regarde autour d’elle. De temps Ă  autre, elle tourne les yeux vers Joseph, et un voile de tristesse lui assombrit le visage. Puis le sourire lui revient Ă  la vue de son Ă©poux si attentif, qui parle peu et n’ouvre la bouche que pour lui demander si elle est Ă  l’aise et n’a besoin de rien.

19.3 Les routes sont maintenant frĂ©quentĂ©es par d’autres personnes, en particulier aux abords ou Ă  l’intĂ©rieur des villages. Mais ils n’accordent tous deux aucune attention Ă  ceux qu’ils rencontrent. Ils avancent sur leurs Ăąnes qui trottent avec un grand bruit de grelots, et ne s’arrĂȘtent qu’une fois, Ă  l’ombre d’un bosquet, pour manger un peu de pain avec des olives, et boire Ă  une source qui descend d’une petite grotte. Ils doivent s’arrĂȘter une seconde fois pour se mettre Ă  l’abri d’une violente averse qui s’abat Ă  l’improviste d’un gros nuage noir.

Ils se sont mis Ă  l’abri de la colline, sous la saillie d’un rocher qui les protĂšge du plus gros de la pluie. Mais Joseph veut absolument que Marie enfile son gros manteau de laine impermĂ©able, sur lequel l’eau glisse sans mouiller, et Marie doit cĂ©der Ă  l’insistance prĂ©venante de son Ă©poux. Pour la rassurer sur son sort, il se pose sur la tĂȘte une petite couverture en laine grise qui Ă©tait sur la selle, la couverture de l’ñne probablement. Le capuchon qui encadre le visage de Marie et son manteau marron fermĂ© au cou qui la couvre entiĂšrement lui donnent l’air d’un religieux.

L’averse se calme, mais fait place Ă  une pluie fine bien ennuyeuse. Ils repartent donc sur un chemin devenu trĂšs boueux. Mais c’est le printemps et aprĂšs quelque temps le soleil revient, rendant le chemin plus agrĂ©able. Les deux Ăąnes trottinent plus allĂšgrement sur la route.

Je ne vois rien de plus car la vision s’arrĂȘte lĂ .

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Luc 1, 39 : En ce jour-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.

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