« Les Judas ne constituent pas la masse, car souvent, après une vie infâme vécue dans un corps qui tient l’âme en esclavage, celle-ci triomphe sur la matière : à l’heure extrême, au seuil de la mort qui délivre l’esprit de la chair, l’âme se tourne vers Dieu dont elle a conservé le souvenir et se réfugie en lui. Et croyez-moi : il suffit en vérité d’une palpitation d’amour, de confiance et de repentir pour faire en sorte que l’eau sacrée de mes mérites descende laver le pécheur et lui apporte le salut. Ma Justice n’est pas la vôtre, et ma pitié est bien différente de la vôtre. »
4.6 Tu as vu la génération continuelle des âmes par Dieu. Imagine donc quelle devait être la beauté de cette âme que le Père avait désirée dès avant l’existence du temps, de cette âme qui faisait les délices de la Trinité qui brûlait de l’orner de ses dons pour s’en faire don à elle-même. Ô femme toute sainte que Dieu créa pour lui-même et, en second lieu, pour le salut des hommes ! Parce que tu devais porter le Sauveur, tu fus l’origine du salut. Paradis vivant, par ton sourire tu as commencé à sanctifier la terre.
L’âme créée pour être celle de la Mère de Dieu ! Lorsque cette étincelle de vie jaillit d’un tressaillement vivant de l’Amour trinitaire, les anges en éprouvèrent une joie extraordinaire, car jamais le Paradis n’avait vu une lumière aussi vive. Comme un pétale de rose céleste, un pétale immatériel et précieux qui était joyau et flamme, qui descendait animer une chair bien autrement que pour les autres et dont le feu était si puissant que le péché originel ne put l’atteindre, elle traversa les espaces et alla s’enfermer dans un sein sanctifié.
Détail
Ce passage montre que Marie est bien créée à l'instant T, il y a 2000 ans (elle n'est pas créé de toute éternité bien qu'elle soit éternellement dans la pensée de Dieu).
Annotation
Tu as vu la génération continuelle des âmes par Dieu. Dans la vision du 25 mai 1944. Voir Les cahiers de 1944.
Comme un pétale de rose céleste, un pétale immatériel et précieux qui était joyau et flamme, qui descendait animer une chair bien autrement que pour les autres. Dans l'ancienne édition, il est écrit : Comme un pétale de rose céleste, un pétale immatériel et précieux qui était joyau et flamme, qui était le souffle de Dieu, qui descendait animer une chair bien autrement que pour les autres. A propos de la partie "Souffle de Dieu" (alito di Dio). L'expression a été corrigée par Maria Valtorta sur une copie dactylographiée. Dans un premier temps, elle avait écrit "Partie de Dieu" (parte di Dio).
Quand votre âme est en état de grâce, dit le Christ, elle est "comme une fleur dans les mains de votre ange gardien, comme une fleur sous le baiser du soleil, baignée de rosée par l’Esprit Saint qui la réchauffe et l’illumine, l’arrose et la pare de célestes lumières."
Combien de vérités votre âme ne vous révèlerait-elle pas si vous saviez converser avec elle, si vous l’aimiez comme celle qui vous donne la ressemblance de Dieu, qui est Esprit comme votre âme est esprit ! Quelle grande amie vous auriez si vous aimiez votre âme au lieu de la détester au point de la tuer ! Quelle parfaite et sublime amie avec laquelle vous pourriez vous entretenir des choses du Ciel, vous qui êtes si avides de parler, alors que vous vous dégradez l’un l’autre par des amitiés qui, loin d’être toutes indignes, n’en sont pas moins presque toujours inutiles et s’étalent en flots nuisibles de vaines paroles toutes terrestres. N’ai-je pas dit : “ Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous ferons notre demeure chez lui ” ? L’âme en état de grâce possède l’amour et par-là même elle possède Dieu, c’est-à-dire le Père qui la maintient, le Fils qui l’enseigne et l’Esprit qui l’éclaire. Elle possède donc la connaissance, la science et la sagesse. Elle possède la lumière. Imaginez donc quelles sublimes conversations vous pourriez lier avec votre âme ! Ce sont elles qui ont comblé le silence des prisons, le silence des cellules, le silence des ermitages, le silence des chambres de saints malades. Elles ont réconforté les prisonniers dans l’attente du martyre, les cloîtrés à la recherche de la Vérité, les solitaires aspirant à une connaissance anticipée de Dieu, elles ont aidé les malades à supporter, que dis-je, à aimer leur croix.
Confiez votre bien éternel, votre âme, à l’Unique qui peut le garder à l’abri du démon : “ Père, entre tes mains je remets mon esprit. ” Ah ! Si, humblement et avec amour vous confiez votre âme à Dieu, il vous conduit lui-même comme un père son petit enfant, et il ne permettra pas que quoi que ce soit l’offense.
Le Christ ne combattra pas des ennemis pourvus de chars et de cavalerie, mais les ennemis de l’âme qui inclinent vers des jouissances infernales le coeur de l’homme créé pour le Seigneur.
Hommes de bonne volonté, venez à moi sans crainte. Si votre âme est blessée, je la guéris. Si elle est malade, je la rétablis. Si elle est morte, je la ressuscite. Je veux seulement votre bonne volonté.