« A qui reconnaît sa faute, s’en repent et s’en accuse avec humilité et d’un coeur sincère, Dieu pardonne. Il ne se contente pas de pardonner, il récompense. Ah, comme mon Seigneur est bon pour ceux qui sont humbles et sincères, pour ceux qui croient en lui et se fient à lui !
“ Tu nous appelles, Maître. Mais nous, nous sommes tout à fait pauvres. Que devons-nous apporter ? ” Il nous a répondu, avec un sourire à nous donner un avant-goût du Paradis : “ C’est un grand trésor que je vous demande ” ; et nous : “ Mais si nous n’avons rien ? ” Alors lui : “ Vous avez un trésor qui a sept noms, que même le plus humble peut posséder mais que le plus riche des rois peut ne pas posséder, et je le veux. Ecoutez-en les noms : charité, foi, bonne volonté, droiture d’intention, continence, sincérité, esprit de sacrifice. C’est ce que j’attends de celui qui me suit, cela seulement, et vous l’avez en vous. Ce trésor dort en vous comme la semence dans le sillon, l’hiver, mais le soleil de mon printemps en fera naître sept épis.
Lorsque vous réussissez à agir bien, ne vous en glorifiez pas comme si le mérite n’en revenait qu’à vous. Louez Dieu, patron des ouvriers apostoliques. Ayez le regard limpide et le coeur sincère pour remarquer et rendre à qui de droit la louange qui lui revient. Un regard limpide pour discerner les apôtres qui s’offrent en sacrifice et sont les premiers vrais leviers dans le travail des autres. Dieu seul les voit, ces timides qui semblent ne rien faire et sont au contraire ceux qui dérobent au Ciel le feu qui anime les audacieux. Un coeur sincère doit dire : “ Moi, je travaille, mais celui-ci a plus d’amour que moi, prie mieux que moi, s’immole comme je ne sais le faire et comme Jésus a dit :
‘ ... retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte et prie ton Père qui est là, dans le secret. ’ Moi qui vois son humble et sainte vertu, je veux la faire connaître et dire : “ Moi, je suis l’instrument actif ; lui, la force qui me permet d’agir parce que, greffé comme il l’est sur Dieu, c’est par son canal que je reçois la force d’en Haut. ”
Et la bénédiction du Père qui descend pour récompenser la personne humble qui s’immole en silence pour procurer la force aux apôtres, descendra aussi sur l’apôtre qui reconnaît sincèrement l’aide surnaturelle et silencieuse qui lui vient de cette personne, et le mérite de cet humble que les hommes superficiels ne remarquent pas.
L’humble compatit et pardonne même s’il souffre de l’offense qu’il a reçue. L’orgueilleux ne pardonne pas. Mais il se montre aussi orgueilleux en ce qu’il ne sait pas courber le front et reconnaître : “ Père, j’ai péché, pardonne à ton pauvre fils coupable. ” Or ne sais-tu pas (...) que tout sera pardonné par le Père, si le pardon est imploré d’un coeur sincère et contrit, humble et désireux de résurrection dans le bien ?
Soyez sincères. Je suis la Vérité. Dans ce qui est spirituel comme dans les réalités humaines. Je veux que vous soyez francs, vous aussi. Pourquoi user de tromperie avec moi, avec des frères, ou avec votre prochain ? Pourquoi s’amuser à tromper ? Quoi ? Orgueilleux comme vous l’êtes, n’avez-vous pas la fierté de dire : “ Je ne veux pas qu’on me découvre menteur ” ? Et soyez francs avec Dieu. Pensez-vous pouvoir le tromper par de longues prières en public ? Ah ! Mes pauvres fils ! Dieu voit le coeur !
Le Fils de l’homme ne fait pas attention au luxe de la réception et de la nourriture. Il regarde les sentiments du coeur. Le Fils de Dieu dit au Père : “ Père, bénis mes bienfaiteurs et tous ceux qui, en mon nom, sont miséricordieux pour leurs frères. ” Cela, je le dis pour toi.
Soyez francs. Comme elle est belle, la bouche de l’homme qui ne connaît pas le mensonge ! Il sera pauvre ? Il sera fruste ? Il sera inconnu ? Il l’est même ? Oui. Mais c’est toujours un roi parce qu’il est sincère. Or la sincérité est plus royale que l’or ou qu’un diadème, et elle élève au-dessus des foules plus qu’un trône ; il a enfin une cour de gens honnêtes plus nombreuse que celle d’un monarque. Le voisinage de l’homme sincère procure sécurité et réconfort. L’amitié d’un homme non sincère crée des ennuis et son seul voisinage suffit à donner une impression de malaise. Le menteur réfléchit-il qu’il est toujours tenu en suspicion puisque le mensonge a vite fait de se manifester pour mille raisons ? Comment le croire désormais ? Même s’il dit la vérité, et qu’on ne demande pas mieux que de le croire, au fond, il restera toujours un doute : “ Va-t-il encore mentir ” ?