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Entourage de Jésus

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Confort de lecture

EMV 79.1.2-3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

79.1 Jésus marche avec ses disciples sur une route, le long d’un torrent. Le long... c’est une façon de parler : le torrent est en contrebas ; en haut, le long de la côte, il y a une route en lacets, comme on en trouve souvent dans les régions montagneuses.

Jean, chargé comme un portefaix d’un gros sac bien rempli, est rouge pivoine. Judas, quant à lui, porte celui de Jésus en plus du sien. Simon a seulement le sien et les manteaux. Jésus a repris ses sandales et son vêtement. La mère de Judas a donc dû le faire laver parce qu’il n’a pas de faux plis. (...) Jésus se tourne vers Jean :

« Cela pèse lourd et c’est fatigant. Donne-moi ta charge.

– Non, Jésus, je suis entraîné et puis... la joie qu’en éprouvera Isaac me la rend plus légère.»

79.3 Ils ont contourné le coteau. A l’ombre d’un bois, sur l’autre versant, se trouvent les troupeaux d’Elie. Assis à l’ombre, les bergers les gardent. Ils voient Jésus et accourent.

« La paix soit avec vous ! Vous êtes ici ?

– Nous pensions à toi... et à cause du retard, nous nous demandions s’il fallait aller à ta rencontre ou obéir... nous avons décidé de venir jusqu’ici pour t’obéir, à toi et à notre amour en même temps. Tu aurais dû être arrivé depuis plusieurs jours.

– Nous avons dû nous arrêter...

– Mais... rien de grave ?

– Non, rien, mon ami. La mort d’un fidèle sur mon coeur. Rien d’autre. »

Judas intervient :

« Que veux-tu qu’il arrive, berger ? Quand les choses sont bien préparées... Bien sûr, il faut savoir les préparer et préparer les coeurs à les recevoir. Ma cité a rendu au Christ tous les honneurs. N’est-ce pas vrai, Maître ?

– C’est vrai. Isaac, nous sommes passés chez Sarah au retour. La cité de Yutta aussi, sans autre préparation que celle de la simple bonté et de la vérité des paroles d’Isaac, a su comprendre l’essentiel de ma doctrine et aimer, d’un amour mis en pratique, désintéressé et saint. Elle t’a envoyé vêtements et nourriture, Isaac, et tous ont voulu ajouter aux oboles restées sur ton grabat quelque chose pour toi, qui reviens dans le monde et qui manques de tout. Tiens. Je n’emporte jamais d’argent, mais dans ce cas je l’ai accepté parce qu’il est purifié par la charité.

– Non, Maître, garde-le. Je suis habitué à m’en passer.

– Désormais, il va te falloir aller dans les villages où je t’enverrai et tu en as besoin. L’ouvrier a droit à son salaire, même s’il travaille sur les âmes... car il a encore un corps à nourrir, comme l’âne qui aide son maître. Ce n’est pas grand-chose, mais tu sauras te débrouiller... Jean a dans ce sac des vêtements et des sandales. Joachim en a pris des siens. Ils seront grands... mais il y a tant d’amour dans ce don ! »

Isaac prend la besace et se retire derrière un buisson pour s’habiller. Il était encore pieds nus et vêtu de sa toge bizarre faite d’une couverture.

Détail

Les apôtres ont pris des vêtements pour le Berger qui est très pauvre. La cité de Yutta, où habitait le disciple du Christ, le leur a donné. Ils ont du retard au rendez-vous, car la mort de Saül de Kérioth les a retardés : ils devaient se purifier.

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EMV 79.2 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– Ce stupide incident nous a fait perdre plusieurs jours. Il a tout gâché... et ma mère, qui avait fait tant de préparatifs, a été déçue. Et puis je ne sais pourquoi tu as voulu t’isoler jusqu’à la purification.

– Judas, pourquoi qualifies-tu de stupide un événement qui a été une grâce pour un vrai fidèle ? Ne te souhaiterais-tu pas une telle mort à toi-même ? Toute sa vie, il avait attendu le Messie. Malgré son âge, il était déjà parti sur des chemins incommodes pour l’adorer quand on lui a dit : “ Il est là. ” Durant trente ans, il avait gardé au fond du coeur la parole de ma Mère. L’amour et la foi l’ont envahi de leurs feux à la dernière heure que Dieu lui réservait. Son coeur s’est brisé de joie, consumé comme un holocauste agréable par le feu de Dieu. Quel sort meilleur que celui-là ? Il a gâché la fête que tu avais préparée ? Vois en cela une réponse de Dieu. On ne mélange pas ce qui est de l’homme avec ce qui vient de Dieu... Ta mère, elle m’aura encore. Ce vieillard n’aurait plus pu me voir. Tout Kérioth peut encore venir au Christ, mais ce vieillard n’avait plus assez de force pour le faire. J’ai été heureux d’avoir accueilli sur mon coeur ce vieux père mourant et d’avoir recommandé son âme. Quant au reste... Pourquoi scandaliser en manifestant du mépris pour la Loi ? Pour dire : “ Suivez-moi ”, il faut marcher. Pour entraîner sur une voie sainte, il faut suivre la même voie. Comment aurais-je pu ou comment pourrais-je dire : “ Soyez fidèles ”, si j’étais moi-même infidèle ?

Détail

Saül de Kérioth est mort sur le coeur de Jésus, et il était donc impur selon la Loi. Il a dû se purifier, ce qui a visiblement retardé leur voyage. Judas déclare alors :

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EMV 79.3 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

79.3 Ils ont contourné le coteau. A l’ombre d’un bois, sur l’autre versant, se trouvent les troupeaux d’Elie. Assis à l’ombre, les bergers les gardent. Ils voient Jésus et accourent.

« La paix soit avec vous ! Vous êtes ici ?

– Nous pensions à toi... et à cause du retard, nous nous demandions s’il fallait aller à ta rencontre ou obéir... nous avons décidé de venir jusqu’ici pour t’obéir, à toi et à notre amour en même temps. Tu aurais dû être arrivé depuis plusieurs jours.

– Nous avons dû nous arrêter...

– Mais... rien de grave ?

– Non, rien, mon ami. La mort d’un fidèle sur mon coeur. Rien d’autre. »

Judas intervient :

« Que veux-tu qu’il arrive, berger ? Quand les choses sont bien préparées... Bien sûr, il faut savoir les préparer et préparer les coeurs à les recevoir. Ma cité a rendu au Christ tous les honneurs. N’est-ce pas vrai, Maître ?

– C’est vrai.

Détail

Orgueil et vanité de Judas

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EMV 79.4 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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79.4 « Maître, dit Elie, cette femme... cette femme qui se trouve dans la maison de Jean... tu étais parti depuis trois jours et nous faisions paître les troupeaux sur les prés d'Hébron – ces prés sont à tout le monde et on ne pouvait pas nous en chasser – quand cette femme nous a envoyé une servante avec cette bourse, en disant qu'elle voulait nous parler... Je ne sais pas si j'ai bien fait mais, la première fois, j'ai rendu la bourse et j'ai dit : “ Je ne veux rien entendre "... Puis, elle m'a fait dire : “ Viens, au nom de Jésus " et j'y suis allé... Elle a attendu le départ de son... bref, de l'homme dont elle est la maîtresse... Que de choses elle a voulu... oui, elle voulait savoir. Mais moi... j'ai dit peu de choses, par prudence. C'est une courtisane. Je craignais quelque piège pour toi. Elle m'a demandé qui tu es, où tu résides, ce que tu fais, si tu es un seigneur... J'ai dit : “ C'est Jésus de Nazareth. Il habite partout car c'est un maître et il enseigne dans toute la Palestine. " J'ai ajouté que tu es un homme pauvre, simple, un artisan que la Sagesse a pénétré de sagesse... Rien de plus.

– Tu as bien fait » dit Jésus.

Au même instant Judas s'écrie :

« Tu as mal fait ! Pourquoi n'as-tu pas dit que c'était le Messie et le Roi du monde ? Chasse-la, cette orgueilleuse Romaine sous l'éclat de la splendeur de Dieu !

– Elle ne m'aurait pas compris. D'ailleurs étais-je certain qu'elle était sincère ? Quand tu l'as vue, tu as dit, toi, qui elle est. Pouvais-je jeter les choses saintes – or tout ce qui touche Jésus est saint – dans sa bouche à elle ? Pouvais-je mettre Jésus en danger en lui donnant trop d'informations ? Que le mal provienne de tous les autres, mais pas de moi !

– Nous, Jean, allons proclamer qu'il est le Maître, expliquer la vérité sainte.

– Moi, non, à moins que Jésus ne me l'ordonne.

– Tu as peur ? Que veux-tu que cela te fasse ? En as-tu du dégoût ? Le Maître n'en a pas éprouvé !

– Ni peur, ni dégoût. J'ai pitié d'elle. Mais je pense que, si Jésus l'avait voulu, il aurait pu s'arrêter pour l'instruire. Il ne l'a pas fait... Il ne nous revient pas de le faire.

– A ce moment-là, elle ne montrait aucun signe de conversion... Mais maintenant...

Détail

Élie a été appelé par Aglaé à Hébron. Elle lui a donné ses bijoux. Judas a des réactions... très spontanées et propose à Jean de faire demi-tour, mais celui-ci s'y refuse, sauf si Jésus le lui ordonne.

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EMV 79.4-7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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79.4 « Maître, dit Elie, cette femme... cette femme qui se trouve dans la maison de Jean... tu étais parti depuis trois jours et nous faisions paître les troupeaux sur les prés d’Hébron – ces prés sont à tout le monde et on ne pouvait pas nous en chasser – quand cette femme nous a envoyé une servante avec cette bourse, en disant qu’elle voulait nous parler... Je ne sais pas si j’ai bien fait mais, la première fois, j’ai rendu la bourse et j’ai dit : “ Je ne veux rien entendre ”... Puis, elle m’a fait dire : “ Viens, au nom de Jésus ” et j’y suis allé... Elle a attendu le départ de son... bref, de l’homme dont elle est la maîtresse... Que de choses elle a voulu... oui, elle voulait savoir. Mais moi... j’ai dit peu de choses, par prudence. C’est une courtisane. Je craignais quelque piège pour toi. Elle m’a demandé qui tu es, où tu résides, ce que tu fais, si tu es un seigneur... J’ai dit : “ C’est Jésus de Nazareth. Il habite partout car c’est un maître et il enseigne dans toute la Palestine. ” J’ai ajouté que tu es un homme pauvre, simple, un artisan que la Sagesse a pénétré de sagesse... Rien de plus.

– Tu as bien fait » dit Jésus.

Au même instant Judas s’écrie :

« Tu as mal fait ! Pourquoi n’as-tu pas dit que c’était le Messie et le Roi du monde ? Chasse-la, cette orgueilleuse Romaine sous l’éclat de la splendeur de Dieu !

– Elle ne m’aurait pas compris. D’ailleurs étais-je certain qu’elle était sincère ? Quand tu l’as vue, tu as dit, toi, qui elle est. Pouvais-je jeter les choses saintes – or tout ce qui touche Jésus est saint – dans sa bouche à elle ? Pouvais-je mettre Jésus en danger en lui donnant trop d’informations ? Que le mal provienne de tous les autres, mais pas de moi !

– Nous, Jean, allons proclamer qu’il est le Maître, expliquer la vérité sainte.

– Moi, non, à moins que Jésus ne me l’ordonne.

– Tu as peur ? Que veux-tu que cela te fasse ? En as-tu du dégoût ? Le Maître n’en a pas éprouvé !

– Ni peur, ni dégoût. J’ai pitié d’elle. Mais je pense que, si Jésus l’avait voulu, il aurait pu s’arrêter pour l’instruire. Il ne l’a pas fait... Il ne nous revient pas de le faire.

– A ce moment-là, elle ne montrait aucun signe de conversion... Mais maintenant... 79.5Elie, fais voir la bourse. »

Et Judas renverse sur un pan de son manteau – car il s’est assis sur l’herbe – le contenu de la bourse. Anneaux, pendentifs, bracelets, un collier, tout roule : jaune d’or sur le jaune foncé du vêtement de Judas.

– Un tas de bijoux !... Qu’en faisons-nous ?

– Cela peut se vendre, estime Simon.

– Ce sont des choses compromettantes, objecte Judas qui pourtant les admire.

– Je le lui ai dit, moi aussi, en les prenant. J’ai ajouté : “ Ton maître va te battre. ” Elle m’a répondu : “ Ce ne sont pas ses affaires ; c’est à moi. J’en fais ce que je veux. Je sais que c’est l’or du péché... mais il sera purifié s’il sert pour qui est pauvre et saint. Pour qu’il se souvienne de moi ”, et elle pleurait.

– Vas-y, Maître.

– Non.

– Envoie Simon.

– Non.

– Alors, j’y vais, moi.

– Non. »

Les “ non ” de Jésus sont secs et impérieux.

« Ai-je mal fait, Maître, de lui parler et d’accepter cet or ? demande Elie qui voit Jésus soucieux.

– Tu n’as pas mal agi, mais il n’y a rien de plus à faire.

79.6 – Mais peut-être cette femme veut-elle se racheter et a-t-elle besoin qu’on l’instruise, objecte encore Judas.

– En elle se trouvent déjà bien des étincelles capables d’allumer l’incendie dans lequel son vice peut se consumer, laissant son âme à nouveau redevenue vierge par l’effet du repentir. Il y a peu de temps, je vous ai parlé du levain qui agit sur toute la pâte et en fait un pain sanctifié. Ecoutez une courte parabole.

Cette femme, c’est la farine, une farine où le Malin a mélangé ses poussières d’enfer. Moi, je suis le levain : cela signifie que ma parole est le levain. Mais s’il y a trop de son dans la farine, ou si on y a mélangé des graviers et du sable, et de la cendre encore en plus, peut-on faire du pain, même si le levain est excellent ? Non. Il faut extraire patiemment de la farine, son, cendres, gravier et sable. La miséricorde passe et offre le crible... Le premier : il est fait de courtes vérités fondamentales. Il est nécessaire qu’elles soient comprises par la personne prise dans le filet d’une complète ignorance, du vice, des erreurs du paganisme. Si l’âme les accueille, elle commence sa première purification.

La seconde arrive par le crible de l’âme elle-même, qui confronte son être avec l’Etre qui s’est manifesté. Elle a horreur d’elle-même et commence son travail. Par une opération toujours plus précise, après les pierres, après le sable, après la cendre, elle en arrive aussi à enlever ce qui est déjà de la farine, mais avec des grains encore grossiers, trop grossiers pour donner un pain excellent. A ce moment-là, tout est prêt. Alors la miséricorde revient et se mélange à cette farine préparée – cela aussi est préparation, Judas –, elle la fait lever et la transforme en pain. Mais c’est une longue opération qui requiert la “ volonté ” de l’âme.

Cette femme... cette femme possède déjà en elle-même ce minimum qu’il était juste de lui donner et qui peut lui servir à accomplir son travail. Laissons-la faire, si elle le veut, sans la troubler. Tout est trouble pour l’âme qui travaille sur soi : la curiosité, le zèle inconsidéré, les intransigeances aussi bien qu’une pitié exagérée.

79.7 – Alors, nous n’y allons pas ?

– Non, et pour que nul d’entre vous n’en soit tenté, nous partons tout de suite. Dans le bois, il y a de l’ombre. Nous ferons halte au fond de la vallée du Térébinthe et, là, nous nous séparerons. Elie retournera à ses pâturages avec Lévi, pendant que Joseph m’accompagnera jusqu’au gué de Jéricho. Puis... nous nous retrouverons encore. Toi, Isaac, continue ce que tu as fait à Yutta et va d’ici à Docco en passant par Arimathie et Lydda. Nous nous retrouverons là-bas. Il y a la Judée à préparer et tu sais comment t’y prendre : comme tu l’as fait à Yutta.

– Et nous ?

– Vous, vous viendrez, comme je l’ai dit, pour voir ma préparation. Moi aussi, je me suis préparé à la mission.

– En allant chez un rabbi ?

– Non.

– Auprès de Jean-Baptiste ?

– Je n’en ai reçu que le baptême.

– Et alors ?

– Bethléem a parlé par les pierres et les coeurs. Là aussi, où je te conduis, Judas, les pierres, et un coeur, le mien, parleront et répondront à ta question. »

Détail

Élie a été appelé par Aglaé à Hébron. Elle lui a donné ses bijoux. Judas a des réactions... très spontanées et propose de faire demi-tour, mais Jésus s'y refuse et leur donne une parabole sur la pécheresse.

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EMV 79.6 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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– Peut-être cette femme veut-elle se racheter et a-t-elle besoin qu’on l’instruise, objecte encore Judas.

– En elle se trouvent déjà bien des étincelles capables d’allumer l’incendie dans lequel son vice peut se consumer, laissant son âme à nouveau redevenue vierge par l’effet du repentir. Il y a peu de temps, je vous ai parlé du levain qui agit sur toute la pâte et en fait un pain sanctifié. Ecoutez une courte parabole.

Cette femme, c’est la farine, une farine où le Malin a mélangé ses poussières d’enfer. Moi, je suis le levain : cela signifie que ma parole est le levain. Mais s’il y a trop de son dans la farine, ou si on y a mélangé des graviers et du sable, et de la cendre encore en plus, peut-on faire du pain, même si le levain est excellent ? Non. Il faut extraire patiemment de la farine, son, cendres, gravier et sable. La miséricorde passe et offre le crible... Le premier : il est fait de courtes vérités fondamentales. Il est nécessaire qu’elles soient comprises par la personne prise dans le filet d’une complète ignorance, du vice, des erreurs du paganisme. Si l’âme les accueille, elle commence sa première purification.

La seconde arrive par le crible de l’âme elle-même, qui confronte son être avec l’Etre qui s’est manifesté. Elle a horreur d’elle-même et commence son travail. Par une opération toujours plus précise, après les pierres, après le sable, après la cendre, elle en arrive aussi à enlever ce qui est déjà de la farine, mais avec des grains encore grossiers, trop grossiers pour donner un pain excellent. A ce moment-là, tout est prêt. Alors la miséricorde revient et se mélange à cette farine préparée – cela aussi est préparation, Judas –, elle la fait lever et la transforme en pain. Mais c’est une longue opération qui requiert la “ volonté ” de l’âme.

Cette femme... cette femme possède déjà en elle-même ce minimum qu’il était juste de lui donner et qui peut lui servir à accomplir son travail. Laissons-la faire, si elle le veut, sans la troubler. Tout est trouble pour l’âme qui travaille sur soi : la curiosité, le zèle inconsidéré, les intransigeances aussi bien qu’une pitié exagérée.

Détail

Jésus donne une parabole en lien avec Aglaé.

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EMV 79.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Nous ferons halte au fond de la vallée du Térébinthe et, là, nous nous séparerons. Elie retournera à ses pâturages avec Lévi, pendant que Joseph m’accompagnera jusqu’au gué de Jéricho. Puis... nous nous retrouverons encore. Toi, Isaac, continue ce que tu as fait à Yutta et va d’ici à Docco en passant par Arimathie et Lydda. Nous nous retrouverons là-bas. Il y a la Judée à préparer et tu sais comment t’y prendre : comme tu l’as fait à Yutta.

Détail

Jésus donne ses instructions après avoir retrouvé Élie et Isaac.

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EMV 79.7 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

– Et nous ?

– Vous, vous viendrez, comme je l’ai dit, pour voir ma préparation. Moi aussi, je me suis préparé à la mission.

– En allant chez un rabbi ?

– Non.

– Auprès de Jean-Baptiste ?

– Je n’en ai reçu que le baptême.

– Et alors ?

– Bethléem a parlé par les pierres et les coeurs. Là aussi, où je te conduis, Judas, les pierres, et un coeur, le mien, parleront et répondront à ta question. »

Détail

Jésus donne ses instructions aux bergers Élie, Lévi, Joseph et Isaac après les avoir retrouvés. À ce moment-là, Judas intervient et demande ce que le groupe apostolique va faire.

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EMV 79.8 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Elie, qui a apporté du lait et du pain noir, dit :

« Pendant mon attente, j’ai cherché, et Isaac avec moi, à convaincre les habitants d’Hébron... Mais ils ne croient qu’à Jean, ne jurent que par lui, ne veulent que lui. C’est “ leur saint ” et ils n’en veulent pas d’autre.

– C’est là un péché commun à beaucoup de villes et à beaucoup de croyants, présents et futurs. Ils regardent l’ouvrier et non pas le patron qui a envoyé l’ouvrier. Ils posent des questions à l’ouvrier sans même lui dire : “ Dis cela à ton patron. ” Ils oublient que, s’il y a un ouvrier, il y a forcément un patron et que c’est le patron qui instruit l’ouvrier et le rend apte au travail. Ils oublient que l’ouvrier peut intercéder, mais qu’un seul peut accorder : le patron. Dans ce cas-là, Dieu et son Verbe avec lui. Peu importe. Le Verbe en éprouve de la douleur, mais pas de rancoeur. Partons. »

La vision se termine là.

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EMV 80.2-3.5 · Tome 2

L’Evangile tel qu'il m'a été révélé

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Citation

La voix de Jésus vient me secouer : « Nous voici arrivés là où je voulais. » Je me retourne. Je le vois derrière moi, en compagnie de Jean, Simon et Judas, près de la pente rocheuse de la montagne, là où arrive un sentier... il vaudrait mieux dire : là où un long travail des eaux, à la saison des pluies, a érodé le calcaire, creusant au cours des siècles un canal à peine dessiné qui sert à l’écoulement des eaux venant des sommets et qui est maintenant un chemin pour les chèvres sauvages plutôt que pour les hommes.

Jésus regarde autour de lui et répète :

« Oui, c’est là que je voulais vous amener. C’est là que le Christ s’est préparé à sa mission.

– Mais il n’y a rien, ici !

– Il n’y a rien, tu l’as dit.

– Avec qui étais-tu ?

– Avec mon âme et avec le Père.

– Ah, c’était une halte de quelques heures !

– Non, Judas, pas de quelques heures, mais de plusieurs jours...

– Mais qui te servait ? Où as-tu dormi ?

– J’avais pour serviteurs les onagres qui, la nuit, venaient dormir dans leur tanière... dans celle-ci où, moi aussi, je m’étais réfugié. J’avais à mon service les aigles qui m’annonçaient : “ Il fait jour ” de leur cri perçant quand ils partaient en chasse. J’avais pour amis les petits lièvres qui venaient brouter les herbes sauvages, pour ainsi dire à mes pieds... Ma nourriture et ma boisson, c’était ce qui est nourriture et boisson pour les fleurs du désert : la rosée de la nuit, la lumière du soleil. Rien d’autre.

– Mais pourquoi ?

– Pour bien me préparer, comme tu dis, à ma mission. Les choses bien préparées réussissent bien. C’est toi qui l’as dit. Et mon affaire n’était pas la petite et vaine affaire de me mettre en avant, moi, le Serviteur du Seigneur, mais de faire comprendre aux hommes qui est le Seigneur et ainsi de le faire aimer en esprit de vérité. Pauvre serviteur du Seigneur qui pense à son triomphe et non à celui de Dieu ! Qui cherche à en tirer profit, qui songe à s’élever sur un trône fabriqué... fabriqué avec les intérêts de Dieu, avilis jusqu’à traîner par terre, eux qui sont des intérêts célestes. Celui-là n’est plus un serviteur, même s’il en garde l’aspect extérieur. C’est un marchand, un trafiquant, un être faux qui se trompe lui-même, qui trompe les hommes et voudrait tromper Dieu... un malheureux qui se prend pour un prince, mais est un esclave... Esclave du démon, son roi et son maître de mensonge. Ici, dans cette tanière, le Christ a vécu de mortifications et de prière pendant bien des jours pour se préparer à sa mission.

80.3 Et où voudrais-tu que je sois allé me préparer, Judas ? »

Judas est perplexe, désorienté. Il répond finalement :

« Mais je ne sais pas... Je pensais... chez quelque rabbi... auprès des esséniens... Je ne sais.

– Mais pouvais-je trouver un rabbi qui m’en apprenne davantage que ce que me révélaient la puissance et la sagesse de Dieu ? moi, le Verbe éternel du Père, j’étais présent quand le Père créa l’homme et je sais de quelle âme immortelle et animée, de quelle capacité de libre jugement le Créateur l’a doté. Comment aurais-je donc pu aller chercher science et compréhension chez des gens qui nient l’immortalité de l’âme en niant la résurrection finale, qui nient le libre arbitre de l’homme en renvoyant dos à dos vertus et vices, actions saintes et mauvaises réglées par une destinée qu’ils disent fatale et invincible ? Ah non ! (...)

80.5 C’est ici que je suis venu. J’ai pris mon âme de Fils de l’homme et me la suis travaillée par les ultimes touches, terminant le labeur de trente années d’anéantissement et de préparation pour aborder avec perfection mon ministère. Maintenant, je vous demande de rester avec moi quelques jours dans cette tanière. Ce séjour sera toujours moins désolé car nous serons quatre amis pour nous défendre contre les tristesses, les peurs, les tentations, les besoins de la chair. Moi, j’étais seul. Ce sera moins pénible parce que maintenant c’est l’été, et ici, en altitude, le vent des sommets tempère la chaleur. Moi, j’y suis venu à la fin de la lune de Tebet et le vent qui descendait des neiges du sommet était glacial. Ce séjour sera moins torturant parce que plus court et parce que nous avons maintenant ce minimum de nourriture qui peut apaiser notre faim. Et, dans les gourdes que je vous ai fait donner par les bergers, il y a assez d’eau pour ce court séjour. Moi... Moi, j’ai besoin d’arracher deux âmes à Satan. Il n’y a que la pénitence qui puisse en venir à bout. Je vous demande de l’aide. Cela servira aussi à votre formation. Vous apprendrez comment on arrache les proies à Mammon : moins par les mots que par le sacrifice... Les mots !... Le vacarme satanique empêche qu’on les écoute... Les âmes qui sont la proie de l’Ennemi sont emportées dans un tourbillon de voix infernales... Voulez-vous rester avec moi ? Mais si vous, vous ne voulez pas, partez. Moi je reste. Nous nous retrouverons à Tecua, près du marché.

– Non, Maître, je ne t’abandonne pas » dit Jean, pendant qu’en même temps Simon s’écrie :

« C’est pour nous élever que tu nous veux avec toi dans cette rédemption. »

Judas... ne me paraît pas très enthousiaste, mais il fait bonne figure au... destin et dit :

« Moi, je reste.

– Prenez alors les gourdes, les sacs et portez-les à l’intérieur et, avant que le soleil ne soit brûlant, coupez du bois et entassez-le près de l’ouverture. La nuit est froide ici, même en été, et toutes les bêtes ne sont pas inoffensives. Allumez tout de suite une branche de cette plante d’acacia gommeux. Cela brûle bien. Nous regarderons dans les fissures pour chasser par le feu aspics et scorpions. Allez-y »...

Détail

Le Christ s'est préparé à sa mission.

Tebet : Mois à cheval sur décembre et janvier.

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