EMV 603.6 · Tome 10
L’Evangile tel qu'il m'a été révélé
Détail
Jésus est tenté par Satan principalement à deux reprises : lorsqu'il était au désert et juste avant sa Passion
Notes du thème
EMV 603.6 · Tome 10
Jésus est tenté par Satan principalement à deux reprises : lorsqu'il était au désert et juste avant sa Passion
EMV 604.33-34 · Tome 10
« Avance, que je te montre au peuple. »
Jésus, bien que brisé, se redresse avec dignité. Oh ! comme il est vraiment roi !
« Ecoutez, Hébreux. L’homme est ici, je l’ai puni. Mais maintenant laissez-le aller.
– Non, non ! Nous voulons le voir ! Dehors ! Nous voulons voir le blasphémateur !
– Conduisez-le dehors et veillez à ce qu’on ne s’empare pas de lui. »
Et pendant que Jésus sort dans le vestibule et se montre dans le carré des soldats, Ponce Pilate le désigne de la main en disant :
« Voici l’homme. Voici votre roi. Cela ne suffit pas encore ? »
Le soleil d’une journée accablante, qui maintenant descend presque à pic — nous sommes juste entre tierce et sexte —, éclaire et met en relief les regards et les visages. Est-ce que ce sont des hommes ? Non, des hyènes enragées. Ils crient, montrent le poing, demandent la mort...
Jésus se tient debout. Et je vous assure que jamais il n’a eu une telle noblesse, pas même quand il faisait les miracles les plus puissants. Noblesse de la souffrance. Mais il est tellement divin que cela suffirait à le marquer du nom de Dieu. Mais pour dire ce nom, il faut être au moins des hommes. Or il n’y a pas d’hommes à Jérusalem aujourd’hui, seulement des démons.
Jésus tourne les yeux vers la foule, cherche, découvre quelques amis dans cette mer de visages haineux. Combien ? Moins de vingt amis parmi les milliers d’ennemis... Alors il incline la tête, frappé par cet abandon. Une larme tombe... puis une autre... encore une... La vue de ses pleurs ne suscite pas la pitié, mais une haine encore plus forte.
604.33 On le ramène dans l’atrium.
« Alors ? Laissez-le aller. C’est justice.
– Non. A mort ! Crucifie-le.
– Je vous donne Barabbas.
– Non. Le Christ !
– Dans ce cas, chargez-vous-en. Prenez sur vous de le crucifier, car moi je ne trouve aucune faute en lui qui justifie que je le fasse.
– Il s’est proclamé Fils de Dieu. Notre loi prescrit la mort pour celui qui se rend coupable d’un tel blasphème. »
Pilate devient pensif. Il rentre, et s’assied sur son petit trône. Il met la main à son front, son coude sur son genoux, et il scrute Jésus.
« Approche-toi » dit-il.
Jésus s’avance au pied de l’estrade.
« Est-ce vrai ? Réponds. »
Jésus se tait.
« D’où viens-tu ? Qu’est-ce que Dieu ?
– C’est le Tout.
– Et puis ? Que veut dire le Tout ? Qu’est le Tout pour l’homme qui meurt ? Tu es fou... Dieu n’existe pas. Moi, j’existe. »
Jésus se tait. Il a prononcé la grande parole à dire, puis il recommence à s’envelopper de silence.
604.34 Quelqu’un annonce :
« Ponce : l’affranchie de Claudia Procula demande à entrer. Elle a un écrit pour toi.
– Voici que les femmes s’en mêlent ! Qu’elle entre. »
Une Romaine entre et s’agenouille pour présenter une tablette de cire. Ce doit être celle où Procula prie son mari de ne pas condamner Jésus. La femme se retire à reculons pendant que Pilate lit.
« On me conseille d’éviter ton homicide. Est-ce vrai que tu es plus grand qu’un haruspice ? Tu me fais peur. »
Jésus se tait.
« Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te libérer ou de te crucifier ?
– Tu n’aurais aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en-haut. Aussi celui qui m’a mis entre tes mains est-il plus coupable que toi.
– Qui est-ce ? Ton Dieu ? J’ai peur... »
Jésus se tait. Pilate est sur des charbons ardents : il voudrait et ne voudrait pas. Il craint le châtiment de Dieu, il craint celui de Rome, il craint la vengeance des Juifs. Un moment, c’est la peur de Dieu qui l’emporte. Il va sur le devant de l’atrium et dit d’une voix tonitruante :
« Il n’est pas coupable.
– Si tu dis cela, tu es l’ennemi de César. Celui qui se fait roi est son ennemi. Tu veux libérer le Nazaréen. Nous en informerons César. »
Pilate est pris par la peur de l’homme.
« Vous voulez sa mort, en somme ? Soit ! Mais que le sang de ce juste ne soit pas sur mes mains. »
Et, s’étant fait apporter un bassin, il se lave les mains en présence du peuple, qui paraît pris de frénésie et crie :
« Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants. Nous ne le craignons pas. A la croix ! A la croix ! »
604.35 Ponce Pilate retourne sur son trône, il appelle le centurion Longinus et un esclave. Il se fait apporter par l’esclave une table sur laquelle il pose une pancarte et y fait écrire : “ Jésus de Nazareth, Roi des Juifs. ” Puis il la montre au peuple. Beaucoup s’exclament :
« Non, pas cela : pas roi des Juifs, mais : il s’est dit le roi des Juifs.
– Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit » déclare durement Pilate.
Puis, debout, il étend les mains les paumes en avant et en bas et ordonne :
« Qu’il aille à la croix. Soldat, va préparer la croix. » (Ibis ad crucem ! I, miles, expedi crucem).
Puis il descend, sans même plus se retourner vers la foule agitée, ni vers le pâle Condamné. Il sort...
Jésus reste au milieu de l’atrium sous la garde des soldats, attendant la croix.
Discussion avec Jésus
EMV 605.5 · Tome 10
« Oui, par Satan ! Oui, je veux le toucher. Je n’ai pas peur ! Je n’ai pas peur ! »
Il a beau le prétendre, la terreur lui fait claquer des dents, et le bruit d’une branche d’olivier, remuée par le vent, qui heurte un tronc voisin au-dessus de sa tête le fait crier de nouveau. Il trouve néanmoins le courage de saisir le manteau. Et il rit, d’un rire de fou, de démon, un rire hystérique, saccadé, lugubre, qui n’en finit pas, car il a vaincu sa peur. Il s’exclame :
« Tu ne m’effraies plus, Christ. Tu ne m’effraies plus. Je te craignais beaucoup, car je te croyais Dieu et fort. Maintenant tu ne me fais plus peur, car tu n’es pas Dieu. Tu n’es qu’un pauvre fou, un faible. Tu n’as pas su te défendre. Tu ne m’as pas réduit en cendres, comme tu n’as pas lu dans mon coeur la trahison. Mes peurs !... Quel sot ! Quand tu parlais, même hier soir, je croyais que tu savais. Tu ne savais rien. C’était ma peur qui donnait un sens prophétique à tes paroles ordinaires. Tu n’es rien. Tu t’es laissé vendre, désigner, prendre comme une souris dans son trou. Ta puissance ! Ton origine ! Ha ! Ha ! Ha ! Quel bouffon ! Celui qui est fort, c’est Satan ! Il est plus fort que toi. Il t’a vaincu ! Ha ! Ha ! Ha ! Le prophète ! Le Messie ! Le Roi d’Israël ! Et tu m’as assujetti pendant trois années ! Avec continuellement la peur au ventre ! Et je devais mentir pour te tromper avec finesse quand je voulais profiter de la vie ! Mais même si j’avais volé et forniqué sans toute l’astuce que je mettais en oeuvre, tu ne m’aurais rien fait. Poltron ! Fou ! Lâche ! Tiens ! Tiens ! Tiens ! J’ai eu tort de ne pas agir envers toi comme je le fais à l’égard de ton manteau pour me venger du temps où tu m’as tenu esclave par la peur. Peur d’un lapin !... Tiens ! Tiens ! Tiens ! »
Judas n'a pas peur de Dieu, il ne le craint pas.
EMV 605.8 · Tome 10
Judas regrette d'avoir trahi Jésus.
Usage du mot Eucharistie
EMV 605.13 · Tome 10
Suicide de Judas
EMV 605.14 · Tome 10
En vérité, je vous dis que si l’Enfer n’avait pas déjà existé, et si ses tourments n’avaient pas déjà été parfaits, il aurait été créé pour Judas encore plus horrible et éternel, parce que de tous les pécheurs et de tous les damnés, il est le plus damné et le plus pécheur. Dans toute l’éternité, il n’y aura jamais d’adoucissement de sa condamnation.
Le remords aurait pu aussi le sauver, s’il avait fait du remords un repentir. Mais il n’a pas voulu se repentir. Au premier crime de trahison, encore pardonnable à cause de ma grande miséricorde — c’est une faiblesse que m’impose mon amour —, il a joint les blasphèmes, les résistances aux voix de la grâce qui voulaient encore lui parler par l’intermédiaire des souvenirs, des terreurs, par l’intermédiaire de mon sang et de mon manteau, par l’intermédiaire de mon regard, des traces de l’institution de l’Eucharistie, des paroles de ma Mère.
Il a résisté à tout. Il a voulu résister, comme il avait voulu trahir. Comme il a voulu maudire, comme il a voulu se suicider.
EMV 605.17 · Tome 10
Il est le plus grand des pécheurs
EMV 606.3 · Tome 10
Elle (Marie) ne s’est pas bornée à repousser Satan, elle l’a vaincu par une volonté d’obéissance, d’amour, de chasteté, tellement profonde que le Maudit en a été écrasé et dompté
Marie écrase Satan par sa volonté d'obéissance, d'amour et de chasteté.
EMV 609.13 · Tome 10
Traduction en cours
EMV 609.14 · Tome 10
« Seigneur, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton royaume. Pour moi, il est juste que je souffre ici. Mais accorde-moi miséricorde et paix dans l’autre vie. Un jour, je t’ai entendu parler et, dans ma folie, j’ai repoussé ta parole. Je m’en repens maintenant. Je me repens de mes péchés devant toi, Fils du Très-Haut. Je crois que tu viens de Dieu. Je crois en ton pouvoir. Je crois en ta miséricorde. Christ, pardonne-moi au nom de ta Mère et de ton Père très saint. »
Jésus se tourne et le regarde avec une profonde pitié. Avec un sourire encore très beau sur sa pauvre bouche torturée, il déclare :
« Je te le dis : aujourd’hui, tu seras avec moi au Paradis. »
Le larron repenti se calme et, ne sachant plus les prières apprises pendant son enfance, il répète comme une oraison jaculatoire :
« Jésus de Nazareth, roi des Juifs, aie pitié de moi. Jésus de Nazareth, roi des Juifs, j’espère en toi. Jésus de Nazareth, roi des Juifs, je crois à ta divinité. »
Dismas se repend et Jésus lui dit qu'il ira au Paradis.