Nous ferons halte au fond de la vallée du Térébinthe et, là, nous nous séparerons. Elie retournera à ses pâturages avec Lévi, pendant que Joseph m’accompagnera jusqu’au gué de Jéricho. Puis... nous nous retrouverons encore. Toi, Isaac, continue ce que tu as fait à Yutta et va d’ici à Docco en passant par Arimathie et Lydda. Nous nous retrouverons là-bas. Il y a la Judée à préparer et tu sais comment t’y prendre : comme tu l’as fait à Yutta.
Détail
Jésus donne ses instructions après avoir retrouvé Élie et Isaac.
« Que la paix soit avec vous » dit Jésus en levant les bras comme pour les étreindre. Et il précise : « Que la paix soit avec vous, Siméon, Jean et Mathias, mes fidèles et les fidèles de Jean le prophète ! Paix à toi, Joseph », puis il l’embrasse sur la joue. Les trois autres sont maintenant à genoux. « Venez, mes amis, sous ces arbres, sur la grève du fleuve, et parlons. »
Ils descendent et Jésus s’assied sur une souche qui dépasse, les autres par terre. Jésus sourit et les regarde très attentivement, un par un :
« Laissez-moi connaître vos visages. Vos âmes, je les connais déjà, comme des âmes de justes qui recherchent le bien qu’ils aiment, contre tous les intérêts du monde. Je vous apporte le salut d’Isaac, d’Elie et de Lévi. Et un autre salut : celui de ma Mère.
Détail
Jésus va à la rencontre des bergers Matthias, Siméon, et Jean.
« Les bergers arrivent. Ne troublons pas leurs âmes par des querelles entre nous. Tu as compté l’argent ? Cela suffit. Achève toute cette affaire comme tu l’as entreprise et, je te le répète, si possible, à l’avenir ne mens pas, même pour faciliter une bonne action... »
82.5 Les bergers entrent.
« Mes amis, voilà ici dix talents et demi. Il manque seulement cent deniers que Judas a prélevés pour les dépenses de logement. Prenez.
– Tu donnes tout ? demande Judas.
– Tout. Je ne veux pas garder le moindre sou de cet argent. Nous avons l’obole de Dieu et de ceux qui cherchent Dieu honnêtement ... et il ne nous manquera jamais l’indispensable. Tu peux en être sûr. Prenez et soyez heureux, comme je le suis, pour Jean-Baptiste. Demain, vous irez à sa prison. Deux d’entre vous : Jean et Mathias. Siméon ira avec Joseph trouver Elie pour tout lui rapporter et se renseigner pour l’avenir. Elie sait. Puis Joseph reviendra avec Lévi. Le rendez-vous sera dans dix jours près de la Porte des Poissons à Jérusalem, à la première heure. Et maintenant, mangeons et prenons du repos. Demain, de bon matin, je pars avec les miens. Je n’ai rien d’autre à vous dire pour l’instant. Plus tard, vous aurez de mes nouvelles. »
La scène disparaît au moment où Jésus fait la fraction du pain.
Détail
Judas a raconté comment il a récupéré dix talents et demi grâce à la vente des bijoux d'Aglaé.
Au vu de ce qui est dit dans l'EMV 83.3, peut-être que le Jean mentionné est Jean de Zébédée. A confirmer.
85.1 Jésus est à Jérusalem avec Simon. Ils fendent la foule des marchands et des ânes qui ressemble à une procession dans la rue. Ce faisant, Jésus dit :
« Montons au Temple avant d’aller à Gethsémani. Nous prierons le Père dans sa Maison.
– Cela seulement, Maître ?
– Cela seulement. Je ne puis rester. Demain à l’aube, il y a le rendez-vous à la Porte des Poissons et, si la foule me retient, comment puis-je être libre d’y aller ? Je veux voir les autres bergers. Je les dissémine, ces vrais bergers, à travers la Palestine pour qu’ils rassemblent les brebis et pour que le Maître du troupeau soit connu au moins de nom. Ainsi, quand je dirai ce nom, elles sauront que c’est moi le Maître du troupeau et elles viendront à moi pour se faire caresser.
– Il est doux d’avoir un Maître comme toi. Les brebis t’aimeront.
– Les brebis... mais pas les boucs...
Détail
Jésus veut être à la Porte des Poissons facilement pour voir les Bergers, à qui il a donné rendez-vous dans l'EMV 82. Ils doivent en effet le revoir pour dire si la libération de Jean-Baptiste s'est bien passée.
86.3 – Judas tarde, et les bergers aussi, constate Simon.
– Tu attends quelqu'un, Galiléen ? demande le soldat qui a écouté le discours avec attention.
– Des amis.
– Viens à l'ombre, dans l'entrée. Le soleil tape dur dès les premières heures. (...)
Jésus se tient dans la pénombre de l'entrée, Jean est tourné vers la ville, Simon est assis sur une pierre qui lui sert de banquette.
Détail
Les bergers ne sont pas nommés, mais si l'on croit l'EMV 82.5, il doit s'agir de Lévi et de Joseph, car Jésus dit quatre chapitres plus tôt : "Joseph reviendra avec Lévi. Le rendez-vous sera dans dix jours près de la Porte des Poissons à Jérusalem, à la première heure."
86.4 – Maître, voici Judas avec les bergers et des femmes. Si j’y vois clair, c’est la jeune fille d’hier, dit Jean.
(...)
Judas et les bergers sont arrivés sous le porche.
« Paix à vous tous » dit Jésus.
Il voudrait ajouter autre chose, mais une toute jeune fille, maigre et souriante, fend le groupe et se jette à ses pieds :
« Ta bénédiction encore sur moi, Maître et Sauveur, et en plus un baiser pour toi ! »
Et elle lui baise les mains.
« Va, sois heureuse, montre-toi bonne : bonne fille, puis bonne épouse et bonne mère. Enseigne à tes futurs enfants mon nom et ma doctrine. Paix à toi et à ta mère. Paix et bénédiction à tous les amis de Dieu. Paix aussi à toi, Alexandre. »
Jésus s’éloigne.
86.5 « Nous sommes en retard. Mais nous avons été assiégés par ces femmes, explique Judas. Elles étaient à Gethsémani et voulaient te voir. Nous y étions allés – moi et les autres à notre insu – pour faire route avec toi. Mais tu étais déjà parti et, à ta place, on n’a vu qu’elles. Nous voulions les quitter... mais elles étaient plus collantes que des mouches. Elles voulaient savoir plein de choses... As-tu guéri la petite fille ?
– Oui.
– Et tu as parlé au Romain [Alexandre] ?
– Oui, c’est un coeur honnête, et il cherche la vérité... »
Détail
Les bergers ne sont pas nommés, mais si l'on croit l'EMV 82.5, il doit s'agir de Lévi et de Joseph, car Jésus dit quatre chapitres plus tôt : "Joseph reviendra avec Lévi. Le rendez-vous sera dans dix jours près de la Porte des Poissons à Jérusalem, à la première heure."
– (...) Et vous, quelles nouvelles m’apportez-vous ? demande-t-il aux bergers.
– Elie te salue ; il t’envoie un peu de nourriture et te dit de ne pas l’oublier.
– Ah, je porte mes amis dans mon coeur ! Allons jusqu’à ce petit village dans la campagne. Nous nous remettrons en route dans la soirée. Je suis heureux d’être avec vous, d’aller trouver ma Mère et d’avoir parlé de la vérité à un homme honnête. Oui, je suis heureux. Si vous saviez ce que c’est pour moi que d’accomplir ma mission et de voir que les coeurs y viennent – c’est-à-dire viennent au Père –, ah ! Comme vous me suivriez toujours davantage spirituellement ! »
Je ne vois rien de plus.
Détail
Jésus vient de parler à Judas, puis il se tourne vers les Bergers présents. Normalement, seuls Lévi et Joseph sont présents, mais ils ne sont pas nommés dans le chapitre.
88.1 Jésus, accompagné de Lévi et de Jean, chemine au chant des grillons sur un petit sentier, au milieu de champs brûlés tout en chaume. Suivent Joseph, Judas et Simon, en groupe.
Il fait nuit, mais on ne sent pas la moindre fraîcheur. La terre est un feu qui continue de brûler, même après l’incendie du jour. La rosée ne peut rien sur ces terres desséchées. Je crois qu’elle s’évapore avant même de toucher le sol, si grande est la chaleur qui se dégage des sillons et des crevasses du sol.
Tous se taisent, épuisés et en sueur. Mais je vois Jésus sourire. La nuit est claire, bien que la lune, qui va se coucher, luise à peine à l’orient.
« Tu crois qu’il sera là ? demande Jésus à Lévi.
– Certainement. A cette époque, les moissons sont rentrées et la récolte des fruits n’est pas encore commencée. Les paysans sont donc occupés à surveiller les vignobles et les pommeraies contre les voleurs, et ils ne s’en écartent pas, surtout quand les patrons sont exigeants comme celui de Jonas. La Samarie est proche et quand ces renégats le peuvent... ils nous pillent volontiers, nous qui venons d’Israël. Ne savent-ils pas qu’après cela, les serviteurs passent à la bastonnade ? Bien sûr qu’ils le savent, mais ils nous haïssent, voilà tout.
– N’aie pas de rancoeur, Lévi, dit Jésus.
– Non. Mais tu verras comment par leur faute Jonas fut mis à mal il y a cinq ans. Depuis lors il passe la nuit à monter la garde. Car la flagellation est un supplice cruel...
– C’est encore loin ?
– Non, Maître, regarde, là où finit cette terre désolée et où se trouve une tache sombre. Ce sont les pommeraies de Doras, le dur pharisien. Si tu permets, je te précède pour me faire reconnaître par Jonas.
– Et tu guéris aussi les malades ? Lévi m’a parlé d’Isaac. Ce miracle lui est-il réservé parce qu’il est ton berger, ou bien y en aura-t-il pour tous ?
– Pour les bons, le miracle est une juste récompense. Pour les moins bons, il sert à les amener à une bonté véritable. Pour les mauvais aussi, parfois, il sert à les secouer, à les persuader que j’existe et que Dieu est avec moi. Le miracle est un don et ce don est destiné aux bons. Mais celui qui est miséricorde et voit combien les hommes sont lourds et que seul un événement prodigieux peut les secouer, y recourt aussi pour pouvoir dire : “ J’ai tout fait pour vous, et cela n’a servi à rien. Dites-moi donc, vous-mêmes, ce que je dois faire de plus. ”