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Confort de lecture

EMV 57.3.4 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

57.3 Puis il ajoute :

« Eh bien ! Tu vois, je suis ici, et pas tout seul. Mes premiers disciples m’accompagnent, et j’en ai d’autres en JudĂ©e. Mon cousin Jude lui aussi est avec moi et me suit...

– Jude ?

– Oui, Jude. Je sais pourquoi tu es Ă©tonnĂ©e. SĂ»rement, parmi ceux qui ont parlĂ© de cet Ă©vĂ©nement, il y avait AlphĂ©e et ses fils... et je ne me trompe pas en disant qu’ils m’ont critiquĂ©. Mais n’aie pas peur. Aujourd’hui, c’est comme cela, demain ce sera autrement. L’homme doit ĂȘtre cultivĂ© comme la terre, et des roses s’épanouissent lĂ  oĂč il y avait des Ă©pines. Jude, que tu aimes bien, est dĂ©jĂ  avec moi.

– OĂč est-il en ce moment ?

– Là dehors, avec les autres. As-tu assez de pain pour tous ?

– Oui, mon Fils. Marie, femme d’AlphĂ©e, est au four, en train de dĂ©fourner. Elle est trĂšs bonne avec moi, et plus particuliĂšrement en ce moment.

– Dieu lui donnera la gloire. »

Il va Ă  la porte et appelle :

« Jude, ta mÚre est ici. Venez, mes amis ! »

(...) Marie, femme d’AlphĂ©e, accourt, toute rouge et pleine de farine. Elle salue JĂ©sus qui la bĂ©nit, puis conduit les six hommes au jardin, vers la vasque. Elle revient tout heureuse.

« Oh ! Marie ! Dit-elle Ă  la Vierge, Jude m’a parlĂ©. Comme je suis contente ! Pour Jude comme pour toi, ma belle-soeur. Je sais que les autres me gronderont. Mais peu importe. Je serai heureuse le jour oĂč je saurai que tous appartiennent Ă  JĂ©sus. Nous, les mĂšres, nous savons... nous sentons ce qui est bien pour nos enfants. Et moi, je sens que le bien de mes enfants, c’est toi, JĂ©sus. »

JĂ©sus lui caresse la tĂȘte en souriant.

Détail

Jésus a retrouvé sa MÚre. Il écoute, puis, c'est à lui de prendre la parole.

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EMV 57.3-6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

« Venez, mes amis! »

Ils entrent et saluent. Jude embrasse Marie et court chercher sa mĂšre.

JĂ©sus nomme ses cinq disciples : Pierre, AndrĂ©, Jacques, NathanaĂ«l, Philippe. Pour ce qui est de Jean, Marie le connaĂźt dĂ©jĂ . Il l’a saluĂ©e tout de suite aprĂšs Jude, s’est inclinĂ© et a reçu sa bĂ©nĂ©diction.

57.4 Marie les salue et les invite Ă  s’asseoir. C’est la maĂźtresse de maison et, tout en portant sur son JĂ©sus un regard d’adoration – son Ăąme continue un muet entretien avec son Fils par ses yeux –, elle s’occupe de ses hĂŽtes. Elle voudrait leur apporter de l’eau pour qu’ils puissent se rafraĂźchir, mais Pierre s’écrie :

« Non, Femme, je ne peux pas te le permettre. Reste auprĂšs de ton Fils, MĂšre sainte. Moi, j’irai, nous irons au jardin pour nous rafraĂźchir. »

Marie, femme d’AlphĂ©e, accourt, toute rouge et pleine de farine. Elle salue JĂ©sus qui la bĂ©nit, puis conduit les six hommes au jardin, vers la vasque. Elle revient tout heureuse.

« Oh ! Marie ! Dit-elle Ă  la Vierge, Jude m’a parlĂ©. Comme je suis contente ! Pour Jude comme pour toi, ma belle-soeur. Je sais que les autres me gronderont. Mais peu importe. Je serai heureuse le jour oĂč je saurai que tous appartiennent Ă  JĂ©sus. Nous, les mĂšres, nous savons... nous sentons ce qui est bien pour nos enfants. Et moi, je sens que le bien de mes enfants, c’est toi, JĂ©sus. »

JĂ©sus lui caresse la tĂȘte en souriant.

Les disciples reviennent, et Marie, femme d’AlphĂ©e, sert le pain tout chaud, les olives, le fromage. Elle apporte une petite amphore de piquette rouge que JĂ©sus verse Ă  ses amis. C’est toujours JĂ©sus qui offre et distribue.

57.5 Un peu gĂȘnĂ©s au dĂ©but, les disciples prennent ensuite de l’assurance. Ils parlent de leurs maisons, du voyage Ă  JĂ©rusalem, des miracles que JĂ©sus a faits. Ils sont pleins de zĂšle et d’affection, et Pierre essaie de se faire une alliĂ©e de Marie pour obtenir de pouvoir tout de suite rester auprĂšs de JĂ©sus, sans devoir attendre Ă  BethsaĂŻde.

« Faites ce qu’il vous dit, lui conseille Marie avec un doux sourire. Cette attente vous sera plus utile qu’une union immĂ©diate. Mon JĂ©sus fait bien tout ce qu’il fait. »

L’espoir de Pierre disparaĂźt, mais il se rĂ©signe de bonne grĂące. Il demande seulement :

« Est-ce que l’attente sera longue ? »

JĂ©sus le regarde avec un sourire, mais ne dit rien d’autre. Marie interprĂšte ce sourire comme un signe de bienveillance :

« Simon, fils de Jonas, il sourit... aussi, je te dis : le temps de ton attente obĂ©issante sera rapide comme le vol de l’hirondelle sur le lac.

– Merci, Femme.

57.6 – Tu ne dis rien, Jude ?... Et toi, Jean ?

– Je te regarde, Marie.

– Et moi aussi.

– Moi aussi, je vous regarde... et, savez-vous ? Il me revient Ă  l’esprit une Ă©poque lointaine. En ce temps-lĂ  dĂ©jĂ , j’avais trois paires d’yeux qui s’attachaient Ă  mon visage avec amour. Tu te souviens, Marie, de mes trois Ă©coliers ?

– Oh ! Si je m’en souviens ! C’est vrai ! Maintenant aussi, ils sont trois, d’ñge sensiblement Ă©gal. Ils te regardent avec tout leur amour. Et celui-ci, Jean, je crois, ressemble au JĂ©sus d’alors, cheveux blonds et joues roses, et le plus jeune de tous. »

Les autres veulent savoir. On raconte des souvenirs et des anecdotes. Le temps passe et le soir arrive.

« Mes amis, je n’ai pas de piĂšces meublĂ©es. Mais lĂ  se trouve l’atelier oĂč je travaillais. Si vous voulez y trouver un refuge... mais il n’y a que des bancs.

– C’est un lit confortable pour des pĂȘcheurs habituĂ©s Ă  dormir sur des planches Ă©troites. Merci, MaĂźtre. Dormir sous ton toit est un honneur et une sanctification. »

Ils se retirent aprĂšs maintes salutations. Jude lui aussi s’é­loigne avec sa mĂšre ; ils vont chez eux.

JĂ©sus et Marie restent seuls dans la piĂšce, assis sur le coffre, Ă  la lueur d’une petite lampe, chacun ayant le bras autour des Ă©paules de l’autre. JĂ©sus raconte et Marie Ă©coute, ravie, tremblante, heureuse...

La vision cesse alors.

Détail

Marie a une discussion avec Pierre et donne un conseil semblable Ă  celui de Cana : "Faites ce qu'il vous dira".

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EMV 58 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

JĂ©sus est Ă  CapharnaĂŒm : il va pĂȘcher avec Pierre et AndrĂ©. Jean et Jacques sont prĂ©sents dans l'autre barque.

Pierre explique son travail au Christ et celui-ci fait une analogie avec les Ăąmes. Il explique qu'une faute n'est pas irrĂ©parable en soi, mais que l'accumulation de celles-ci peuvent se changer en habitude et mĂȘme en vice capital. Il faut toujours avoir de la vigilance pour ne pas tomber dans le pĂ©chĂ©.

Simon de Jonas demande alors si le PĂšre ne sera pas trop sĂ©vĂšre envers lui, et JĂ©sus lui assure qu'il ne le sera pas pour Pierre, l'homme nouveau. Il assure aussi son amour Ă  AndrĂ©, et parle de tous les disciples qui viendront aprĂšs eux, en Ă©voquant le Royaume des Cieux et la pĂȘche abondante que fera le Sauveur. Il encourage Ă©galement son apĂŽtre Ă  ne pas ĂȘtre jaloux, car tout le monde a une place dans son coeur. Pierreest Ă©mu par ses propos ; quant Ă  AndrĂ©, JĂ©sus lui parle de sa mort bienheureuse.

Jean arrive sur ses entrefaites et rĂ©vĂšle qu'un aveugle est venu pour ĂȘtre guĂ©ri par le Christ. JĂ©sus veut le guĂ©rir tout de suite, et face aux pensĂ©es de Pierre, qui s'attriste Ă  l'idĂ©e de ne pas avoir une bonne pĂȘche, il assure d u secours de Dieu chaque fois qu'on sera charitable.

Enfin, le Seigneur va guérir l'aveugle. Et c'est une guérison trÚs belle.

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EMV 58.3-4 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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58.3 Jésus interpelle son apÎtre :

« La pĂȘche sera-t-elle bonne ?

– Le temps est favorable. L’eau est calme et il y aura un clair de lune. Les poissons remonteront du fond et mon filet les entraünera.

– Nous y allons seuls ?

– Oh ! Maütre, mais comment veux-tu que nous manipulions seuls tout ce dispositif de filets ?

– Je n’ai encore jamais pĂȘchĂ© et j’attends que tu me l’apprennes. »

JĂ©sus descend tout doucement vers le lac et s’arrĂȘte sur la rive de gros sable caillouteux, prĂšs de la barque.

« Regarde, MaĂźtre, comment on fait : je sors Ă  cĂŽtĂ© de la barque de Jacques, fils de ZĂ©bĂ©dĂ©e, et on va ainsi ensemble vers l’endroit favorable. Puis, on descend le filet. Nous en tenons un bout, nous. Tu m’as dit que tu veux le tenir ?

– Oui, si tu me dis ce que je dois faire.

– Il n’y a qu’à surveiller la descente. Il faut que le filet descende lentement et sans faire de noeuds. Lentement parce que nous serons sur le lieu de pĂȘche et un mouvement trop brusque peut Ă©loigner les poissons, et sans noeuds pour ne pas fermer le filet qui doit s’ouvrir comme une bourse ou, si tu prĂ©fĂšres, une voile gonflĂ©e par le vent. Puis, une fois la descente terminĂ©e, nous ramerons doucement ou bien nous avancerons Ă  la voile selon ce qu’il faudra, en faisant un demi-cercle sur le lac. Quand la vibration de la cheville de sĂ©curitĂ© nous indiquera que la pĂȘche est bonne, nous nous dirigerons vers la terre et lĂ , presque Ă  la rive – mais pas trop tĂŽt pour ne pas risquer que la proie nous Ă©chappe, pas trop tard pour ne pas abĂźmer les poissons et le filet sur les cailloux –, nous hisserons le filet. C’est alors qu’il faut avoir l’oeil car les barques doivent se rapprocher au point qu’on puisse prendre l’extrĂ©mitĂ© du filet que passe l’autre barque sans pourtant nous heurter pour ne pas Ă©craser le filet plein de poissons.

58.4 Fais attention, MaĂźtre, c’est notre gagne-pain. Garde toujours un oeil sur le filet pour qu’il ne s’ouvre pas sous les secousses des poissons. Ils dĂ©fendent leur libertĂ© par de forts coups de queue et s’ils sont nombreux... Tu comprends... Ce sont de petites bĂȘtes, mais Ă  dix, cent, mille, ils deviennent forts comme le LĂ©viathan.

– C’est la mĂȘme chose avec les fautes, Pierre. Au fond, une seule, ce n’est pas irrĂ©parable. Mais si, au lieu de s’arrĂȘter Ă  cette “ premiĂšre ”, on ne cesse de les accumuler, il arrive un moment oĂč la petite faute – peut-ĂȘtre une simple omission, une simple faiblesse – devient toujours plus forte, se transforme en habitude pour finir en vice capital. Parfois on commence par un regard de concupiscence et on termine avec un adultĂšre consommĂ©. D’autres fois, c’est un manque de charitĂ© verbal Ă  l’égard d’un parent qui finit en violence contre le prochain. Soyez vigilants dĂšs le dĂ©but pour que les fautes n’augmentent pas leur poids sous leur nombre ! Elles deviennent dangereuses et toutes puissantes, comme le Serpent infernal lui-mĂȘme, et elles vous entraĂźnent Ă  l’abĂźme de la gĂ©henne.

– Tu parles bien, Maütre... Mais nous sommes si faibles !

– Il y faut vigilance et priĂšre pour ĂȘtre fort et avoir du secours, et ferme volontĂ© de ne pas pĂ©cher. Et aussi une grande confiance dans la justice pleine d’amour du PĂšre.

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EMV 58.4 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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58.4 Fais attention, MaĂźtre, c’est notre gagne-pain. Garde toujours un oeil sur le filet pour qu’il ne s’ouvre pas sous les secousses des poissons. Ils dĂ©fendent leur libertĂ© par de forts coups de queue et s’ils sont nombreux... Tu comprends... Ce sont de petites bĂȘtes, mais Ă  dix, cent, mille, ils deviennent forts comme le LĂ©viathan.

– C’est la mĂȘme chose avec les fautes, Pierre. Au fond, une seule, ce n’est pas irrĂ©parable. Mais si, au lieu de s’arrĂȘter Ă  cette “ premiĂšre ”, on ne cesse de les accumuler, il arrive un moment oĂč la petite faute – peut-ĂȘtre une simple omission, une simple faiblesse – devient toujours plus forte, se transforme en habitude pour finir en vice capital. Parfois on commence par un regard de concupiscence et on termine avec un adultĂšre consommĂ©. D’autres fois, c’est un manque de charitĂ© verbal Ă  l’égard d’un parent qui finit en violence contre le prochain. Soyez vigilants dĂšs le dĂ©but pour que les fautes n’augmentent pas leur poids sous leur nombre ! Elles deviennent dangereuses et toutes puissantes, comme le Serpent infernal lui-mĂȘme, et elles vous entraĂźnent Ă  l’abĂźme de la gĂ©henne.

– Tu parles bien, Maütre... Mais nous sommes si faibles !

– Il y faut vigilance et priĂšre pour ĂȘtre fort et avoir du secours, et ferme volontĂ© de ne pas pĂ©cher. Et aussi une grande confiance dans la justice pleine d’amour du PĂšre.

Détail

Pierre explique Ă  JĂ©sus comme pĂȘcher et celui-ci en profite pour lui donner une leçon sur la faute et le poids du pĂ©chĂ©.

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EMV 58.5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

« Serons-nous tes seuls apÎtres ?

– Jaloux, Pierre ? Non, ne le sois pas. D’autres viendront et dans mon coeur, il y aura de l’amour pour tous. Ne sois pas avare, Pierre. Tu ne sais pas encore qui est celui qui t’aime. As-tu jamais comptĂ© les Ă©toiles ? Et les pierres qui tapissent le fond du lac ? Non, tu ne le pourrais pas, mais encore moins pourrais-tu compter les battements d’amour dont mon coeur est capable. As-tu jamais pu compter le nombre de fois oĂč la mer dĂ©pose sur le rivage le baiser de ses eaux au cours de douze lunes ? Non, tu ne le pourrais pas, mais tu pourrais encore moins compter les vagues d’amour qui se dĂ©versent de ce coeur pour donner ses baisers aux hommes. Sois sĂ»r, Pierre, de mon amour. »

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EMV 58.6-8 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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« Simon ! Simon ! AndrĂ© ! J’arrive... »

Jean accourt, tout essoufflé.

« Oh ! MaĂźtre, je t’ai fait attendre ? »

Jean porte sur JĂ©sus un regard brĂ»lant d’amour.

Pierre répond :

« Vraiment, je commençais à penser que tu ne viendrais plus... Prépare vite ta barque. Et Jacques ?...

– VoilĂ  : c’est Ă  cause d’un aveugle que nous sommes en retard. Il croyait que JĂ©sus Ă©tait chez nous, et il est venu. Nous lui avons dit : “ Il est ailleurs. Demain peut-ĂȘtre, il te guĂ©rira. Attends. ” Mais il refusait d’attendre. Jacques disait : “ Tu as tellement attendu la lumiĂšre, qu’est-ce qu’attendre une nuit ? ” Mais il n’a pas voulu entendre raison...

– Jean, si tu Ă©tais aveugle, aurais-tu hĂąte de revoir ta mĂšre ?

– Oui, bien sĂ»r !

– Alors ? OĂč est l’aveugle ?

– Il arrive avec Jacques. Il s’est attachĂ© Ă  son manteau et ne le lĂąche pas, mais il marche lentement, car la rive est couverte de pierres et il trĂ©buche... MaĂźtre, me pardonnes-tu d’avoir Ă©tĂ© dur ?

– Oui, mais, pour rĂ©parer, va aider l’aveugle et amĂšne-le moi. »

Jean s’éloigne en courant.

Pierre hoche lĂ©gĂšrement la tĂȘte, mais se tait. Il regarde le ciel qui prend des reflets bleus aprĂšs avoir Ă©tĂ© trĂšs cuivrĂ©, regarde le lac, regarde les autres barques dĂ©jĂ  sorties pour la pĂȘche et soupire.

« Simon ?

– Maütre ?

– N’aie pas peur, tu auras une pĂȘche abondante, mĂȘme si tu es le dernier Ă  sortir.

– MĂȘme cette fois ?

– Toutes les fois oĂč tu seras charitable, Dieu te favorisera d’une pĂȘche abondante.

58.7 – Voici l’aveugle. »

Le pauvre homme avance entre Jacques et Jean. Il tient un bĂąton, mais ne s’en sert pas pour le moment. Il prĂ©fĂšre se fier Ă  ses deux guides.

« Homme, voici le Maßtre. Il est devant toi. »

L’aveugle s’agenouille :

« Mon Seigneur, pitié !

– Tu veux voir ? LĂšve-toi. Depuis quand es-tu aveugle ? »

Les quatre apĂŽtres les entourent tous deux.

« Depuis sept ans, Seigneur. Auparavant j’y voyais clair et je travaillais. J’étais artisan Ă  CĂ©sarĂ©e Maritime. Je gagnais bien ma vie. Le port, les nombreux commerçants avaient toujours besoin de moi pour leurs travaux. Mais en battant le fer d’une ancre – tu peux penser s’il Ă©tait rouge pour se prĂȘter au travail –, il en a volĂ© un Ă©clat ardent qui m’a brĂ»lĂ© l’oeil. Mes yeux Ă©taient dĂ©jĂ  malades Ă  cause de la chaleur de la forge. J’ai perdu l’oeil atteint, et l’autre trois mois aprĂšs. J’ai Ă©puisĂ© mes Ă©conomies, et maintenant je vis de charitĂ©...

– Tu es seul ?

– J’ai une femme et trois enfants trĂšs jeunes... Je ne connais mĂȘme pas le visage du dernier... J’ai aussi une mĂšre ĂągĂ©e. Maintenant, c’est elle et ma femme qui gagnent un peu de pain. Avec cela et l’obole que j’apporte, on ne meurt pas de faim. Si tu me guĂ©rissais !... Je recommencerais Ă  travailler. En bon israĂ©lite, je ne demande qu’à travailler et Ă  procurer du pain Ă  ceux que j’aime.

– Et tu es venu me trouver. Qui t’a informĂ© ?

– Un lĂ©preux que tu as guĂ©ri, au pied du mont Thabor, quand tu revenais au lac aprĂšs ce si beau discours.

– Qu’est-ce qu’il t’a dit ?

– Que tu peux tout. Que tu es le salut des corps et des Ăąmes. Que tu es lumiĂšre pour les Ăąmes et pour les corps parce que tu es la LumiĂšre de Dieu. Lui, le lĂ©preux, avait osĂ© se mĂȘler Ă  la foule au risque d’ĂȘtre lapidĂ©, tout enveloppĂ© dans un manteau, car il t’avait vu passer quand tu allais vers la montagne, et ton visage lui avait mis l’espoir au coeur. Il m’a dit : “ J’ai vu en ce visage quelque chose qui m’a assurĂ© : ‘ C’est lĂ  qu’est le salut. Vas-y ! ’ Et j’y suis allĂ©. ” Il m’a donc rĂ©pĂ©tĂ© ton discours et m’a racontĂ© que tu l’avais guĂ©ri en le touchant de ta main sans dĂ©goĂ»t. Il revenait d’auprĂšs des prĂȘtres aprĂšs la purification. Je le connaissais car je l’avais servi Ă  l’époque oĂč il avait une boutique Ă  CĂ©sarĂ©e. Je suis venu, en demandant oĂč tu Ă©tais dans les villes et les bourgades. Et je t’ai trouvĂ©... Aie pitiĂ© de moi !

58.8 – Viens ! La lumiùre est encore trop vive pour celui qui sort de la nuit !

– Tu me guĂ©ris, alors ? »

JĂ©sus le guide vers la maison de Pierre, dans la faible lumiĂšre du petit jardin. Il le place en face de lui, mais de façon que les yeux guĂ©ris ne voient pas en premier lieu le lac encore tout moirĂ© de lumiĂšre. L’homme paraĂźt ĂȘtre un enfant docile, tant il se laisse faire sans rien demander.

« PÚre ! Ta lumiÚre pour ton enfant ! »

JĂ©sus a posĂ© les mains sur la tĂȘte de l’homme agenouillĂ©. Il reste ainsi un instant, puis il se mouille le bout des doigts avec de la salive et effleure de sa main droite les yeux ouverts, mais sans vie.

Un moment se passe, puis l’homme remue les paupiùres, les frotte comme quelqu’un qui sort du sommeil et a du brouillard devant les yeux.

« Que vois-tu ?

– Oh ! Oh ! Oh ! Dieu Ă©ternel ! Il me semble... il me semble... que je distingue... Je distingue ton habit... Il est rouge, n’est-ce pas ? Et une main blanche... et une ceinture de laine... Ah ! Mon bon JĂ©sus, je vois de mieux en mieux Ă  mesure que mes yeux s’habituent... VoilĂ  l’herbe du sol... et ça, c’est sĂ»rement un puits, et lĂ  c’est une vigne...

– LĂšve-toi, mon ami. »

L’homme se relĂšve, pleurant et riant Ă  la fois. AprĂšs un instant de lutte entre le respect et le dĂ©sir, il lĂšve la tĂȘte et rencontre le regard de JĂ©sus, un JĂ©sus souriant d’une pitiĂ© pleine d’amour. Ce doit ĂȘtre merveilleux de recouvrer la vue et de voir ce vi­sage comme un premier soleil ! L’homme pousse un cri et tend les bras. C’est instinctif. Mais il s’arrĂȘte.

C’est alors JĂ©sus qui lui ouvre les siens et attire Ă  lui l’homme, de plus petite taille.

« Maintenant, rentre chez toi, et sois heureux et juste. Va, avec ma paix.

– MaĂźtre ! MaĂźtre ! Seigneur ! JĂ©sus ! Saint ! BĂ©ni ! La lu­miĂšre... J’y vois... je vois tout... Voici le lac bleu et le ciel serein, le soleil couchant, le premier quartier de la lune... Mais le plus beau bleu, le plus serein, c’est dans tes yeux que je le vois. En toi je vois la beautĂ© du soleil le plus vrai et la pure splendeur de la plus sainte des lunes. Astre de ceux qui souffrent, LumiĂšre des aveugles, PitiĂ© vivante et opĂ©rante !

– Je suis la Lumiùre des esprits. Sois un fils de la Lumiùre.

– Toujours, JĂ©sus. A chaque battement de mes paupiĂšres sur ma pupille rendue Ă  la vie, je renouvellerai ce serment. Sois bĂ©ni, toi et le TrĂšs-Haut !

– BĂ©ni soit le TrĂšs-Haut, le PĂšre ! Va ! »

Et l’homme part, heureux, tranquille, pendant que JĂ©sus et les apĂŽtres stupĂ©faits descendent dans les deux barques et que commence la manoeuvre du dĂ©part.

La vision prend fin.

Détail

Guérison d'un aveugle. En 58.7, il y a la description d'un autre miracle : un lépreux est guéri par Jésus et c'est cet infirme qui a encouragé l'aveugle à venir trouver Jésus. Selon maria-valtorta.org, c'est le premier miracle anonyme du Christ, mais, comme le signale les propos de Jésus dans l'EMV 54.7, le miracle à Cana était son premier prodige.

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