Notes du thĂšme

Mots-clĂ©s principaux et transversaux 🌟

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Confort de lecture

EMV 43.5 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Nous agissons toujours de maniĂšre Ă  vous rĂ©conforter et non pas Ă  vous affoler et Ă  accroĂźtre votre souffrance. Il suffit que vous nous fassiez confiance. Il vous suffit de dire avec Joseph : “ S’il me reste JĂ©sus, tout me reste ” pour que nous venions rassurer votre Ăąme par des dons cĂ©lestes.

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Marie dit :

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EMV 43.6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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43.6 Je ne te promets pas des grĂąces et des consolations humaines. Je te promets les mĂȘmes consolations que celles qu’a eues Joseph : des consolations surnaturelles. Car – que tout le monde le sache – Ă  cause des usuriers qui serrent Ă  la gorge le pauvre rĂ©fugiĂ©, les cadeaux des mages disparurent Ă  la vitesse de l’éclair, dans l’acquisition d’un toit, du minimum de mobilier nĂ©cessaire Ă  la vie, de la nourriture qui Ă©tait indispensable. Nous n’avions que cette ressource, en attendant de trouver du travail.

La communautĂ© juive est toujours prĂȘte Ă  s’entraider, mais la communautĂ© que nous trouvions en Egypte n’était composĂ©e que de rĂ©fugiĂ©s persĂ©cutĂ©s, pauvres donc comme nous, qui venions nous y joindre. Une partie des ressources que nous voulions garder pour JĂ©sus, pour notre JĂ©sus adulte, que nous avions sauvĂ©es des frais de l’établissement en Egypte, dut servir Ă  notre rapatriement et fut Ă  peine suffisante pour remettre en Ă©tat la maison et l’atelier de Nazareth, Ă  notre retour. Les temps changent, mais l’aviditĂ© des hommes est toujours la mĂȘme et elle profite de la dĂ©tresse d’autrui pour l’exploiter d’une maniĂšre indigne.

Non : avoir JĂ©sus avec nous ne nous procura pas de biens matĂ©riels. Beaucoup d’entre vous prĂ©tendent Ă  ces biens quand ils sont Ă  peine un peu unis Ă  JĂ©sus. Ils oublient qu’il a dit : “ Cherchez les richesses spirituelles. ” Tout le reste est donnĂ© par surcroĂźt. Dieu pourvoit aussi Ă  la nourriture, pour les hommes comme pour les oiseaux, car il sait que cela vous est nĂ©cessaire puisque votre chair sert de carapace Ă  votre Ăąme. Mais demandez-lui d’abord sa grĂące. Demandez d’abord ce dont votre Ăąme a besoin. Le reste vous sera donnĂ© par surcroĂźt.

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EMV 43.6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Les temps changent, mais l’aviditĂ© des hommes est toujours la mĂȘme et elle profite de la dĂ©tresse d’autrui pour l’exploiter d’une maniĂšre indigne.

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EMV 43.7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Le martyre ne rĂ©side pas dans la forme de la torture, mais dans la constance avec laquelle le martyr la supporte. Le martyre peut venir par une arme, mais aussi bien par une souffrance morale, si le but auquel on vise est le mĂȘme.

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EMV 43.7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Le martyre ne rĂ©side pas dans la forme de la torture, mais dans la constance avec laquelle le martyr la supporte. Le martyre peut venir par une arme, mais aussi bien par une souffrance morale, si le but auquel on vise est le mĂȘme. Tu le supportes par amour pour mon Fils. Ce que tu fais pour tes frĂšres, tu le fais pour l’amour du Christ qui veut leur salut. C’est lĂ  ton martyre. Restes-y fidĂšle. Ne dĂ©sire pas tout faire par toi-mĂȘme. Comme l’étreinte est trop forte pour que tu puisses encore trouver la force de te conduire toute seule et de dominer ta nature humaine en retenant tes larmes, il suffit que tu laisses la souffrance te torturer sans te rĂ©volter. Il suffit que tu dises Ă  JĂ©sus : “ Aide-moi ! ” Ce que tu ne peux faire, lui le fera en toi. Reste en lui, toujours. Ne cherche pas Ă  en sortir et mĂȘme si la souffrance, tant elle est grande, t’empĂȘche de voir oĂč tu es, tu seras toujours en JĂ©sus.

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Marie s'adresse Ă  Maria et lui dit :

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EMV 44 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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JĂ©sus s'apprĂȘte Ă  quitter Nazareth. Il est visible que Marie a de la peine. Son Fils mange, et aprĂšs que son sac soit prĂȘt, Marie s'isole un instant. JĂ©sus va la rejoindre et il s'avĂšre qu'elle pleure dans l'atelier de Joseph. JĂ©sus lui parle et ils vont tous deux dans le jardin oĂč JĂ©sus lui fait des recommandations. Puis ils rĂ©citent le Notre PĂšre ensemble, pour s'appuyer sur Dieu Ă  l'heure de cette Ă©preuve. Ensuite, JĂ©sus s'en va, et laisse sa MĂšre Ă  Nazareth.

Le Christ donne ensuite une dictée et parle de la souffrance de Marie suite à la séparation d'avec le Christ. Il énonce un instant un motif pour lequel il donne l'Oeuvre ainsi que la façon dont il donne les leçons. Puis il déclare que cette vision vaut pour tous ceux qui doivent vivre un renoncement pénible et quitter leur famille. Cette leçon s'adresse à la fois aux parents et aux enfants.

Marie a souffert de devoir se séparer de son Fils, mais elle ne s'est pas rebellée contre la Volonté de Dieu. Elle pleure - mais qui n'aurait pas pleuré en devinant comment son Enfant allait souffrir ? Elle savait que sa parenté était pleine de bon sens humain et que celle-ci n'allait pas comprendre le départ, ni la prédication du Christ. Elle savait comment son Fils allait rencontrer de hostilité durant son ministÚre. Elle a aussi pleuré, souffert et réparé, pour toutes les mÚres qui doivent se séparer de leur progéniture. Les larmes de la MÚre et le Sang de Jésus-Christ fortifient ceux qui doivent faire preuve d'héroïsme, et ils fortifient notamment les ùmes consacrées et les ùmes victimes.

A l'heure de l'Ă©preuve, Marie prie avec JĂ©sus. La souffrance ne l'empĂȘche pas de prier, au contraire. Et JĂ©sus nous dit que nous devons toujours prier avec lui, car c'est JĂ©sus qui nous justifie.

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EMV 44.1-6 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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44.1 Je vois l’intĂ©rieur de la maison de Nazareth : une piĂšce, une salle de sĂ©jour dirait-on, oĂč la sainte Famille prend ses repas et se dĂ©lasse aux heures de repos. Cette toute petite piĂšce ne comprend qu’une simple table rectangulaire Ă  cĂŽtĂ© d’une sorte de coffre rangĂ© contre un mur. Il sert de siĂšge d’un cĂŽtĂ©. Contre les autres murs se trouvent un mĂ©tier Ă  tisser et un tabouret, puis deux autres tabourets et une Ă©tagĂšre avec des lampes Ă  huile et quelques autres objets. Une porte est ouverte sur le jardin. Le soir doit ĂȘtre proche car il n’y a plus qu’un dernier rayon de soleil sur la cime d’un grand arbre dont les toutes premiĂšres feuilles commencent Ă  peine Ă  verdir.

JĂ©sus est assis Ă  table. Il mange, tandis que Marie le sert en allant et venant par une petite porte qui, je suppose, ouvre sur l’endroit oĂč se trouve le foyer dont on aperçoit la lueur par la porte entrebĂąillĂ©e.

JĂ©sus demande deux ou trois fois Ă  Marie de s’asseoir... et de prendre son repas elle aussi. Mais elle refuse et secoue la tĂȘte avec un triste sourire. AprĂšs des lĂ©gumes cuits Ă  l’eau qui me semblent tenir lieu de soupe, elle apporte des poissons grillĂ©s, puis un fro­mage assez mou, comme un fromage de brebis frais et d’une forme ronde qui rappelle les galets que l’on voit au fond des torrents, ainsi que de petites olives noires. Le pain, qui se prĂ©sente sous la forme de petites boules rondes, larges comme un plat ordinaire et pas trĂšs Ă©pais, est dĂ©jĂ  posĂ© sur la table. PlutĂŽt noir, il doit contenir le son des recoupes. JĂ©sus a devant lui une amphore avec de l’eau et une coupe. Il mange en silence et regarde sa MĂšre avec une expression d’amour douloureux.

Il est visible que Marie a de la peine. Elle va et vient pour se donner une contenance. Bien qu’il fasse encore assez clair, elle allume une lampe, la pose prĂšs de JĂ©sus, et allonge le bras pour caresser la tĂȘte de son Fils d’un geste furtif. Puis elle ouvre une besace qui me paraĂźt ĂȘtre en laine vierge tissĂ©e Ă  la main et donc impermĂ©able, de couleur noisette, elle fouille Ă  l’intĂ©rieur, sort dans le jardin et va tout au bout, dans une espĂšce de dĂ©barras, puis en ressort avec des pommes plutĂŽt ratatinĂ©es, certainement conservĂ©es depuis l’étĂ©, et les met dans la besace. Ensuite elle y ajoute un pain et un petit fromage, bien que JĂ©sus dise ne pas en vouloir car le reste lui suffit dĂ©jĂ .

Cela fait, Marie s’approche de nouveau de la table, du cĂŽtĂ© le plus Ă©troit, Ă  gauche de JĂ©sus, et elle le regarde manger. Son expression est empreinte de tristesse et d’adoration, son visage beaucoup plus pĂąle qu’à l’accoutumĂ©e paraĂźt encore vieilli par la peine, des cernes autour de ses yeux les font paraĂźtre d’autant plus grands, et tĂ©moignent des larmes qu’elle a versĂ©es. Ils paraissent aussi plus clairs que d’habitude, comme lavĂ©s par les larmes qui perlent dĂ©jĂ  Ă  ses yeux, prĂȘtes Ă  tomber. Ce sont deux yeux douloureux et fatiguĂ©s.

44.2 JĂ©sus mange lentement, manifestement Ă  contrecoeur et surtout pour faire plaisir Ă  sa MĂšre ; plus pensif qu’à l’ordinaire, il lĂšve la tĂȘte et l’observe. Il rencontre un regard empli de larmes et baisse la tĂȘte pour respecter son Ă©motion. Il se contente de prendre la main dĂ©licate qu’elle appuie sur le rebord de la table. Il la saisit de sa main gauche et la porte Ă  sa joue ; il y appuie sa joue et l’effleure un moment pour sentir la caresse de cette pauvre main qui tremble, puis il en embrasse le dos avec un infini amour, un infini respect.

Je vois Marie porter sa main libre, la gauche, à sa bouche pour étouffer un sanglot, puis essuyer de ses doigts une grosse larme qui déborde de ses cils et coule sur sa joue.

JĂ©sus se remet Ă  manger et Marie se hĂąte de sortir dans le jardin, oĂč la lumiĂšre s’est faite rare, puis disparaĂźt. JĂ©sus termine son repas, appuie le coude gauche sur la table, pose son front sur sa main et se plonge dans ses pensĂ©es.

Il tend l’oreille et se lĂšve, puis sort Ă  son tour dans le jardin. AprĂšs avoir jetĂ© un coup d’oeil autour de lui, il part vers la droite de la maison et, par une fente, il entre dans une grotte Ă  l’intĂ©rieur de laquelle je reconnais l’atelier de menuisier, mais cette fois bien rangĂ©, sans planches, sans copeaux ni feu allumĂ©. Il reste l’établi et les outils, chacun bien Ă  sa place, et voilĂ  tout.

PenchĂ©e sur l’établi, Marie pleure. On dirait une enfant. La tĂȘte posĂ©e sur son bras gauche repliĂ©, elle pleure sans bruit, mais douloureusement. JĂ©sus entre tout doucement et s’approche d’elle si lĂ©gĂšrement qu’elle ne s’en rend compte que lorsque son Fils pose la main sur cette tĂȘte penchĂ©e en l’appelant : « Maman ! » d’un ton de reproche plein d’amour.

Marie relĂšve la tĂȘte et regarde JĂ©sus, les yeux voilĂ©s par les larmes, puis elle s’appuie Ă  lui, les mains jointes contre son bras droit. Alors JĂ©sus lui essuie le visage avec un pan de sa large manche puis il l’embrasse, l’attire sur son coeur et lui dĂ©pose un baiser sur le front. Il est majestueux et donne l’impression d’ĂȘtre plus viril que d’ordinaire ; Marie, elle, paraĂźt plus enfant, exception faite de son visage marquĂ© par la douleur.

« Viens, Maman » lui dit JĂ©sus et, l’enserrant Ă©troitement contre lui de son bras droit, il revient dans le jardin oĂč il s’assied sur un banc contre le mur de la maison. Le jardin, dĂ©sormais dans l’obscuritĂ©, est silencieux. Il y a seulement un beau clair de lune, et la lumiĂšre qui sort de la piĂšce. C’est une nuit paisible.

44.3 JĂ©sus parle Ă  Marie. Au dĂ©but, je n’en comprends guĂšre les paroles, Ă  peine murmurĂ©es, auxquelles Marie acquiesce d’un signe de tĂȘte. Puis j’entends :

« Et fais venir notre parentĂ©, ne reste pas seule. Je serai plus tranquille, MĂšre, et tu sais combien j’ai besoin d’ĂȘtre tranquille pour accomplir ma mission. Mon amour ne te fera pas dĂ©faut. Je viendrai souvent et je te ferai prĂ©venir quand je serai en GalilĂ©e sans pouvoir venir Ă  la maison. C’est alors toi qui viendras me voir. Maman, cette heure devait arriver. Elle a commencĂ© ici, quand l’ange t’est apparu ; elle sonne aujourd’hui et il nous faut la vivre, n’est-ce pas, Maman ? Plus tard viendra la paix de l’épreuve surmontĂ©e ainsi que la joie. Mais il nous faut d’abord traverser ce dĂ©sert comme nos pĂšres autrefois pour entrer dans la Terre Promise. Le Seigneur nous aidera comme il l’a fait pour eux. Il nous donnera son aide en guise de manne spirituelle pour nourrir notre Ăąme au plus fort de l’épreuve. Disons ensemble Ă  notre PĂšre... »

JĂ©sus se lĂšve, et Marie avec lui. Ils tournent les yeux vers le ciel. Ce sont deux hosties vivantes qui resplendissent dans l’obscuritĂ©.

Lentement, mais d’une voix claire et en dĂ©tachant ses mots, JĂ©sus rĂ©cite la priĂšre dominicale. Il insiste fortement sur les mots :

« Que ton RĂšgne vienne, que ta volontĂ© soit faite » en dĂ©tachant bien ces deux phrases des autres. Il prie les bras ouverts, pas vraiment en croix, mais comme le font les prĂȘtres lorsqu’ils se tournent pour dire : « Le Seigneur soit avec vous. » Marie garde les mains jointes.

44.4 Ils reviennent ensuite Ă  la maison et JĂ©sus, que je n’ai encore jamais vu boire de vin, se verse dans une coupe un peu de vin blanc pris dans une amphore sur l’étagĂšre. Il la pose sur la table, prend Marie par la main et la force Ă  s’asseoir prĂšs de lui et Ă  boire de ce vin, dans lequel il trempe une tranche de pain qu’il lui fait manger. Son insistance est telle que Marie doit cĂ©der. JĂ©sus boit le reste de vin, aprĂšs quoi il serre sa MĂšre contre lui, contre son coeur. Ils ne sont Ă©tendus ni l’un ni l’autre, mais assis comme nous. Ils ne parlent plus. Ils attendent. Marie caresse la main droite et les genoux de JĂ©sus. JĂ©sus caresse le bras et la tĂȘte de Marie.

44.5 Puis JĂ©sus se lĂšve et Marie avec lui ; ils s’étreignent et s’embrassent avec amour Ă  plusieurs reprises. On dirait chaque fois qu’ils veulent se sĂ©parer, mais Marie revient serrer contre elle son Enfant. Elle est la Vierge, mais aussi une maman, une maman qui doit se sĂ©parer de son fils et qui sait bien comment se terminera cette sĂ©paration. Que l’on ne vienne plus me dire que Marie n’a pas souffert ! Auparavant, je le pensais un peu, mais maintenant plus du tout.

JĂ©sus saisit son manteau bleu foncĂ©, le met sur ses Ă©paules et se couvre la tĂȘte de la capuche. Puis il passe son sac en bandouliĂšre pour qu’il ne le gĂȘne pas pour marcher. Marie l’aide et n’en finit pas d’arranger son vĂȘtement, son manteau et sa capuche et, en mĂȘme temps, elle le caresse encore.

Jésus marche vers la sortie aprÚs avoir tracé un geste de bénédiction sur la piÚce. Marie le suit et ils se donnent un dernier baiser sur le seuil.

44.6 Sous le clair de lune, la rue est silencieuse et vide. JĂ©sus se met en route. Il se retourne par deux fois pour regarder sa MĂšre, qui est restĂ©e appuyĂ©e au chambranle de la porte, le visage plus blanc que la lune et brillant de larmes silencieuses. JĂ©sus s’é­loigne peu Ă  peu dans la ruelle blanche. Marie pleure toujours contre la porte. Puis JĂ©sus disparaĂźt Ă  un tournant.

Il vient de commencer son chemin d’EvangĂ©lisateur, qui s’a­chĂšvera au Golgotha. Marie, en larmes, rentre et ferme la porte. Elle aussi vient de commencer le chemin qui la conduira au Golgotha. Et pour nous...

Détail

Jésus quitte Nazareth pour commencer sa vie publique.

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EMV 44.7-15 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Les larmes et la priÚre de la Corédemptrice

44.7 Jésus dit :

« Voici la quatriÚme douleur de Marie, MÚre de Dieu. La premiÚre fut la présentation au Temple, la seconde la fuite en Egypte, la troisiÚme la mort de Joseph, la quatriÚme notre séparation.

Connaissant le dĂ©sir du PĂšre, je t’ai dit hier soir que j’avancerais la date de la description de “ nos ” souffrances pour qu’on les fasse connaĂźtre. Mais, comme tu le vois, certaines douleurs de ma MĂšre avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© mises en lumiĂšre. J’ai expliquĂ© le sĂ©jour en Egypte avant la PrĂ©sentation, parce qu’il fallait le faire Ă  cette date-lĂ . J’en sais la raison, tu la comprends et tu l’expliqueras au PĂšre de vive voix.

44.8 J’ai l’intention d’alterner tes contemplations incluant les explications que je te donne ensuite, et les dictĂ©es proprement dites, pour te soulager et Ă©lever ton Ăąme en te donnant la bĂ©atitude de la vision, et aussi parce que cela met en Ă©vidence la diffĂ©rence de style entre ton texte et le mien.

En outre, devant tant de livres qui parlent de moi et qui, retouche aprĂšs retouche, changement aprĂšs embellissement, sont devenus irrĂ©els, je dĂ©sire donner Ă  ceux qui croient en moi une vision ramenĂ©e Ă  la vĂ©ritĂ© de mon sĂ©jour sur la terre. Je n’en sors pas diminuĂ©, mais au contraire plus grand dans mon humilitĂ© qui pour vous se fait pain pour vous enseigner Ă  ĂȘtre humbles et Ă  me ressembler, Ă  moi qui fus un homme comme vous et qui ai portĂ© sous mon aspect humain la perfection d’un Dieu. Je devais ĂȘtre votre modĂšle, et les modĂšles doivent toujours ĂȘtre parfaits.

Dans les contemplations, je ne m’en tiendrai pas Ă  un ordre chronologique conforme Ă  celui des Ă©vangiles. Je prendrai les passages que je trouverai les plus utiles tel ou tel jour pour toi ou pour d’autres, en suivant mon ordre d’enseignement et de bontĂ©.

44.9 L’enseignement qui ressort de la contemplation de mon dĂ©part s’adresse tout particuliĂšrement aux parents et aux enfants que la volontĂ© de Dieu appelle Ă  un renoncement rĂ©ciproque pour un amour plus Ă©levĂ©. En second lieu, il concerne tous ceux qui doivent affronter un renoncement pĂ©nible.

Or vous en trouvez combien dans la vie ! Ce sont des Ă©pines sur la terre qui vous transpercent le coeur, je le sais. Mais elles se changent en roses Ă©ternelles pour ceux qui les accueillent avec rĂ©signation – attention, je ne dis pas : “ pour ceux qui les dé­sirent et les accueillent avec joie ” (ce qui est dĂ©jĂ  la perfection), je dis bien “ avec rĂ©signation ”. Mais peu les accueillent de cette maniĂšre. Tels des Ăąnes rĂ©tifs, vous vous rebiffez contre la volontĂ© du PĂšre, quand encore vous ne cherchez pas Ă  le blesser par des ruades et des morsures spirituelles, en d’autres termes en vous rĂ©voltant et en blasphĂ©mant contre Dieu.

44.10 Et n’allez pas dire : “ Mais je ne possĂ©dais que cela et Dieu me l’a enlevĂ©. Je n’avais que cette affection, et Dieu me l’a arrachĂ©e. ” Marie elle-mĂȘme, cette femme aimable dont l’affection Ă©tait parfaite – chez la Pleine de grĂące, mĂȘme les formes affectives et sensibles Ă©taient parfaites – ne possĂ©dait qu’un seul bien, un seul amour sur la terre : son Fils. Il ne lui restait que lui. Ses parents Ă©taient morts depuis longtemps, Joseph depuis quelques annĂ©es. Il n’y avait que moi pour l’aimer et lui faire sentir qu’elle n’était pas seule. Sa parentĂ©, ignorant mon origine divine, lui Ă©tait un peu hostile, voyant en elle une mĂšre qui ne sait pas s’imposer Ă  un enfant qui sort de l’ordinaire, qui refuse les projets d’un mariage qui aurait pu donner du lustre Ă  la famille, ainsi que de l’aide.

Ses parents, se faisant la voix du sens commun, du sens humain – vous l’appelez “ bon sens ”, mais ce n’est qu’un sens humain, autrement dit de l’égoĂŻsme –, auraient souhaitĂ© de tels changements pratiques dans ma vie. Au fond, ils avaient peur d’avoir un jour des ennuis Ă  cause de moi, qui osais dĂ©jĂ  exprimer des idĂ©es Ă  leur avis trop idĂ©alistes qui pouvaient offusquer la Synagogue. L’histoire juive Ă©tait remplie de tels enseignements sur le sort des prophĂštes. La mission d’un prophĂšte n’était guĂšre facile et entraĂźnait souvent sa mort et des ennuis pour sa parentĂ©. En fin de compte, ils s’inquiĂ©taient toujours de devoir un jour prendre ma MĂšre Ă  leur charge.

C’est pourquoi ils s’indignaient de constater que, loin de me contrarier en quoi que ce soit, elle paraissait en continuelle adoration devant son Fils. Leur opposition allait croĂźtre au cours de mes trois annĂ©es de ministĂšre, jusqu’à en arriver Ă  des reproches publics quand ils venaient me trouver au milieu de la foule et rougissaient de ma manie – selon eux – de m’opposer aux castes puissantes. Ces reproches s’adressaient Ă  moi, mais aussi Ă  elle, ma pauvre Maman !

44.11 Marie connaissait l’état d’esprit de sa famille, car tous n’é­taient pas comme Jacques, Jude et Simon ni comme leur mĂšre, Marie, femme de ClĂ©ophas, et elle prĂ©voyait ce que ces oppositions allaient devenir. Marie, qui savait quel sort serait le sien durant ces trois annĂ©es, celui qui l’attendait ensuite et mon sort Ă  moi, ne s’est pas rebiffĂ©e comme vous le faites. Elle a pleurĂ©. Qui, d’ailleurs, n’aurait pas pleurĂ© devant la sĂ©paration d’un fils qui l’aimait comme je l’aimais, devant la perspective de longues journĂ©es oĂč je ne serais plus lĂ , dans une maison vide, devant l’avenir de son Fils destinĂ© Ă  se heurter Ă  la mĂ©chancetĂ© des coupables, qui se vengent d’ĂȘtre coupables en attaquant l’Innocent jusqu’à le mettre Ă  mort ?

Si elle a pleurĂ©, c’est parce qu’elle Ă©tait la CorĂ©demptrice et la MĂšre du genre humain qui a reçu de Dieu une vie nouvelle ; elle devait aussi pleurer pour toutes les mĂšres qui ne savent pas transformer leur souffrance de mĂšre en une couronne de gloire Ă©ternelle.

De par le monde, Ă  combien de mĂšres la mort n’a-t-elle pas arrachĂ© un enfant de leurs bras ! A combien de mĂšres une volontĂ© surnaturelle n’a-t-elle pas enlevĂ© un fils ! En tant que MĂšre des chrĂ©tiens, Marie a pleurĂ© pour toutes ses filles, pour toutes ses soeurs qui souffrent d’ĂȘtre des mĂšres dĂ©laissĂ©es. Et aussi pour tous ses enfants qui, nĂ©s d’une femme, sont destinĂ©s Ă  devenir apĂŽtres de Dieu ou martyrs par amour de Dieu, par fidĂ©litĂ© au Seigneur ou Ă  cause de la cruautĂ© humaine.

44.12 Mon sang et les larmes de ma MĂšre forment le mĂ©lange qui fortifie les personnes appelĂ©es Ă  une destinĂ©e hĂ©roĂŻque, qui efface leurs imperfections et mĂȘme les fautes dues Ă  leur faiblesse en leur donnant la paix de Dieu et – s’ils ont subi le martyre – la gloire du Ciel.

Les missionnaires trouvent dans ce sang et dans ces larmes une flamme qui les rĂ©chauffe dans les rĂ©gions oĂč la neige rĂšgne, et une rosĂ©e lĂ  oĂč le soleil est ardent. Les pleurs de Marie naissent de sa charitĂ©, et jaillissent d’un coeur de lys. Elles possĂšdent donc le feu de la charitĂ© virginale unie Ă  l’Amour, et la fraĂźcheur parfumĂ©e de la puretĂ© virginale, semblable Ă  celle de l’eau recueillie dans le calice d’un lys aprĂšs une nuit baignĂ©e de rosĂ©e.

Les consacrĂ©s trouvent ces larmes dans ce dĂ©sert qu’est la vie monastique bien comprise : dĂ©sert parce qu’il n’y a de vivant que l’union Ă  Dieu, et toute autre affection s’évanouit en devenant uniquement amitiĂ© surnaturelle, pour sa famille, ses amis, ses supĂ©rieurs, ses infĂ©rieurs.

Les consacrĂ©s Ă  Dieu les trouvent au milieu du monde, dans ce monde qui ne les comprend pas et ne les aime pas, tel un dĂ©sert pour eux aussi, dans lequel ils vivent comme s’ils y Ă©taient seuls, tant ils sont incompris et tournĂ©s en dĂ©rision Ă  cause de l’amour qu’ils me portent.

Quant Ă  mes chĂšres Ăąmes “ victimes ”, elles les trouvent parce que Marie est la premiĂšre des victimes par amour pour JĂ©sus. De sa main de MĂšre et de MĂ©decin, elle donne Ă  ses disciples ses larmes qui les restaurent et les enivrent pour un plus grand sacrifice.

Saintes larmes de ma MĂšre !

44.13 Marie prie. Elle ne se refuse pas à la priÚre sous prétexte que Dieu lui procure une souffrance. Souvenez-vous-en. Elle prie avec Jésus. Elle prie le PÚre, le nÎtre comme le vÎtre.

Le premier “ Notre PĂšre ” a Ă©tĂ© dit dans le jardin de Nazareth pour consoler Marie de sa peine et offrir “ nos ” volontĂ©s Ă  l’Eternel au moment oĂč dĂ©butait pour ces volontĂ©s une pĂ©riode de renoncement toujours croissant qui culminera pour moi dans le renoncement Ă  la vie et pour Marie dans la mort de son Fils.

Et bien que nous n’ayons rien Ă  nous faire pardonner par le PĂšre, nous avons tenu, nous les “ Sans Faute ”, Ă  implorer le pardon du PĂšre pour ĂȘtre pardonnĂ©s, absous, ne serait-ce que d’un soupir Ă  l’encontre de la dignitĂ© de notre mission. Cela pour vous enseigner que, plus on est en grĂące, plus notre mission est bĂ©nie et fĂ©conde. Pour vous enseigner le respect de Dieu et l’humilitĂ©. Devant Dieu le PĂšre, mĂȘme nos deux perfections d’Homme et de Femme se sont senties comme un nĂ©ant et ont implorĂ© pardon comme elles ont demandĂ© le “ pain quotidien ”.

Or quel Ă©tait notre pain Ă  nous ? Oh ! pas celui que pĂ©trissaient les mains pures de Marie et qui cuisait dans le petit four pour lequel j’avais tant de fois liĂ© des fagots et des fascines. Celui-lĂ  aussi est nĂ©cessaire tant qu’on est sur terre. Mais “ notre ” pain quotidien, c’était d’accomplir jour aprĂšs jour notre tĂąche de mission. Que Dieu nous la donne tous les jours, car accomplir la mission que Dieu nous confie fait la joie de “ notre ” journĂ©e, n’est-ce pas, petit Jean ? Ne dis-tu pas, toi aussi, que la journĂ©e te paraĂźt vide, inexistante, quand la bontĂ© du Seigneur te prive un seul jour de ta mission de souffrir ?

44.14 Marie prie avec JĂ©sus. C’est JĂ©sus qui vous justifie, mes enfants. C’est moi qui rends vos priĂšres fĂ©condes et dignes d’ĂȘtre acceptĂ©es par le PĂšre. Je l’ai dit : “ Tout ce que vous demanderez au PĂšre en mon nom, il vous l’accordera ”, et l’Eglise confirme ses priĂšres en disant : “ Par JĂ©sus Christ, notre Seigneur.»

Lorsque vous priez, unissez-vous toujours Ă  moi, toujours. Je prierai Ă  haute voix pour vous, et couvrirai ainsi votre voix d’homme par ma voix d’Homme-Dieu. Je mettrai votre priĂšre sur mes mains transpercĂ©es et je l’élĂšverai vers le PĂšre. Elle deviendra une hostie d’une valeur infinie. Ma voix unie Ă  la vĂŽtre montera comme un baiser filial vers le PĂšre, et la pourpre de mes blessures donnera du prix Ă  votre priĂšre. Soyez en moi si vous voulez avoir le PĂšre en vous, avec vous, pour vous.

44.15 Tu as terminĂ© le rĂ©cit en Ă©crivant : “ Et pour nous... ” or tu voulais dire : “ Pour nous qui nous montrons tellement ingrats envers JĂ©sus et Marie qui sont montĂ©s au Calvaire pour nous. ” Tu as bien fait d’ajouter ces quelques mots. Mets-les chaque fois que je te ferai voir l’une de nos souffrances. Qu’ils soient comme la cloche qui sonne pour appeler Ă  la mĂ©ditation et au repentir.

Mais en voilà maintenant assez. Repose-toi. Que la paix soit avec toi ! »

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EMV 44.7 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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44.7 Jésus dit :

« Voici la quatriÚme douleur de Marie, MÚre de Dieu. La premiÚre fut la présentation au Temple, la seconde la fuite en Egypte, la troisiÚme la mort de Joseph, la quatriÚme notre séparation.

Connaissant le dĂ©sir du PĂšre, je t’ai dit hier soir que j’avancerais la date de la description de “ nos ” souffrances pour qu’on les fasse connaĂźtre. Mais, comme tu le vois, certaines douleurs de ma MĂšre avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© mises en lumiĂšre. J’ai expliquĂ© le sĂ©jour en Egypte avant la PrĂ©sentation, parce qu’il fallait le faire Ă  cette date-lĂ . J’en sais la raison, tu la comprends et tu l’expliqueras au PĂšre de vive voix.

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EMV 44.9-12 · Tome 1

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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44.9 L’enseignement qui ressort de la contemplation de mon dĂ©part s’adresse tout particuliĂšrement aux parents et aux enfants que la volontĂ© de Dieu appelle Ă  un renoncement rĂ©ciproque pour un amour plus Ă©levĂ©. En second lieu, il concerne tous ceux qui doivent affronter un renoncement pĂ©nible.

Or vous en trouvez combien dans la vie ! Ce sont des Ă©pines sur la terre qui vous transpercent le coeur, je le sais. Mais elles se changent en roses Ă©ternelles pour ceux qui les accueillent avec rĂ©signation – attention, je ne dis pas : “ pour ceux qui les dé­sirent et les accueillent avec joie ” (ce qui est dĂ©jĂ  la perfection), je dis bien “ avec rĂ©signation ”. Mais peu les accueillent de cette maniĂšre. Tels des Ăąnes rĂ©tifs, vous vous rebiffez contre la volontĂ© du PĂšre, quand encore vous ne cherchez pas Ă  le blesser par des ruades et des morsures spirituelles, en d’autres termes en vous rĂ©voltant et en blasphĂ©mant contre Dieu.

44.10 Et n’allez pas dire : “ Mais je ne possĂ©dais que cela et Dieu me l’a enlevĂ©. Je n’avais que cette affection, et Dieu me l’a arrachĂ©e. ” Marie elle-mĂȘme, cette femme aimable dont l’affection Ă©tait parfaite – chez la Pleine de grĂące, mĂȘme les formes affectives et sensibles Ă©taient parfaites – ne possĂ©dait qu’un seul bien, un seul amour sur la terre : son Fils. Il ne lui restait que lui. Ses parents Ă©taient morts depuis longtemps, Joseph depuis quelques annĂ©es. Il n’y avait que moi pour l’aimer et lui faire sentir qu’elle n’était pas seule. Sa parentĂ©, ignorant mon origine divine, lui Ă©tait un peu hostile, voyant en elle une mĂšre qui ne sait pas s’imposer Ă  un enfant qui sort de l’ordinaire, qui refuse les projets d’un mariage qui aurait pu donner du lustre Ă  la famille, ainsi que de l’aide.

Ses parents, se faisant la voix du sens commun, du sens humain – vous l’appelez “ bon sens ”, mais ce n’est qu’un sens humain, autrement dit de l’égoĂŻsme –, auraient souhaitĂ© de tels changements pratiques dans ma vie. Au fond, ils avaient peur d’avoir un jour des ennuis Ă  cause de moi, qui osais dĂ©jĂ  exprimer des idĂ©es Ă  leur avis trop idĂ©alistes qui pouvaient offusquer la Synagogue. L’histoire juive Ă©tait remplie de tels enseignements sur le sort des prophĂštes. La mission d’un prophĂšte n’était guĂšre facile et entraĂźnait souvent sa mort et des ennuis pour sa parentĂ©. En fin de compte, ils s’inquiĂ©taient toujours de devoir un jour prendre ma MĂšre Ă  leur charge.

C’est pourquoi ils s’indignaient de constater que, loin de me contrarier en quoi que ce soit, elle paraissait en continuelle adoration devant son Fils. Leur opposition allait croĂźtre au cours de mes trois annĂ©es de ministĂšre, jusqu’à en arriver Ă  des reproches publics quand ils venaient me trouver au milieu de la foule et rougissaient de ma manie – selon eux – de m’opposer aux castes puissantes. Ces reproches s’adressaient Ă  moi, mais aussi Ă  elle, ma pauvre Maman !

44.11 Marie connaissait l’état d’esprit de sa famille, car tous n’é­taient pas comme Jacques, Jude et Simon ni comme leur mĂšre, Marie, femme de ClĂ©ophas, et elle prĂ©voyait ce que ces oppositions allaient devenir. Marie, qui savait quel sort serait le sien durant ces trois annĂ©es, celui qui l’attendait ensuite et mon sort Ă  moi, ne s’est pas rebiffĂ©e comme vous le faites. Elle a pleurĂ©. Qui, d’ailleurs, n’aurait pas pleurĂ© devant la sĂ©paration d’un fils qui l’aimait comme je l’aimais, devant la perspective de longues journĂ©es oĂč je ne serais plus lĂ , dans une maison vide, devant l’avenir de son Fils destinĂ© Ă  se heurter Ă  la mĂ©chancetĂ© des coupables, qui se vengent d’ĂȘtre coupables en attaquant l’Innocent jusqu’à le mettre Ă  mort ?

Si elle a pleurĂ©, c’est parce qu’elle Ă©tait la CorĂ©demptrice et la MĂšre du genre humain qui a reçu de Dieu une vie nouvelle ; elle devait aussi pleurer pour toutes les mĂšres qui ne savent pas transformer leur souffrance de mĂšre en une couronne de gloire Ă©ternelle.

De par le monde, Ă  combien de mĂšres la mort n’a-t-elle pas arrachĂ© un enfant de leurs bras ! A combien de mĂšres une volontĂ© surnaturelle n’a-t-elle pas enlevĂ© un fils ! En tant que MĂšre des chrĂ©tiens, Marie a pleurĂ© pour toutes ses filles, pour toutes ses soeurs qui souffrent d’ĂȘtre des mĂšres dĂ©laissĂ©es. Et aussi pour tous ses enfants qui, nĂ©s d’une femme, sont destinĂ©s Ă  devenir apĂŽtres de Dieu ou martyrs par amour de Dieu, par fidĂ©litĂ© au Seigneur ou Ă  cause de la cruautĂ© humaine.

44.12 Mon sang et les larmes de ma MĂšre forment le mĂ©lange qui fortifie les personnes appelĂ©es Ă  une destinĂ©e hĂ©roĂŻque, qui efface leurs imperfections et mĂȘme les fautes dues Ă  leur faiblesse en leur donnant la paix de Dieu et – s’ils ont subi le martyre – la gloire du Ciel.

Les missionnaires trouvent dans ce sang et dans ces larmes une flamme qui les rĂ©chauffe dans les rĂ©gions oĂč la neige rĂšgne, et une rosĂ©e lĂ  oĂč le soleil est ardent. Les pleurs de Marie naissent de sa charitĂ©, et jaillissent d’un coeur de lys. Elles possĂšdent donc le feu de la charitĂ© virginale unie Ă  l’Amour, et la fraĂźcheur parfumĂ©e de la puretĂ© virginale, semblable Ă  celle de l’eau recueillie dans le calice d’un lys aprĂšs une nuit baignĂ©e de rosĂ©e.

Les consacrĂ©s trouvent ces larmes dans ce dĂ©sert qu’est la vie monastique bien comprise : dĂ©sert parce qu’il n’y a de vivant que l’union Ă  Dieu, et toute autre affection s’évanouit en devenant uniquement amitiĂ© surnaturelle, pour sa famille, ses amis, ses supĂ©rieurs, ses infĂ©rieurs.

Les consacrĂ©s Ă  Dieu les trouvent au milieu du monde, dans ce monde qui ne les comprend pas et ne les aime pas, tel un dĂ©sert pour eux aussi, dans lequel ils vivent comme s’ils y Ă©taient seuls, tant ils sont incompris et tournĂ©s en dĂ©rision Ă  cause de l’amour qu’ils me portent.

Quant Ă  mes chĂšres Ăąmes “ victimes ”, elles les trouvent parce que Marie est la premiĂšre des victimes par amour pour JĂ©sus. De sa main de MĂšre et de MĂ©decin, elle donne Ă  ses disciples ses larmes qui les restaurent et les enivrent pour un plus grand sacrifice.

Saintes larmes de ma MĂšre !

Détail

Jésus quitte Nazareth pour commencer sa vie publique.

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