Notes du thĂšme

Mots-clĂ©s principaux et transversaux 🌟

Page 179 sur 198

Confort de lecture

EMV 198.11 · Tome 3, p. 302-303

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Citation

La nuit est tombĂ©e quand JĂ©sus peut rester en paix avec sa MĂšre. Ils sont montĂ©s sur la terrasse et, assis l’un Ă  cĂŽtĂ© de l’autre sur un siĂšge, main dans la main, ils se parlent et s’écoutent.

C’est d’abord JĂ©sus qui raconte tout ce qui s’est passĂ©. Puis c’est Marie qui dit :

« Mon Fils, aprĂšs ton dĂ©part, tout de suite aprĂšs, une femme est venue chez moi
 Elle te cherchait. Une grande misĂšre. Et une grande rĂ©demption. Mais cette femme a besoin de ton pardon pour persĂ©vĂ©rer dans sa rĂ©solution. Je l’ai confiĂ©e Ă  Suzanne en lui disant que c’était une femme que tu avais guĂ©rie. C’est vrai. J’aurais pu la garder avec moi si notre maison n’était pas dĂ©sormais une mer oĂč tous font voile
 et beaucoup avec des intentions malveillantes. Et la femme Ă©prouve du dĂ©goĂ»t pour le monde, dĂ©sormais. Veux-tu savoir de qui il s’agit ?

– C’est une ñme. Mais dis-moi son nom pour que je puisse l’accueillir sans faire d’erreur.

– C’est AglaĂ©, la romaine, mime et pĂ©cheresse que tu as commencĂ© Ă  sauver Ă  HĂ©bron, qui t’a cherchĂ© et trouvĂ© Ă  la Belle Eau, qui a dĂ©jĂ  souffert de son honnĂȘtetĂ© reconquise. Et combien !
 Elle m’a tout dit
 Quelle horreur !


– Son pĂ©chĂ© ?

– Cela et
 je dirais plus encore : quelle horreur est le monde ! Ah ! Mon Fils ! MĂ©fie-toi des pharisiens de CapharnaĂŒm ! Ils ont voulu se servir de cette malheureuse pour te nuire. MĂȘme d’elle


– Je le sais, MĂšre
 OĂč est AglaĂ© ?

– Elle arrivera avec Suzanne avant la Pñque.

– C’est bien. Je lui parlerai. Je serai ici chaque soir et, mis Ă  part la soirĂ©e pascale que je consacrerai Ă  la famille, je l’attendrai. Tu n’as qu’à la retenir, si elle vient. C’est une grande rĂ©demption, tu l’as dit. Et si spontanĂ©e ! En vĂ©ritĂ©, je te dis qu’en peu de cƓurs ma semence prend racine avec autant de force que dans ce terrain dĂ©vastĂ©. Et depuis lors, AndrĂ© l’a aidĂ©e Ă  croĂźtre jusqu’à sa complĂšte formation.

– Elle m’en a fait part.

– MĂšre, qu’as-tu Ă©prouvĂ© au voisinage de cette ruine ?

– Du dĂ©goĂ»t et de la joie. J’avais l’impression d’ĂȘtre au bord d’un abĂźme infernal, mais, en mĂȘme temps, je me sentais transportĂ©e dans l’azur. Comme tu es Dieu, mon JĂ©sus, quand tu accomplis de tels miracles ! »

Ils se taisent — sous l’éclatante lumiĂšre des Ă©toiles et dans la blancheur d’une lune qui approche de sa plĂ©nitude —, silencieux, aimants et prenant leur repos l’un dans l’amour de l’autre.

Annotation

Mon Fils, aprÚs ton départ, tout de suite aprÚs, une femme est venue chez moi
 Elle te cherchait. Une grande misÚre. Et une grande rédemption. Aglaé est en effet venue chez la Vierge Marie dans l'EMV 168.

MĂ©fie-toi des pharisiens de CapharnaĂŒm ! Ils ont voulu se servir de cette malheureuse pour te nuire. MĂȘme d’elle
 Éli, Simon, Joachim et Urie. Certains Ă©taient venus admonester JĂ©sus Ă  la Belle-eau Ă  cause de la prĂ©sence d'AglaĂ©. Cf. EMV 130.1. ï»ż

Mots-clés

EMV 199 · Tome 3, p. 303-315

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Détail

Titre du chapitre : Chez les lépreux de Siloan et de Ben Hinnom. Pierre obtient Marziam grùce à Marie.

Date de la vision : Dimanche 24 juin 1945 (fĂȘte de la saint Jean-Baptiste).

Calendrier : Dimanche 26 mars 28 (13 Nissan 3788)

Lieux (carte) : Béthanie, puis Jérusalem

Cycle : Le second voyage pascal

RĂ©sumĂ© : A BĂ©thanie, un serviteur de Lazare s'occupe de Marziam : on lui coupe les cheveux et on l'habille correctement. Thomas le croise et l'amĂšne aux femmes, qui veulent lui donner Ă  manger. Celles-ci dĂ©cident, avec la permission de Marie, de l'appeler Marziam plutĂŽt que Margziam. Tous se rĂ©unissent prĂšs de JĂ©sus et chacun dĂ©cide de ce qu'il va faire. Judas va voir des amis, BarthĂ©lĂ©my et Philippe vont chez un certain Samuel, Thomas va chez un parent oĂč il verra peut-ĂȘtre son pĂšre. Les autres, dont Jean d'Endor et Lazare, accompagnent le MaĂźtre.

Ils vont donc aux tombeaux de Siloan, oĂč se trouvent des lĂ©preux. Simon le ZĂ©lote les a prĂ©cĂ©dĂ©s et les guide. JĂ©sus guĂ©rit les malades qui croient en lui, et quand le Christ dĂ©cide d'aller Ă  Ben Hinnom, Lazare se retire car le voyage est trop long pour lui. Un des lĂ©preux parle au nom de tous, et le dĂ©nommĂ© Jean prĂ©sente ainsi les malades qui l'ont attendu. Parmi eux, il y a une enfant. JĂ©sus les guĂ©rit, puis il va chez Annalia rĂ©cupĂ©rer sa MĂšre. De lĂ , la Vierge part avec Pierre et Marziam lui acheter ce qu'il faut pour sa fĂȘte. Le MaĂźtre voit lĂ  une image de l'Eglise naissante, qu'il explique Ă  Simon le ZĂ©lote, puis ils vont chez Jeanne de Kouza.

La vision continue le soir venu. JĂ©sus et Marie parlent ensemble : ils parlent du fiancĂ© d'Annalia, qui a l'air d'ĂȘtre bon ; puis ils Ă©voquent Judas, qui ne change pas malgrĂ© le contact de JĂ©sus. La Vierge avoue qu'elle a la mĂȘme rĂ©pulsion pour lui que Marziam et Benjamin de Magdala, et JĂ©sus lui demande d'aimer l'Iscariote. Enfin, ils abordent le sujet dĂ©licat de Simon-Pierre, qui a rĂ©vĂ©lĂ© Ă  Marie son dĂ©sir d'adopter le jeune Yabeç. La MĂšre intercĂšde pour l'apĂŽtre, en expliquant que cela lui permettra de devenir doux. Elle obtient finalement gain de cause et JĂ©sus appelle le frĂšre d'AndrĂ©, en lui rĂ©vĂ©lant qu'il aura l'enfant, mais que ça ne doit pas devenir un obstacle pour sa mission...

Contenu du chapitre : 199.1 : Dans une joyeuse ambiance, on apprĂȘte Marziam. 199.2 : L'enfant fait l'objet de commentaires sur sa mise et son nom qu’on prononcera Marziam et non Margziam. 199.3 : JĂ©sus ira voir les lĂ©preux et tous sont libres d'aller oĂč ils veulent. 199.4 : GuĂ©rison de cinq lĂ©preux Ă  Siloan. 199.5 : GuĂ©rison de sept lĂ©preux Ă  Ben Hinnom, dont le prĂȘtre Jean. 199.6 : ArrĂȘt chez Annalia. Marziam entre Marie et Pierre, un symbole. 199.7 : Dialogue entre JĂ©sus et Marie : Annalia, la perle et Judas, l'ordure. 199.8 : Marie plaide en faveur de Pierre auprĂšs de JĂ©sus qui lui annonce qu'il lui confie Marziam.

Ancienne édition : Tome 3, chapitre 60

Mots-clés

EMV 199.1-3 · Tome 3, p. 303-306

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

199.1 La splendide matinĂ©e invite vraiment Ă  se promener et Ă  sortir des lits et des maisons ; comme autant d’abeilles au premier soleil, les habitants de la maison de Simon le ZĂ©lote se lĂšvent en vitesse et sortent respirer l’air pur dans le verger de Lazare qui entoure le petit logis hospitalier. Ils sont vite rejoints par ceux qui sont logĂ©s chez Lazare, Ă  savoir : Philippe, BarthĂ©lemy, Matthieu, Thomas, AndrĂ© et Jacques, fils de ZĂ©bĂ©dĂ©e. Un joyeux soleil pĂ©nĂštre par toutes les fenĂȘtres et les portes grandes ouvertes, et les piĂšces, simples et propres, se revĂȘtent d’une teinte dorĂ©e qui avive les couleurs des vĂȘtements et fait briller cheveux et pupilles.

Marie, femme d’AlphĂ©e, et SalomĂ© sont occupĂ©es Ă  servir ces hommes au vigoureux appĂ©tit. Marie, de son cĂŽtĂ©, surveille un serviteur de Lazare qui peigne les cheveux de Margziam avec plus de savoir-faire que son premier barbier :

« Pour le moment, ce sera comme ça, dit le serviteur. Plus tard, quand tu auras offert Ă  Dieu tes cheveux d’enfant, je te les raccourcirai davantage. La chaleur arrive et tu seras plus Ă  l’aise sans cheveux dans le cou. Et ils reprendront de la force. Ils sont secs et cassants, nĂ©gligĂ©s. Tu le vois, Marie ? Ils ont besoin de soins. Maintenant, j’y mets de l’huile pour les tenir en place. Tu sens, mon enfant, cette bonne odeur ? C’est l’huile qui sert Ă  Marthe. Amande, palme et moelle avec les essences les plus fines et les plus rares. Cela fait trĂšs bien. Ma maĂźtresse m’a dit de conserver ce petit vase pour l’enfant. Ah, voilĂ  ! Maintenant tu ressembles Ă  un fils de roi. »

Le serviteur, qui est peut-ĂȘtre le barbier de la maison de Lazare, donne une petite tape sur la joue de Marziam, salue Marie et repart satisfait.

« Viens, que je t’habille » dit Marie Ă  l’enfant qui n’a pour l’instant qu’une petite tunique Ă  manches courtes.

Je crois que c’est la chemise ou ce qui en ce temps-lĂ  en tenait lieu. Vu la finesse du lin, je comprends qu’elle a fait partie du trousseau de Lazare enfant. Marie enlĂšve le linge de bain dans lequel Margziam Ă©tait enveloppĂ© et lui passe le sous-vĂȘtement froncĂ© au cou et aux poignets, ainsi que le vĂȘtement de dessus rouge, en laine, au large dĂ©colletĂ© et aux larges manches. La blancheur du lin brillant ressort au cou et aux manches de l’étoffe rouge et mate. La main de Marie a dĂ» pourvoir, pendant la nuit, Ă  mettre aux mesures la longueur du vĂȘtement et des manches, si bien que, maintenant, il lui va bien, et d’autant plus quand Marie lui ceint la taille de la soyeuse bande de la ceinture, qui se termine par un pompon de laine blanche et rouge. L’enfant ne ressemble plus au pauvre petit qu’il Ă©tait, il y a encore quelques jours.

« Maintenant, va jouer sans te salir pendant que je me prépare » dit Marie en le caressant.

Et il sort, en sautant de joie, pour chercher ses grands amis.

199.2 Le premier qui le voit, c’est Thomas :

« Mais que tu es beau ! Comme pour des noces ! Tu m’é­clipses ! » dit le toujours jovial Thomas, grassouillet, tranquille.

Et il ajoute en le prenant par la main :

« Viens, nous allons chez les femmes. Elles te cherchent pour te donner la becquée. »

Ils entrent dans la cuisine et Thomas fait sursauter les deux Marie penchées sur les fourneaux en criant de sa grosse voix :

« Voici un jeune homme qui vous demande ! » et, en riant, il prĂ©sente l’enfant qui s’était cachĂ© derriĂšre sa robuste personne.

« Oh, mon chĂ©ri ! Mais viens que je t’embrasse ! Regarde, SalomĂ©, comme il est beau ! S’exclame Marie, femme d’AlphĂ©e.

– C’est vrai ! Maintenant, il n’a plus qu’à devenir plus robuste. Mais c’est moi qui vais y veiller. Viens que je t’embrasse Ă  mon tour, rĂ©pond SalomĂ©.

– Mais JĂ©sus le confie aux bergers
 objecte Thomas.

– Jamais de la vie ! En cela, mon JĂ©sus se trompe. Que voulez-vous faire et que savez-vous faire, vous, les hommes ? Vous dispu­ter — car, soit dit en passant, vous ĂȘtes plutĂŽt querelleurs
 comme des chevreaux qui s’aiment, mais qui se donnent des coups de cornes — manger, parler, avoir mille besoins et rĂ©clamer que le MaĂźtre ne pense qu’à vous
 sinon, vous boudez
 Les enfants ont besoin de mĂšres. N’est-ce pas
, comment t’appelles-tu ?

– Marziam.

– Ah bon ! Mais ma Marie bĂ©nie pouvait te donner un nom plus facile !

– C’est presque le sien ! S’exclame SalomĂ©.

– Oui, mais le sien est plus simple. Il n’y a pas ces trois con­sonnes au milieu
 Trois, cela fait trop
 »

Judas est entré et dit :

« Elle a pris le nom exact pour ce qu’il veut dire, conformĂ©ment Ă  l’ancienne langue.

– C’est bien, mais c’est difficile Ă  prononcer ; moi, j’en enlĂšve une lettre et je dis Marziam. C’est plus facile et cela n’entraĂźnera pas la fin du monde. N’est-ce pas, Simon ? »

Pierre, qui passe devant la fenĂȘtre en discutant avec Jean d’En-Dor, s’avance et dit :

« Que veux-tu ?

– Je disais que l’enfant, moi je l’appelle Marziam, c’est plus facile à prononcer.

– Tu as raison, femme. Si la MĂšre me le permet je l’appellerai comme ça, moi aussi. Mais comme tu es beau ! Mais moi aussi, hein ? Regardez ! »

Effectivement, il s’est bien brossĂ©, il a les joues rasĂ©es, les cheveux et la barbe bien peignĂ©s, pommadĂ©s, le vĂȘtement sans faux plis, et ses sandales paraissent neuves tant elles sont propres et astiquĂ©es avec je ne sais quoi. Les femmes l’admirent et il rit, tout content.

L’enfant a fini son repas et sort pour aller trouver son grand ami, qu’il appelle toujours “ Pùre ”.

199.3 Voici JĂ©sus qui arrive de la maison de Lazare avec ce dernier, et il dit Ă  l’enfant qui court Ă  sa rencontre :

« Que la paix soit entre nous, Marziam ! Donnons-nous le baiser de paix. »

Lazare, saluĂ© par l’enfant, lui fait une caresse et lui donne une friandise.

Tous se rĂ©unissent autour de JĂ©sus. Marie, habillĂ©e d’un vĂȘtement de laine de couleur turquoise sur lequel est drapĂ© un manteau plus foncĂ©, s’avance elle aussi en souriant vers son Fils.

« Nous pouvons y aller, dit JĂ©sus. Toi, Simon, avec ma MĂšre et l’enfant, si tu tiens Ă  faire ton achat, mĂȘme maintenant que Lazare y a pourvu.

– Mais certainement ! Et puis
 je pourrai dire que, pour une fois, j’aurai pu accompagner ta Mùre. C’est un grand honneur.

– Alors, vas-y. Toi, Simon, tu vas m’accompagner chez tes amis lĂ©preux


– Vraiment, MaĂźtre ? Alors, si tu le permets, je cours devant, pour les rassembler
 Tu me rejoindras
 Tu sais bien oĂč ils se trouvent


– C’est bien, vas-y. Que les autres fassent ce qui leur plaĂźt. Vous ĂȘtes tous libres jusqu’à mercredi matin. A l’heure de tierce, tout le monde Ă  la Porte DorĂ©e.

– Moi, je viens avec toi, Maütre, intervient Jean.

– Moi aussi, dit son frùre Jacques.

– Et nous aussi, dĂ©clarent les deux cousins.

– Moi aussi, je viens, dit Matthieu, et avec lui AndrĂ©.

– Et moi ? Je voudrais bien venir moi aussi
 mais si je vais faire l’achat
 c’est impossible, dit Pierre, pris entre deux dĂ©sirs.

– Cela peut s’arranger. D’abord, nous allons chez les lĂ©preux. Pendant ce temps, ma MĂšre et l’enfant vont dans une maison amie d’Ophel. AprĂšs cela, nous la rejoindrons et tu partiras avec elle pendant que les autres et moi, nous nous rendrons chez Jeanne. Nous nous retrouverons Ă  GethsĂ©mani pour le repas, et vers le crĂ©puscule nous reviendrons ici.

– Moi, si tu le permets, je vais trouver quelques amis
 intervient Judas.

– Mais je l’ai dit : faites ce que vous voulez.

– Alors, moi, j’irai chez des parents. Peut-ĂȘtre mon pĂšre est-il dĂ©jĂ  arrivĂ©. Si c’est le cas, je te l’amĂšnerai, dit Thomas.

– Nous deux, qu’en dis-tu, Philippe, nous pourrions aller chez Samuel.

– D’accord, rĂ©pond Philippe Ă  BarthĂ©lemy.

– Et toi, Jean ? demande JĂ©sus Ă  l’homme d’En-Dor. PrĂ©fĂšres-tu rester ici pour ranger tes livres ou m’accompagner ?

– Vraiment, je prĂ©fĂ©rerais t’accompagner
 Les livres
 me plaisent dĂ©jĂ  moins. Je prĂ©fĂšre te lire, toi, le Livre vivant.

– Alors, viens. Adieu, Lazare, à


– Mais je viens moi aussi. Mes jambes vont un peu mieux, et aprĂšs les lĂ©preux, je te quitterai pour aller t’attendre Ă  GethsĂ©mani.

– Allons-y. Paix Ă  vous, femmes. »

Jusqu’aux environs de JĂ©rusalem, ils marchent tous ensemble. Puis ils se sĂ©parent. Judas part tout seul de son cĂŽtĂ© et entre dans la ville, probablement par la porte qui se trouve vers la Tour Antonia. Thomas, Philippe et NathanaĂ«l font encore quelques dizaines de mĂštres avec JĂ©sus et leurs compagnons, puis entrent en ville, par le faubourg d’Ophel, en compagnie de Marie et de l’enfant.

Annotation

« Comment t’appelles-tu ?

– Marziam.

– Ah bon ! Mais ma Marie bĂ©nie pouvait te donner un nom plus facile !

– C’est presque le sien ! S’exclame SalomĂ©.

– Oui, mais le sien est plus simple. Il n’y a pas ces trois con­sonnes au milieu
 Trois, cela fait trop
 » MaRGZiam, simplifiĂ© en Marziam dans la nouvelle traduction conformĂ©ment Ă  ce qu’expriment Marie d’AlphĂ©e et Pierre dans la suite du texte.

"Elle a pris le nom exact pour ce qu'il veut dire, conforme à l'ancienne langue". L'hébreu sans doute puisque l'araméen (une langue proche) était devenue la langue usuelle au temps de Jésus. Cette proximité est parfaitement rendue par la réflexion de Salomé. Nous connaissons aussi cette proximité avec la priÚre de Jésus sur la croix : ElÎi, elÎi, lama sabachthani, citation araméenne légÚrement différente dans Matthieu 27,46 et dans Marc 15,34. Cette proximité n'exclut pas les différences cependant puisque le chapitre 8 du livre de Néhémie rapporte que les exilés de retour à Jérusalem, entendirent la lecture de la Torah "dans l'ancienne langue", mais ne la comprirent pas : il fallut la traduire.

Toi, Simon, tu vas m’accompagner chez tes amis lĂ©preux
 Simon le ZĂ©lote est un ancien lĂ©preux, guĂ©ri par JĂ©sus.

Vous ĂȘtes tous libres jusqu’à mercredi matin. A l’heure de tierce, tout le monde Ă  la Porte DorĂ©e. Porte est donnant directement sur le Temple quand on vient de BĂ©thanie et de GethsĂ©mani.

Pendant ce temps, ma Mùre et l’enfant vont dans une maison amie d’Ophel. Quartier au sud du Temple et donc à l’est de la ville.

Nous deux, qu’en dis-tu, Philippe, nous pourrions aller chez Samuel. Probablement Samuel, le fiancĂ© d'Annalia.

Il entre dans la ville probablement par la Porte qui se trouve vers la Tour Antonia. La Porte des Poissons.

Mots-clés

EMV 199.4-5 · Tome 3, p. 307-311

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

↗

Citation

199.4 « Et maintenant, allons voir ces malheureux ! » dit Jésus.

Tournant le dos Ă  JĂ©rusalem, il se dirige vers un lieu dĂ©solĂ© situĂ© sur les pentes d’une colline rocheuse qui se trouve entre les deux routes qui mĂšnent de JĂ©richo Ă  JĂ©rusalem. C’est un lieu Ă©trange oĂč l’on accĂšde par des sortes de gradins. AprĂšs le premier niveau, on grimpe un sentier et le premier palier est surĂ©levĂ© d’au moins trois mĂštres au-dessus du sentier, et de mĂȘme pour le second. Lieu aride, mort
 trĂšs triste.

« MaĂźtre, crie Simon le ZĂ©lote, je suis ici. ArrĂȘte-toi pour que je te montre le chemin
 »

Et Simon, qui s’était adossĂ© Ă  la roche pour avoir un peu d’ombre, s’avance et conduit JĂ©sus par un sentier Ă  gradins qui va vers GethsĂ©mani, mais en est sĂ©parĂ© par la route qui mĂšne du mont des Oliviers Ă  BĂ©thanie.

« Nous y voilĂ . J’ai vĂ©cu au milieu des tombeaux de Siloan et c’est ici que se trouvent mes amis. Une partie d’entre eux, du moins. Les autres sont Ă  Ben Hinnom, mais ne peuvent venir
 Ils devraient traverser la route, et on les verrait.

– Nous irons aussi les trouver.

– Merci ! Pour eux et pour moi.

– Ils sont nombreux ?

– L’hiver en a tuĂ© le plus grand nombre, mais ici, il y en a encore cinq de ceux auxquels j’avais parlĂ©. Ils t’attendent. Les voilĂ  sur le bord de leur bagne
 »

Ils doivent ĂȘtre une dizaine de monstres. Je dis “ doivent ĂȘtre ” car, s’il y en a cinq debout qu’on distingue bien, on voit si mal les autres Ă  cause de la grisaille de leur peau, de la difformitĂ© de leur visage qui Ă©merge Ă  peine de la pierraille, qu’ils pourraient ĂȘtre plus ou moins de cinq. Parmi ceux qui se tiennent debout, il y a une seule femme. On ne peut l’identifier que grĂące Ă  ses cheveux devenus blancs, en broussaille, durs et sales, et qui retombent sur ses Ă©paules jusqu’à la ceinture. Pour le reste, rien n’indique le sexe car la maladie, trĂšs avancĂ©e, en a fait presque un squelette et supprimĂ© toute courbe fĂ©minine. Ainsi en est-il des hommes dont un seul prĂ©sente un reste de moustache et de barbe. Les autres ont Ă©tĂ© rasĂ©s par cette maladie destructrice.

Ils crient : « Jésus, notre Sauveur, aie pitié de nous ! » et montrent leurs mains difformes et couvertes de plaies.

« Jésus, Fils de David, aie pitié !

– Que voulez-vous que je fasse pour vous ? demande JĂ©sus en levant son visage vers ces misĂšres.

– Que tu nous sauves du pĂ©chĂ© et de la maladie.

– Ce sont la volontĂ© et le repentir qui sauvent du pĂ©ché 

– Mais si tu le veux, tu peux effacer nos pĂ©chĂ©s. Au moins cela, si tu ne veux pas guĂ©rir nos corps.

– Si je vous dis : “ Choisissez entre les deux choses ”, laquelle voulez-vous ?

– Le pardon de Dieu, Seigneur, pour ĂȘtre moins dĂ©solĂ©s. »

JĂ©sus fait un signe d’approbation, avec un sourire lumineux, puis il lĂšve les bras et s’écrie :

« Soyez exaucés, je le veux. »

ExaucĂ©s ! Cela peut concerner le pĂ©chĂ© comme la maladie, ou les deux, et les cinq malheureux restent dans l’incertitude. Mais les apĂŽtres, eux, ne sont pas incertains, et ils ne peuvent s’empĂȘcher de crier leur hosanna en voyant la lĂšpre disparaĂźtre comme un flocon de neige qui tombe sur du feu. A ce moment, les cinq lĂ©preux comprennent qu’ils sont exaucĂ©s complĂštement. Leurs cris rĂ©sonnent comme une sonnerie de victoire. Ils s’embrassent les uns les autres et envoient des baisers Ă  JĂ©sus, puisqu’ils ne peuvent se prĂ©cipiter Ă  ses pieds, puis ils se tournent vers leurs compagnons pour leur dire :

« Et vous, vous ne voulez pas encore croire ? Mais quels malheureux ĂȘtes-vous ? »

– Soyez bons ! Vos pauvres frĂšres ont besoin de rĂ©flĂ©chir. Ne leur dites rien. La foi ne s’impose pas. On la prĂȘche par la paix, la douceur, la patience, la constance. C’est ce que vous ferez aprĂšs votre purification, comme Simon l’a fait pour vous. Du reste, le miracle est dĂ©jĂ  lui-mĂȘme une prĂ©dication. Vous, qui ĂȘtes guĂ©ris, allez au plus tĂŽt trouver le prĂȘtre. Vous, les malades, attendez-nous ce soir. Nous vous apporterons des vivres. Que la paix soit avec vous. »

Jésus redescend sur la route, accompagné par les bénédictions de tous.

199.5 « Et maintenant, allons à Ben Hinnom, dit Jésus.

– MaĂźtre
 je voudrais venir, mais je me rends compte que je ne le puis. Je vais Ă  GethsĂ©mani, dit Lazare.

– Vas-y. Va, Lazare. Que la paix soit avec toi. »

Pendant que Lazare s’éloigne lentement, l’apĂŽtre Jean dit :

« MaĂźtre, je l’accompagne. Il est fatiguĂ© et le chemin n’est pas trĂšs bon. Je te rejoindrai ensuite Ă  Ben Hinnom.

– Bien, vas-y. Allons. »

Ils passent le CĂ©dron, longent le cĂŽtĂ© sud du mont Tophet et pĂ©nĂštrent dans la petite vallĂ©e, toute remplie de tombeaux et d’ordures, sans un arbre, sans rien, sur ce cĂŽtĂ© mĂ©ridional, qui fasse Ă©cran au soleil. Il darde ses rayons et rend brĂ»lantes les pierres de ces nouvelles terrasses d’enfer, Ă  la base desquelles fument des feux pestilentiels qui augmentent encore la chaleur. A l’intĂ©rieur de ces tombeaux, pareils Ă  des fours crĂ©matoires, il y a de pauvres corps qui se consument
 Siloan doit ĂȘtre sinistre en hiver, humide comme il est et tournĂ© presque vers le nord, mais ce doit ĂȘtre terrible en Ă©té 

Simon le ZĂ©lote pousse un cri d’appel ; et d’abord trois, puis deux, puis un, et un autre encore viennent comme ils le peuvent jusqu’à la limite prescrite. Ici, il y a deux femmes dont l’une tient par la main une horreur d’enfant dont la lĂšpre a atteint particuliĂšrement le visage. Il est dĂ©jĂ  aveugle


Il y a aussi un homme de noble allure malgré sa misérable condition. Il prend la parole au nom de tous :

« Que soit bĂ©ni le Messie du Seigneur qui est descendu dans notre GĂ©henne pour en tirer ceux qui espĂšrent en lui. Sauve-nous, Seigneur, que nous ne pĂ©rissions pas ! Sauve-nous, Sauveur ! Roi de la souche de David, Roi d’IsraĂ«l, aie pitiĂ© de tes sujets ! O toi, le bourgeon de la tige de JessĂ©, dont il est dit que quand tu viendras il n’y aura plus de mal, Ă©tends ta main pour recueillir ces restes de ton peuple. Fais disparaĂźtre de nous cette mort, essuie nos larmes, puisque c’est ce qui a Ă©tĂ© dit de toi. Appelle-nous, Seigneur, Ă  tes bons pĂąturages, Ă  tes douces eaux car nous sommes assoiffĂ©s. EmmĂšne-nous sur les collines Ă©ternelles oĂč il n’y a plus ni faute ni souffrance. Aie pitiĂ©, Seigneur


– Qui es-tu ?

– Jean, du Temple. J’ai Ă©tĂ© contaminĂ©, peut-ĂȘtre par un lĂ©preux. Comme tu le vois, c’est depuis peu que la maladie est en moi. Mais eux !
 Certains attendent la mort depuis des annĂ©es et cette petite est ici depuis le temps oĂč elle ne savait pas encore marcher. Elle ne connaĂźt pas la crĂ©ation de Dieu. Tout ce qu’elle connaĂźt ou dont elle se souvient des merveilles de Dieu, ce sont ces tombeaux, ce soleil impitoyable et les Ă©toiles de la nuit. PitiĂ© pour les coupables comme pour les innocents, Seigneur, notre Sauveur ! »

Ils se sont tous agenouillés, mains tendues.

JĂ©sus pleure sur tant de misĂšre, puis il ouvre les bras en s’écriant :

« PÚre, je le veux : le salut, la vie, la vue et la sainteté pour eux. »

Il reste ainsi, bras ouverts, dans une priĂšre intense de toute son Ăąme. Il semble s’affiner et s’élever en priant, flamme d’amour, blanche et puissante dans la puissante lumiĂšre dorĂ©e du soleil.

« Maman, je vois ! »

C’est le premier cri, auquel rĂ©pond celui de sa mĂšre qui presse contre son cƓur l’enfant guĂ©rie, puis le cri des autres et celui des apĂŽtres
 Le miracle est accompli.

« Toi, Jean, qui es prĂȘtre, tu conduiras tes compagnons pour le rite. Que la paix soit avec vous. A vous aussi, nous apporterons des vivres dans la soirĂ©e. »

Il les bĂ©nit et se dispose Ă  s’éloigner.

Mais Jean le lĂ©preux s’exclame :

« Je veux marcher sur tes pas. Dis-moi ce que je dois faire, oĂč je dois me rendre pour parler de toi !

– Sur cette terre dĂ©solĂ©e et nue qui a besoin de se convertir au Seigneur. Que la ville de JĂ©rusalem soit ton champ d’action. Adieu.

Détail

Simon le ZĂ©lote a demandĂ© Ă  JĂ©sus de passer Ă  la VallĂ©e de la Mort, oĂč se trouve des lĂ©preux.

Annotation

Et Simon, qui s’était adossĂ© Ă  la roche pour avoir un peu d’ombre, s’avance et conduit JĂ©sus par un sentier Ă  gradins qui va vers GethsĂ©mani, mais en est sĂ©parĂ© par la route qui mĂšne du mont des Oliviers Ă  BĂ©thanie. Suit le dessin de Maria Valtorta que nous reproduisons ici. Elle y a mis au centre le “petit mont”, sur le sommet duquel elle a Ă©crit Ă  trois reprises “lĂ©preux”. Au nord se trouve “GethsĂ©mani”, dont elle fait partir “La route la plus courte pour BĂ©thanie et JĂ©richo”. De l’autre cĂŽtĂ©, elle a Ă©crit au crayon : “Le mont des Oliviers est ici”. À l’ouest elle fait couler le “CĂ©dron” au-delĂ  duquel elle a tracĂ© “La route la plus longue pour BĂ©thanie et JĂ©richo”.

Ainsi en est-il des hommes dont un seul présente un reste de moustache et de barbe. Les autres ont été rasés par cette maladie destructrice. Zacharie le lépreux. Cf. EMV 417.2.

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EMV 199.4 · Tome 3, p. 309

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Ce sont la volontĂ© et le repentir qui sauvent du pĂ©ché 

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EMV 199.6 · Tome 3, p. 311-312

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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« Et maintenant allons trouver ma MÚre, dit-il ensuite aux apÎtres.

– Mais oĂč est-elle ? demandent plusieurs.

– Dans une maison que Jean connaĂźt. Chez la jeune fille guĂ©rie l’an dernier. »

Ils pĂ©nĂštrent dans la ville, parcourent une bonne partie du faubourg populeux d’Ophel jusqu’à une petite maison blanche.

Tout en prononçant sa douce salutation, JĂ©sus entre dans la maison dont la porte est entrouverte. Il en sort la douce voix de Marie, celle, argentine, d’Annalia et celle, plus rude, de sa mĂšre. La jeune fille se prosterne en adorant, sa mĂšre s’agenouille, Marie se lĂšve.

Elles voudraient retenir le Maßtre et sa MÚre. Mais, sur la promesse de revenir un autre jour, Jésus les bénit et prend congé.

Annotation

Chez la jeune fille guĂ©rie l’an dernier. Cf. l'EMV 85 et l'EMV 86.4/5, la guĂ©rison d’Annalia.

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EMV 199.6 · Tome 3, p. 311-312

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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Tout content, Pierre part avec Marie. Ils tiennent tous deux l’enfant par la main et ressemblent Ă  une famille heureuse. Beaucoup de gens se retournent pour les observer. JĂ©sus les regarde partir avec un sourire.

« Simon est ravi ! S’exclame Simon le ZĂ©lote.

– Pourquoi souris-tu, MaĂźtre ? demande Jacques, fils de ZĂ©bĂ©dĂ©e.

– Parce que je vois dans ce groupe une grande promesse.

– Quelle promesse, mon frùre ? Que vois-tu ? demande Jude.

– Voici ce que je vois : je pourrai m’en aller tranquille quand viendra l’heure. Je ne dois pas craindre pour mon Eglise. A ce moment-lĂ , elle sera petite et chĂ©tive comme Marziam. Mais ma MĂšre sera lĂ  pour la tenir comme cela par la main et lui servir de mĂšre ; et il y aura Pierre pour lui servir de pĂšre. Dans sa main honnĂȘte et calleuse, je peux, sans aucun souci, mettre la main de mon Eglise naissante. Pierre lui donnera la force de sa protection, ma MĂšre la force de son amour. Et l’Eglise grandira
 comme Marziam
 C’est vraiment l’enfant-symbole ! Que Dieu bĂ©nisse ma MĂšre, mon Pierre et leur enfant, notre enfant ! Maintenant, allons chez Jeanne
 »

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EMV 199.7-9 · Tome 3, p. 312-315

L’Evangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©

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199.7 
Et nous voilĂ  de nouveau, le soir venu, dans la petite maison de BĂ©thanie. Plusieurs, fatiguĂ©s, se sont dĂ©jĂ  retirĂ©s. Mais Pierre fait les cent pas sur le sentier ; il lĂšve trĂšs souvent la tĂȘte vers la terrasse oĂč sont assis, parlant ensemble, JĂ©sus et Marie. Jean d’En-Dor, de son cĂŽtĂ©, discute avec Simon le ZĂ©lote assis avec lui sous un grenadier tout en fleurs.

Marie a dĂ©jĂ  beaucoup parlĂ©, car j’entends JĂ©sus lui dire :

« Tout ce que tu m’as dit est trĂšs juste et j’en garderai la justesse Ă  l’esprit. Au sujet d’Annalia aussi, j’estime que ton conseil est juste. Que l’homme l’ait accueilli avec tant de promptitude, c’est bon signe. Vraiment, la haute sociĂ©tĂ© de JĂ©rusalem est fermĂ©e et rancuniĂšre, je pourrais mĂȘme dire remplie d’ordure. Mais dans son petit peuple, il y a des perles d’une valeur inestimable. Je suis content qu’Annalia soit heureuse
 C’est une femme qui appartient davantage au Ciel qu’à la terre, et peut-ĂȘtre l’homme, maintenant qu’il juge selon l’esprit, s’en rend-il compte et en Ă©prouve-t-il un respect rĂ©vĂ©renciel. Son idĂ©e de partir ailleurs pour ne pas troubler par quelque sentiment humain le vƓu pur de sa fiancĂ©e le prouve.

– Oui, mon Fils. L’homme perçoit le parfum virginal
 Je me souviens de Joseph. Je ne savais pas par quels mots m’exprimer. Lui ne connaissait pas mon secret
 Et pourtant il m’a aidĂ©e Ă  le dire, parce que sa saintetĂ© le lui avait fait percevoir. Il avait senti le parfum de mon Ăąme
 Vois-tu Jean ?
 Quelle paix !
 Et tout le monde recherche sa prĂ©sence
 MĂȘme Judas, bien que
 Non, mon Fils, Judas n’a pas changĂ©. Je le sais et tu le sais. Nous n’en parlons pas pour ne pas commencer la guerre. Mais mĂȘme sans en parler, nous savons
 et mĂȘme si nous n’en parlons pas, les autres en ont l’intuition
 Oh, mon JĂ©sus ! Les jeunes m’ont racontĂ© aujourd’hui, Ă  GethsĂ©mani, l’épisode de Magdala et celui de la matinĂ©e du sabbat
 L’innocence parle
 parce qu’elle voit par les yeux de son ange gardien. Mais les plus ĂągĂ©s aussi se rendent compte
 Ils n’ont pas tort. C’est un ĂȘtre fuyant
 Tout en lui est fuyant
 et j’ai peur de lui. J’ai sur les lĂšvres les mĂȘmes paroles que Benjamin Ă  Magdala et que Marziam Ă  GethsĂ©mani, car j’éprouve pour Judas la mĂȘme rĂ©pulsion que les enfants.

– Ils ne peuvent tous ĂȘtre comme Jean !


– je ne le prĂ©tends pas ! Ce serait le paradis sur terre ! Mais vois, tu m’as parlĂ© de l’autre Jean
 Un homme qui a tué  mais il me fait seulement pitiĂ©. Judas, lui, me fait peur.

– Aime-le, Mùre ! Aime-le par amour pour moi !

– Oui, mon Fils. Mais mon amour ne servira pas non plus. Ce sera seulement une souffrance pour moi, et pour lui une faute. Ah ! Pourquoi est-il entrĂ© ? Il trouble tout le monde, offense Pierre qui est digne de respect.

199.8 – Oui, Pierre est trĂšs bon. Pour lui, je ferais n’importe quoi parce qu’il le mĂ©rite.

– S’il t’entendait, il dirait avec son bon sourire franc : “ Ah ! Seigneur, ce n’est pas vrai ! ” Et il aurait raison.

– Pourquoi, MĂšre ? »

Mais Jésus sourit déjà car il a compris.

« Parce que tu ne lui fais pas le plaisir de lui donner un fils. Il m’a confiĂ© tous ses espoirs, tous ses dĂ©sirs
 et tous tes refus.

– Et il ne t’a pas dit la raison qui les justifie ?

– Si. Il me l’a confiĂ©e, et il a ajoutĂ© : “ C’est vrai
 mais je suis un homme, un pauvre homme. JĂ©sus s’obstine Ă  voir en moi un grand homme. Mais je sais que je suis trĂšs mesquin et, Ă  cause de cela
 il pourrait me donner un fils. Je me suis mariĂ© pour cela
 je vais mourir sans en avoir. ” Pierre me montrait l’enfant qui, heureux du beau vĂȘtement que Pierre lui avait achetĂ©, l’avait embrassĂ© en l’appelant : “ mon pĂšre que j’aime ” et il m’a confiĂ© : “ Tu vois, quand ce petit ĂȘtre, qu’il y a dix jours je ne connaissais pas encore, me parle comme cela, je me sens devenir plus tendre que le beurre et plus doux que le miel, et je pleure, car
 chaque jour qui passe Ă©loigne de moi cet enfant
 ” »

Marie se tait, et elle observe JĂ©sus, Ă©tudiant sa physionomie, attendant une parole
Mais JĂ©sus a mis son coude sur son genou, sa tĂȘte appuyĂ©e sur sa main et il regarde l’étendue verte du verger.

Marie lui prend la main, la caresse et dit :

« Simon a ce grand dĂ©sir
 Pendant que je marchais avec lui, il n’a pas cessĂ© de m’en parler, et avec des raisons si justes que
 je n’ai rien pu dire pour le faire taire. C’étaient les mĂȘmes raisons que nous invoquons toutes, nous les femmes et les mĂšres. L’enfant n’est pas robuste. S’il avait Ă©tĂ© comme toi
 ah ! Alors il aurait pu s’avancer sans crainte vers la vie de disciple. Mais qu’il est chĂ©tif !
 TrĂšs intelligent, trĂšs bon
 mais rien de plus. Quand un tourtereau est dĂ©licat, il ne peut prendre son envol tout de suite, comme le font les forts. Les bergers sont bons
 mais ce sont toujours des hommes. Les enfants ont besoin des femmes. Pourquoi ne le laisses-tu pas Ă  Simon ? Tant que tu lui refuses un enfant vraiment nĂ© de lui, j’en comprends la raison. Un petit, pour nous, c’est comme une ancre. Et Simon, destinĂ© Ă  un si grand rĂŽle, ne peut avoir d’ancres qui le retiennent. NĂ©anmoins, tu dois convenir qu’il lui faut ĂȘtre le “ pĂšre ” de tous les enfants que tu lui laisseras. Comment peut-il ĂȘtre pĂšre s’il n’a pas Ă©tĂ© Ă  l’école d’un enfant ? Un pĂšre doit ĂȘtre doux. Simon est bon, mais pas doux. C’est un impulsif et un intransigeant. Il n’y a qu’un enfant qui puisse lui enseigner l’art subtil de la compassion pour les faibles
 ConsidĂšre le sort de Simon
 C’est bien ton successeur ! Oh ! Je dois pourtant le dire, ce mot atroce ! Mais, pour toute la souffrance qu’il m’en coĂ»te pour le dire, Ă©coute-moi. Jamais je ne te conseillerais quelque chose qui ne serait pas bon. Marziam
 Tu veux en faire un parfait disciple
 or c’est encore un enfant. Toi
 tu t’en iras avant qu’il ne devienne un homme. Alors, Ă  qui le confier plutĂŽt qu’à Simon pour complĂ©ter sa formation ? Enfin, tu sais quelles tribulations ce pauvre Simon a subies, mĂȘme Ă  cause de toi, de la part de sa belle-mĂšre ; et pourtant il n’a pas repris la plus petite parcelle de son passĂ©, de sa libertĂ© depuis un an, pour que sa belle-mĂšre – que mĂȘme toi n’as pu changer – le laisse en paix. Et sa pauvre Ă©pouse ? Ah ! Elle a un tel dĂ©sir d’aimer et d’ĂȘtre aimĂ©e ! Sa mĂšre ? Ah !
 son mari ? Un cher autoritaire
 Jamais la moindre affection qui lui soit donnĂ©e sans trop exiger
 Pauvre femme !
 Laisse-lui l’enfant. Ecoute, mon Fils : pour le moment, nous l’emmenons avec nous. Je viendrai, moi aussi, en JudĂ©e. Tu m’y conduiras avec toi chez une de mes compagnes du Temple – presque une parente puisqu’elle descend de David. Elle rĂ©side Ă  Bet-çur. Je la reverrai volontiers si elle vit encore. AprĂšs cela, Ă  notre retour en GalilĂ©e, nous le confierons Ă  PorphyrĂ©e. Quand nous serons dans les environs de BethsaĂŻde, Pierre le prendra. Quand nous viendrons ici, au loin, l’enfant restera avec elle. Ah ! Mais tu souris maintenant ! Alors tu vas faire plaisir Ă  ta Maman. Merci, mon JĂ©sus.

– Oui, qu’il soit fait comme tu le dĂ©sires. »

199.9 JĂ©sus se lĂšve et appelle d’une voix forte :

« Simon, fils de Jonas, viens ici ! »

Pierre sursaute et monte en vitesse l’escalier :

« Que veux-tu, Maßtre ?

– Viens ici, usurpateur et corrupteur !

– Moi ? Pourquoi ? Qu’ai-je fait Seigneur ?

– Tu as corrompu ma MĂšre. C’est pour cela que tu voulais ĂȘtre seul. Qu’est-ce que je dois te faire ? »

Mais Jésus sourit et Pierre se rassure.

« Oh ! Dit-il, tu m’as rĂ©ellement fait peur ! Mais maintenant tu ris
 Que veux-tu de moi, MaĂźtre ? Ma vie ? Je n’ai plus qu’elle puisque tu m’as tout pris
 mais, si tu la veux, je te la donne.

– Je ne veux pas t’enlever, mais te donner. Toutefois, n’abuse pas de ta victoire et n’en donne pas le secret Ă  d’autres, homme rempli de fourberie qui triomphes du MaĂźtre par l’arme de la parole maternelle. Tu auras l’enfant, mais
 »

JĂ©sus ne peut continuer car Pierre, qui Ă©tait Ă  genoux, saute sur ses pieds et embrasse JĂ©sus avec une impĂ©tuositĂ© telle qu’il lui coupe la parole.

« C’est elle qu’il te faut remercier, pas moi. Mais rappelle-toi que cela doit ĂȘtre pour toi une aide, pas un obstacle


– Seigneur, tu n’auras pas Ă  regretter ton don
 Oh, Marie ! Sois toujours bĂ©nie, sainte et bonne
 »

Et Pierre, qui est retombé à genoux, pleure réellement en baisant la main de Marie


Annotation

Au sujet d’Annalia aussi, j’estime que ton conseil est juste. Que l’homme l’ait accueilli avec tant de promptitude, c’est bon signe. Samuel son fiancĂ©. Annalia a fait vƓu de virginitĂ©, premiĂšre des Vierges consacrĂ©es. Cf. EMV 156.3/5.

Oh ! mon JĂ©sus ! Les jeunes m'ont racontĂ© aujourd'hui, Ă  GethsĂ©mani, l'Ă©pisode de Magdala et celui de la matinĂ©e du sabbat. Deux paroles d’enfant qui disent que Judas "leur fait peur" : Benjamin de Magdala en EMV 184.7 et Marziam en EMV 196.6.

Je viendrai, moi aussi, en JudĂ©e. Tu m’y conduiras avec toi chez une de mes compagnes du Temple – presque une parente puisqu’elle descend de David. Elle rĂ©side Ă  Bet-çur. Je la reverrai volontiers si elle vit encore. Il s'agit d'Elise de Bet-çur.

199.9 JĂ©sus se lĂšve et appelle d’une voix forte :

« Simon, fils de Jonas, viens ici ! »

Pierre sursaute et monte en vitesse l’escalier :

« Que veux-tu, Maßtre ?

– Viens ici, usurpateur et corrupteur !

– Moi ? Pourquoi ? Qu’ai-je fait Seigneur ?

– Tu as corrompu ma MĂšre. C’est pour cela que tu voulais ĂȘtre seul. Qu’est-ce que je dois te faire ? »

Mais Jésus sourit et Pierre se rassure.

« Oh ! Dit-il, tu m’as rĂ©ellement fait peur ! Mais maintenant tu ris
 Que veux-tu de moi, MaĂźtre ?

JÉSUS PLAISANTE : Ce passage a fait polĂ©mique auprĂšs de certains :

- les uns ne pouvant imaginer que JĂ©sus plaisante de la maniĂšre dont on le fait avec les meilleurs amis (semblant les accuser de l’antithĂšse de ce qu’ils sont, Ă  l’évidence).

- Les autres effectuant une lecture partielle qui interprùte la corruption dans l’isolement comme une pratique indigne et choquante.

MARIE MÉDIATRICE DE TOUTES’GRÂCES :

Sur le premier point, la plaisanterie, il faut noter que JĂ©sus n’utilise pas la vulgaritĂ© gĂ©nĂ©ralement associĂ©e Ă  ce type de plaisanterie, mais en tire une leçon sainte : Marie mĂ©diatrice de Toutes-GrĂąces. Il "Ă©vangĂ©lise" notre humanitĂ©.

Pour l’autre, la lecture du contexte ĂŽte tout doute sur l’intention de Pierre qui, trouvant une fin de non-recevoir Ă  son dĂ©sir le plus profond, demande le secours et la mĂ©diation de Marie.

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